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SPORTIVITE... MAITRISEE
Le Z3 a permis a BMW de montrer qu'il était
capable de produire un petit roadster sexy et abordable, voué
à une chose qui tend à devenir un véritable
tabou : le plaisir de conduire. Basé sur le châssis
de la vielle série 3 e30 et fabriqué aux Etats-Unis,
le Bmw Z3 a enrichi sa palette de moteurs au fur et à mesure
de sa carrière, pour la clore avec l'excessif 6 cylindres
en ligne "dégonflé" de la M3 e46 ! En attendant
une très probable version M du nouveau roadster BMW Z4, nous
le découvrons équipé d'un plus sage 6 cylindres
3.0i. Et James Bond n'aura cette fois pas le privilège de
la conduire en avant première...
Texte:
Sébastien DUPUIS - Photos: D.R.
PRESENTATION
Plus large et plus long que le Z3, le Z4 déroute autant
en photographie qu'il finit par séduire lorsqu'on le découvre
en 3 dimensions. Racée, fine, sportive et résolument
moderne, sa carrosserie signée Chris Bangle rompt radicalement
avec les traits du Z3. Sans sombrer dans l'extravagance stylistique
très déroutante de la série 7, le trait de
crayon du Z4 en reprend quelques stigmates dont le mélange
de formes convexes et concaves, d'arrêtes vives et de courbes
douces. Les détails de finition sont discrets, tant à
l'intérieur qu'à l'extérieur. Notons par exemple
les clignotants latéraux intégrés dans le logo
Bmw apposé sur le flanc de l'aile avant, à côté
du sigle "3.0i". Si la face avant peut sembler trop classique
à certains, l'arrière est pour notre part la partie
la plus réussie avec ses ailes enflées affleurant
de grandes jantes de 18" (en option), ses petits feux et son
becquet de coffre intégré à la façon
d'une... Ferrari 550 Maranello. Intérieurement, là
encore, bmw adopte un design inédit et qui semble devenir
le nouveau standard visuel des productions de la marque. Le tableau
de bord est très épuré, loin de l'ambiance
néo-rétro châtoyante du Z8. L'habitacle fait
un large recours aux placages d'aluminium. On aime la qualité
des matériaux et la finition vraiment excellente bien que
"made in USA". Tout est aussi agréable au toucher
qu'à l'oeil, mais l'ensemble fait très (trop?) "high
tech" et, comme souvent chez les constructeurs allemands, manque
cruellement de chaleur... Pour ce qui concerne l'équipement,
la dotation de série n'est pas avare, notamment concernant
la sécurité avec des pneus "Run flat" (qui
remplacent avantageusement la roue de secours) mais la liste des
options est longue comme le programme des chaînes télé
du satellite... Notez, et c'est important pour un cabriolet, que
la capote de très bonne qualité est électrique
de série en France. Et nous n'avons qu'une envie : la plier
dans le coffre !
MOTEUR
Sans révolution, on retrouve sous le long capot du roadster
Bmw Z4, le 6 cylindres en ligne de 3.0L apparu sur le Z3 et l'actuelle
série 3 qui développe toujours 231 ch à 5900
tr/mn. Son caractère assez sportif n'est plus à démontrer
et cette mécanique ne laisse que peu d'intérêt
à une version M tant elle se montre déjà plaisante
et suffisamment performante pour prendre un plaisir certain. Les
ingénieurs de Bmw semblent avoir travaillé en profondeur
sur la sonorité du moteur, devenue tellement envoûtante
qu'il devient impossible de ne pas rouler cheveux et tympans à
l'air libre ! Accouplé à une boite de vitesse ZF à
6 rapports au maniement aussi précis qu'agréablement
ferme, le Z4 se laisse conduire et même piloter avec un plaisir
de tous les instants. Dommage cependant que BMW n'en ait pas profité
pour resserrer l'étagement au lieu de proposer une simple
5+1. Souple, avec ses 300 Nm disponibles à 3500 tr/mn, le
6 en ligne BMW accepte les bas régimes sans vibrer et en
distillant un grondement dans les graves très sympatique.
Sportif également lorsque l'on joue de la godasse de plomb,
son timbre évolue vers le métallique, accompagnant
des montées en régime irrésistiblement grisantes
jusqu'au régime de coupure ! Les performances sont excellentes,
compte tenu du poids conséquent dû aux kilos concédés
au confort. Le Z4 décolle ses 1300 Kg en 6 secondes pour
atteindre 100 Km/H et passe la borne après 26 secondes pour
terminer son accélération sur une vitesse maxi de
250 Km/h... ce qui est suffisant pour rentrer bien décoiffé
et... sans permis. Cerise sur le gâteau, le 3.0L BMW est toujours
aussi étonnament sobre et se contentera de moins de 10L de
Super pour 100 Km en conduite coulée, soit une autonomie
d'au moins 500 km.
SUR LA ROUTE
Idéalement installé face au petit volant gainé
de cuir, le pilote peut apprécier une ergonomie magnifiquement
étudiée du poste de conduite qui dispose de multiples
réglages. Bien plus moderne et plus rigide que le Z3, le
Z4 repose sur la base de l'actuelle série 3 (e46) et présente
donc une rigidité tortionnelle très supérieure
à son ainé ainsi que des trains roulants plus évolués.
Les barres anti-rapprochement situées au-dessus du moteur
font partie des renforts visibles de la caisse. La direction, directe
(3,2 trs), évolue également pour adopter une assistance
électrique variable en continu (EPS) trop souple et manquant
de feeling, dont seule la fermeté au point milieu pourrait
ne pas faire regretter la supériorité incontestable
des systèmes hydrauliques. Dommage. Logiquement plus rigoureux
sur la route, le Z4 se veut plus sécurisant que le Z3, laissant
à son ancêtre les dérobades excessives du train
arrière. Moins sportif le Z4 ? Certainement aux yeux des
puristes. D'ailleurs, en lieu et place du système autobloquant
Bmw vient substituer un contrôle électronique de traction
(DTC) et un contrôle de stabilité et antipatinage (DSC)
ainsi qu'un système inauguré par la série 7
(DDC) permettant de choisir un mode sport pour l'assistance et la
réponse du papillon d'admission. Vous l'aurez compris au
fil des abréviations techniques, Bmw vous souhaite la bienvenue
dans l'ère du tout électronique ! Confirmant l'impression
d'une sportivité moins accrue, le confort de roulement du
Z4 est tout bonnement étonnant de douceur. L'amortissement
est très progressif sur les chaussées dégradées,
ferme mais pas inconfortable. Pour ceux que cette définition
pourrait rebuter, Bmw propose l'option M-Technic, plus communément
connue sous le terme de "châssis sport", mais qui
ne nous semble pas indispensable vu la rigidité déjà
excellente du Z4. En complément d'un puissant freinage (4
disques ventilés de 300/294 mm à l'AV/AR), l'ABS reste
discret en toutes circonstances, sans doute peu sollicité
compte tenu du grip remarquable des Bridgestone Potenza RE 050.
L'endurance du système sera pour une fois chez BMW, difficile
à surpasser. Enfin, les remous d'air sont bien présents
et aux premiers rayons de soleil, le filet coupe-vent optionnel
ne sera pas inutile pour filer à bonne allure dans un confort
accoustique et thermique acceptable.
:: CONCLUSION
Aujourd'hui, le roadster BMW Z4 équipé du 6 cylindres
3L semble être un adversaire tout désigné de
la Porsche Boxster S en termes de prestations, mais à un
prix très inférieur ! Plus sûr, mais moins sportif
et ludique aux yeux des puristes car plus rigide et sérieux,
le Z4 fait un large recours à l'électronique mais
ne s'en montre pas moins très agréable et performant,
grâce notamment à son sublime moteur. Une sportivité
désormais bien maîtrisée qui affirme la mâturité
du jeune Z4, plein d'ambition et d'avenir pour se faire rapidement
une place au soleil...
CE QU'EN
PENSENT NOS CONFRERES :
"Le nouveau roadster BMW reprend le concept du Z3,
avec sa ligne ravageuse et son immense capot repoussant les passagers
sur les roues arrière. Mais la comparaison du petit frimeur
allemand avec son prédécesseur s'arrête là.
Le Z4 affiche, en effet un tout autre tempérament, qui passe
par un châssis hyper rigoureux, des voies élargies
et un empattement allongé. L'efficacité est au rendez-vous
mais le plaisir de conduite est, quant à lui, affecté
par une trop grande neutralité à la limite ainsi que
par la suppression de l'autobloquant mécanique. Le moteur
de pointe affiche toujours 231 ch et la nouvelle boîte 6 pâtit
d'un étagement inadapté. Mais grâce à
une aérodynamique soignée, les performances ont fait
un bon en avant et placent le cabriolet allemand tout près
de la Porsche Boxster S, pour 11 300 € de moins !"
ECHAPPEMENT - Juin 2003.
"BMW a investi le segment des roadsters
compacts en suiveur il y a huit ans, avec le Mazda MX-5 comme premier
objectif à torpiller. Porsche s'en est mêlé
un an plus tard, sans regarder dans l'assiette des autres, en considérant
tout bonnement que son Boxster devenait la mesure étalon
du genre. Obligeant BMW à revoir sa copie avec un Z4 plus
ambitieux. Dont ce 3.0, en mesure d'offrir un confort, des performances
et un agrément de conduite, qui le placent entre les Boxster
2.7 et 2. Le demi-Z8 est né !"
LE MONITEUR AUTOMOBILE - Guide d'achat 2003-2004.
Liens conseillés sur la BMW Z4 3.0i : Z3club.fr - Roadsters.fr, passion cabriolet - www.bmwpassion.fr |