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FABULEUZEMENT VOTRE
En ce début de nouveau millénaire, le décrié Chris Bangle offrait à la clientèle BMW et plus largement au monde automobile une réinterprétation tout en galbes des cabriolets d’antan, ceux dont les lignes évoquaient davantage les formes voluptueuses d’une femme que celles acérées d’une bête de course. 10 ans tout juste après sa présentation, cette BMW Z8 continue d’être un objet de fantasme absolu. Et quel fantasme ! Au point que le très britannique James Bond délaissa un temps son Aston Martin pour siroter sa Vodka Martini (à la cuillère pas au shaker) au volant de cette belle allemande...
Texte:
Sébastien DUPUIS - Photos: D.R.
Comme ce fût le cas en 1987 avec le roadster Z1, BMW crée l'évènement en 1997 au salon de Tokyo avec le concept car Z07 qui annonce le futur roadster Z8 dont la version définitive est présentée à Francfort en 1999. Véritable hommage et réinterprétation du mythique roadster 507 (voir encadrée en bas de page), le Z8 restera certainement comme le chef d'oeuvre du nouveau chef designer BMW, Chris Bangle. Habitué (très occasionnel) des petites séries de véhicules visant à conforter son image haut de gamme, BMW parvient une fois encore à surprendre son monde avec un puissant roadster aux lignes néo-rétro, totalement à la marge du reste de la production de Munich. Prévue à 5000 exemplaires, la Z8 embarque à son bord le meilleur du savoir-faire de la marque pour une somme coquette. Collector dès sa sortie, le Z8 s'échange aujourd'hui à des cours relativement proches de sa valeur à neuf, signe d'un engouement toujours intact pour cette BMW très spéciale. En guise de 10ème anniversaire, nous vous proposons d'embarquer une nouvelle fois à son bord en profitant du retour des beaux jours et d'une douceur de vivre bien à même de nous faire oublier la dure crise économique qui touche profondément le monde, pas seulement automobile. La Z8, conçue en bonne partie pour l'amérique, est à la (dé)mesure de celle-ci. Un rêve à quatre roues qui se déguste même à l'arrêt...
PRESENTATION
Conçu au sein du bureau de design californien de BMW, le Z8 est plus exactement l'oeuvre du designer Henrik Fisker que de la main de Bangle lui-même. Ce qui explique pourquoi le Z8 est souvent mis de côté lorsqu'on évoque ces pires réalisations, à commencer par la série 7. Ce n’est pas nous qui extrapolons sur les courbes de cette voiture puisque Chris Bangle lui-même disait qu’il fallait la laver à la main pour pouvoir épouser ses galbes. Force est d’avouer que le coup de crayon est plus que réussi, la Z8 mélangeant la modernité d’une auto rapide des années 2000 aux charmes simples des carrosseries des années 60 ! La référence à la fabuleuse BMW 507 de 1956 est bien entendu directement perceptible. A voiture d’exception, technique d’exception. Bien que n’étant pas la première à y faire appel, la BMW Z8 est entièrement réalisée en aluminium, que cela soit pour son châssis, ses jantes, sa carrosserie ou tout le système de liaisons au sol. En revanche les boucliers en sont en polyuréthane à mémoire de forme leur autorisant une résistance aux petits chocs.
HABITACLE
L’esprit néo-rétro continue à l’intérieur puisque au milieu d’un cuir bicolore noir / rouge ou noir/beige parsemé de chromes, le volant, les commandes, les compteurs bien que de qualité de réalisation assez moyenne sont de vrais rappels historiques. Disons-le, cette voiture récente est une vraie ôde à la culture automobile, pour peu que l’on soit assez riche pour en profiter ! La finition et les assemblages sont comme toujours chez BMW, de très bon niveau. Mêmes compliments pour la capote électrique (de série) dont le doublage assure une bonne isolation phonique et thermique. Bien couverts par le bruit discret mais audible du gros V8, les bruits d'air sont bien maîtrisés, de même que les remous lorsqu'on décide de se passer de la toile ou du hard-top livré également en série. L'équipement de série est d'ailleurs généreux et vu le prix du bébé, on en attendait pas moins quand même : GPS, téléphone mains libres, hi-fi Harman Kardon avec ampli et chargeur 10 CD, climatisation, phares au Xenon, sellerie cuir micro percée anti-transpirante à réglages électriques, alarme anti-intrusion et anti-soulèvement à télécommande et capteur de pression de pneus. Finalement, seule la lunette arrière en plastique souple fait tâche dans cet intérieur somptueusement chic et sport.
MOTEUR
A voiture d’exception encore une fois mécanique d’exception. Le Z8 retrouve le bien connu V8 Motorsport qui a fait le bonheur de la M5 E39. Developpant la bagatelle de 400cv et un couple camionesque de 500Nm dès 3800 tours, ce bloc est en accord parfait avec la philosophie de l’auto, permettant auto un cruising efficace que des sprint, tombant la barrière des 1000m en 24s : La Ferrari 360 Modena n’aura passé cette barrière que depuis 0.5s. En comparaison avec la belle italienne toujours, sachez que la Z8 la dépose en reprises, se permettant par exemple un météorique 7"2 en 6ème ou 6"1 en 5ème pour passer de 80 à 120 km/h. Autant dire que la limite des 250 km/h est atteinte en bien peu de temps, et pour la petite info, le 4èeme rapport suffit à atteindre 240 km/h. Ce superbe bloc de 4941cm3 de cylindrée est donc couplé a une boite 6 rapports manuelle (là où l’on aurait pu attendre une boite automatique pour le marché US, mais le préparateur Hartge s’en est chargé tout en baissant la puissance) distille à l’aide de ses 32 soupapes un plaisir mécanique rare mais chante aussi haut et juste, une recherche très poussée ayant été réalisée en matière acoustique. Ainsi l’échappement utilise un point de résonance dit diaphonique pour rester discret à bas régime, s’éveiller à partir de 2500 tours et carrément vriller les oreilles a partir de 3500 tours !
CHASSIS
Baptisé Space Frame, la structure de la Z8 dite en cadre treillis autoporteur limite la casse en matière de poids mais l’on dispose tout de même d’une voiture accusant 1643kg sur la balance. S ’affichant non pas comme une ultra sportive mais plus dans la mouvance GT, la BMW Z8 apporte sa modernité par un suréquipement (il n’y a aucune option) au moyen par exemple d’un système audio Harmann Kardon 6CD / 10 hauts parleurs, un GPS, climatisation régulée, capote hydrau-electrique, hardtop, différentiel à glissement limité, ESP (DSC III), contrôle de traction, phares au xenon, feux stop et clignotants au néon, sièges électriques chauffants, préparation téléphone, allez j’en passe des vertes et des pas mûres… Au roulage la Z8 est une auto confortable, ce qui ne l’empêche pas d’être très bien suspendue, a ce niveau de gamme il est évident que le confort doit tenir un certain standing. L’avantage est que l’armada électronique tient suffisamment la voiture pour se permettre d’assouplir le tout, pour le plus grand bonheur des passagers, et ce en dépit des énormes 275/40ZR18 à l’arrière. A noter que le roadster Z8 est livré sans roue de secours ni bombe anti-crevaison puisque doté de pneus run-flat Bridgestone lui permettant de poursuivre sa route sur environ 500 kilomètres à 80 km/h.
SUR LA ROUTE !
Comparé directement à celui de la M5, le comportement de la Z8 est un petit ton en dessous car en dépit de la technologie Space Frame, la rigidité n’égale pas celle d’une vraie bonne berline. Il n’en reste pas moins que le Z8 construit en aluminium affiche une belle rigidité et pèse pas loin de 150 kg de moins qu'une M5 e39, ce qui se ressent évidememnt à la conduite. Avaleur de bitume, autoroutier puissant et infatigable, mais aussi jouet assez agile sur le réseau secondaire où le conducteur bienheureux pourra attaquer sans trop d’arrière pensée, l’électronique non totalement déconnectable veillant au grain en permanence en surplus de trains roulants très bien étudiés et très efficaces et d'une répartition de pmasses idéale (50/50). En "bonne" BMW aussi, le Z8 ne dispose peut-être pas du meilleur freinage du monde, mais ses énormes disques ventilés de 334 mm à l’avant et 328 mm à l’arrière sont issus de la 750i et bâtis pour ses presques 2 tonnes ! Une utilisation intensive sur circuit pourra toutefois les mettre à mal même sur le "léger" Z8, mais là n'est pas la vocation première de ce beau roadster. Côté feeling, l’attaque est très bonne et l’ABS est très bien calibré. Autre défaut, mais c’est le dernier promis, la direction trop assistée pébnalise le retour d’information. C’est certainement bon pour le confort mais le sportif aguerri n’y trouvera probablement pas son compte, surtout venant de BMW. Mais il ne boudera certainement pas son plaisir pour autant, tant cette belle voiture reste une prouesse routière (merci l’implantation très reculée du V8 !).
ACHETER UNE BMW Z8
Se mettre en quête d’une BMW Z8 exige une grande patience. Volontairement limitée à 5700 exemplaires, la Z8 est arrivée au compte-goutte sur le sol français. Diffusés de 2000 à 2003, les 49 modèles français se tiennent à l’écart du marché de l’occasion. Il vous faudra donc certainement arpenter les annonces des professionnels autant que celles des particuliers et ne pas trop faire la fine bouche sur les cloris. Vendue près de 130.000 € en 2000, le roadster Z8 se négocie généralement autour des 90.000 €. Bien que bourré de technologie contrastant avec ses lignes rétro, le Z8 utilise des organes largement éprouvés sur le reste de la gamme. Les mauvaises surprises sont donc très rares et heureusement car les interventions se payent en revanche au prix fort... A commencer par les éléments de carrosserie. Les panneaux en aluminium, très exposés aux petits chocs ne sont pas à la portée du premier réparateur venu. Toute intervention sur la structure et la carrosserie doit avoir lieu dans un atelier BMW. Pour vérifier l'origine et le passé d'un exemplaire convoité (conservé électroniquement par BMW par lecture de la clé), sachez que les numéros d’identification sont frappés sur la chapelle d’amortisseur avant droite et sur une plaque dans le compartiment moteur. Le V8 emprunté à la M5 ne pose aucun problème sérieux de fiabilité si son suivi est scrupuleux (vidange moteur tous les 20.000 km, huile 10W60 et vidange de boîte tous les 40.000 km). Seuls les supports moteur présentent des risques de casse (problème connu et généralement pris en charge par le constructeur). La sonde lambda parfois défectueuse amènera une hausse de consommation et une pollution anormale. Faisant office de fusible entre le moteur et la boîte, l'embrayage a une durée de vie assez limitée (comptez 2000 € TTC). Il est en outre un bon reflet de la conduite infligée à la Z8 et du respect apporté à la mécanique. A titre indicatif, la révision annuelle avec vidange coûte de 750 à 1000 € selon le niveau d'intervention. Même constat d'usure rapide pour les pneumatiques (Runflat 18"), les disques et les plaquettes (environ 800 € disques et plaquettes avant, 550 € pour l’arrière ). Si vous comptez utiliser pleineùent le Z8, votre budget devra donc suivre. A noter que de nombreux exemplaires conservés pieusement par des collectionneurs n'ont pas eu cette "chance" de beaucoup rouler et affichent des kilométrage excessivement bas. Ce qui ne veut pas pour autant dire que tous les organes mécaniques soient au mieux de leur forme. Une inspection en règle s'imposera de toute façon ainsi que la remise du carnet d’entretien à jour et des factures.
:: CONCLUSION
En garantissant que les pièces seraient fabriquées pendant les 50 prochaines années, BMW était sûr de son coup, et aujourd’hui avec quelques années de recul force est de constater combien ils avaient raison. Techniquement elle reste loin d’être dépassée, ses performances continuent d’en faire un ovni et ses lignes sont tant de références stylistiques au monde automobile de l’après guerre qu’elle n’est absolument pas démodée, et concrètement on peut se demander si elle le sera un jour ? Autre signe du temps, sa rareté et son attrait lui garantissent aujourd’hui encore une côte atteignant rarement le plancher de 90000€, pas mal pour une voiture qui en valait 125 000. En comparaison la plus coûteuse 360 Modena équivalent en cotera 15 000€ de moins… Bon à savoir pour les petits veinards qui pourraient s’acquitter du ticket d’entrée, la Z8 semble de déformer petit à petit aussi pensez a vous rapprocher d’une concession spécialisée et faire vérifier l’auto notamment au niveau des têtes d’amortisseurs…. Avec 5000 exemplaires produits sur 4 ans et seulement quelques dizaines en France, cette voiture est déjà un collector et nous la croiserons certainement dans les salons rendant hommages aux belles voitures pendant bien des années encore…
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