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GENES SPORTIFS
La première génération
de SLK avait séduit d'emblée par son concept innovant
à l'époque de coupé-cabriolet. En revanche,
sous le capot, le client devait se contenter de quatre cylindres
peu communicatifs à l'oreille et à la puissance un
peu juste. Certes, le V6 3,2 est venu en renfort en fin de règne,
mais le gros des ventes concernait les quatre cylindres. Pour son
nouveau SLK, Mercedes conserve les quatre cylindres mais élargit
sa palette de moteur V6. En attendant le V6 de 3 litres de cylindrée,
c'est avec le SLK 350 que Mercedes vise le haut du panier...
Texte:
Gabriel LESSARD - Photos: D.R.
Avec le roadster SLK (type R170), Mercedes
avait frappé fort en 1996. Reprenant un concept datant des
années 30, avec un toit en dur rétractable électriquement,
Mercedes venait de ré-inventer une niche très porteuse
dans le marché des coupés et cabriolets alors en plein
essor. La ligne générale du SLK était alors
très équilibrée et consensuelle, et les dessous
de la belle, notamment sous le capot était nettement moins
innovants. Ainsi, bien qu'un V6 de 3,2 ait été proposé
en fin de commercialisation avec le SLK 320 et le SLK 32 AMG, c'est
essentiellement en quatre cylindres 2 litres et 2,3 litres avec
ou sans compresseur que Mercedes a motorisé son petit roadster.
Rugueux et peu mélodieux, ces moteurs offraient néanmoins
des performances suffisantes pour se faire plaisir, mais toujours
dans un esprit Mercedes. Les boîtes mécaniques offraient
alors toujours un caractère un peu rugueux tandis que les
boîtes automatiques faisaient merveille. Une philosophie plus
axée vers l'idée du Grand Tourisme et du voyage, que
de celle du sport automobile. Face à une concurrence de plus
en plus active (Porsche Boxster, Honda S2000, BMW Z4
), le
roadster SLK se devait d'être remplacé. C'est désormais
chose faite avec en prix d'appel le SLK 200, et haut de gamme le
SLK 350.
DESIGN
Le design du SLK est certainement son point de séduction
le plus fort et le plus immédiat. Il porte en effet en lui
tous les germes des plus beaux traits caractéristiques de
la gamme. Avec son capot dessiné comme celui du SLR, et son
étoile enchâssée à l'intérieur
du nez, ce sont les McLaren de Formule 1 qui sont les inspiratrices.
Les phares avant légèrement globuleux donnent plus
de volume au faciès pour donner plus d'agressivité
encore au regard du nouveau SLK. De profil, le roadster SLK est
très bien équilibré et est aussi élégant
avec ou sans son toit. Le toit du SLK est d'ailleurs escamotable
électriquement en une poignée de secondes avec une
lunette arrière chauffante et pivotante. Seul la poupe est
finalement très traditionnelle par rapport au reste de l'auto,
et l'antenne en plastique noir torsadé qui trône sur
l'aile arrière droite est du plus mauvais goût. Les
ingénieurs de Mercedes-Benz nous ont répondu que cette
antenne était rendue nécessaire par le nombre de commandes
et informations qui transitent par ladite antenne (radio, téléphone,
fermeture centralisée
). Certes, mais d'autres modèles
chez le même constructeur ne possèdent pas une telle
antenne, et ne possèdent pas moins de fonctionnalités.
Lorsque le toit se replie, l'habitacle se dévoile. La très
bonne impression laissée par le SLK 200 Kompressor que nous
avions essayé sur sa qualité de finition est confirmée
dans ce SLK 350. Le design est très jeune et plaisant avec
en prime des assemblages de qualité et des plastiques au
grain très agréable et flatteurs. Les sièges
sont non seulement beaux, mais en plus offre une très bonne
position de conduite. Avec l'intérieur cuir, l'atmosphère
que s'en dégage est très positive. L'équipement
est plutôt complet, même si la longue liste d'options
(coûteuses
) permet de choisir une auto à la carte
et plus exclusive. Pour les vrais accrocs de la personnalisation
haut de gamme, il existe chez Mercedes-Benz la finition Designo.
Il est toujours proposé en option l'amusante, mais bien utile
option Airscarf qui chauffe la nuque des occupants. Pratique au
printemps et à l'automne...
MOTEUR
Avec les normes anti-pollution et la concurrence qui s'active, Mercedes-Benz
est bien obligé d'innover et de concevoir des nouveaux moteurs.
Il était surtout essentiel de commercialiser d'entrée
un SLK doté d'un 6 cylindres, pour ne pas refaire la même
stratégie, alors payante à l'époque, de n'avoir
que des quatre cylindres à offrir aux clients. Si à
l'époque, le SLK était alors seul au monde avec son
concept et un marché des roadsters 2 places peu encombré,
il en est autrement aujourd'hui et de nombreux roadsters proposent
des six cylindres pour les amateurs exigeants (Porsche Boxster,
BMW Z4
). Premier moteur proposé, avant le 3 litres
toujours en six cylindres, Mercedes a donc opté pour un V6
toujours, mais avec une cylindrée accrue. La grande nouveauté
de ce moteur est l'abandon de l'unique soupape d'échappement
pour passer enfin à un système complet à 4
soupapes par cylindres (2 pour l'admission et 2 pour l'échappement).
Les culasses alu comptent ainsi deux arbres à cames chacune
permettant ainsi d'améliorer l'efficacité du calage
variable. La longueur des conduits d'admission à volets Tumble
(papillons électromagnétique placés juste devant
les soupapes d'admission) est variable également. La différence
de performance enregistrée par ce nouveau V6 comparé
au 3,2 litres est frappante : 272 ch à 6 000 tr/mn contre
218 à 5 700 tr/mn auparavant et un couple maxi qui progresse
encore légèrement pour grimper à 350 Nm à
2 400 tr/mn contre un couple inférieur disponible qu'à
4 600 tr/mn. Ces chiffres sont confirmés une fois le SLK
350 en action. Le moteur accepte de monter dans les tours sans rechigner
et se montre plutôt musical et communicatif. Les performances
sont bien réelles, mais la qualité d'insonorisation
et de filtration, avec les sempiternels équipements de sécurité
électronique castrateurs empêche de profiter pleinement
des performances affichées. Pour seconde ce moteur, l'acheteur
a le choix entre une boîte automatique à 7 rapports,
baptisée 7G-Tronic, ou une boîte manuelle à
6 rapports. Nous avons opté pour cette deuxième, et
quelle ne fut pas notre surprise ! Une boîte mécanique
au maniement enfin agréable dans une Mercedes-Benz. Le maniement
est plus ferme et précis, et les rapports s'enclenchent mieux
dans les syncros de boîte. C'est d'ailleurs la même
boîte qui est montée sur les nouvelles classe C face-liftée.
Une réussite. Certes, nous sommes pas encore au même
niveau que les commandes de boîte BMW ou Porsche, mais cela
s'en rapproche fortement. La volonté de Mercedes-Benz de
rajeunir une partie de sa clientèle y trouve là toute
sa justification.
CHASSIS
Le SLK 350 bénéficie de toutes les dernières
innovations du constructeur de Stuttgart en matière de sécurité
active et passive. Ainsi, de série sont montés le
BAS, l'ESP, l'ASR, l'ABS
qui veillent au grain à chaque
incartade du pilote. Il est même dommage que sur un roadster
qui joue la carte du sport, que certains éléments
comme l'ESP ne soient pas déconnectables totalement. A l'avant
on retrouve des suspensions McPherson qui remplacent la double triangulation
précédente. Comme le reste de la nouvelle gamme Mercedes-Benz,
le boîtier à billes a cédé sa place à
une crémaillère plus en phase avec la technologie
moderne. L'empattement et les voies ont augmenté ce qui améliore
très nettement la stabilité et l'équilibre
du SLK. Sur petites routes, lorsque l'on sort la grosse attaque,
le SLK 350 glisse des quatre roues mais reste rivé au sol.
Il faut réellement le jeter dans les épingles pour
le faire dériver de l'arrière, et encore, l'ESP vient
vous rappeler à l'ordre. Finalement le SLK 350 passe partout
très vite et très fort mais tout en douceur et en
confort ! C'est bien là le seul reproche à faire
à ce châssis si efficace : sa polyvalence au quotidien
vient ternir son blason de roadster sportif que Mercedes-Benz revendique
aujourd'hui clairement. Ce n'est pas la seule dans ce cas me direz-vous,
et il est vrai que bon nombre de GTI se sont embourgeoisées
avec le temps. Evolution des temps, ou simple conception du sport
automobile ? Un peu des deux, car dans le même temps, certains
constructeurs suivent l'évolution de l'accessibilité
et de la polyvalence, sans oublier le caractère de leurs
productions. Sur le SLK 350, il est donc vivement recommandé
de prendre l'option châssis sport à 220 euros qui permet
non seulement d'améliorer sensiblement le comportement routier,
mais offre surtout de meilleures sensations par ses débattements
de suspension réduits de 10 mm. Nous attendrons donc la bête
sauvage, la Cobra des années 2000, avec le SLK 55 AMG qui
s'annonce chaud bouillant et la seule véritable sportive
de la gamme SLK.
:: CONCLUSION
Inutile de préciser que ce nouveau SLK 350 remplace avec
brio l'ancien SLK 320. Dans tous les domaines il surclasse son prédécesseur
pourtant initiateur du concept CC. Plus performant, plus confortable,
plus agréable et surtout plus sexy et très bien fini,
il ne manque plus que le zest de folie qui sied aux roadsters sportifs
pour allumer le feu. Mais souhaite-t-on réellement cette
personnalité lorsque l'on achète une auto avec l'étoile
au bout du capot. Pour cela, il faut aller puiser chez AMG
Le SLK 350 est une réussite à acheter sans modération
pour celui qui souhaite se faire plaisir au quotidien dans son auto.
CE QU'ILS EN ONT PENSE :
"Aussi chic que choc, le nouveau SLK en impose vraiment. Ses
lignes, tout d'abord inspirées de celle de la majestueuse
SLR, évoquent de façon très subtile l'engagement
de la marque allemande en Formule 1. Le moteur, en suite, un tou
nouveau V6 de 3,5 litres est coiffé par des culasses à
quatre arbres à cames en tête à calage variable.
Naturellement docile et malléable, ce six cylindres est également
capable de faire parler la poudre, surtout lorsqu'il est accouplé
à la boîte mécanique à six rapports.
Agile et maniable malgré sa taille et son poids, le SLK se
faufile généralement sans se désunir, faisant
ainsi preuve d'une rigidité exemplaire. Le placement sur
des trajectoires en est d'autant plus facilité grâce
à la nouvelle direction à crémaillère.
Tout cela confère des prédispositions sportives à
un roadster qui, au départ, avait plutôt été
conçu pour la balade."
ECHAPPEMENT - Juin 2004 - Mercedes-Benz SLK 350.
"Avec son nouveau SLK, Mercedes semble
axer son discours sur le plaisir de conduire. Le 350 est, pour le
moment, le plus puissant des SLK, en attendant la bouillante version
AMG. On trouve ici, sous le capot, une nouvelle mouture du V6, qui
passe du 3,2 litres à 3,5 litres accouplé en option
à une bopite auto à
sept rapports ! Verdict
: 272 ch et 35,7 mkg au lieu de 218 ch et 31,6 mkg pour le V6 de
l'ancien SLK 320. Côté comportement, pas de bonne ni
de mauvaise surprise. La polyvalence et le confort sont assez remarquables.
Mais le SLK 350 n'est pas très communicatif
"
SPORT AUTO - Juin 2004 - Mercedes-Benz SLK 350.
"Sexy, dynamique, facile à
vivre et à conduire : le SLK revient plus abouti que jamais.
De nombreuses qualités qui se paient, comme d'habitude chez
Mercedes, au prix fort, et par une mesquinerie sans nom concernant
l'équipement : à 46 150 euros, ce SLK 350 n'offre
en série ni sellerie cuir, ni radar de parking, ni même
l'automatisme total de sa climatisation. Gavé d'options,
notre modèle d'essai dépassait ainsi les 60 000 euros.
A ceux qui jugent la facture difficile à avaler, Mercedes
leur répondra sans aucun doute que, comme le SLK, la vie
est kurz."
L'AUTO-JOURNAL - 1er avril 2004 - Mercedes-Benz SLK 350.
Liens conseillés :
www.fande-mercedes-amg.com/forum - Roadsters.fr, passion cabriolet |