Repsol Nexa95 : une essence 100% renouvelable disponible dans certaines stations
20/07/2026
BMW, Toyota, Bosch et Repsol lancent un test grandeur nature pour prouver que l'essence renouvelable peut sauver les moteurs thermiques. Seul bémol : pour l'instant, ce carburant 100 % renouvelable très prometteur n'est disponible… que dans quelques stations espagnoles.
Une initiative inédite pour défendre le moteur thermique
Alors que l’Europe avance vers l’interdiction des ventes de voitures thermiques neuves en 2035, quatre géants de l’industrie - BMW, Toyota, Bosch et Repsol - viennent de lancer en Espagne un programme pilote de six mois qui pourrait rebattre les cartes.
L’objectif est clair : démontrer que les Vehicles running Exclusively on Eligible Fuels (VEEF), autrement dit des véhicules fonctionnant exclusivement avec des carburants renouvelables certifiés, peuvent réduire les émissions de CO2 sans modifier les moteurs et sans changer les infrastructures. 20 véhicules test, une essence renouvelable, et un suivi numérique complet
Le test mobilise une flotte d’une vingtaine de Toyota, Lexus et BMW alimentées uniquement avec le carburant Nexa 95 de Repsol, une essence 100 % renouvelable produite à partir de matières conformes à la directive européenne RED : huiles de cuisson usagées, déchets agricoles, résidus organiques.
Bosch apporte son système de certification numérique, le Digital Fuel Twin, capable de suivre le carburant depuis sa production jusqu’au véhicule, en passant par la station‑service et les transactions de carte carburant. Une transparence totale, pensée pour convaincre les régulateurs européens.
Selon les partenaires, ce pilote doit prouver trois choses : que l’essence renouvelable peut être distribuée via les stations existantes, que la certification numérique est prête, et que les véhicules thermiques actuels peuvent fonctionner immédiatement avec ce carburant sans aucune modification.
Une solution “drop‑in” qui ne demande aucun changement technique
Contrairement à l’hydrogène ou aux carburants synthétiques nécessitant des infrastructures spécifiques, l’essence renouvelable de Repsol est un carburant drop‑in : chimiquement proche de l’essence classique, compatible avec tous les moteurs essence actuels, et utilisable dès aujourd’hui.
Elle émet toujours du CO₂ à l’échappement, mais son empreinte carbone globale est nettement plus faible, car le carbone provient de sources récentes et non de réserves fossiles.
Pour BMW, cette approche s’inscrit dans une stratégie d’ouverture technologique. Dr. Stefan Heller, responsable du programme VEEF, insiste : “Notre objectif est d’avoir des véhicules plus efficaces et plus respectueux de l’environnement. Ce pilote nous permettra de collecter des données précieuses pour proposer les meilleures motorisations à nos clients.”
L’Espagne comme laboratoire européen
L’Espagne a été choisie pour une raison simple : Repsol y exploite le seul réseau public proposant une essence 100 % renouvelable. Le pays devient ainsi un terrain d’essai idéal pour une solution qui pourrait être déployée à grande échelle sans investissements massifs.
Repsol défend une approche “technologie‑neutre”, estimant que chaque solution de réduction des émissions doit être considérée. Estíbaliz Pombo, directrice adjointe des produits énergétiques, souligne que ce carburant offre une alternative immédiate pour réduire l’empreinte carbone des véhicules existants, sans obliger les consommateurs à changer de voiture.
Une réponse politique à l’objectif 2035
Le timing n’est pas anodin. L’Europe débat encore de l’avenir des carburants neutres en carbone et de leur éventuelle inclusion dans les réglementations post‑2035.
BMW et Toyota défendent depuis longtemps l’idée que l’électrification totale ne suffira pas à atteindre les objectifs climatiques. Pascal Ruch, vice‑président Corporate & Governmental Affairs chez Toyota Motor Europe, rappelle que les carburants renouvelables pourraient combler le fossé si les objectifs zéro émission ne sont pas atteints, notamment en complément des hybrides et hybrides rechargeables.
Les données du pilote seront transmises aux décideurs européens pour soutenir une réglementation reconnaissant les véhicules fonctionnant exclusivement avec des carburants renouvelables.
Une voie alternative crédible pour le thermique
Ce programme ne remet pas en cause l’essor du véhicule électrique, mais il propose une voie parallèle : celle d’un moteur thermique décarboné, compatible avec les véhicules existants, sans révolution technologique ni infrastructures nouvelles.
Si les résultats sont concluants, l’essence renouvelable pourrait devenir une solution de transition majeure, voire un moyen de préserver le moteur thermique dans un cadre réglementaire strict.
L’Europe n’a peut‑être pas encore refermé le chapitre du thermique.
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