|
LE SEDUCTEUR
Francfort, 1987. Le stand
BMW accueille un nouveau roadster faisant suite, après une
longue période de vide, au célèbre 507. Tout
le salon est en émoi devant les lignes innovantes et séduisantes
de la Bmw Z1, première du nom de ce qui deviendra, par descendance,
une prestigieuse lignée de roadsters "Z". Normal
après tout, son Z vient de "Zukunft" qui veut dire
"futur" en Allemand. Tout un symbole. Flash back sur ce
roadster du futur qui appartient désormais à l'Histoire
de l'automobile...
Texte:
Sébastien DUPUIS - Photos: D.R.
Dévoilé
pendant l'été 1986, le Z1 a permis à BMW de renouer avec la tradition
du roadster en rallumant le flambeau du 507, construit à seulement
252 exemplaires de 1956 à 1959, lui-même héritier de
la fameuse 328, présentée en 1936, et qui fit encore les beaux jours
de la marque bien après la guerre, tant sur route qu'en compétition.
Un héritage prestigieux que le Z1 devait perpétuer
en suscitant le désir et la passion chez tous les amateurs
de belles automobiles. Une centaine de personnes au sein de BMW
Technik - petit département chargé de réaliser des études propres
à redéfinir ou modifier les orientations fondamentales et à fixer
de nouvelles tendances - ont ainsi travaillé sur le projet Z1 avec
comme mots d'ordre : innover, surprendre et séduire !
DESIGN
Mille jours ont suffit à l'équipe dirigée par Harm Lagaay et
Ulrich Bez pour mener à terme le projet Z1. Intitulée "la
liberté sur quatre roues", la première mission, confiée au directeur
des études Harm M. Lagaay, donna lieu à une série d'ébauches présentant
des roadsters sans toit ni pare-brise. Certains avaient même une
carrosserie réduite au minimum laissant apparaître "le squelette
de la voiture" pour reprendre les termes de Harm Lagaay. Parallèlement
les ingénieurs des différents services spécialisés devaient répondre
à cette question : quels raffinements techniques apporteriez-vous
à une voiture en ignorant les contraintes de la fabrication en série
? Les premières réponses n'arrivèrent que deux ou trois mois plus
tard. Deux solutions se dégageaient très nettement : une version
à moteur central arrière à quatre roues motrices et une version
à moteur central avant et propulsion arrière. Totale liberté de
conception pour les ingénieurs, la même voiture avec moteur central
arrière et central avant. Six mois après les premiers projets la
décision tombait : le moteur serait à l'avant. Les six chefs de
départements et leur patron, Ulrich Bez, ne voyaient aucun avantage
dans le moteur arrière hormis l'aérodynamique et l'image de marque.
En revanche, la conception, la ligne, la dynamique de conduite,
l'existence de pièces de série ainsi que la possibilité d'un développement
rapide et d'une capacité de production plaidaient en faveur du moteur
central avant. La soufflerie aéro-acoustique de BMW Technik a permis
de traiter avec soin l'aérodynamique de ce roadster, où tout à été
fait notamment pour réduire les courants d'air à l'intérieur de
l'habitacle. L'aérodynamique du Z1 est remarquable, principalement
grâce au dessous de la voiture. Le carénage des soubassements est
conçu pour canaliser le flux d'air vers le silencieux d'échappement
et le bouclier arrière. Le Cx est de 0,43 décapoté et de 0,36 capoté
La pression exercée sur le bouclier avant permet de diminuer la
portance sur l'avant de la voiture. Le bouclier qui comprend une
section concave puis une section convexe crée une zone de forte
pression au dessus des roues avant. Flux d'air autour du silencieux
Autre originalité de la BMW Z1, la forme en profil d'aile du silencieux
arrière diminue la portance sur l'essieu propulseur grâce à une
dépression générée par le flux d'air autour du silencieux et des
autres pièces de carrosserie environnantes. Il canalise l'air à
travers les fentes du bouclier mais également dans l'extracteur
entre le bouclier et le dessous du coffre. La carrosserie est constituée
par un habillage de panneaux en plastique fabriqués aux Etats-Unis
par General Electric Plastics, excepté le capot, le coffre et le
couvercle du logement de la capote produits par une firme allemande.
A l'intérieur, l'assemblage de cuir, les sièges baquets
et le tableau de bord compétition portent spontanément
à la rêverie.
MOTEUR !
L'ensemble moteur-boîte est intégralement issu de la
BMW 325i. Le six cylindres en ligne de 2494 cm3 de cylindrée développe
125 kW / 170 ch à 5800 tr/mn et 22.6 mkg à 4300 tours. Il est placé
en position centrale avant, en arrière de l'essieu avant, et relié
au pont par un accouplement rigide du type " transaxle ". La répartition
AV/AR des masses est de 49/51 %. Si la boîte mécanique
à 5 rapports est d'un maniement agréable, son étagement
(typé long) semble peu adapté au caractère
du moteur qui manque parfois de couple pour relancer efficacement
les presque 1300 Kg du Bmw Z1. Il en découle des reprises
assez moyennes eu égard à la cylindrée du moteur.
Le Z1 s'octroie d'ailleurs des accélérations tout
aussi moyennes, seule vitesse maxi de 220 Km/h est dans la bonne
moyenne mais hélas sans grand intérêt. Toutefois,
l'amateur de cabriolets ne se limitera pas à ses considérations
secondaires et se réjouira de la sonorité typique
et flatteuse du 6 cylindres BMW, retransmise à merveille
par une ligne d'échappement spécifique, équipée
ici d'un catalyseur.
SUR LA ROUTE...
Son châssis fabriqué par BAUR est du type monocoque en acier,
galvanisé à chaud, ce qui outre le fait de procurer une excellente
protection contre la corrosion, augmente la rigidité en torsion
(la bête noire des cabriolets). Le plancher, collé et vissé, est
en matériaux composites. Une fois monté, il augmente la rigidité
de la coque. Par ailleurs, un tube en acier intégré au cadre du
pare-brise, relie les deux montants. Il rigidifie lui aussi l'ensemble
et fait également office d'arceau de sécurité. Tout a été fait dans
la conception de ce roadster pour lui donner un maximum de rigidité,
caractéristique essentielle pour obtenir un comportement routier
rigoureux, mais chose particulièrement délicate à obtenir sur un
cabriolet, sans trop en grever le poids. La Bmw Z1 pèse tout de
même 1250 kg, ce qui est relativement élevé compte tenu de ses dimensions
mais, en contre partie, la rigidité est au rendez-vous ce qui, malheureusement,
n'est pas souvent le cas sur ce type d'engin. Le train avant McPherson
est dérivé de celui de la série 3, mais la voie est augmentée de
49 mm par rapport à cette dernière. En revanche le train arrière
multibras qui prend l'appellation "à bras Z" est inédit. Il décrit
des mouvements sphériques autour d'un point central et offre de
remarquables possibilités de réglage. Son pincement constant et
ses qualités cinématiques et élastocinématiques se soldent entre
autres par des valeurs d'accélération transversale étonnamment élevées.
Le triangle oblique inférieur réalisé en fonte d'aluminium et qui
assume en même temps la fonction de support de roue, reçoit sur
son extrémité arrière l'amortisseur. Le ressort hélicoïdal est logé
entre le triangle oblique supérieur, lui aussi en fonte d'aluminium,
et la traverse qui supporte le pont. Là aussi la voie est supérieure
de 55 mm à celle de la série 3. Le système de freinage, bien entendu
doté en série de l'ABS et la direction assistée sont aussi dérivés
de ceux de la série 3. Enfin, les roues de 16 pouces sont chaussées
de pneus performants (Pirelli P700Z ou Michelin MXX) en 225/45.
L'une des principales originalités de ce roadster, ce sont ses portes
escamotables électriquement qui se glissent dans les bas de caisse.
Z1 portes baissées Il est d'ailleurs possible de rouler portes baissées
ce qui procure des sensations inhabituelles analogues à celles que
l'on peut rencontrer dans un buggy. Grâce à leur épaisseur, ces
bas de caisse offrent une excellente protection en cas de choc latéral.
ACHETER UN ROADSTER
BMW Z1
Le Z1 est facile d'entretien puisqu'il est étroitement dérivé
de la berline 325i E30. Sa fiabilité est très bonne,
dans la mesure où l'on respecte l'entretien préconisé
par Bmw. Il est conseillé d'acheter autant que possible des pièces
d'origine constructeur afin d'éviter de mauvaises surprises. Le
coût de l'entretien étant aussi celui d'une berline Bmw classique,
il peut devenir relativement cher, surtout dès que l'on touche aux
pièces spécifiques du Z1 comme l'échappement ou la carrosserie.
Les vidanges sont à faire tous les 7500 km au maximum avec
une huile semi-synthetique ou 100% synthèse. Un carnet d'entretien
est donc indispensable à tout achat car le Z1 ne possède
pas d'indicateur de maintenance contrairement aux autres BMW. Le
filtre à essence doit être changé tous les 80 000 km. Ile st conseillé
également d'utiliser des bougies Bosch W8LCR. Le liquide
de frein absorbe l'humidité ce qui lui fait perdre de son efficacité
et entraîne la corrosion interne du circuit de freinage. Il doit
être changé tous les 2 ans ou 40 000 km. Il est préférable de mettre
un liquide de type DOT 5 ayant un point d'ébullition plus élevé
qui retardera le phénomène de fading récurrent chez Bmw.
Bien inspecter autour du bocal de remplissage toute trace de liquide
de frein qui est très corrosif. Le liquide de refroidissement moteur
doit être changé tous les 2 ans ou 40 000 km : cela évitera bien
des problèmes de surchauffe du 6 cylindres. Il n'y a pas beaucoup
de pieces en plastique dans la Bmw Z1. Néanmoins, la meilleure façon
de les nettoyer est d'utiliser de l'eau et du savon. La capote est
fragile et couteuse à remplacer. La lunette arrière en plastique
a tendance à devenir blanche et terne. Un bon entretien permettra
de prolonger sa durée de vie. Le manuel d'utilisation du Z1 comporte
quelques précautions à respecter: Ne pas garer la
voiture au soleil (!), ne pas replier la capote lorsqu'elle est
humide, enlever immédiatement les fientes d'oiseaux avec une petite
brosse, nettoyer la lunette arrière avec un chiffon doux exclusivement.
Le plus important est de bien plier la capote, particulièrement
au niveau de la lunette arrière. En mettant une serviette sur le
plastique, cela évite que les deux parties se touchent et se rayent.
Il est préférable de passer un produit imperméabilisant au moins
une fois par an sur le tissus de la capote, mais attention à ne
pas en mettre sur la vitre en plastique. Pour celle ci, il est conseillé
d'utiliser le produit BMW pour la nettoyer et la polir.
:: CONCLUSION
Le Z1 est un roadster lui aussi exclusif, puisqu'il ne fut à peine
construit à dix unités par jour. 8000 exemplaires furent donc produits
entre juillet 1988 et juin 1991, auxquels on peut ajouter les 12
modèles de présérie construits entre 1987 et 1988. Sur cette quantité
seules 347 voitures ont été livrées par le
réseau bmw France, ce qui laisse imaginer la rareté
de la belle et la difficulté d'en trouver une ! Sur ce nous
vous souhaitons bon courage, car elle en vaut la peine cette Bmw
Z1.
Ce qu'ils en ont pensé :
"A conduire, la Z1 n'est pas un monstre de rapidité
et l'étagement de sa boîte de vitesse de série
est un véritable non-sens. En revanche, la maniabilité
et l'efficacité en virage sont celles d'une véritable
petite voiture de compétition et le plaisir d'utilisation
se situe au sommet de ce que l'on peut rêver en 1989."
L'AUTO JOURNAL - Août 1989 - DOSSIER CABRIOLETS.
Liens externes : Bmw-z1.fr - Roadsters.fr, passion cabriolet - www.bmwpassion.fr |