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UNE PETITE ASTON ? WHY NOT !
Avec son positionnement tarifaire élitiste, Aston Martin
était jusqu'à présent une marque de prestige
entretenant judicieusement son image après avoir frôlé
la faillite dans les années 80. Mais voilà qu'aujourd'hui
dans le giron de Ford, la prestigieuse firme de Sir David Brown
se démocratise et descend en gamme, nous "offrant"
à un prix inattendu, un espoir d'accessibilité au
rêve...
Texte:
Anthony DUPUIS - Photos: D.R.
Vue pour la première fois sous les traits du concept car
AMV8 Vantage au salon de Detroit 2003, la nouvelle "baby Aston"
a fait son apparition officielle lors du dernier salon de Genève,
en Mars. La V8 Vantage, c'est son nom, est en vente depuis la fin
de l'été 2005 et concurrence directement la catégorie
des "petites" GT, dont la Porsche
911 997 Carrera S est la nouvelle tête de liste. Produite
et assemblée sur le site de Gaydon en Angleterre, dans une
toute nouvelle usine, la dernière née d'Aston Martin
Lagonda Ltd. vient compléter une gamme aussi restreinte que
prestigieuse, composée de la Vanquish
S et de la plus récente DB9. Les
ambitions commerciales de la firme, sans être astronomiques,
devraient toutefois permettre de doubler rapidement, sur tous les
continents, les ventes de la marque. De 3000 voitures vendues en
2006, Aston Martin pourrait ainsi passer rapidement à plus
de 5000 unités (dont 500 Vanquish et 1500 DB9) grâce
à cette GT beaucoup plus "accessible". Abordable,
mais conformes aux critères maison. Des propos même
d'Ulrich Bez, président de la firme de Newport Pagnell, dans
la hiérarchie du groupe Ford, Jaguar constitue l'excellence,
Aston martin l'exception. Voilà qui situe le niveau d'exigence
d'une clientèle pas comme les autres. Afin de proposer un
produit irréprochable, 78 prototypes ont été
âprement testés sur plus d'1,5 million de miles. De
Dubai par 48ºc jusqu'à la Suède par -30ºc
en passant par l'anneau de vitesse de Nardo en Italie et l'incontournable
"Nurburgrings Nordschleife" en Allemagne, rien n'a
été épargné à l'Aston Martin
V8 Vantage, reprenant le nom du premier modèle datant 1977...
DESIGN
Le Danois Henrik Fisker a dessiné les lignes du petit coupé
Aston Martin. Père de la DB9 également, il a depuis
quitté l'angleterre pour ouvrir son studio de Design en Californie
et a fondé sa propre marque. Nul doute qu'avec pareilles
merveilles sur son CV, il aura de quoi se faire désirer !
Esthétiquement, l'Aston Martin V8 Vantage fait immanquablement
partie des plus belles lignes du moment. Certains diront que le
style est convenu, il a toutefois le mérite de faire l'unanimité
et de résister à l'épreuve du temps, décliné
et adapté avec le même génie et la même
pureté au fil des nouveaux modèles. En effet, malgré
le poids des ans, une Aston DB7 de 1993
demeure une voiture de sport toujours aussi désirable. Calquée
sur ses ainées, la V8 Vantage en reprend la proue et la poupe,
avec un profil plus "musculaire", dû à sa
compacité et à des traits plus tendus, plus dynamiques
et des porte-à-faux réduits. Longue de 4,3 m et large
de presque 2 m, l'Aston ne mesure qu'1,2m de haut pour un empattement
de 2,6 m. Une ligne pure et fluide agrémentée de détails
de finitions très discrets à l'image des poignées
de portes, des superbes branches de rétroviseurs, des feux
à LED ou de la double sortie d'échappement séparée
qui s'intègrent parfaitement dans la carrosserie, lui confèrent
aussi cet esprit maison si particulier, si "British".
Strict coupé 2 places, l'Aston n'est pas une déménageuse
mais son hayon arrière permet de loger 2 sacs de Golf dans
le coffre de 300 L, peu profond en raison de l'encombrement de la
transmission transaxle. En passant dans l'habitacle, on pénètre
dans un monde et une atmosphère empreinte de plusieurs décennies
de passé sportif, sobrement mariée du luxe typique
de ce segment de marché. Les agencements sont très,
très, similaires à ceux de la DB9, on s'y croirait
! La console central est très classique, on est loin de l'excentricité
anglaise d'une TVR. Ici pas de boiseries
prétentieuses, comme dans une Jaguar
XK8, mais juste du cuir, des métaux et... du plastique.
Au premier regard, certains de ces éléments très
conventionnels nous semblent mal venus, nous les avons en effet
croisés ça et là dans des habitacles Ford ou
Volvo. Mais heureusement, on ne peut s'arrêter à ce
genre de détails une fois assis dans les superbes sièges
baquets, la jante épaisse du volant gainé de cuir
entre les mains. Face à soi, le bloc des compteurs en aluminium
est superbe, mais pas forcément très lisible. Les
330 Km/h affichés sont un peu optimistes mais si l'on en
croit la fiche technique, la plus petite des Aston Martin accroche
tout de même 280 Km/H. L'équipement de série
est généreux, mais pouvait-on s'attendre à
autre chose ? La liste des options est au moins aussi longue que
celle de la 911, comprenant toutes sortes de raffinements et de
gadgets "high tech" pour personnaliser sa GT. Mais le
plus indispensable est certainement le régulateur de vitesse.
A bord, tous les sens sont en éveil, ça hume bon le
cuir, généreusement étendu sur tous les éléments
de l'habitacle avec une belle surpiqûre. Au milieu de la console,
un petit bouton attire irrémédiablement une pression
de l'index : Engine Sart !
MOTEUR
Né chez Jaguar puis peauffiné et assemblé à
la main en allemagne à Cologne dans le département
moteur d'Aston Martin, le V8 4.3 litres atmosphérique à
32 soupapes est situé sous le capot avant, comme il se doit
dans une Aston. A la différence du Flat 6 de la Porsche
911, ce moteur-ci ne se cache pas. Il aurait tord d'ailleurs,
tant il est beau à contempler avec son collecteur d'admission
en aluminium. Moderne, il utilise un système de calage variable
de l'arbre à cames et une lubrification par carter sec qui
offre le double avantage d'un centre de gravité plus bas
et d'une meilleure lubrification du moteur lors des contraintes
physiques horizontales (virages, freinages). L'âme émotionnelle
tout en aluminium de la belle GT anglaise fournit 385 chevaux à
7300 tr/mn pour un couple de 417 Nm perché à 5000
tr/mn. Ces valeurs sont "modestes" compte tenu de la cylindrée
mais voilà qui laisse présager un tempérament
réellement sportif. La boîte de vitesses mécanique
Graziano à 6 rapports est ferme et précise, impeccable.
C'est plus viril, mais ça change des commandes séquentielles
au volant, désormais très répandues ou des
boîtes automatiques imposées chez Mercedes. Les rapports
sont courts et bien étagés, ce qui octroie d'excellentes
performances au coupé Aston Martin. Le 0 à 100 est
abattu en 5" et le 1000 m DA en 22", ce sont des valeurs
remarquables, dignes de GT plus grandes et plus puissantes, mais
surtout bien plus chères ! La poussée n'est pas linéaire
et franche comme avec le V8 du coupé BMW
645 Ci. En fait, le moteur de l'Aston martin V8 Vantage s'exprime
mieux dans les tours et il ne faut pas hésiter à prolonger
l'appui sur la pédale de droite pour passer les 4000 tr/mn.
L'aiguille du compte-tours grimpe alors plus franchement vers la
zone rouge, en parcourant le cadran en sens inverse de celle de
la vitesse. Originalité anglaise... On prend vite goût
à ce tempérament sportif, étonnant sur une
GT non italienne, d'autant plus que la musique qui s'exprime harmonieusement
à travers la double ligne d'échappement met particulièrement
en valeur le V8 anglais. Différente de celle du Flat 6, la
mélodie rauque et grave du 4L3 n'en est pas moins de qualité.
Ahhh ce plaisir intarissable d'entendre vibrer un gros cube... on
ne s'en lassera donc jamais ! Mais à ce rythme, les 77 L
du réservoir ne sont pas de trop, car il est un point sur
lequel Aston Martin doit progresser : la consommation, qui ne descend
que rarement sous les 20L de moyenne. En usage plus règlementaire,
le V8 se montre souple et docile, gratifiant les passagers d'un
silence de fonctionnement très agréable.
CHASSIS
Contrairement à certaines idées reçues, l'Aston
n'est pas un mastodonte : 1572 Kg. C'est plus qu'une 911 Carrera
S (1420) ou une Ferrari F430 (1450
Kg) mais comparable à une Maserati
GT et beaucoup moins qu'une DB9 (1900 Kg !). Elle utilise elle
aussi largement les matériaux composites pour sa robe, ainsi
que le magnesium et l'aluminium. La V8 Vantage est le second modèle
d'Aston Martin, après la DB9, utilisant le concept d'architecture
VH (Vertical Horizontal). Construit à partir d'éléments
allégés d'aluminium extrudé, assemblés,
pressés, collés avec des résines de l'aérospaciale
et rivetés avec une grande précision, l'ensemble possède
une grande rigidité. On aperçoit d'ailleurs sous le
capot et dans l'habitacle de nombreux renforts de structure, à
l'image de la barre anti-rapprochement au-dessus du moteur. La disposition
reculée du moteur et l'implantation de la boîte-pont
en arrière, sur le principe transaxle, permet d'atteindre
une répartition de poids de 49:51 et confère donc
un comportement très équilibré. La puissance
est transmise aux seules roues arrières via un tube en carbone.
L'Aston Martin V8 Vantage dispose également d'un différentiel
autobloquant mécanique en série. La direction assistée
hydrauliquement se montre bien plus agile et précise que
celle de ses grandes soeurs, sur ce point la petite Aston constitue
une vraie surprise. L'apport du groupe Ford et sa révolution
en matière de liaisons au sol se ressent réellement,
dans ce domaine plus encore. Les suspensions indépendantes
à double triangles en aluminium renforcées de solides
barres anti-roulis ne sont sans doute pas étrangères
à cet excellent guidage et à ce "toucher de route"
inédit. En série, les Bridgestone Potenza en 235/45
et 275/40 ZR18 font des merveilles. On pourra même leur préférer
en option du 235/40 et 275/35 en 19". Des jantes de grand diamètre
qui accueillent un freinage parfaitement à la hauteur avec
à l'avant d'énormes disques ventilés (en acier)
de 355mm de diamètre et 330 mm à l'arrière
avec étriers Brembo à 4 pistons. Comme toutes ses
rivales, l'Aston Martin V8 Vantage s'offre les services d'un "pack
de supervision électronique" Conti Teves, incluant l'ABS,
le répartiteur électronique de freinage (EBD) et l'assistance
au freinage d'urgence (EBA), le contrôle de traction control
(TC) et bien sûr, le contrôle de stabilité (DSC).
:: CONCLUSION
Réussite sur tous les plans, l'Aston Martin V8 Vantage entend
bien faire hésiter ceux qui pensaient la suprématie
de la Porsche 911 éternelle. Même si l'on joue dans
un registre différent, pour 108 000 euros, la petite Aston
en donne elle-aussi vraiment pour son argent. Une chose est sûre,
les ailes d'Aston Martin vont pouvoir voler encore longtemps...
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GENEALOGIE
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LA
PREMIERE V8 VANTAGE
Produite de 1977 à 1982, la première
Aston Martin V8 Vantage cache sous ses faux airs de
Ford
Mustang un véritable fauve. Sortant de la
tradition du 6 cylindres en ligne, elle proposait en
effet des performances hors du commun, se montrant capable
d'aller tutoyer les meilleures sportives du moment comme
la Lamborghini
Countach.
->
Lire le dossier Aston martin V8 Vantage
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CE QU'ILS EN ONT PENSE :
"La Vantage n'est pas une pâle copie. Il s'agit même
de l'une des meilleures Aston jamais produites. Aussi bien en termes
de dynamisme que de rapport prix/prestations."
SPORT AUTO - Octobre 2005 - ESSAI ASTON MARTIN V8 VANTAGE.
"Vendue 108000 € soit 40000
€ de moins que sa grande soeur la DB9, la nouvelle égérie
de Gaydon paraît presque bon marché. Même si
les phares au Xénon, les sièges chauffants et le régulateur
de vitesse se monnayent en sus, même si l'habitacle aurait
mérité du vrai aluminium brossé plutôt
que du plastique argenté, la petite Aston met le mythe à
portée de bourse d'un consommateur de 911."
DRIVEN - Octobre 2005 - ESSAI ASTON MARTIN V8 VANTAGE.
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