|
DRAGSTER CHEZ LES GTI ! Sans crier
gare, avec sa discrétion de constructeur bien élevé qui le
caractérise, Mazda vient de jeter un pavé dans la mare avec sa dernière
Mazda 3 MPS. Autant planter tout de suite le décor, la 3 MPS est la plus
puissante du segment des sportives compactes chez les tractions. Avec 260 ch sur
les seules roues avant on pouvait craindre le pire, mais c'était oublier
un peu vite le passé sportif et technique de Mazda. Pour que sa "bombe"
reste efficace et conduisible, un différentiel autobloquant à 33%
est monté sur le train avant. Alors avec une telle affiche, nous étions
impatients de pouvoir prendre en main cette nouvelle venue chez les "grosses
GTI"... Texte: Gabriel LESSARD
- Photos: D.R. Mazda appartient à cette catégorie
de constructeurs discrets et bien élevés. Comprenez par là
que ce sont plus leur produits qui font parler d'eux que des coups d'éclat
en communication institutionnelle. Jamais d'arrogance, mais toujours de la passion,
de la technique et de la sympathie. Pourtant, cela serait une erreur d'oublier
Mazda dans sa "shopping list" comme disent les marketeurs des constructeurs,
au moment d'acheter une auto passion. Car côté plaisir et passion,
le constructeur japonais, dont Ford possède
des actions (Ford n'est donc pas propriétaire de Mazda à la différence
d'autres marques du groupe), a su toujours cultiver et mettre en avant sa passion
de l'automobile. Si une période un peu terne qui a précédé
le rachat de paquets d'actions par Ford avait bien été constatée,
depuis, c'est un véritable hymne au plaisir automobile : Mazda
RX-8, nouvelle Mazda MX-5, Mazda
6 MPS, sans parler des protos de salon annonçant quelques nouveautés
de choix ou encore quelques SUV très branchés plaisir, mais que
nous avons pris pour parti de ne jamais aborder dans le guide des sportives de
votre site préféré. Mais cette fois-ci, Mazda s'est attaqué
à un genre qui semble revenir aux avant-postes dans le petit monde des
automobiles de sport : les GTI.
Enfin, force est de reconnaître qu'aujourd'hui on parle plus de "compactes
sportives" que de GTI, en
raison des évolutions significatives en puissance mais aussi en poids de
ces bombes issues de la série. Et la Mazda 3 MPS
est certainement un bon exemple de ce qui se fait aujourd'hui, tranchant ainsi
avec les GTI de la belle époque dont les puissance ne dépassaient
pas les 130 ch et les poids flirtaient sous la tonne. Désormais, afin que
Mazda puisse faire entendre sa voix face aux Ford
Focus ST 225, Renault Mégane
RS, et RS F1 Team R26, VW
Golf GTI, Seat Leon FR et Cupra, BMW
130i ou encore Opel Astra GTC OPC, les
ingénieurs nippons n'y sont pas allés par quatre chemins ! C'est
tout "simplement" qu'ils ont glissé le moteur de la Mazda 6 MPS
sous le capot d'une compacte plutôt discrète d'ordinaire. Et comme
pour mieux digérer les 260 ch et 38,7 mkg de couple de cette brillante
mécanique, ils n'ont pas lésiné en montant d'office un différentiel
à glissement limité sur le train avant. Un accessoire, qui n'en
est pas un on le verra, et s'impose de lui même après avoir conduit
la plupart des tractions avant puissantes du segment des compactes sportives.
Pour l'instant, hormis Audi et sa S3 dotée
de la transmission Quattro, et VW avec la
Golf R32 également à transmission
intégrale (mais dans les deux cas, les tarifs sont sans commune mesure
avec celui canon de la Mazda !), seule la Mégane
RS F1 Team R26 se pare du même dispositif pour une efficacité
accrue. DESIGN Malgré des esquisses alléchantes
en prémisse, la Mazda 3 MPS reste une Mazda 3. Les amateurs de looks tapageurs
devront donc ronger leur frein. La 3 n'étant disponible qu'en carrosserie
5 portes, les designers du constructeur japonais ont du donc partir d'une base
assez consensuelle (Il ne faut pas oublier que la Mazda 3 est vendue sur plusieurs
continents, et qu'elle doit donc plaire au plus grand nombre, ou à défaut,
ne pas choquer chaque marché). L'habillage sport est donc resté
discret, et, surtout dans cette livrée noire comme notre véhicule
d'essai, vous passez inaperçu dans le flot de la circulation quotidienne.
Remarquez, ce n'est pas toujours un handicap, surtout de nos jours dans cette
tendance autophobe qu'il est de bon ton d'afficher. Seul l'amateur avisé
notera donc les jantes alu en 18 pouces, le bouclier avant plus proéminent
et aéré ainsi que son compère à l'arrière lui
aussi plus vindicatif et laissant pointer sa sortie d'échappement chromée.
Sur les autres teintes, comme le rouge, plus sport et voyant, les touches de plastique
noir tranchent plus sur les boucliers et donnent plus de caractère à
cette 3 MPS décidément discrète. Peut être torturés
par le remords, nos amis de Mazda ont tout de même apposé sur le
hayon le logo "MPS" dont le stylisme est superbe. Dans l'habitacle vaste
et spacieux de cette compacte propice aux familles, la discrétion et le
bon goût continuent leurs oeuvres. Aucune excentricité à noter
hormis les petits logos brodés en tissu rouge sur les dossiers des excellents
sièges baquets (compromis confort-maintient-position de conduite) montés
de série. La position de conduite est très bonne et pour une fois
pas trop haute comme dans la plupart de ses rivales, les compactes du groupe VAG
exceptées. La planche de bord offre un design très élégant
et inspiré de celui des autres Mazda de la gamme actuelle. L'ergonomie
reste bonne et beaucoup de commandes se révèlent très pratiques
à l'usage. Le combiné d'instrument offre un graphisme élégant
avec des graduations rétroéclairés en rouge. Toutefois, si
vous décidiez de rouler phare allumés en plein jour, la visibilité
des instruments de bord est dégradée. Comme sur toutes ses rivales
ou presque, l'instrumentation est indigente et limitée au strict minimum
(température d'eau et... c'est tout !) La dotation de série est
largement suffisante surtout par rapport à la concurrence directe, surtout
avec ce prix canon de 27 200 euros seulement. Pour mieux comprendre cette remarque,
il faut comparer à puissance égale ou presque les 30 300 euros de
l'Astra GTC OPC, les 35 200 euros d'une BMW 130i (en premier prix hors options
!), les 40 900 euros de l'Audi S3 ou encore les 33 340 euros de la Golf R32. Du
coup, à ce prix d'ami, on lui pardonnera volontiers la qualité très
moyenne des matériaux employés (largement en dessous de la Mazda
6, ce qui est assez surprenant !). Pratique avec ses 5 portes, et très
discrète, la Mazda 3 MPS pourra aisément vous servir de prétexte
pour convaincre votre tendre moitié(e) de rouler en GTI au quotidien. MOTEUR
En héritant du moteur 2,3 litres de la Mazda 6 MPS, la Mazda 3 du même
nom se dote donc d'une arme redoutable. Capable de jouer uniquement les chats
de velours sur le couple impressionnant de 38,7 mkg dès 3 000 tr/mn, il
peut sonner la charge de ses 260 ch. Au moins avec de tels chiffres, et dans une
fourchette de prix à peu près équivalente, elle met toutes
ses rivales derrière. Il fallait l'oser, et c'est Mazda qui l'a fait. Bravo
! Mais n'allez pas croire que Mazda a cédé à la facilité
d'installer un "gros cube" dans une "petite caisse". Leur
soucis et amour de la technique de pointe les ont conduit à conserver tout
le raffinement mécanique de la 6 MPS : injection directe d'essence DISI,
turbocompresseur soufflant à 1,07 bars avec échangeur air/air, bloc-cylindres
et la culasse élaborés selon un procédé de fonderie
de technologie avancée, développé par Mazda. Et avec sa boîte
de vitesses à six rapports idéalement étagée et au
maniement précis quoiqu'un peu viril, les chronos ne tardent pas à
tomber plus vite que prévu : 26,3 secondes pour faire tomber la borne kilométrique,
6,1 secondes pour le 0 à 100 km/h et une vitesse de pointe limitée
électroniquement à 250 km/h. De la réserve, la Mazda 3 MPS
n'en manque pas, et son "coffre" mécanique semble inépuisable.
Ses reprises sont d'ailleurs du niveau des meilleures sportives du marché
et ses rivales directes sont tout simplement larguées ! Il repart dès
les plus bas régimes et laisse encore une réelle sensation de poussée
avec des différences en montant dans les tours, à l'opposé
de certaines de ses rivales aux mécaniques très linéaires,
et pourtant diablement performantes. Le son de cette brillante mécanique
est un peu trop contenu à notre goût, mais en poussant l'aiguille
du compte-tours vers la boîte à gants, il se montre rageur à
souhait. On trouve même à l'ouverture en grand du turbo une similitude
avec le bruit de l'Astra GTC OPC. Alors évidemment, de telles performances
et un tel déferlement de puissance et couple sur les seules roues avant
ne sont possibles que par l'apport précieux du différentiel à
glissement limité à 33% qui améliore la motricité
en toutes circonstances. Mais n'imaginez pas cependant que la Mazda 3 MPS ne cire
plus les roues avant. Malgré le contrôleur électronique de
couple, surtout en action lorsque les roues sont braquées (un capteur d'angle
de braquage transmet l'information au calculateur), il est possible de se faire
un burn en cirant des roues jusqu'en 2e ! "Let me be a dragster !" L'équipement
pneumatique est également responsable de ces pertes d'adhérence
avec seulement du 215 de large quand une Mégane RS châssis Cup propose
du 235 et la Focus ST 225 du 225. CHASSIS La Mazda 3 MPS reste
conforme à ce qui se pratique chez ses rivales directes. Pour les liaisons
au sol, c'est du McPherson devant avec barre antiroulis et un essieu arrière
multibras derrière également avec des barres antiroulis. Pas de
doute, c'est certainement ce qui se fait de mieux aujourd'hui en compromis confort/efficacité.
Par rapport à ses soeurs plus placides dans la gamme Mazda 3, la MPS est
plus ferme en suspension (+45% à l'avant et +30% à l'arrière),
sa résistance au roulis est améliorée de 60% et la caisse
est évidemment renforcée. Campée sur ses jantes de 18 pouces,
la 3 MPS chausse des pneumatiques un peu étroits pour ses performances
en 215/45 R18. Renforts pour la rigidité, gros moteur, équipement
complet, et plate-forme commune avec la Focus qui n'est pas une championne de
la légèreté et c'est donc sans surprise que la Mazda 3 MPS
dépasse les 1,4 tonnes sur la bascule. Si les 260 ch lui permettent tout
de même d'être sous les 6 kg/ch, l'inertie du poids se fera certainement
sentir sur la route. Les sportives compactes modernes son désormais toutes
sous surveillance électronique, et la Mazda 3 n'échappe pas à
cette tendance : DSC (l'ESP de Mazda), antipatinage, contrôle et régulation
du couple en cas de patinage des roues avant, EBD, BAS, ABS... Mais Mazda reste
fidèle à sa bonne habitude de permettre de déconnecter totalement
le DSC. C'est devenu suffisamment rare pour être souligné. Face à
de telles performances, les freins semblent un peu juste sur le papier avec seulement
des étriers flottants à un seul piston à l'avant... Pour
mémoire, la Mégane RS qui possède certainement un freinage
de référence aujourd'hui, possède des étriers Brembo
fixes à 4 pistons à l'avant. CQFD. | SUR
LA ROUTE... | 


 | Une
fois installé, avec la carte dans la poche, on tourne cette "fausse"
clé de contact pour réveiller le 2,3 litres. Pas de rugissement,
mais un petit bruit rauque très sympa qui indique à l'oreille avertie
que la mécanique du jour ne manque pas de coffre. La boîte est ferme
mais pécise avec des débattements assez courts. Une fois la température
dans la zone idoïne, on va commencer à pouvoir ouvrir un peu. Pendant
toute le roulage de chauffe, la 3 MPS étonne par son amortissement très
conciliant pour une voiture de sport. Les sièges baquets, très bien
dessinés participent également au confort de conduite. Les reprises
sont très vigoureuses et vous plaquent au baquet ! Les premières
courbes se profilent déjà et il est temps de passer aux choses sérieuses.
Une courbe un peu serrée et déjà on retarde au maximum le
freinage pour mieux passer dedans. Premier constat, le freinage manque un peu
de mordant et sa puissance n'est pas éblouissante. Elle freine bien, mais
on n'est pas dans des freinages surpuissants type compétition. Nez à
la corde, l'arrière reste assez passif. Mais l'arme magique qu'est l'autobloquant
va lui permettre deux choses : un on accélère plus tôt avant
la sortie de virage (ce qui se traduirait par un sous-virage immédiat sur
une traction sans autobloquant), et deux, l'arrière est du coup obligé
de suivre et d'enrouler finalemet plus vite qu'il ne le souhaitait. Résultat,
l'autobloquant à 33% oblige un train arrière plutôt tranquille
à suivre le rythme. Autre bonne nouvelle, la Mazda 3 MPS conserve toujours
son compromis confort/efficacité lors des phases d'appui et dans une conduite
très dynamique. Toutefois, la prise de roulis est nettement plus marquée
que sur la Mégane RS, référence en châssis sport et
dynamique, et le poids embarque un peu l'auto que l'on rattrape finalement à
l'accélérateur grâce à l'autobloquant. Un bilan très
positif donc mais plus dans l'esprit de sa grande soeur la 6 MPS : plus GT que
pistarde. Mais quelle efficacité cet autobloquant ! |
::
CONCLUSION
La Mazda 3 MPS n'est pas passée loin du coup d'état
dans sa catégorie. Elle est la plus puissante, une des plus intéressantes
financièrement parlant, elle est dotée d'un autobloquant de série
(ce dont les autres feraient bien de se doter en toute urgence) et est pétrie
de qualités. Seulement sa discrétion est trop marquée pour
définitivement remporter sa catégorie et son caractère est
plus typé grand tourisme qu'égérie des circuits. Un choix
donc à l'opposé de Renault avec sa Mégane RS dont l'image
et l'engagement en France sur les circuits (compétitions, journées
passion, sorties circuits...) lui a fait prendre d'autres voies. Mais force est
de reconnaître que pour ceux qui ne souhaitent pas rouler sur circuit avec
leur auto, la Mazda 3 MPS est certainement l'arme absolue offrant un compromis
fort séduisant. Et cette mécanique... quel punch !
| >
UN COEUR COMMUN ! |
| 
|
SPORTIVE ET BIEN ELEVEE
! Les places d'honneur dans
la catégorie des berlines supersportives étaient trustées
jusqu'ici par les deux incontournables constructeurs japonais : Subaru et Mitsubishi.
Depuis que Mazda a relevé la tête, laissé ses designers faire
de belles lignes et surtout faire des autos performantes, on voit fleurir dans
le catalogue des nouveautés très alléchantes. Va y avoir
du sport.... >>Lire le dossier
de la Mazda 6 MPS, cliquez ici !!! | | CE
QU'ILS EN ONT PENSE : "Bon d'accord elle ne ressemble à rien.
Et c'est d'ailleurs ce qui peut faire son charme... Sous ses allures de compacte
sainte-nitouche, la Mazda 3 MPS cache son jeu : 260 ch et surtout, des capacités
de relance à laisser les 530 D sur le carreau. Sa botte secrète
? Un quatre cylindres turbo à injection directe qui offre la bagatelle
de 38,7 mkg. Et pour pallier le manque de motricité induit sur les deux
roues avant motrices, Mazda prévoit même un autobloquant. Volant
en mains, les effets du couple se ressentent mais la MPS ne démérite
pas. L'auto se prête volontiers à l'exercice de la chasse aux virages
et accepte, également, le rythme de la balade tranquille. Une compacte
polyvalente et efficace, proposée à un tarif justifié : 27
200 euros." SPORT AUTO - Février 2007 - Mazda 3 MPS. |