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SPORTIVE ET BIEN ELEVEE ! Les places
d'honneur dans la catégorie des berlines supersportives étaient
trustées jusqu'ici par les deux incontournables constructeurs japonais
: Subaru et Mitsubishi. Depuis que Mazda a relevé la tête, laissé
ses designers faire de belles lignes et surtout faire des autos performantes,
on voit fleurir dans le catalogue des nouveautés très alléchantes.
Dernière en date avant l'arrivée très prochaine de la Mazda
3 MPS, la Mazda 6 MPS avec son 2,3 litres turbo de 260 ch et sa transmission (presque
!) intégrale. Va y avoir du sport... Texte:
Gabriel LESSARD - Photos: D.R. Dans la Galaxie du groupe Ford,
Mazda
est une des marques qui affiche une forme insolente. D'autant plus insolente qu'il
y a a quelques années, les produits innovants et fiables avaient désertés
le catalogue du constructeur japonais. Un incompréhension de la part des
passionnés et amateurs de Mazda de caractère que le passé
sportif riche de Mazda (24 Heures du Mans, Rallyes...) ne faisait qu'alimenter.
Nous pouvons désormais respirer, Mazda a retrouvé le sourire et
ne cesse de le dire à chaque sport radio ou TV avec son slogan pour le
moins incongru :"Zoom-Zoom" ! Peu importent les slogans après
tout si la passion est de retour avec une forte touche sportive. La Mazda
RX-8 avait en effet redonné espoir aux amateurs français,
puis la nouvelle MX-5 qui confirme ce regain de sportivité et enfin désormais
la dernière Mazda 6 MPS. Nous attendrons également l'occasion prochaine
de prendre en main la future Mazda 3
MPS qui s'annonce sur le papier comme une GTI
très performante ! Mais revenons à la Mazda 6 MPS puisque c'est
elle qui nous intéresse aujourd'hui. A Hiroshima, les marketeurs ont lancé
un nouveau label "MPS" pour "Mazda Performance Series".
Les appellations sont à la mode dans le groupe Ford avec les "ST"
(Sport Technoligies) ainsi que le label mythique RS, auquel l'ancienne Focus
a eu l'exclusivité mais pas la nouvelle qui doit de se "contenter"
d'être une ST225.
Pour sa très jolie berline 6 basée sur la même plateforme
que ses cousines Ford
Mondeo et Jaguar
X-Type, Mazda a donc développé une variante très sportive
qui est griffée MPS. Alors que Subaru
et son Impreza
et Mitsubishi
et sa Lancer
ont revu récemment leur copie, Mazda arrive donc à point nommé
pour tenter d'imposer sa vision de la berline sportive en 2006... DESIGN
La Mazda 6 est certainement une des berlines parmi les constructeurs généralistes
qui rallie le plus de louange sur sa ligne. Très sobre et équilibrée,
elle reste de bon goût et vieilli très bien car le restyling récent
fut léger, preuve d'un coup de crayon réussi dès le lancement
de l'auto. Pour sa version MPS, Mazda n'a pas souhaité rentrer dans le
jeu de la démesure de ses rivales nipponnes (Subaru et Mitsubishi). La
personnalité de la 6 est donc préservée (ouf !) avec toutefois
une foule de détails qui la transfigurent avec douceur pour rappeler à
l'amateur avisé qu'il est face à une vraie sportive et pas simplement
un "déplaçoir à marmaille". Il est des signes qui
ne trompent pas, et cette 6 MPS doit cacher une mécanique plus volumineuse
et performante car le capot est plus haut de 40 mm. Cela rend la face avant plus
agressive. D'ailleurs, les larges ouvertures dans le bouclier avant ont pour mission
principale de gaver le turbo en air frais. Le style était secondaire. Pour
la poupe de sa belle japonaise, là encore, efficacité et style se
sont mariés à merveille avec ce diffuseur (très à
la mode sur les sportives ces derniers temps ! cF. La nouvelle Renault
Clio RS 2006...) qui intègre très élégamment les sorties
d'échappement. Fini le temps des "gros" pots tuning pour faire
sport. Le (discret !) becquet de malle arrière termine de réhausser
le costume de sport de cette MPS. A noter également les très belles
jantes en alliage léger de 18 pouces de diamètre. Et pour le reste
c'est tout ! Les amateurs de style WRC iront chercher à la concurrence,
ici ce n'est pas le genre de la maison. L'habitacle conserve également
ce classicisme de bon aloi, qui n'esst ma foi pas si désagréable
à l'usage. D'autant moins agréable que certains constructeurs concurrents
feraient bien de venir copier la qualité des matériaux perçus
et touchée, car la Mazda 6 MPS impressionne par sa belle finition et présentation.
Quelques petits détails sont bien pensés comme les compteurs (tachymètre
gradué jusqu'à 280 km/h !) qui ne se voient que lorsque le contact
est mis, ou encore le GPS escamotable (même principe que sur la Mazda
RX-8) et sa petite télécommande pratique pour le passager.
La position de conduite idoine peut rapidement être trouver et le niveau
de confort et de maintien des sièges est très bon même en
conduite active, malgré la sellerie cuir. L'équipement de série
est ultra complet et comprend tout ce dont on a besoin. A 36 800 euros, la Mazda
6 MPS est une véritable affaire, tout du moins dans son rapport prix/présentation/équipements.
D'ailleurs la seule option est le toit ouvrant, le reste est de de série
ou en option gratuite comme la peinture métallisée (fait suffisamment
rare pour être souligné). Autre bonne nouvelle, l'habitabilité
arrière est exceptionnelle pour sa catégorie, comme sa cousine la
Mondeo, et elle offre un coffre de contenance suffisante pour partir à
quatre en vacances. malgré la chaleur lors de cet essai (la canicule de
juillet), la climatisation s'est avérée très puissante et
à même de réfrigérer rapidement l'habitacle. A l'usage,
cette MPS se révèle donc être une bonne compagne, suffisamment
pratique pour ne pas s'attirer les foudres de votre compagne sur l'achat d'une
sportive... MOTEUR Elle belle, d'accord, mais a-t-elle de la
voix ou à défaut du coffre ? De la voix, pas réellement.
On ne pouvait pas s'attendre non plus aux vocalises digne d'un V6 d'Arese (celles
des anciens blocs, les vrais, pas les GM "OGMisés"), ou encore
d'un Flat 4 de Subaru. C'est un "banal" quatre cylindres en ligne de
2,3 litres de cylindrées. Ce qui est déhà moins commun et
interpelle l'amateur, c'est l'injection directe dessence (DISI) et le turbocompresseur
qui l'équipent. En outre, en relisant la fiche technique délivrée
par le constructeur,on découvre que le bloc-cylindres et la culasse sont
élaborés selon un procédé de fonderie de technologie
avancée, développé par Mazda. Un travail assez conséquent
qui rend pour le coup cette mécanique nettement plus attractive ce que
nous confirme les performances techniques : 260 ch, soit presque 100 ch de plus
que la Mazda6 standard à moteur 2,3 litres 12 atmosphérique. Du
côté du chronomètre, Mazda annonce 240 km/h en pointe et des
accélérations de 0 à 100 km/h en 6,6 secondes et 26,5 secondes
pour franchir la borne kilométrique. Nous sommes résoluments sortis
de la berline "à papa" pour entrer dans la sphère très
fermée des berlines haute performances. Volant en main, pas de doute, cette
Mazda a de l'allant et de l'entrain. Un entrain communicatif d'ailleurs, car on
ne se lasse pas de la pousser comme une diablesse. Son système d'échappement
travaillé autorise même un petit grognement feutré qui s'intensifie
au gré des évolutions du compte-tours. Comme beaucoup de moteurs
turbo, elle conserve plus de hargne en grimpant de quelques milliers de tours.
C'est à partir de 3000 tr/mn qu'elle atteint en effet son couplé
maximal de 38,7 mkg. Elle est (heureusement ?) nettement moins linéaire
qu'une Golf 5 GTI, équipée elle aussi d'une mécanique turbo
à injection d'essence. Cela ne peut lui offrir que plus de relief et personnalité,
même si les insonorisants se font fort de vous faire oublier cette bouillante
mécanique sous votre capot en conduite réglementaire... La boîte
mécanique à six rapports est bien étagée et offre
un maniement aisé. Malgré le couple et la puissance, les rapports
peuvent s'enchaîner à la volée. CHASSIS Nous
ne nous étendrons pas sur le principe complet de la transmission intégrale
retenu pour la Mazda 6 MPS qui est décrit dans l'encadré ci-dessous
(TECHNIQUE
: LA TRANSMISSION INTEGRALE DE LA MAZDA 6 MPS). Il faut
juste retenir dans les grandes lignes que ce n'est pas une véritable transmission
intégrale à 100% puisque les roues avant sont motrices et ce n'est
que lorsqu'elles avouent leurs limites d'adhérence et de motricité
qu'elles cèdent une partie du couple moteur à l'essieu arrière.
Si sur le papier, tout cela semble cohérent, l'incidence sur le comportement
en conduite très sportive est importante. En effet, La MPS atendance naturellement
à sousvirer (logique pour une traction avant) lors d'une conduite très
sportive. Et c'est lors de cette phase de sousvirage, si évidemment vous
gardez l'accélérateur "on" que les roues avant vont, par
démission, via le système de transmission, laisser du couple partir
vers l'essieu arrière. L'adhérence de l'auto ainsi que son équilibre
vont s'en trouver changer dans le virage. De glisser de l'avant vers l'intérieur
de virage, elle va alors soudainement reprendre de l'adhérence et au contraire
se remettre en ligne (un survirage n'interviendrait qu'en situation réellement
désespérée aux mains d'un conducteur trop présomptueux
des lois de la physique). Alors qu'une vraie transmission intégrale permanente
permet de passer en force, la 6 MPS va changer de posture en cours de route pour
une plus grande efficacité. Un peu désarçonnant sur les premiers
virages, puis cela devient vite une habitude. On ne saurait que trop conseiller
aux rois des virages de s'excercer avec une Mazda 6 MPS uniquement sur circuit,
car ce changement d'attitude lors des phases d'appui et de transfert de masse
peut surprendre et nécessiter une largeur de route peu propice aux chassées-croisés.
D'ailleurs les suspensions un peu souples préfèrent une conduite
plus coulée sport que réellement "sport-violent" (comprenez
je me prend pour Loeb et je dispute ma spéciale de rallye !...). Et dans
cette attitude coulée mais rapide, la Mazda devient alors redoutable et
propose une offre sur ce segment de marché très cohérente
et trop peu courante. Le freinage est excellent et les quatre freins à
disque résistent longtemps, du moins sur route ouverte. En revanche, la
6 MPS est confortavke grâce à ses équipements pléthoriques
et son train arrière multibras, mais elle est aussi très lourde
et cela se sent ! Une certaine inertie est là lancinante, qui rappelle
que le confort coûte cher sur la bascule ! Le train avant est précis
(triangles superposés) et n'est pas trop sujet aux réaction dans
la direction. Bonne nouvelle, l'ESP (pardon le DSC chez Mazda) est totalement
déconnectable. :: CONCLUSION
Voilà une berline comme on aimerait en voir plus souvent : belle mais pratique,
sportive mais accessible, performante mais confortable, bien équipée
mais pas trop chère, elle semble réunir toutes les qualités
requises ? Presque, car le sans faute n'est pas loin. Seule une image à
construire dans ce segment des berlines sportives reste à faire, ainsi
que de comprendre le mode d'emploi de cette (fausse ?) transmission intégrale
qui peut surprendre à la limite. Et malheureusement son poids élevé
(1,6 tonnes) qui ne fait que suivre l'évolution automobile moderne. On
se prend à rêver d'une version plus excessive avec une vingtaine
de chevaux de plus et 200 kilos de moins. Dites M'sieur Mazda, vous voulez pas
essayer ?... Nous remercions vivement Michèle Lanzenberg
de Mazda France et son équipe pour le prêt de la Mazda 6 MPS de cet
essai, leur gentillesse et passion communicative... en savoir plus : Mazda
France. Liens conseillés sur
MAZDA 6 MPS : Mazda.fr
- Japan
Cars.net Avec
Laurent Bunnik et sa collection inestimable de catalogues, trouvez tous ses catalogues
sur MAZDA 6 MPS
: http://bunnik.club.fr/mazgam01.htm
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TECHNIQUE : LA TRANSMISSION INTEGRALE DE LA MAZDA 6 MPS |
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Selon létat de la route et les conditions rencontrées,
la transmission intégrale à répartition active du couple
de Mazda6 MPS est en mesure de transmettre jusquà 50 % du couple
disponible aux roues arrière. Sur la base dinformations en temps
réel fournies par langle de braquage, les mouvements de lacet, la
vitesse de rotation des roues, laccélération latérale
et le degré douverture du papillon des gaz, le système analyse
en permanence létat de la route et les conditions rencontrées.
Par le biais du répartiteur de couple à gestion électronique,
monté en amont du différentiel arrière, il transmet aux roues
avant et arrière le pourcentage de couple correspondant le mieux à
la situation. Le module de pilotage de la transmission intégrale opte entre
trois modes de conduite distincts: «Normal» 40 (lessentiel du
couple est transmis aux roues avant), «Sport» (en cas de forte accélération,
jusquà 50 % du couple est transféré aux roues arrière)
et «Stabilité» (sur routes glissantes, le couple est réparti
à parts égales entre les trains avant et arrière, pour une
motricité maximale). Un différentiel arrière à
glissement limité de conception identique à celui du coupé sportif
Mazda RX-8 contrôle en outre la répartition du couple entre
les roues arrière gauche et droite. La résistance torsionnelle de
larbre de transmission et du support du différentiel arrière
a été augmentée afin que lensemble donne une impression
de rigidité, particulièrement à laccélération. |
| CE QU'ILS EN ONT PENSE
: "Malgré des caractéristiques en retrait sur le papier
(face à une Subaru Impreza WRX STI et une Mitsubishi Lancer Evo IX NDRL),
son format, son traitement moins tapageur ou son équipement avec une batterie
d'Airbags, un contrôle de trajectoire et la navigation, pour un prix notablement
inférieur au demeurant, la Mazda sauve non seulement la face, mais tire
presque son épingle du jeu. Moins exclusive, elle se révèle
la plus agréable au quotidien et sur long parcours. Son moteur est le plus
élastique et le plus silencieux, manifestement juste une sonorité
ouatée lors des sollicitations sans jamais devenir fatiguante. Les sièges
enveloppants sont très confortables tout en offrant un maintien qui n'avoue
ses limites qu'en conduite vraiment très sportive." Motorsport
- avril/mai 2006 - Mazda 6 MPS. "La Mazda
6 s'aventure à son tour sur le terrain des puissantes berlines à
transmission intégrale. Avec son quatre cylindres turbo développant
260 ch, la MPS étonne autant par son allonge que par ses accélérations.
Souple et nerveux, son bloc 2.3-litres fait cause commune avec une boîte
bien étagée. De quoi rivaliser avecles prestations de l'Impreza
STi et de la Lancer Evo IX... à ce détail près que la 6 n'est
pas une vraie quatre roues motrices. En temps normal, son couple moteur est entièrement
distribué aux roues avant. Le transfert sur l'essieu arrière (jusqu'à
50%) ne se produit qu'en cas de coup dur. Facile et moins virile que les deux
échappées d'un rallye, la Mazda préserve un excellent niveau
de confort de roulement." Driven - Printemps 2006 - Mazda 6 MPS. |