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FULGURO POING ! Dans le segment des
GTI compactes, il existe plusieurs écoles. Celles de la discrétion
sportive à la limite de l'austérité, et celle qui adopte
l'exubérance comme signe distinctif pour mieux affirmer son caractère
sportif. Opel a adopté la deuxième voie pour son coupé Astra
GTC. La variante sportive, l'OPC est un vrai missile et cela doit se voir. Une
aubaine pour les amateurs de voitures de sport, d'autant plus qu'avec ses 240
ch sur ses seules roues avant, il va y avoir du sport avec l'Astra GTC OPC... Texte:
Gabriel LESSARD - Photos: D.R. Avec son label OPC (pour Opel Performance
Center), Opel développe toute une gamme de produits
sportifs ou à tendance sportive puisque même le petit Meriva n'échappe
pas à la cure de vitamines. De l'Astra à
la Vectra en passant par le Zafira,
Opel n'y va pas de main morte avec ses sportives qui ont bien du mal à
s'imposer dans un segment de marché déjà très encombré.
La nouvelle Astra OPC est la première d'une série de modèles
très sportifs que nous allons présenter au cours des prochains mois,
a annoncé Hans H. Demant, directeur général d'Opel. Avec
la nouvelle gamme OPC, nous souhaitons affirmer un fort potentiel de dynamisme
au sein de l'offre Opel. On avait connu dans la catégorie des GTI
à Rüsselsheim les Kadett GTE, puis GSI et enfin les Astra A GSI. Puis
l'Opel Astra B se contenta au départ de motorisation timide (2 litres atmo
16 soupapes de 137 ch), puis vient la première Astra
OPC avec son moteur atmosphérique de 160 ch. Mais l'ensemble aussi
séduisant soit-il, faisait encore préparation artisanale. La version
OPC de 200 ch qui suivi n'eut pas de grand retentissement,
et pourtant elle méritait le détour avec des performances canon
! Pour sa nouvelle Astra C, Opel a adopté une nouvelle stratégie
de gamme : la 5 portes et break restent conventionnels, tandis que la trois portes
se présente sous la forme d'un très élégant coupé
baptisé "GTC". Pour la lutte dans les hautes sphères,
c'est donc le coupé GTC qui est revisité
par le label OPC. Le résultat se voit mais se sent aussi volant en main
avec 240 fougueux chevaux qui tentent de tous galoper par le seul train avant.
Chaud devant ! DESIGN L'Opel Astra GTC, sans renouer avec la
ligne sculpturale du coupé Calibra, a tout de
même soulevé un concert de louanges. Ramassé, mais équilibré,
compact mais racé, le coupé GTC est une vraie réussite. Mais
comme tout coupé qui se respecte, l'habitabilité en pâtit.
Surtout à l'arrière où l'espace aux jambes et la hauteur
de plafond sont comptés. Le pare-brise très incliné, s'il
contribue au dynamisme de la ligne, amène un désagrément
inattendu. La visibilité depuis le poste conducteur est finalement très
limitée car l'emplacement du rétroviseur intérieur occulte
80% de la moitié droite du pare-brise. Pour le reste c'est tout bon heureusement
! Les excellents sièges baquets Recaro de série maintiennent idéalement
le corps, la boîte tombe bien en main, même si le pommeau n'est pas
très agréable par sa forme presque carrée. La planche de
bord reste simple et bien finie. Les plastiques sont de bonne qualité ce
qui confirme la volonté affichée d'Opel de faire progresser ses
produits. L'équipement de série est très complet et rien
ne manque à l'appel. Un peu désarçonnant au départ,
mais finalement très utiles et efficaces, les commandes de clignotants
fonctionnent par impulsions. La pauvreté de l'instrumentation est en revanche
très surprenante pour une sportive de cette trempe rappelant ainsi les
travers de feue la Kadett GSI et son tableau de bord digital. Pas de thermomètre
d'eau, pas de pression ni de température d'huile et pas de pression de
turbo ! Incroyable, ils ont du oublier quelque chose ?... Cela sans parler de
la lisibilté des compteurs peu propice à savoir où sont les
performances de la bouillante mécanique. Pour reprendre la thématique
"OPC" des logos sont disséminés sur le volant, le pommeau
de vitesses et les fonds de compteurs, et quelques liserets bleus sur les mêmes
accessoires remplacent le rouge utilisé dans les années 80. Difficile
de passer inaperçu avec cette OPC encanaillée. Son kit carrosserie
très suggestif la rend très agressive et nous rappelle une époque
bénie où l'autophobie ambiante n'existait pas encore. Tout le bouclier
avant, largement aéré concours à cette agressivité
et lui donnerait presque des allures de Manga japonais. Bas de caisse, bouclier
arrière et jantes alu de 18 pouces, toute la panoplie est posée.
L'Astra GTC bande ses muscles et affirme sa sportivité. Avec sa teinte
rouge, ses grilles d'aération noires tranchent astucieusement. Pas de doute,
l'Astra GTC OPC en jette ! Certains détails sont particulièrement
suggestifs et évocateurs comme l'échappement trapézoïdal
situé au milieu ou l'aileron de hayon. MOTEUR Le moteur
de la nouvelle Astra OPC est basé sur le 2 litres turbo essence de 200
ch développant un couple de 32,7 mkg, la motorisation haute des autres
variantes de l'Astra. La puissance supérieure de l'OPC résulte d'un
travail d'optimisation effectué sur les collecteurs d'admission et d'échappement,
de l'utilisation de composants moteurs de plus haute résistance, ainsi
que d'améliorations apportées au turbocompresseur et au système
d'injection. Alors évidemment, le résultat est là et il faut
compter sur 240 ch avec un turbocompresseur 3K Warner qui souffle à 1,2.
Une pression de suralimentation qui devient conséquente et surtout plus
élevée que celle de la Renault
Mégane RS (1,0) ou de la Ford Focus
ST (0,9). Les performances s'en ressentent et font un net bond en avant :
244 km/h en VMax, 6,6 secondes pour le 0 à 100 km/h et moins de 27 secondes
pour le kilomètre départ arrêté. Une vraie bombe qui
lui permet de prendre le titre de GTI
la plus rapide du moment. Après pour aller plus vite, il faut avoir recours
à la Golf 5 R32, dont le V6 de
250 ch et la transmission intégrale (non permanente) permettent plus d'efficacité.
Et malheureusement vous n'avez pas le son sur le net, mais c'est grisant. Lorsque
le turbo souffle à pleine charge, une sonorité rageuse envahit l'habitacle
et on a du mal alors à relâcher l'accélérateur. Une
boîte de vitesses manuelle à six rapports courts se charge de transmettre
la puissance aux roues avant. Côté consommation, si Opel revendique
des moyennes très basses par rapport aux performances affichées,
nous avons tourné autour des 12 litres en permanence. Une moyenne élevée
en raison de notre pied droit toujours volontaire mais qui n'autorise du coup
qu'une autonomie réduite à 350 km en raison d'un réservoir
trop petit.
CHASSIS Le terme de "high-tech" s'applique
aussi aux réglages sport du châssis de l'Astra OPC. Elle est équipé
en série de l'IDSPlus (Interactive Driving System), avec mise en réseau
et coordination de toutes les fonctions châssis, comme le contrôle
de trajectoire ESPPlus (Electronic Stability Program) l'antipatinage TCPlus (Traction
Control) et autres fonctions du système de freinage hautes performances
de 17 pouces. Le système d'amortissement piloté CDC (Continuous
Damping Control) est l'un des éléments essentiels de ce réseau,
dont l'électronique assure que les lois d'amortissement sont automatiquement
et en continu adaptées à l'état du revêtement rencontré,
aux mouvements du véhicule et au style de conduite. De plus, il est loisible
au conducteur de choisir des paramètres encore plus sportifs en appuyant
sur le bouton "SportSwitch". C'est le descriptif du dossier de presse
sur le châssis de l'Astra GTC OPC. Mais volant en main qu'en est-il exactement
sur la route (un essai sur circuit est décrit dans l'encadré ci-dessous)
? Dans la circulation urbaine et sur route, l'Astra GTC OPC offre un comportement
accessible à tous, une certaine fermeté mais un feelling intéressant.
Le freinage est très puissant et rappelle un peu celui de la dernière
Clio RS ou de la Mégane
RS F1 Team. Malgré la taille imposante au sol des larges pneumatiques
(225/40 R18), la direction reste douce et précise. Le mode "sport"
de la suspension active est nettement plus ferme et dégrade avant tout
l'amortissement plus qu'autre chose. Le mode standard est finalement largement
notre favori sur route ouverte. Et la motricité ? Force est de reconnaître
que le train avant est largement dépassé par le couple du moteur.
D'ailleurs, Renault a monté dernièrement
un différentiel sur le train avant de sa Mégane
F1 Team R26 (récemment présentée au Mondial
de Paris 2006) pour optimiser ce travers. Opel aurait pu s'en s'inspirer.
En mode sport, c'est pire encore puisque l'amortissement est moins performant.
Combien de fois avons-nous vu le voyant du TCPlus s'allumer. Aurions-nous le pied
trop lourd ! En revanche, sur autoroute (allemande évidemment !), l'Opel
Astra GTC OPC affiche toute sa superbe dans les grandes courbes. Et quelles reprises
! Dans les virages un peu serrés, il faut lutter contre le sous-virage
généré par les pertes de motricité. Pas de doute,
l'Astra possède un gros coeur, comme on en fait malheureusement trop peu
aujourd'hui... :: CONCLUSION L'Astra
GTC OPC ne nous a pas déçu ! On l'attendait au tournant mais c'est
avant tout en ligne droite qu'elle étonne par sa vigueur et sa vélocité.
Certes, elle reprend les gênes de feue la Kadett GSI 16V avec un gros coeur
et un train avant à la peine. Mais il ne faut pas oublier que le marché
allemand a besoin d'autos sportives capables de tracer à des vitesses aujourd'hui
indécentes en France sur Autobahn. Et dans cet exercice, l'Astra GTC OPC
y excelle. Et pour faire taire les mauvaises langues, le comportement routier
de l'Astra est également efficace sur circuit à condition d'avoir
assimiler le mode d'emploi : ne pas se crisper sur la pédale de droite...
L'Automobile Sportive tient à remercier toute l'équipe
du parc presse Opel pour leur gentillesse et leur disponibilité. Nous
remercions également Julien Piguet et le circuit Espace Plus à Marcoussis
pour leur accueil et nous avoir permis d'y tester le châssis de la nouvelle
Astra GTC OPC (les tests hautes vitesse ont été réalisés
ailleurs). Liens conseillés sur OPEL ASTRA GTC OPC
: Guide des GTI
| >
L'Opel Astra GTC OPC à l'épreuve du circuit... |
|  Malgré
une motricité défaillante, l'Astra GTC OPC avance très fort
sur circuit.
 A
fond la gomme ! 240 km/h compteur...
| Une
poigne de fer et un pied de velours...
Après avoir pu apprécier sur route ouverte et dans le respect
des conditions de circulation le caractère de cette Astra GTC OPC, nous
avons pris le chemin de Marcoussis pour aller la pousser dans ses retranchements
sur un circuit fermé à la circulation automobile. La motricité
souvent à la peine sur route nous a incité à de la prudence
sur les premiers tours de circuit. Le mode sport activé, les pneus en température,
l'huile moteur chaude on peut augmenter le rythme. D'emblée, le moteur
fait étalage de sa vigueur étonnante. Quelle santé ! D'habitude
la conduite sur circuit, avec l'absence de repère visuel et de circulation
diminue la sensation de vitesse. Mais les poussées du 2 litres turbo semblent
effacer les virages les uns après les autres. Sauf qu'il convient d'avoir
le pied droit rigoureux, car les remontées de pertes de motricités
se font immédiatement sentir dans le volant. A mesure que le rythme augmente,
vos mains s'agrippent avec fermeté sur le volant pour tenter de contenir
la véhémence du moteur. Cela déstabilise ainsi l'auto et
empêche de soigner sa trajectoire. Cela est dommage car le châssis
fait preuve d'un bel équilibre et le freinage très puissant et endurant
permet de jouer au mieux avec les transferts de masse. Au pire la suspension active
IDS en mode sport est un poil ferme et fait sautiller l'auto sur les revêtements
dégradés. L'Astra GTC OPC, c'est à manier avec doigté
et tact pour en tirer la quintessence sans laisser les pneus mourrir sous les
240 ch du moteur. | | CE
QU'ILS EN ONT PENSE : "[
] car l'Astra OPC ne fait pas semblant
d'avancer ; une réalité dont les perception est exacerbée
par la sonorité de son échappement. Comparé au 2.0 T de 200
ch, le même 2 litres, porté à 240 ch, prend ses tours avec
plus de rage encore, au point que l'Astra OPC largue ses rivales d'un jour. Du
moins en ligne droite ou en grande courbe. Car sur un parcours sinueux ou dans
les parties lentes du circuit belge de Zolder, elle pâtit d'une motricité
défaillante. Nous l'avions déjà constaté à
bord de l 2.0 T et forcément avec40 ch et 58 Nm de plus, ça ne s'est
pas arrangé. En dépit d'une forte puissance, l'Astra se révèle
finalement décevante sur le plan des sensations de conduite. Ses performances
pures ne peuvent compenser un manque flagrant de communication de la part de la
direction, des pédales et de la commande de boîte." Le
Moniteur Automobile - 23 juillet 2006 - Opel Astra GTC OPC. "Nous
reconnaissons là une auto développée sur le Nürbürgring,
une auto pour réaliser des moyennes hallucinantes sur des tracés
rapides. Forcément, un tel cocktail déborde ou est débordé
sur nos petites routes. Un tel punch ravage la motricité et il ne suffit
pas de doser. La caisse pompe et les roues dribblent, car la suspension pilotée,
qui avoue déjà ses faiblesses dans le rapide, est souvent très
dure. Nous secouant en position sport alors que nous la souhaiterions simplement
amortie, elle manque de maîtrise. C'est d'autant plus dommage qu'un revêtement
lisse met en exergue un excellent équilibre avec une auto qui s'inscrit
et enroule même le virage à la demande, sans oublier une efficacité
bien réelle malgré ce comportement désordonné."
Echappement - août 2006 - Opel Astra GTC OPC. |