|
DU PUNCH POUR UN PUTSCH Après
une version FR déjà convaincante, Seat poursuit l'élargissement
de son offre Leon vers le haut avec la Cupra. Dérivée de la FR,
avec l'inspiration omniprésente avec les Leon WTCC qui se frottent aux
autres avec notamment Ivan Muller au volant dans le championnat du même
nom, la Leon Cupra entend bien venir semer le trouble chez les sportives compactes
avec des arguments qu'elle a fait siens depuis la première génération
: de la puissance et un prix " tapé ". L'Automobile Sportive
a donc pu passer à l'épreuve du circuit et de la route cette nouvelle
ibérique au sang chaud qui entend bien faire étalage de ses arguments... Texte:
Gabriel LESSARD - Photos: D.R. Le groupe VAG était au départ
parti dans une stratégie de globalisation des marques (partage des plateformes,
moteurs, organe, composants,
) qui avait finalement conduit à avoir
des produits très similaires et par conséquent à dépouiller
chaque marque de son âme. Sans même parler des priorités de
politiques internes entre les marques donnant ainsi la priorité aux marques
premium. C'est ainsi que la Leon Cupra première
mouture était doté d'un V6 de 204 ch avec transmission sur les quatre
roues, puis, sans trop comprendre pourquoi, elle était repassée
à deux roues (avant) motrices et avait récupéré le
1,8 litres quatre cylindres turbo de la Golf
4 GTI. Seulement 217 Leon Cupra, tous modèles confondus (V6 et quatre
cylindres) ont été ainsi immatriculés en France. Un résultat
que l'on peut qualifier de confidentiel, malgré un segment des GTI
pas au mieux de sa forme dans la fin des années 90 et le début des
années 2000. Pour sa nouvelle Leon Cupra,
VAG change de méthode pour le plus grand bonheur de tous. Si certains éléments
sont toujours communs (plateformes, moteurs), chaque marque conserve une réelle
spécificité. On le sait, les " Auto Emocion " sont chargées
chez VAG de développer la fibre sportive dans le groupe. Du coup, Seat
ne lésine pas sur les moyens : engagement en WTCC avec la ferme intention
de remporter le championnat, gamme sportive à deux niveaux (FR et Cupra)
sur les Ibiza et Leon,
séries spéciales personnalisées (Leon Cupra WTCC, Shakira
)
Une politique qui fait plaisir à voir en ces temps pas toujours propices
avec l'automobile sportive et passion. Seule petite ombre au tableau dans cette
stratégie de groupe, c'est la priorité toujours donnée à
VW et Audi.
Si VAG veut que Seat s'impose définitivement tant en interne que vis-à-vis
du public et des clients comme une marque sportive, elle doit avoir la primeur
des versions les plus puissantes à motorisation identique, et non l'inverse
comme aujourd'hui. La progression de l'image de Seat ne pourra se faire qu'avec
l'humilité conciliante de celle des ses cousines germaines. Mais pour revenir
à cette nouvelle Leon Cupra que nous avons pu tester sur circuit et sur
route, le message du constructeur espagnol est clair : " c'est la Seat
la plus puissante et la plus rapide de toute l'histoire de la marque ! ".
Avec 240 ch sur les seules roues avant, " va y avoir du sport ! " DESIGN
On ne reviendra pas sur le design général de la Leon en détail,
l'ayant déjà fait lors de précédents dossiers dans
le guide des sportives. Malgré une assiette abaissée, la Leon Cupra
conserve toujours ce look un peu étrange à mi-chemin entre un monospace,
un break et une berline compacte cinq portes. Faut s'y habituer, mais plus le
temps passe, plus certains traits de cette compactes séduisent. Sur la
Cupra, on retrouve néanmoins quelques détails qui la diffère
des autres, FR comprise. Ainsi la Cupra est posée sur des jantes alu de
18 pouces au dessin plus aéré qui contribuent aussi à alléger
visuellement la ligne de l'auto. La sortie d'échappement chromée
est ovale
mais trompeuse puisqu'à l'intérieur on devine toujours
la double sortie d'échappement des FR, sous le logo Seat de la malle arrière
un monogramme " CUPRA " est apposé et non plus " LEON ",
étriers de freins peints en rouge et un becquet est intégré
au hayon. On retrouve heureusement les détails des Leon avec les poignées
de portes arrière dissimulées dans le montant (merci Walter de Silva
!), sa calandre aplatie et ses larges optiques avant. Notre exemplaire était
revêtu d'un jaune particulièrement seyant mais certes pas discret.
Les timides en seront pour leurs frais puisque seulement trois couleurs sont disponibles
sur les Leon Cupra : jaune, rouge ou noir. Dans cette dernière couleur,
la Leon Cupra est nettement plus " passe-partout " puisque le contraste
entre les plastiques noir des prises d'air et des boucliers avec la couleur de
la carrosserie n'opère plus. L'habitacle alterne pour sa part bonheur et
désenchantement. On reste toujours aussi séduits et emballés
par ces excellents sièges baquets et surtout une position de conduite parfaite
et basse. Lesdits baquets sont d'ailleurs surpiqués du logo " Cupra
" et préservent un confort inattendu et bienvenu pour soulager vos
vertèbres de la rigueur de la suspension. Si le design de la planche de
bord reste harmonieux, quoique massif, la qualité des plastiques employés
est déconcertante. Certes, un Leon Cupra est affichée à moins
de 27 000 euros, mais tout de même un effort pourrait être fait de
ce côté, surtout que la génération précédente
offrait une finition plus proche des standards VW. Le volant à la préhension
toujours aussi réussie est siglé " Cupra " dans sa partie
basse, tandis qu'un pédalier alu et pommeau de vitesses du même métal
et décoré est de la partie. Les fonds de compteurs sont blancs,
mais la pauvreté générale des informations délivrées
reste malheureusement dans les nouvelles (mauvaises) habitudes des GTI
compactes (pas de mano de pression d'huile, ni de turbo, pas de température
d'huile
). Dans ce segment, seule la Ford
Focus ST 225 semble faire de la résistance. L'équipement de
série est dans la norme de ce qui se fait chez les autres sans tomber dans
la surenchère, qui serait d'autant plus inutile que la Leon Cupra frise
déjà les 1,4 tonnes. A noter l'habitabilité réelle
et un coffre vaste, permettant ainsi à quatre personnes de voyager loin.
Sport et pratique en quelque sorte
MOTEUR Egalement monté
sous le capot des Golf GTI, Leon FR,
Audi A3 2.0 TFSi et S3, Audi TT 2.0 TFSi,
c'est cependant une version nettement améliorée du quatre cylindres
à injection directe turbo que la Leon Cupra reçoit. Il ne s'agit
pas en effet d'une simple re-programmation du calculateur moteur pour passer de
200 à 240 ch. Non, un travail approfondi a été réalisé
sur la résistance des matériaux aux nouvelles contraintes générées
notamment en matière d'échauffement. Ainsi, bloc moteur et culasse
ont été renforcés, les pièces mobiles également,
et le système de refroidissement accru. Ainsi, lorsque le turbocompresseur
Borg Warner K04 souffle à 0,8 bars la Leon Cupra peut compter sur 240 ch
de 5 700 à 6 300 tr/mn soit tout de même une belle puissance au litre
de 121. Le couple n'est pas en reste avec 30,6 mkg de 2 000 à 5 500 tr/mn.
Ces valeurs mécaniques sont à rapprocher de la référence
du segment en la matière, la Mazda 3 MPS,
qui fait 20 ch de plus et 8 mkg de plus. La Seat en terme de puissance pure (qui
reste un argument commercial non négligeable) se place donc en deuxième
position derrière la Mazda avec à ses côtés l'Opel
Astra GTC OPC. Du coup, on retrouve avec la Seat une vigueur comparable à
celle de l'Opel et celle de la japonaise. Mais là où la Leon Cupra
fait la différence, surtout comparé à la l'Opel, c'est son
absence de temps de réponse qui étonne (grâce à l'injection
directe d'essence notamment). La moindre sollicitation de pédale se traduit
instantanément soit par des reprises vigoureuses et soutenues si vous restez
sur le rapport supérieur, soit par de violentes poussées en cas
de rétrogradage. L'aiguille du compte tours semble alors monter à
la vitesse du son vers la zone rouge pour atteindre le rupteur vers les 7 500
tr/mn. Un vrai missile cette Leon Cupra qui affiche donc des performances encore
jamais vues à Martorell : le 0 à 100 km/h est tombé en 6,4
secondes (0,1 secondes de moins que la pourtant très véloce Mégane
RS F1 Team R26 !), le kilomètre départ arrêté est
englouti en 26,4 secondes et la vitesse maxi se stabilise à près
de 250 km/h. Qui a dit que les compactes sportives étaient dépassées
? Avec de telles performances, sur le papier tout du moins, beaucoup de sportives
plus huppées peuvent se poser quelques questions. Et si à l'instar
de Renault et ses évolutions permanentes pour sa Mégane RS, Opel
et son label OPC ou encore Mazda avec MPS, Seat n'allait pas continuer ces coups
de butoirs vers la performance pour un retour en grâce des GTI sur l'avant-scène
des sportives ? Souvent corollaire de la performance mécanique, la Seat
Leon Cupra en conduite dynamique sur route nécessite environ 11 litres
au cent en moyenne. Cette brillante mécanique est complétée
d'une boîte mécanique à 6 rapports (la DSG n'est pas au programme
pour l'instant) dont les quatre premiers rapports tirent courts et les deux derniers
plus long pour favoriser la vitesse maxi et les contraintes bruit et consommation.
Son maniement est correct, mais en usage vraiment intensif sur circuit on note
parfois un manque de précision dans le passage des vitesses. Pour ceux
qui pourraient avoir un doute de l'intérêt d'une Cupra par rapport
à une FR, le doute peut être levé. Sur circuit, la Cupra fond
sur la FR comme un vautour sur sa proie, et même le talent de celui qui
piloterait la FR ne pourra lutter. La Cupra est nettement plus performante que
la FR, sans appel. CHASSIS Un gros cur et des poumons pour
un athlète c'est utile, mais il faut aussi des jambes ! De ce côté,
les ingénieurs de Seat n'ont pas laissé les choses au hasard et
sont repartis de la base de la FR pour la magnifier et l'adapter aux nouvelles
contraintes liées à l'accroissement plus que notable des performances.
La Cupra est déjà plus basse que toutes les autres Leon et plus
fermement suspendue. Sur ce dernier point, elle n'a rien à envier à
la FR et dans les deux cas, les amateurs de suspensions typées Citroën
iront chercher ailleurs. C'est ferme, très ferme même et sur route
départementale (souvent un peu bombées et déformées)
on est chahuté dans l'auto. Non pas que la Cupra change de cap ou perde
de sa superbe, mais tout simplement elle sautille en permanence, la faute à
un amortissement trop ferme qui n'offre pas un compromis suffisant sport/confort.
Mais il faut bien avoir conscience que les ingénieurs châssis ont
certainement du composer aussi pour permettre à la puissance de passer
au mieux. La Mazda 3 MPS est à l'opposé, et la Renault Mégane
RS se situe certainement dans le compromis qui nous sied le mieux, à savoir
entre une Mazda trop souple et une Seat trop ferme. Le train avant a été
revu entièrement. C'est bien simple, il a été renforcé
au niveau des silent-blocs, des fusées et triangles, et l'emploi de l'alu
a permis d'augmenter la résistance et rigidité, tout en pesant 7,5
kg de moins pour diminuer le poids des masses non suspendues. Rien que cette démarche
nous démontre, si besoin en était, que Seat est véritablement
entré dans une démarche sportive. Bravo ! Seule la barre antiroulis
avant a vu sa section diminuée de 1 mm pour préserver la motricité.
Autre modification par rapport à la FR, les voies ont été
augmentées par les nouvelles jantes de 18 pouces en 7½ de large,
chaussées de très bons pneus Pirelli PZero Rosso 225/40 R18. Ces
jantes n'étaient pas trop larges pour pouvoir abriter de gros disques de
freins (disques ventilés AV -Ø 345 mm- et 2 disques pleins AR -Ø
286 mm-). Cet équipement permet, des freinages puissants tant sur route
que sur circuit. Toutefois, les responsables de la marque nous ont précisé
qu'une option Freins Brembo à étriers quatre pistons allait être
proposé en option pour les amateurs de conduite les plus exigeants, ou
pour ceux qui veulent tourner sur circuit. Une démarche plus que logique
de la part de Seat tant il est vrai que dès que cet équipement optionnel
(de série sur les Mégane RS et Clio 3 RS) offre un toucher de frein
et une précision du dosage sans égal, avec en prime endurance, puissance
et plaisir garanti. Le train arrière " multi-link " contribue
à offrir un comportement sain et homogène en permettant ainsi au
conducteur lambda de passer vite partout. Et en cas d'excès de zèle,
l'électronique surveille ! Même de trop ! Sur circuit, si on laisse
tout activé, c'est vite agaçant ! Entre le TCS qui étouffe
le moteur pour cause de contrôle de motricité (mise à mal,
encore plus sur piste humide comme le jour de notre essai) et l'ESP qui freine
une ou plusieurs roues, le sous-virage semble inéluctable. Bref vous tirez
tout droit dans des enchaînements en " pif-paf ". Et l'amplificateur
de freinage se charge de freiner plus fort que vous ne le souhaitiez. Heureusement
un bouton existe pour débrancher tout ce " bazar " mais pas totalement
hélas. Une fois le voyant allumé au tableau de bord, l'ESP est en
vieille mais son seuil d'intervention s'en trouve nettement reculé, le
TCS n'intervient plus et l'amplificateur de freinage non plus. Ouf ! C'est pas
parfait, mais c'est déjà nettement plus conduisible ou plutôt
" pilotable " (les candidats aux élections inventant des nouveaux
mots, on s'y met aussi !). Sur circuit, on peut alors hausser le rythme avec entrain.
A chaque tour on passe de plus en plus fort et rapidement la Leon Cupra montre
les mêmes forces et faiblesses que ses rivales directes : dans les grandes
et moyennes courbes, elle fait preuve d'un équilibre étonnant. On
charge un poil en freins à l'entrée de la courbe pour la placer
en appui. Puis on maintient à l'accélérateur l'auto sur sa
trajectoire (à la corde en appui), et enfin on ouvre les gaz tout en débraquant
le volant. La disponibilité du moteur est telle que s'en est d'autant plus
plaisant. Dans les enchaînements rapides en revanche, l'inertie liée
au poids se fait vite sentir et seul le passage en force permettra de s'en tirer
avec les honneurs. Mais il faudra alors doser avec habilité l'accélérateur
sous peine de pertes de motricité immédiate. Très réglée
sous-vireuse pour être facile à conduire, la Léon Cupra joue
plus la facilité de conduite que la pistarde pure et dure. Nous aurions
aimé un train arrière plus mobile et plus réactif, notamment
sur circuit. :: CONCLUSION La Seat Leon
Cupra reprend les forces qui ont marqué la précédente génération
: look tapageur, puissance, performances et prix canon. Mais sur cette nouvelle
génération, Seat a amélioré le concept avec en prime
des performances canon jamais vues jusque-là chez Seat, et un châssis
nettement plus dynamique, même s'il y a moyen de faire encore plus de ce
côté-là. Un bilan largement positif et qui mérite que
l'on s'intéresse lors d'un achat à cette diablesse ibère
car à ce prix-là, personne n'est placé à la concurrence.
Lorsque l'on se retourne sur le passé lointain de Seat alors sous la tutelle
de Fiat, on ne peut que regarder qu'avec affection la Fura
Crono (sorte de Fiat 127 sport à la sauce espagnole) et admirer le
chemin parcouru par la marque espagnole. Et si Seat réussissait son pari
d'imposer sa marque comme Audi l'a fait dans le segment des marques Premium en
20 ans ? Chiche !... L'Automobile Sportive tient à remercier
Jean-Fabien Defaut ainsi que toute l'équipe presse de Seat pour leur gentillesse
et leur disponibilité et le prêt de la León Cupra pour cet
essai. Liens conseillés sur SEAT LEON Cupra Mk2
: Guide des GTI
| >
LA PETITE SOEUR : LA FR ET SES 200 CH... |
| 
|
FORMULE REUSSITE ?
Avec sa banque d'organes et ses plates-formes communes, le groupe VAG
permet ainsi aux marques qui le composent de décliner à l'envie
certaines formes d'automobiles. La León, se veut la "Golf" ibérique,
le caractère en plus. Pour faire le pendant à la Golf GTI cinquième
du nom, Seat oppose sa León FR, dotée du même moteur et qui
peut profiter également de la boîte DSG en option. Une bonne occasion
pour nous de vérifier, volant en main, si cette latine a le sang chaud
malgré des entrailles germaniques.... >>Lire
la suite du dossier Seat Leon FR DSG, cliquez ici !!! | |
CE QU'ILS EN ONT PENSE : "Confortable,
performante et facile à manier, la Leon Cupra fait honneur à son
prestigieux label. S'il est vrai que poussée dans ses derniers retranchements,
le châssis laisse apparaître quelques faiblesses en termes d'efficacité
pure, cela est complètement compréhensible venant de la part d'une
traction aussi puissante. Un désagrément qui, toutefois, ne perturbe
pas un bilan final largement favorisé par un rapport prix/prestations vraiment
exceptionnel." Echappement - Août 2006 - Seat Leon Cupra Mk2
- Jorge Clavell. |