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523 000 FF (01/09/1991) 42CV FISCAUX CARACTERISTIQUES
DIABLO 5.7
Moteur: 12 cyl. en V 48 s
Cylindrée: 5707 cm3
Puissance (ch à tr/mn): 492 à 7000
Couple (Nm à tr/mn): 580 à 5200
Transmission: AR BVM 5
Poids: 1575 Kg
Pneumatiques: AV 245/40 ZR 17, AR 335/35 ZR 17 PERFORMANCES
Vitesse maxi: 325 KM/H
0 à 100 Km/H: 4"1
1000 m DA: 21"1 CONSOMMATION
Ville/route/mixte: 20,7/13,3/17 L/100km
Basée sur une évolution de la Countach, la Lamborghini Diablo n'est pourtant
pas aussi moderne qu'il en paraît. Elle en conserve notament le châssis
"space-frame", certes avangardiste mais lancé au début des années 70 !
Seul l'aileron arrière optionnel pouvait à la demande des clients (et
contre 30000 FF !) venir rompre l'harmonie de cette ligne époustouflante.
Une fois à l'intérieur - il faut s'y glisser avec un chausse-pied - le
pilote est séparé de son passager par un immense tunnel de transmission
sur lequel il peut poser son coude et prendre en main un petit levier
de vitesse au maniement "camionnesque".
Rien qu'au ralenti, le V12 Lamborghini donne le ton : dans votre
dos c'est du sérieux, du méchant !
A l'image d'une Dodge Viper, la Diablo est sans doute encore aujourd'hui
l'une des voitures les plus impressionnantes et difficiles à conduire.
Fidèle à des concepts d'un autre âge, la Lamborghini est aussi totalement
inadaptée au réseau routier...
BIEN
:-)
Performances
ahurissantes
Ligne éblouissantes
Moteur gigantesque
Sensations (très) fortes garanties
Je l'aime !!!
PAS
BIEN :-(
Direction
lourde
Habitabilité...
Finition
Code de la route à revoir...
ENFER
OU PARADIS ? Succédant à la légendaire Countach apparue
en 1974 (après 26 ans de carrière !), la Diablo est
officialisée en 1990 comme la première Lamborghini
née durant l'appartenance de la marque au groupe Chrysler
qui l'avait rachetée en 1987. Elle en restera également
la seule. Avec 325 km/h annoncés, Lamborghini profitait donc du
salon de Detroit pour dévoiler celle qui devait remettre
les pendules mondiales à l'heure de Sant'Agata Bolognese.
D'emblée, la Diablo relançait le petit fabricant en
leader sur le marché des "Supercars" pour combattre
son principal rival : Ferrari...
Texte:
Sébastien DUPUIS - Photos: D.R.
Grâce au financement américain,
Lamborghini peut investir plus d'argent dans le développement
de son nouveau modèle qu'il n'en a jamais eu l'occasion.
Ainsi l'objectif est clair : faire mieux que Ferrari et donc proposer
LA meilleure supercar du marché ! En 1990, c'est donc le
choc des titans sur le marché des super-sportives et un Duel
au plus haut niveau se dessine : Diablo vs F40 !
PRESENTATION
Dessinée d'une main de maître par Marcello Gandini
dont elle porte la signature, la Diablo a néanmoins été
retouchée par le centre de style américain de Chrysler
qui en a affiné les traits et retouché l'aérodynamique
en soufflerie. Pour se donner une idée de ce à quoi
aurait dû ressembler la Diablo, il suffit de regarder du côté
d'une certaine Cizeta Moroder V16, dont Gandini, par rancune, aurait
livré son dessin original destiné à la Diablo.
Néanmoins, au final le style de la Diablo est plus agréable
que celui de la Cizeta et résiste mieux à l'épreuve
du temps et des modes. Il s'en dégage même une impression
de puissance et de vitesse encore plus forte. Les lignes très
modernes de cette sublissime réalisation oscillent habilement
entre démesure américaine et fluidité latine.
Un coktail impossible entre l'élégance et la bestialité
qui en fait une incontestable réussite esthétique.
De l'avis de tous, la Lamborghini Diablo surpasse la Countach dans
son style et sans doute aussi la mythique Miura. Seul l'aileron
arrière optionnel pouvait à la demande des clients
(et contre 30000 FF !) venir rompre l'harmonie de cette ligne époustouflante.
D'une aérodynamique parfaite, la Lamborghini Diablo impose
le respect et l'admiration. Sa hauteur de pavillon réduite
au minimum, sa ceinture de caisse plongeante vers l'aile avant et
son capot arrière immense, abrîtant le gros V12 maison
respirant par une multitude d'aérations, sont toujours aussi
étonnament modernes et séduisants. La partie arrière
est assez caractéristique, à commencer par sa largeur
hors-norme et son système de refroidissement optimisé
par deux radiateurs d'eau derrière les roues arrière,
en dessous desquels pointent vers le ciel quatre sorties d'échappement,
tels des fusils prêts à tirer... Basée sur une
évolution de la Countach, la Lamborghini Diablo n'est pourtant
pas aussi moderne qu'il en paraît. Elle en conserve notament
le châssis "space-frame" certes avangardiste mais
lancé au début des années 70 ! Pourtant à
la fin des années 80, les Porsche 959, Ferrari GTO et F40
avaient apporté leur lot de technologie, en limitant leur
poids et en augmentant leur rigidité par l'emploi de structures
en fibre de carbone. De même, les moteurs turbo-compressés
imposaient leur puissance en compétition comme sur le marché
des voitures de sport. A l'inverse de cette tendance, la Diablo
demeurait fidèle à l'esprit de la Countach et à
ses choix techniques, le châssis, la carrosserie en aluminium
et surtout son gros V12 en étant juste des évolutions.
La Diablo étant plus grande (et large !) que sa devancière,
elle pèse donc logiquement plus lourd (+ 130 Kg), accusant
honteusement près de 1600 Kg à vide... Ouvrez la porte,
ou plutôt laissez là s'élever au rythme des
verins hydrauliques. Une fois à l'intérieur - il faut
s'y glisser avec un chausse-pied - le pilote est séparé
de son passager par un immense tunnel de transmission sur lequel
il peut poser son coude et prendre en main un petit levier de vitesse
au maniement "camionnesque". Les sièges bien enveloppants
adoptent un dessin qui n'est pas sans rappeller ceux de la Ferrari
Daytona. A noter qu'on se "couche" plus dans les baquets
qu'on ne s'y "assoit" et que les Sparco sont préférables
aux Doc Martens pour utiliser convenablement le petit pédalier...
Le petit volant en cuir à la jante épaisse tombe idéalement
en main, bien près du corps. Devant vos yeux encore ébahis,
un combinés d'instrumentation aussi complet qu'inesthétique
vous met la pression : compteur jusqu'à 340 Km/h et compte-tours
jusqu'à 8500 rotations ! Heureusement (?) ils ne sont pas
bien visibles et vous éviteront de culpabiliser en permanence...
Enfin, un rapide coup d'oeil dans tout l'habitacle suffit pour constater
que la finition n'est guère plus reluisante que dans une
Fiat de l'époque (c'est dire !). Mais qu'importe, l'ambiance
est ici unique en son genre, à mi-chemin entre la voiture
de course et l'avion de chasse !
MOTEUR !
Durant toute une décennie, de nombreux constructeurs ont tenté
de concurrencer la Lamborghini Diablo. S’il est vrai qu’elle n’était
pas la plus évoluée de sa catégorie, le fait est néanmoins
là : aux McLaren F1, Bugatti EB110 et autres Jaguar XJ220, la Diablesse
italienne a survécu bon gré mal gré. Le monumental V12 installé
dans le dos du pilote n'y est sans doute pas étranger. Cette
mécanique impose naturellement le respect, par son âge
tout d'abord, puis par son caractère bien trempé.
Car une Diablo, ça s'apprivoise... plutôt difficilement !
C'est sans doute encore aujourd'hui une des voitures les plus impressionnantes
à regarder comme à conduire, avec la Dodge Viper GTS. A l'instar
de cette dernière, le moteur italien lui transmet une âme
et fait vibrer la caisse et son pilote au gré de la musique
enchanteresse de ses 12 cylindres martellants. Un moment de bonheur
mécanique rare. Rien qu'au ralenti, le V12 donne le ton :
dans votre dos, c'est du sérieux, du méchant ! Pressez
légèrement l'accélérateur et ce cher
Mr Newton vous fait comprendre toute la théorie de la gravité
en un seul exercie pratique ! Ca pousse comme un buffle, pardon...
un taureau, et ça hurle dans un tonnerre mécanique
fait de bruits divers dont l'aspiration du moteur et le sifflement
de la transmission. Un régal et un pousse au crime aussi
! A la vue de la fiche technique on comprend aussi mieux ce qui
se passe derrière... Avec ses 5.7 L de cylindrée lui
permettant de développer dans sa version originale 472 valeureux
purs sangs à 7000 tr/mn et un couple copieux de 580 Nm à
5500 tr/mn, le bloc de la Lamborghini Diablo se situe parmi les
monuments de l'Automobile. Respect et humilité sont donc
de rigueur face à un tel fauve. Il paraît en effet impossible
d'exploiter le potentiel de cette voiture, sur route normale et
même sur circuit. Toutes les références de la conduite sont instantanément
à revoir au volant de la Diablo. Aussi large qu'un poids lourd et
aussi basse qu'un karting, il ne lui faut que quelques secondes
pour avaler tous ceux qui se mettent sur sa route. Même quand on
pense ne plus avoir le temps de doubler, la Diablo s'en contente
largement. Bestiale, gigantesque, démoniaque, terriblement performante
et séduisante, la Diablo est une vraie supercar sans concession.
La vitesse à laquelle est descend son réservoir de
100L n'est pas là pour le démentir...
SUR LA ROUTE
Contrairement à la dernière évolution en date, la Diablo
VT 6.0, pourvue d'une transmission intégrale qui la rend plus efficace
et plus sûre aussi, la première mouture de la Lamborghini
Diablo fait partie des voitures "sauvages". A l'image
d'une Dodge Viper, la Diablo est sans doute encore aujourd'hui l'une
des voitures les plus impressionnantes et difficiles à conduire.
Fidèle à des concepts d'un autre âge, la Lamborghini
est totalement inadaptée au réseau routier. Sa conduite
est su style fatiguant, pour ne pas dire éprouvant. Souffrant
d'une direction lourde, d'un embrayage en béton, d'une visibilité
arrière déplorable et finalement peu agile, la Diablo
n'aime pas particulièrement les enchainements de virages
serrés et saura le montrer à son pilote. A vrai dire,
elle semble plutôt construite pour le circuit bien que son
efficacité globale, à commencer par un freinage sous-dimensionné,
ne lui permettent pas réellement de distancer une "modeste"
Porsche 911 Turbo. Dans une moindre mesure elle peut s'avérer
idéale pour l'autoroute, encore que dans ce cas précis,
pousser le second rapport au rupteur vous met d'emblée dans
l'illégalité... Bref, vous l'aurez compris, si vous
n'êtes pas le Sultan de Bruneï et que vous n'avez pas
vos propres autoroutes à vitesse illimitée, la Diablo
ne présente pas d'intérêt pour vous. Désolant...
ACHETER UNE LAMBORGHINI DIABLO Durant ses 11 années de carrière,
la Lamborghini Diablo va évoluer à plusieurs reprises.
La SV produite de 1995 à 1999 en est sans doute la meilleure
déclinaison, merci la cure d'amaigrissement. La GT de 2000
est une authentique bête de course, poussant les performances
à leur sommet. Mise à l'écart au début
des années 90 face à des supercars plus modernes comme
la Bugatti EB110, la Jaguar XJ220, la McLaren F1 et la Ferrari F50,
la Diablo démarra sa vie dans l'ombre de stars plus éclatantes
qu'elle. Moins rapide, plus lourde, moins chère et moins
exclusive, la Diablo ne réussit pas à perpétuer
la célébrité de la Countach qui fut pendant
de nombreuses années la référence absolue au
pays des super-sportives. De manière admise, la Diablo fut
la seule Lamborghini qui devait être construite au meilleur
prix afin d'être commercialisée à raison de
300 à 400 voitures annuellement, à l'inverse des productions
plus exotiques citées précédemment. Cela eu
pour effet premier de la relèguer en deuxième catégorie,
avec d'autres voitures de série exclusives telles que la
Ferrari 512M. Sans aucun doute, la Lamborghini était la meilleure
de sa catégorie. Après l'arrêt de la F512M,
la Diablo devint d'ailleurs la seule grande GT du monde équipée
d'un moteur central. Pourtant, sa production déclina progressivement
en dépit de nombreuses améliorations apportées
au modèle au cours du temps. Peut-être que les clients
devinrent plus sensibles à la facilité de conduite
et le confort, deux critères ignorés dans le cahier
des charges de la Lamborghini... Quoiqu'il en soit, nous nous souviendrons
logntemps de la Diablo et de son V12 foudroyant qui en faisait l'une
des sportives les plus excitantes de son époque. Aujourd'hui,
sa cote reste assez élevée en occasion, même
pour les premiers modèles qui ont quitté les garages
des stars pour rejoindre ceux des collectionneurs. L'engin est rare
et même avec peu de kilomètres au compteur, attention
au budget ! L'entretien d'une telle Lamborghini est au-dessus de
toute norme et sa fiabilité n'est pas vraiment exemplaire.
:: CONCLUSION
Pendant ses premières années de carrrière, la Diablo "originale"
va être produite à 981 exemplaires avant de connaître plusieurs
évolutions et d'être remplacée dernièrement par la Murcielago, née
dans l'ère Audi. En route pour une nouvelle épopée ? Souhaitons-le...