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COLLECTOR (28-12-2009)

JAGUAR
XJ-220
(1992 - 1994)

PRIX NEUF (1991) : 3 515 000 FF
COTE (2012) : 180.000 €
PUISSANCE FISCALE : 32
CARACTERISTIQUES TECHNIQUES JAGUAR XJ 220
Moteur: V6 à 90°, 24 soupapes
Alimentation : Gestion Zytek, injection électronique indirecte + Biturbo Garett T3 (1 bar) avec intercooler
Cylindrée en cm3: 3498
Alésage x course (mm) : 94 x 84
Puissance ch DIN à tr/mn: 549 à 7000
Couple maxi en Nm à tr/mn: 644 à 4500
Transmission: AR, BVM 5 rapports
Freins : disques ventilés (330/300 mm), étriers 4 pistons
Pneumatiques (AV/AR): 255/45 ZR 17 / 345/35 ZR 17
Poids (Données constructeur en kg): 1470
Rapport poids/puissance en kg/ch DIN: 2,7
PERFORMANCES
Vitesse maxi en km/h: 341,6
0 à 100 km/h: 4"
400m D.A: 11"7
1000m D.A: 22"
xj220 concept

xj220

xj220
Loin de l'aggressivité de ses concurrentes italiennes ou allemandes, la carrosserie de la XJ 220 semble avoir été profilée par le vent ou l'eau, comme une pierre érodée, parfaitement lisse et toute en rondeurs.


L'une des grandes forces de la XJ 220 est sa structure monocoque en aluminium qui lui confère un gain de poids non négligeable et une rigidité très importante.


Un toit tout en verre ! Telle certaines réalisations modernes, la Jaguar XJ 220 faisait de son habitacle un havre de lumière, permettant aussi d'admirer son moteur...


Sous son capot de verre, la XJ 220 exhibe un V6 Bi-turbo de 3.5L, issu du moteur de compétition des prototypes XJR-10 et XJR-11. Les chevaux sont là en grand nombre, mais la noblesse britannique aurait préféré un V12...


Depuis les années 50, le fauve bondissant symbolisant la marque ne cesse de charmer et mystifier. Avec la XJ 220, Jaguar réussit à élever au plus haut le mythe. Mais aura-t-elle un jour une descendance aussi somptueuse ?


© L'AUTOMOBILE SPORTIVE (28/12/2009)

L'ADIEU AU ROYAUME
En Novembre 1989, la fierté des britanniques, pas seulement passionnés d'automobile, prend un sacré coup dur. La Ford Motor Company se porte acquéreur de l'ensemble des actions de Jaguar. Symbole d'une époque désormais révolue, le spectaculaire concept car baptisé XJ220 présenté en 1988 à Birmingham va finalement être produit en 1991. Cette véritable oeuvre d'art restant la dernière Jaguar entièrement conçue par les anglais, elle suscite toujours une grande nostalgie...

Texte: Sébastien DUPUIS - Photos: RM AUCTION & D.R.

En Juin 1988, Jaguar est victorieux pour la 6ème fois de son histoire aux 24 Heures du Mans. La difficulté de l'épreuve Sarthoise et le prestige des marques y participant l'ont érigée en mythe automobile et chaque concurrent capable de triompher sur ces terres y acquiert une aura internationale. La course mancelle représentant en effet un double enjeu sportif et économique à grande échelle, seules des écuries de pointe peuvent s'y engager et espérer la remporter. Ce fut le cas de la firme de Sir William Lyons, créateur de Jaguar, qui s'y imposa à cinq reprises dans les années 50. Et puis après, plus rien, jusqu'en 1988. C'est quelques années plus tôt, en 1984, que John Eagan, alors patron de la marque, décide de confier à une petit équipe la réalisation d'un véhicule de série dérivé du prototype d'endurance qui réunirait tout le savoir-faire de la marque, sa sportivité et son prestige, afin de rejoindre le club très fermé des fabricants de "supercars", comme on les appelle alors. Le projet baptisé XJ220 est donc présenté dès octobre 1988 au salon international de Birmingham. la production est prévue d'être limitée à seulement 220 exemplaires (d'où le nom), si la demande est suffisante. Mais en 1989, changement de décor. La route de Jaguar rencontre celle de la Ford Motor Company qui se porte acquéreur de l'ensemble des actions de la marque. Le destin d'un des derniers Bastions automobiles anglo-saxons tombe alors entre les mains des Américains. Shocking ! La fierté des britanniques en prend un sacré coup et les responsables de Ford en ont pleinement conscience. Souhaitant profiter du succès et du retentissement international qu'avait rencontré le prototype XJ220, les responsables de Jaguar décident donc d'une production en série limitée à 350 exemplaires mais seulement 275 voitures trouveront acquéreur de 1991 à 1994. Les clients sont pourtant au début soigneusement triés sur le volet afin d'éviter les simples spéculateurs qui font rage sur l'automobile à cette époque. Mais ce n'est qu'en 1991, à Tokyo, que la version définitive est révélée au public. Entre temps, la crise a pointé le bout de son nez et le projet a été revu, au grand désespoir des quelques rares clients intéressés. En France, seuls 30 heureux propriétaires vont voir leur commande honorée dès 1993... contre 3 515 000 FF ! Mais la concurrence est féroce et l'arrivée consécutive des Bugatti EB110 et McLaren F1 la même année va établir de nouveaux standards dans le monde fantastique des supercars...

PRESENTATION
Difficile de trouver une ligne plus fluide que celle de la Jaguar XJ220 dans toute la production automobile mondiale. Loin de l'agressivité de ses concurrentes italiennes ou allemandes, la carrosserie de la XJ220 semble avoir été profilée par le vent ou l'eau, comme une pierre érodée, parfaitement lisse et toute en rondeurs. Si la réalité est moins poétique, elle est tout aussi admirable et nous la devons à Keith Helfet qui en est l'auteur, sous la direction de Geoff Lawson. Malgré le raccourcissement de l'empattement entre le prototype et les modèles de série, le designer Anglais semble avoir profité au maximum du long châssis de la XJ220 pour étirer la carrosserie comme une peau bien tendue sur un corps tout en muscles. La Jaguar interpelle inévitablement notre oeil contemplatif par ses proportions hors norme: 4,93m de long, 2,22 m en largeur et seulement 1,10m de haut !! Mais cette démesure conserve une identité très féline, sportive et élégante, propre à la marque. La filiation avec la célèbre type E est d'ailleurs assez perceptible dans la partie avant de la XJ220. Assurément, elle figure aux premières places du panthéon des oeuvres automobiles du siècle dernier, par son style sublime. Pour la construction, c'est une petite équipe animée sous la tutelle de Tom Walkinshaw, patron de TWR et responsable de Jaguar Sport, qui fut en charge de la XJ220. Née de la compétition, elle recèle sous sa robe de haute couture, une technologie très avant-gardiste. En effet, la XJ 220 a pris forme en soufflerie et avance un Cx de 0.36 et un Cz de -0.25. Elle utilise un soubassement plat et un spoiler arrière lui permettant d'exploiter au mieux les flux d'air pour créer un effet de sol, capable de plaquer la voiture sur la route en diminuant la portance liée à la vitesse. La caisse est constituée d'une ossature ultra rigide et légère, réalisée en nid d'abeille d'aluminium. Ce procédé développé par Alcan est appelé ASVT pour "Aluminium Structured Vehicle Technology". Il permet en outre de réaliser à poids égal, une structure de type monocoque plus résistante que les éléments mécanosoudés. L'ensemble se sert également d'un arceau en acier laminé pour consolider sa rigidité. La carrosserie est principalement réalisée en aluminium embouti sauf certaines parties plus complexes qui sont en matériaux composites. Au total, la XJ220 ne pèse que 1470 Kg, ce qui est remarquable si l'on tient compte également de son équipement et du confort qu'elle propose. En effet, l'habitacle de la XJ220 est à l'image de toute Jaguar; Tout de cuir recouvert, il offre également un équipement digne d'une GT de prestige, à l'inverse de la Ferrari F40 qui joue clairement la carte de la sportivité pure et dure. L'accès à bord de la Jaguar XJ220 n'est pas des plus aisés, en raison de sa garde au toit très faible et de sa hauteur réduite. Cependant, une fois calé dans les superbes baquets, on peut y apprécier une position de conduite quasi-parfaite. Le petit volant Nardi tombe naturellement en main et l'ensemble des commandes reflète une ergonomie bien étudiée. Face au pilote, le tachymètre gradué jusqu'à 220 miles/Heure donne le ton. Juste à côté, le compte-tours vous invite à venir titiller sa zone rouge qui démarre ici à 7000 rotations par minute.

MOTEUR
Intéressons-nous justement au coeur de ce félin. Présentée avec un V12 6.2 à quarante-huit soupapes, la Jaguar XJ220 a finalement été commercialisée avec un V6 3.5 ouvert à 90° et suralimenté, identique à celui qui fut utilisé en compétition dans la MG Metro 6R4 ou dans les XJR-10 et XJR-11 des courses Sport-Prototypes, mais adapté pour une utilisation routière. Le choix du V6 bi-turbo a été dicté par plusieurs facteurs: premièrement l'encombrement (encore accentué par l'utilisation d'une lubrification par carter sec) et le poids moindre par rapport au V12; deuxièmement, la garantie d'obtenir une puissance élevée (549 ch DIN) et un couple très important (65,7 Mkg) à un régime raisonnable (4500 tr/mn). Les 24 soupapes d'un diamètre inférieur de 2 mm à celui des soupapes de compétition sont commandées par une double courroie crantée; autre différence, chaque banc de cylindres possède une culasse d'une seule pièce. Les deux turbocompresseurs Garett T3, avec intercoolers, soufflent à une pression de 1 bar, le taux de compression du moteur s'établissant à 8,3:1. Actionné par un bouton poussoir, le démarreur met en éveil les 6 cylindres de la Jaguar qui émet alors un rugissement digne des fauves les plus sauvages; et il y a fort à parier qu'il ne va pas se laisser dompter facilement. Néanmoins, la XJ220 est bien plus civilisée qu'il n'y parait, notamment face à une certaine Ferrari F40 ou à son autre rivale italienne la Lamborghini Diablo. La boîte 5 vitesses conçue par FF Developments est assez virile à manier, tout comme l'embrayage à double disque renforcé AP Racing. Un différentiel à glissement limité est monté pour optimiser la motricité, confiée aux seules roues arrière rappellons-le.

CHASSIS
Initialement, le concept car XJ220 présenté à Birmingham été équipé d'une transmission intégrale mais elle ne fut pas retenue pour la voiture de série, car jugée trop lourde et finalement moins sportive que le choix plus classique de la propulsion. Amortie par des suspensions à bras triangulés fixées sur le support moteur et non la transmission, la Jaguar XJ220 préserve un confort digne de son rang de grande GT. Les bras inférieurs de longueurs inégales sont également biseautés afin de ne pas perturber le flux d'air créé dans le tunnel aérodynamique générant l'effet de sol. Les amortisseurs à gaz sont issus du catalogue Bilstein, grand spécialiste ayant fait ses preuves en compétition. Des ressorts hélicoïdaux et des barres antiroulis avant et arrière complètent l'ensemble. La direction non assistée est à crémaillère. Pour la conduite de nuit, les quatre phares de la XJ220, habituellement dissimulés derrière des caches rétractables afin de ne pas nuire à la pureté des lignes du capot, sont extrêmement puissants. D'une conduite assez virile à cause de son freinage, son embrayage et sa direction non assistés, la Jaguar XJ220 est un fauve dont les proportions et le potentiel mécanique d'authentique supercar ne permettent pas un usage compatible avec la réalité d'un usage quotidien sur le réseau routier. A l'inverse de cette dureté mécanique qui trahit une fois de plus des origines venues de la compétition, la XJ220 propose un confort à bord plutôt surprenant. La suspension n'est pas extrêmement ferme et l'habitacle chaleureux et bien équipé participe au plaisir de rouler dans cette belle anglaise. Enfin, il convient de rappeler le potentiel extraordinaire de la XJ220. Ses performances ahurissantes, en ont fait à l'époque, la voiture de route la plus rapide de l'Histoire. Martin Brundle, le pilote de F1, ayant pu à son volant s'octroyer un record de 341,6 Km/h à Nardo avec une voiture "client" et 349,3 Km/H avec un véhicule dépourvu de catalyseur ! L'étude aérodynamique très poussée ayant donné naissance aux lignes très fluides de la XJ220 n'avait donc plus rien à prouver. Pour essayer de retraduire les accélérations dont est capable cette voiture, imaginez simplement un fauve prêt à bondir sur sa proie, en un éclair, passant de 0 à 100 Km/H en 4 secondes et ayant parcouru 1 Km après 21" seulement !

xj220c le mansLA XJ 220 DANS LA COURSE
En 1993, 3 Jaguar XJ220C (pour competition) sont modifiées par TWR pour répondre au règlement FIA et engagées au départ des 24h du mans, dans la catégorie GT qui vient de faire son grand retour. La 001 (n°51) est confiée aux pilotes Armin Hahne, Win Percy, David Leslit, la 002 (n°50) à John Nielson, David Brabham, David Coulthard et la 003 (n°52) à Paul Belmondo, Jay Cochran, Andreas Fuchs. C'est finalement Coulthard qui finira 1er de la course dans sa catégorie avant que Jaguar soit déclassé par la FFSA et l'ACO pour cause de non conformité au règlement due à l'absence de catalyseurs. La XJ220 sera de retour au Mans en 1995 avec l'écurie PC Automotive dont les deux voitures engagées finiront malheureusement par abandonner en course.

:: CONCLUSION
A l'heure où Jaguar est entré dans le giron de l'indien Tata après avoir largement vendu son âme au diable en ayant recours au Diesel, on ne peut que regretter l'époque où une automobile de la trempe de la Jaguar XJ220 avait pu voir le jour grâce à la passion d'une petite équipe d'ingénieurs oeuvrant pour la fierté et le prestige de la plus sportive des marques nationales. Aujourd'hui, de tels excès semblent devenus improbables
et malgré la présentation d'alléchants concept-cars depuis quelques années, la XJ220 restera le dernier vrai chef d'oeuvre "maison" de la marque.

PRODUCTION JAGUAR XJ220 :
Total : 281 exemplaires


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