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30 ANS DEJA ! Inutile de rejouer
les anciens combattants sur l'histoire des GTI, mais Volkswagen profite en revanche
du 30e anniversaire de la première Golf GTI pour rappeler à tous
qu'il fut le constructeur qui su démocratiser et imposer un concept. Alors
quoi de mieux que la dernière Golf GTI Mk5 pour servir de base aux festivités
?! Résultat une présentation spécifique et surtout le deux
litres TFSI qui passe de 200 à 230 ch pour offrir encore plus de punch
à une GTI qui n'était déjà pas à la peine.
Joyeux anniversaire !... Texte: Gabriel LESSARD
- Photos: D.R. Déjà 30 ans ! Lorsqu'en 1976 Volkswagen
dévoila la Golf GTI 1600 Mk1, elle allait vite
imposer un " label " sportif populaire. Ce que les Simca
1000 Rallye, NSU 1000 TT, Renault 8 Gordini,
Ford
Cortina Lotus Mk1, et autre Opel Kadett GT/E n'avaient pas réussi à
matérialiser auprès du grand public, la Golf
y parvint. Pendant 20 ans le terme de " GTI
" était devenu connu de tous et surtout synonyme de petites
bombes sportives. Depuis, les générations de Golf
se sont succédées (nous sommes déjà au 5e opus de
la saga !) et à chaque reprise, Volkswagen
a apporté sa solution GTI.
Certes, lors de la Golf 4 GTI, on pouvait craindre
le pire avec l'adoption du label GTI par une " TDI ". Mais heureusement,
la GTI
repris 30 ch de plus (pour passer à 180 ch) et la Golf
R32 et son V6 mélodieux remis les pendules à l'heure. Et depuis
l'arrivée de la Golf 5 GTI, Volkswagen s'est
repositionné dans le peloton de tête des compactes sportives aux
côtés de la Renault Mégane
RS, de la Seat Léon Cupra Mk2,
de la Ford Focus ST 225 et de l'Audi
S3 Mk2. Avec son deux litres TFSI de 200 ch, la Golf
GTI Mk5 apporte une mécanique qui se révèle certainement
être comme le meilleur quatre cylindres turbocompressé de sa catégorie.
Mais pour commémorer le 30e anniversaire de la Golf
GTI, c'est dans la Veltins Arena de Schalke à Gelsenkirchen, et devant
des milliers de conducteurs de Golf venus de toute l'Europe, Volkswagen a imaginé
une série spéciale et limitée. La France en a réservé
que 150 exemplaires, toutes vêtues de rouge avec une robe 5 portes exclusivement,
avec la boîte DSG. Et sous le capot, le moteur a gagné 30 chevaux
au passage, permettant ainsi à la Golf GTI de rester dans la course face
aux dernières venues (Mazda 3 MPS, Renault
Mégane RS R26
). DESIGN On ne vous fera pas l'injure
de re-décrire en détail le physique de la Golf 5 GTI, déjà
abordé dans les précédents dossiers qui lui ont été
consacrés (Golf GTI Mk5 et Golf
GTI DSG Mk5). L'Edition
30 présente une particularité spécifique à la
France puisque sa configuration est figée. Si l'acheteur allemand peut
opter pour une 3 ou 5 portes et retenir la transmission de son choix, Volkswagen
France a préféré l'exclusivité de l'unicité.
Un choix qui peut être discutable mais permet au moins d'identifier immédiatement
une Edition 30 en France des autres GTI standards.
L'Edition 30 a donc chez nous une teinte rouge (comme en Allemagne) de belle facture
puisque légèrement foncé évitant ainsi la faute de
goût. Les jantes 18 pouces "Detroit" reprises de la Golf GTI sont
désormais à voile noir mat du plus bel effet mettant mieux en relief
la teinte de la carrosserie. Derrière ce " voile noir " on discerne
les étriers de freins peints en rouge. Décidément, c'est
une mode qui est en passe de se généraliser sur les modèles
à tendance sportive. Les 5 portes présentent au moins l'avantage
d'être pratiques pour les pères de familles qui n'ont pas réussi
à imposer les trois portes à leur ménage, à défaut
de faire sport. Mais ne boudons pas notre plaisir car Volkswagen a su peindre
couleur caisse les bas de caisse et bas de bouclier, mettant ainsi plus en relief
la calandre Single Frame et les multiples grilles en plastiques noirs. Si globalement
la Golf
GTI Edition 30 reste discrète, couleur exceptée, elle ne dupe
pas les passants qui voient tout de suite en elle une GTI pas comme les autres.
L'habitacle gratifie toujours son conducteur d'une multitude de réglages
et d'une position de conduite idéale. Il est toujours possible de rouler
le postérieur au plus près du sol et non pas surélevé
comme dans cette " tendance monospace ". La sellerie mixte cuir et tissu
à carreaux Interlagos reprend les motifs des premières Golf
GTI et l'ensemble est sympa et original. Bien calé dans le baquet très
confortable, et offrant un bon maintien latéral, on peut alors poser la
main droite sur le levier balle de golf de la boîte DSG. Encore un hommage
à la première Golf GTI ! Pour le reste, le mobilier face à
vos yeux est désormais connu avec une finition globalement très
bonne dans la catégorie, hormis quelques plastiques durs de bas de planche
de bord. Le résultat, sans atteindre celui d'une Audi S3 (bien plus chère
cependant) fait vite regretter le propriétaire d'une Mégane RS de
ses plastiques bons marchés. Heureusement que la française se rattrape
ailleurs. L'équipement de série est fourni et suffisant pour les
plus exigeants (climatisation automatique, vitres électriques, radio CD
RDS, régulateur de vitesse,
), sachant qu'après tout, l'essentiel
est de manier le volant aux surpiqûres rouges. Comme toutes les GTI modernes,
l'instrumentation est d'une pauvreté désarmante, car après
tout, l'évocation et l'ego du pilote sont également mis en valeur
par les multiples cadrans ronds qui semblent n'être compris que par les
amateurs éclairés
   
   
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MOTEUR Avec ses cousines
qui ont pris les devants en puissance pure (265 ch pour l'Audi S3 Mk2, 240 ch
pour la Seat Léon Cupra), il était après tout logique que
la Golf GTI puisse elle aussi prendre quelques canassons supplémentaires.
De quelques chevaux, il faut plutôt parler de dizaines dans le cas présent
puisque de 200 ch, la Golf GTI Edition 30 passe à 230 ch à 5500
tr/mn. Ce deux litres à injection directe et turbocompresseur, s'il est
mis à toutes les sauces désormais dans la gamme VAG en remplacement
progressivement de l'ancien 1,8 litres turbo essence, ne reprend pas tel quelle
les éléments des plus puissantes du groupe. On notera ainsi que
si la Seat Léon et l'Audi S3 Mk2 partagent bon nombre d'éléments
mécaniques commun à commencer par son turbocompresseur Borg Warner
K04, la Golf GTI Edition 30 conserve un Borg Warner K03 (complétée
d'un échangeur air/air) mais dont la pression de suralimentation a été
augmentée. Avec une telle mécanique
dont le brio n'est plus à démontrer la Golf GTI Edition 30 affole
les chronos : 245 km/h en vitesse maxi (soit +10 km/h par rapport à la
GTI "standard"), la borne kilométrique est franchie en 26,2 secondes
(-1 sec. par rapport à la GTI) et le 0 à 100 km/h en 6,7 secondes.
La boîte DSG (imposée) à 6 rapports et son astucieux système
à double embrayage pour éviter les ruptures de charge lors des changements
de rapports favorise également les performances pures. Si la boîte
DSG est en effet efficace et très intéressante techniquement, on
reste dubitatif sur son usage réellement sportif. En effet, après
avoir joué quelques kilomètres avec les changements de rapports
avec le levier (les palettes sont trop petites derrière le volant pour
les utiliser pleinement), on opte finalement pour le mode automatique, de préférence
en mode sport. Sur ce plan, il est dommage d'avoir imposé la boîte
DSG en France pour disposer des 30 chevaux supplémentaires de l'Edition
30, alors que les autres pays pouvaient recevoir la boîte mécanique
à 6 rapports. Bien calé dans le siège, les deux mains totalement
dévouées au " cerceau " (faute d'une transmission mécanique
manuelle), on ne peut que louer la disponibilité de cette mécanique
! Quelque soit le régime moteur, le deux litres pousse à chaque
instant et surtout n'offre aucun temps de réponse. Et pour un " simple
" quatre cylindres, le son est très grisant avec un grognement qui
vous prend aux tripes.
SUR
LA ROUTE
Lorsque
l'on regarde du côté de la marque au losange, et que l'on voit le
résultat des multiples évolutions châssis en fonction des
séries spéciales, surtout avec la dernière RS
R26 et son différentiel autobloquant à glissement limité,
on se frotte les mains face à la Golf GTI Edition 30. Pourtant, l'heure
n'est pas à l'euphorie sous les dessous de cette série spéciale
de Wolfgsburg, puisque tout simplement le châssis est rigoureusement identique
à celui d'une GTI standard avec l'option jantes de 18 pouces. Ces dernières
sont chaussées de très performants Bridgestone Potenza RE050 2 225/40
R18 aux quatre roues. Alors évidemment, la Golf GTI avec 200 ch sur le
train avant était déjà un peu juste en motricité,
le phénomène ne s'est pas amélioré sur l'Edition 30.
Pas de panique cependant car il faut vraiment aller en tirer la quintessence sur
le sec pour être confronté à des pertes d'adhérence.
On retrouve ainsi avec plaisir les qualités dynamiques de la Golf GTI sur
cette série spéciale. Le châssis est franc et sain et révèle
un équilibre étonnant à vive allure. Dès que des grandes
courbes se profilent à l'horizon, vous ne pourrez vous empêcher un
petit rictus annonciateur de plaisir. Et dans ce genre de situation, l'ESP, semi-déconnectable,
se fait très discret. En revanche, sans différentiel autobloquant,
et avec son ESP qui revient toujours à la charge, les portions sinueuses
un peu lentes deviennent vite un supplice. ESP on, l'auto semble presque s'arrêter
dans les enchaînements très serrés tant le gardien électronique
corrige, freine et même coupe l'alimentation
En mode Off, il intervient
toujours mais à un seuil plus éloigné. Mais cette physionomie
n'offre pas à la Golf GTI Edition 30 d'une vivacité suffisante pour
être totalement à l'aise, surtout face à une Mégane
RS Châssis Cup ou mieux encore R26. Cette dernière fait preuve d'une
vivacité étonnante eut égard de son poids. Heureusement la
Golf se rattrape par un feeling de direction très agréable et précis.
A noter que la Golf GTI Edition 30 frise la tonne et demi, ce qui n'est pas non
plus sans incidence sur ses qualités dynamiques dans le serré
Côté freins, on reste toujours un peu sur sa faim notamment en endurance
en usage très intensif. Rien à redouter pour tous les jours, mais
les amateurs de sorties circuits devront peut être penser à quelques
améliorations.
:: CONCLUSION
Volkswagen a souhaité fêter dignement le 30e anniversaire de sa Golf
GTI avec une mécanique encore plus survoltée et une présentation
spécifique soignée. Toutefois, Volkswagen France n'a retenu que
la transmission DSG et la carrosserie 5 portes. Dommage, car la mécanique
de l'Edition 30 vaut réellement le détour et permet à la
Golf GTI de recoller au peloton de tête en matière de puissance et
performances. On aimerait pouvoir profiter des qualités mécaniques
avec une version plus affûtée pour les amateurs de sorties circuit,
car seule l'Allemagne possède encore des portions d'autoroute sans limitations
de vitesses ! Reste une mauvaise habitude de VAG avec une addition tout de même
salée (près de 3000 euros d'écart avec une GTI " standard
" dotée de la même configuration), ce qui met la Golf GTI Edition
30 presque au même niveau que la dernière Golf R32. A méditer
au moment du choix, car si la Golf R32 est moins sportive dans le fond, elle n'offre
plus de problème de motricité et surtout dispose d'un V6 très
performant et sonore...
CE QU'ILS EN ONT PENSE
: "Ces perfs époustouflantes sont le seul véritable
atout de la série limitée (seulement en France), puisque le châssis
ne bénéficie d'aucune modification. Qui plus est, l'autobloquant
manque toujours à l'appel. Du coup, même si nous retrouvons avec
plaisir un comportement parfaitement homogène, sain et facile pour le quidam,
les défauts de la GTI sont amplifiés par le niveau de puissance
nettement supérieur. La motricité se montre logiquement plus problématique
et les vitesses supérieures atteintes sur piste comme sur route mettent
en relief le manque de virilité d'un châssis abusant des compromis.
L'amortissement affiche une tendresse peu compatible avec une conduite nettement
sportive, et le train avant accuse vite le coup lorsqu'on le bouscule sans ménagement.
Le plus grave, c'est que l'ESP reste semi-débrayable et vient couper l'herbe
sous le pied du pilote pris en flagrant délit de sportivité. Cela
dit, le seul brio de la mécanique permet à l'Edition 30 de compter
une avance considérable de 5 secondes sur le circuit nivernais."
Motorsport - Février/mars 2007 - Volkswagen Golf GTI Edition 30- Nicolas
Gourdol. |