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UNE NOUVELLE "R"
La Golf IV n'a pas su ravir les amateurs de sportives.
Après la légendaire GTI, la VR6 avait ouvert la voie de la berline compacte sportivo-bourgeoise
mais la V6 4Motion, tout comme la GTI, est tombée dans le piège de l'embourgeoisement.
Sans doute exaspéré des critiques à son encontre et toujours soucieux de son image,
VW réagit sur le tard avec une version bodybuildée, baptisée "R32". Mieux vaut
tard que jamais ne dit-on pas ? Assurément, la Golf R32 remet les pendules à l'heure
en terme de performances pures. Pour le reste... Texte:
Sébastien DUPUIS - Photos: D.R. Après avoir marqué
de son empreinte le monde des compactes sportives avec la première VW Golf
GTI 1600 en 1975, VW n'a eut de cesse de développer son mythe et de l'entretenir.
Pourtant en arrivant à la Golf 4, les amateurs de sport furent déçus
avec avec une version 1.8 Turbo de 150 ch qui faisait moins bien que la célèbtre
VR6 et ses 174 ch en 2 roues motrices. VW n'est pas resté sourd à
l'attente des passionnés et a concocté une série limitée
à 200 exemplaires motorisée par une VR6 de 3,2 litres atmo de 241
ch. Les perfs sont de retour et l'efficacité de mise. Enfin ! PRESENTATION
Extérieurement, impossible de ne pas remarquer la Golf R32. Cette
Golf IV hors du commun utilise un kit carrosserie peu discret, tranchant littéralement
avec la sobriété caractéristique des modèles de la
marque depuis des années. L'ensemble de ce maquillage assez grossier n'est
pas sans rappeller celui qui équipe beaucoup de TDI bricolées...
Mais le logo apposé sur le hayon et la calandre permettra aux connaisseurs
de saisir la nuance. Boucliers bas, ailes larges, jupes latérales, jantes
à bâtons de 18", becquet arrière et clou du spectacle,
une double sortie d'échappement chromée séparée !
Tape à l'oeil ? Oui, même "à la limite du raisonnable"
dirions-nous, surtout comparé à la (trop?) sage Golf
V6 4 Motion... Mais bon, voilà aussi le reflet d'une volonté
de marquer les esprits. La R32, c'est pas une Golf de base !!! Elle n'est par
ailleurs disponible qu'en gris, noir ou bleu. Intérieurement, on retrouve
cependant intact l'esprit VW que l'on connaît. Excepté les baquets
cuir-Alcantara brodés d'un gros "R" et quelques touches de simili-alu,
c'est un habitacle de Golf... au demeurant toujours aussi tristement "froid",
mais remarquablement bien réalisé. En regardant d'un peu plus près
l'instrumentation très pauvre, on découvre avec stupeur un compteur
de vitesse gradué jusqu'à 300 Km/h ! Fichtre ! Ça promet
!!! MOTEUR Effectivement, sous le capot, c'est digne d'un dopage
à la créatine ! Fidèle au bloc apparu sur la Golf
VR6, VW l'a fait évoluer en cylindrée pour atteindre ici 3189
cm3. Inauguré sur la grosse et lourde Phaeton, ce bloc adopte aussi une
distribution variable à l'admission et à l'échappement. La
culasse retravaillée permet également une meilleure combustion.
Ce qui nous intéresse plus précisemment, c'est la puissance de 241
ch à 6250 tr/mn et le couple maxi de 320 Nm de 2800 tr/mn à 3200
tr/mn. Grâce à une gestion moteur modifiée dont une réponse
très vive des injecteurs, le V6 de la Golf R32 présente une inertie
réduite au maximum et un couple maxi disponible très tôt,
un peu comme sur un TDI. Vive pour ne pas dire brutale, la mécanique de
la VW Golf R32 est terriblement sensible aux mouvements de la pédale de
droite et le caractère de la Golf R32 pourrait se résumer à
l'expresion : "sévèrement burné" !! Quelques réactions
désagréables dûes au manque de dosage de la pédale
d'accélérateur, en ville notament, ne seront peut-être pas
très appréciées, surtout par les passagers. Autre point qui
ne se voit pas sur le papier, la sonorité de ce nouveau V6, dont la sortie
d'échappement se veut volontairement bruyante et sportive même si
l'ensemble n'a pas le timbre "naturellement" sportif d'un 6 cylindres
Alfa ou Bmw M. Egalement "propre", puisqu'il respecte d'ores et déjà
les futures normes Euro 4, le nouveau V6 Volkswagen est un moteur moderne et dynamique
mais finalement pas véritablement passionnant. PERFORMANCES
Ainsi équipée, malgré un poids coquet de 1477 Kg, le
rapport poids/puissance tombe à 6,1 Kg/ch et donne donc à la R32
un potentiel d'authentique sportive. VW annonce pudiquement 241 Km/h en pointe.
Vu le compteur gradué jusqu'à 300 et le très bon Cx de 0.31,
mon petit doigt me dit qu'on aurait pu garder les manos de la V6 si tel était
le cas. Alors soyons francs (comme VW sur les chiffres...), les 241 Km/h sont...
dépassables. Bien aidée par sa transmission intégrale, son
antipatinage et sa boîte 6 remarquablement bien étagée, la
Golf R32 est la reine des départs arrêtés et compense sans
problème son poids élevé. 0 à 100 Km/h en 7",
1000 m D.A. en 27", elle a du tonus a revendre. Imaginez le résultat
avec 100 ou 200 kg de moins... CONSOMMATION Le Cx de 0.31 pourrait
jouer en faveur d'une consommation maîtrisée, mais la Golf R32 est
lourde et son gros V6 a de l'appétit, surtout en ville. Sa consommation
peut toutefois se limiter à 11L de moyenne en usage raisonnable mais peut
aussi dépasser allègrement les 16L/100 Km de moyenne si vous profitez
pleinement de sa virulente cavalerie. TRANSMISSION Parfaitement
bien étagée, la boîte 6 de la Golf permet des relances énergiques
sur tous les rapports. L'ensemble moteur/boîte est quasi parfait, mise à
part une certaine lourdeur de maniement du levier qui s'accorde mal avec la fougue
débordante du V6. La transmission intégrale non permanente est identique
à celle utilisée sur l'Audi S3. Les roues arrières n'entrent
en motricité qu'en cas de patinage du train avant. DIRECTION
Très directe, 2,6 tours de butée à butée, très
bien (trop ?) isolée des remontées de couple et des secousses, la
direction de la Golf R32 manque de "feeling" comme sur les autres modèles
de la marque. Bonne surprise, les grandes roues n'ont pas pénalisé
le diamètre de braquage. FREINS Le système de
freinage de la Golf R32 a été surdimensionné puisqu'il est
repris à la Passat W8 ! Ajoutez à cela 4 excellents pneus Michelin
pilot sport particulièrement adhérents, un système d'aide
au freinage d'urgence et vous obtenez des distances d'arrêt rassurantes
en toutes circonstances. TENUE DE ROUTE Sans jeu de
mot, VW était attendu au tournant dans le domaine du comportement routier.
Peu réputé pour la qualité de l'amortissement de ses sportives,
caractérisé par un accord ressorts/amortisseurs souvent peu judicieux,
VW a tenté pour une fois de redresser la barre. Reprenant les trains roulant
de la V6, la R32 y substitue des ressorts courts H&R (-10 mm) et des amortisseurs
Bilstein fortement tarés. Pour faire face aux nouvelles contraintes dynamiques,
la barre antiroulis et les points d'ancrage de suspension ont été
renforcés. La transmission Haldex, l'ESP de série et les excellents
pneus Michelin chaussant les jantes de 18" complètent une partie châssis
résolument tournée vers la sécurité. Avec elle c'est
un peu ça passe ou... ça passe ! Bon, évidemment, la R32
n'est pas joueuse et on constate toujours le "style" VW dans le caractère
sous-vireur de l'auto. L'extrême rigidité de l'ensemble profite donc
à la tenue de route, la vivacité et la précision de conduite
(sauf sur route bosselée) mais le plaisir de conduite n'atteint pas des
sommets. CONFORT
Avec ses réglages de châssis dignes du supertourisme, la R32
devient rapidement "tape-cul" et inconfortable sur routes départementales
comme en ville. La position de conduite est bien étudiée, les baquets
Konig maintiennent bien le corps mais sont exagéremment fermes. Pour ce
qui est de l'équipement, la Golf R32 répond à la tendance
actuelle et saura combler les amateurs de sportives sur-équipées
par sa dotation de série (8 airbags, CD, clim, cuir, etc.) et sa liste
d'options (GPS, radar de recul, téléphone, etc.). De quoi en faire
une vraie voiture de PDG pressé... mais pas fragile des vertèbres
! :: CONCLUSION Bonne nouvelle,
la Golf R32 peut être qualifiée de sportive ! Elle arrive certes un peu tard et
à priori en série limitée mais le résultat est à la hauteur des espérances car
à vrai dire, on pensait ne plus jamais pouvoir réunir ces deux mots : Golf et
Sport. La Volkswagen Golf R32 est en effet une sportive contemporaine ultra efficace,
son V6 est une vraie brute mécanique et ses performances laissent pantois. Un
peu dans l'esprit d'une "GT compacte", elle ouvre peut-être encore une nouvelle
voie pour la voiture de sport. Volkswagen offre un joli bouquet final à sa Golf
IV (juste avant la retraite) mais une fois encore le plaisir de conduire est un
peu bridé. Allez, encore un effort et ce sera la bonne ! L'Automobile
Sportive tient vivement à remercier David pour le prêt de sa très
belle Golf R32 boîte mécanique. Que sa confiance, passion et patience
ainsi que son état d'esprit très gentlemen soit ici félicité... Liens
conseillés sur VOLKSWAGEN GOLF IV R32
: le
Guide des GTI.fr - Passion
Golf GTI.com
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HISTOIRE CONTINUE... |
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UN R DE DEJA VU ? La très éphémère
Volkswagen Golf R32 nous avait laissé un léger goût de travail
bâclé en guise d'adieu à la Golf IV. VW n'aura pour autant
pas abandonné l'idée de transformer une banale berline compacte
en Grand Tourisme compacte, à défaut de véritable sportive,
comme nous le prouve cette Golf R32 Mk2... >>Lire
la suite du dossier consacré à la Golf 5 R32 DSG, cliquez ici !!! |
| CE QU'ILS EN ONT
PENSE : "La R32 est la Golf
la plus puissante jamais construite. A la disposition de votre pied droit, pas
moins de 6 cylindres, 241 ch et 32,6 mkg de couple ! Le résultat est explosif,
avec 240 km/h en pointe (et hop en taule !), un 1 000 m départ arrêté
abattu en 27s2 et des reprises canon. La R32 fait plus fort que les Alfa Romeo
147 GTA, Audi S3, Seat Leon Cupra V6 et autres Focus RS. Malgré ces chiffres
enthousiasmants, elle nous a pourtant déçus. Sa commande de boîte
rétive n'a rien de sportif, pas plus que sa direction lourde et ses suspensions
souples en détente et trop raides en compression. En outre, dans la circulation,
sa brutalité devient vite fatiguante. La R32 reste malgré tout un
jouet sympathique et un vrai collector par sa série limitée."
Auto Plus - HS Essais 2003 - Volkswagen Golf 4 R32 - Collège d'auteurs. |