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SEULE AU MONDE ? Avec son A3, Audi
a su créer une niche de plus et l'imposer dans la catégorie des
compactes à tendance sport et luxe. D'ailleurs, ses deux rivaux directs,
Mercedes-Benz et BMW, ont mis du temps à réagir et se sont par la
suite empressés de contrer Audi avec la Série 1 pour BMW, et le
Coupé Sport pour Mercedes-Benz. Pour les variantes sportives, Audi avait
posé également les jalons des compactes sportives actuelles avec
sa variante S3. D'abord avec 210 ch puis 225, la S3 avait alors fixé de
nouvelles normes. La nouvelle S3 reste attachée à ce qui a fait
le succès de la précédente génération. Pas
de V6 ou V8, mais bien un quatre cylindres suralimenté
mais de quelle
manière !... Texte: Gabriel LESSARD
- Photos: D.R. Bien que l'Audi A3 était déjà
commercialisée depuis plusieurs années avec en version de pointe
la 1.8 Turbo de 150 ch (la Golf 4 GTI
récupéra d'ailleurs la même mécanique), il fallu attendre
septembre 1999 pour enfin goûter aux joies d'une A3 revigorée. La
S3 avait alors posé les jalons des compactes sportives
actuelles : un look évocateur et séduisant, une puissance de plus
de 200 ch pour se stabiliser à 210 ch avant de grimper à 225 ch
et surtout une motricité optimisée, dans le cas présent avec
un système Haldex qui se charge de transférer l'excédant
de couple vers l'essieu arrière. Avec la nouvelle génération
d'Audi A3, le constructeur d'Ingolstadt a poursuivi dans la même lignée.
Il aura donc fallu patienter un peu pour découvrir cette nouvelle S3. Dans
un premier temps, les 2.0 TFSi et V6 3.2 suffisaient
à nous faire patienter, surtout que dans le dernier cas, la puissance déjà
respectable de 250 ch laissait le champ libre à toutes les spéculations
pour la motorisation et puissance de la future S3. Finalement, lorsque Audi
a dévoilé sa nouvelle mouture de S3, la continuité a semblé
prévaloir, tout du moins sur le papier. A l'usage, ce choix s'avère
judicieux et Audi a su rappeler à tous sa vision de la voiture de sport
chez les compactes
DESIGN La précédente Audi
S3 restait discrète et avait été subtilement retouchée.
Pas de révolution pour la nouvelle avec la même politique esthétique.
La ligne générale, chic et élégante de l'Audi A3 demeure
donc et il faudra s'attarder aux détails pour déceler le caractère
sportif de la S3. Les larges jantes à 7 doubles branches qui laissent entrevoir
des étriers de freins siglés " S3 " mettent déjà
la puce à l'oreille. Certes cette Audi est aussi plus basse et sa calandre
géante semble dévorer tout le ruban de bitume qui est devant elle.
Les coques de rétroviseurs extérieurs sont chromées comme
sur la génération précédente et sont le signe distinctif
des modèles hautes performances de la gamme Audi. Les ailes sont plus larges
avec des arches de roue très marquées, tandis que les boucliers
avant et arrière sont plus proéminents et aussi plus virils. Dernières
touches sportives, le léger becquet arrière et également
la double sortie d'échappement que le diffuseur arrière laisse filtrer.
Alors évidemment, si la teinte de notre auto du jour était très
belle mais peu discrète, d'ordinaire on pourrait rouler presque incognito
avec des teintes plus neutres. En y regardant de plus près, on apprécie
la justesse des assemblages et la qualité perçue de la carrosserie.
Certains constructeurs généralistes pourraient s'en inspirer. Une
fois les réglages des sièges baquets (pouvant être remplacés
par des Recaro comme ceux de l'Audi RS4) effectués,
on apprécie une position de conduite remarquable pour l'amateur de conduite
sportive. Posé par terre, jambes presque tendues et bras " cassés
", nous sommes prêts pour un test grandeur nature. Dernier coup d'il
sur l'intérieur avant de nous concentrer sur la conduite
Si le dessin
de la planche de bord reste très classique, il règne une sorte de
pureté de style avec des qualités de matériaux et d'assemblages
de très haut niveau. Quelques touches de chromes se chargent de remettre
un peu de gaieté dans cet intérieur tendu de noir et de gris anthracite.
La base de la console centrale reprend les renforts initiés sur la première
génération d'Audi TT. Le volant, offrant une très bonne préhension,
est siglé " S ", tout comme le pommeau de levier de vitesses.
Un pédalier alu est également de série. A noter que les cotes
d'habitabilité arrière de cette génération d'A3 a
très largement progressé. L'équipement de série est
standard sur ce type de modèle, mais la liste des options reste encore
assez longue. MOTEUR Nous avions connu la période du quatre
cylindres suralimenté à 5 soupapes par cylindres mangé à
toutes les sauces sous les capots des autos du groupe VAG. Désormais, c'est
le deux litres TFSi qui s'occupe de cette lourde tâche. Et force est de
reconnaître qu'il s'en sort avec les honneurs, car partout où il
est mis, et sous ses différentes évolutions, il fait des étincelles.
Pour cette S3, les motoristes d'Audi ont retenu également cette mécanique.
Un choix qui pourrait paraître étonnant vu la course à l'armement
et l'augmentation du nombre de cylindres chez ses concurrents. Mais après
une prise en main, impossible de ne pas cautionner à 100% l'emploi de ce
deux litres TFSI remanié (un moteur Audi produit dans une usine Audi et
que Audi AG fournit aux autres marques du groupe pour en équiper leurs
modèles). Remanié car évidemment, on ne peut faire évoluer
un bloc moteur de 200 ch sur la Golf GTI
par exemple à 265 ch sur la dernière Audi S3, ou même 240
ch sur la Seat Leon Cupra Mk2 sans modifications
minimales ayant pour but de conserver une fiabilité permanente. Pour l'accroissement
de puissance, c'est un turbocompresseur Borg Warner K04 plus gros qui souffle
sa colère sous le capot de la S3. Complété d'un échangeur
air/air il est réglé sur 1,2 bars. Avec ces nouvelles contraintes
mécaniques, le bloc moteur (qui a été repris par la Leon
Cupra) a été renforcé et son équipage mobile amélioré
(bielles et pistons). La surface globale de refroidissement a été
accrue, car avec de telles évolutions les contraintes thermiques ne sont
pas neutres. Si vous souhaitiez laisser votre pied gauche au repos, vous ne pourrez
compter sur la boîte DSG. Seule la transmission mécanique à
6 rapports est disponible ce qui ravira les amateurs du levier. Si maniement est
un peu dur, le couple du moteur omniprésent aura vite fait de dispenser
de rétrogradages. Le moteur de la S3 est en effet d'une disponibilité
sans réserve et peu commune ! Ses 265 ch et surtout ses 35,7 mkg de couple
interviennent dès 2500 tr/mn pour rester intacts jusqu'à 5000 tr/mn.
Les relances sont très vigoureuses de même que les accélérations
foudroyantes. Avec seulement 5,7 secondes pour atteindre depuis l'arrêt
les 100 mètres, la S3 vient s'installer avec autorité en tête
des compactes sportives aux côtés de la BMW
130i. On pourrait craindre que le " déficit " de cylindres
nuise au plaisir de vos tympans. Il n'en est rien puisque ce quatre cylindres
grogne dès les bas régimes et hausse le ton en même temps
que le rythme. Et bien aidée par sa transmission intégrale, la S3
se permet le luxe de pouvoir utiliser à tout moment sa puissance respectable,
ce que peu de ses rivales directes ne peuvent réaliser. Plus anecdotique
pour des Français, la vitesse maximale est limitée à 250
km/h
| CHASSIS |



 | Pour
passer la puissance, ou plutôt le couple au sol, la S3 peut compter sur
sa transmission (presque !) intégrale. Reprenant le même système
déjà vu sur l'ancienne S3
et sur les TT Quattro, c'est le système Haldex
qui est aux commandes. Nous sommes donc plus en présence d'une traction
aidée de ses roues arrière en cas de problème de motricité
que d'une transmission intégrale permanente. Le Haldex est ainsi moins
sportif par nature qu'un Torsen (comme sur la RS4). La S3 présente donc
le caractère facile et typé d'une traction puissante, mais sans
les évaporations de motricité, et surtout avec la possibilité
de passer encore plus fort en toute sécurité sur routes grasses.
L'efficacité de motricité et de tenue de route de cette S3 est tout
bonnement étonnante, surtout qu'elle n'a jamais l'impression de forcer
! On passe fort partout, et manifestement, seule une petite arsouille sur un circuit
permettrait de la mettre en défaut, car sur route ouverte, c'est mission
impossible. Il n'y a guère que dans les petits enchainements rapides que
la S3 ne peut masquer son poids de 1,5 tonnes. Du coup, l'aide de la transmission
de la puissance aux roues arrière, alliée à de l'électronique
embarquée semi-déconnectable, permet de passer fort et en force.
On est très loin de la vivacité d'une petite GTI,
mais l'efficacité est bien là. Autre bonne nouvelle, l'amortissement
a très nettement progressé. Si les phénomènes de pompages
intempestifs ont disparu, on aurait apprécié des réglages
plus fermes lors des "grosses" phases d'attaque. Le compromis global
reste toutefois très satisfaisant permettante ainsi à cette S3 de
revendiquer une polyvalence étonnante. Facile, et encore confortable, équilibrée
et ventousée au sol, cette Audi S3 fixe de nouveaux standards en matière
de tenue de route en y ajoutant une petite touche de sportivité dont la
précédente génération était dépourvue. |
:: CONCLUSION Très rapide,
sportive et efficace avec une motricité sans faille, une capacité
d'adhérence qui semble sans limite sur route ouverte, et avec son moteur
TFSI qui fait des merveilles, la S3 frise le sans faute. Son quatre cylindres
arrive à faire oublier des moteurs autrement plus nobles sur le papier,
et sa finition et image sont toujours au top. Seuls un freinage un peu juste et
un poids conséquent viennent nous rappeler les évolutions des sportives
compactes modernes. Finalement un peu seule au monde aujourd'hui dans son segment,
les "rôturières" Mazda 3 MPS ou Renault Mégane RS
R26 jouent toutefois dans une autre cour pour venir réellement la titiller,
et seule la Golf R32 peut venir jouer les troubles fêtes. VAG fait décidément
très fort !... Nous remercions vivement Benoit Stasse de
VAG France et son équipe.
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FLASH BACK : AUDI S3 PREMIERE GENERATION |
Proche de la perfection dans bien des domaines, l'Audi S3 sublime
une gamme déjà largement plébicitée par la presse
et le public. Néanmoins, les amateurs de sportives politiquement incorrectes
pourront passer leur chemin. La S3 a tout d'une bonne élève, au
point d'en devenir peu presque ennuyeuse...
>>Lire
la suite du dossier Audi S3 |
CE QU'ILS EN ONT PENSE
: "Que tous ceux qui ont pu être déçus par le
faible écart de puissance existant entre l'A3 3.2 V6 et la S3 se rassurent
: dans la pratique, cette dernière s'avère nettement plus agréable
à manier. Les quinze chevaux supplémentaires, le système
de suralimentation forcée ou les réglages châssis relativement
fermes lui confèrent un tempérament plus affirmé qui ravira
les sportifs de tout bord. Un surplus d'efficacité qui sous-entend le déboursement
de 3000 euros supplémentaires. Mais, croyez-nous, dans ce cas, " l'enjeu
" en vaut la chandelle." Echappement - Octobre 2006 - Audi S3
Mk2- George Clavell. "Résolument
sèche, mais très supportable au quotidien, la S3 peut aussi se conduire
coude à la portière. Et sa boîte manuelle se faire oublier,
à moins d'être enfoui dans un embouteillage. Il est vrai que le couple
culmine pratiquement à 36 mkg entre 2500 et 5000 tr/mn ! De la ressource,
la S3 en a donc à toute heure du jour et de la nuit. Que l'on se décide
de faire grogner le quatre cylindres, ou qu'on le laisse s'exprimer à bas
régime, il répond toujours à l'appel." Sport
Auto - Octobre 2006 - Audi S3 Mk2 - Yves Bey-Rozet. |