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LA DESCENDANCE
La
206 S16 n'ayant pas pleinement convaincu les nostalgiques de feu
la 205 GTI, Peugeot se devait de réagir et surtout de proposer
enfin un modèle digne des succès à répétition
de la 206 WRC en championnat du monde des rallyes. Finalement, la
descendante est arrivée et se nomme RC... ou "GTi 180"
selon les pays. On peut donc enfin se réjouir d'avoir trouvé
une rivale à la turbulente Renault Clio RS...
Texte:
Sébastien DUPUIS - Photos: D.R.
En découvrant les premières
206 RC au Mondial de l'automobile en Septembre 2002, nous espérions
en prendre le volant moins d'un an plus tard ! Mais c'est finalement en mai 2003 que débarque la nouvelle bombinette de Sochaux. Notons que Renault Sport a eu le temps de prendre confortablement ses marques avec sa Clio RS1 lancée en 2000 qui surclasse outrageusement la 206 S16 apparue en 1999. Mais qu'importe,
la belle RC est là et il est temps pour nous de vous la faire
découvrir...
DESIGN
Extérieurement tout d'abord, la
206 RC qui arrive en concessions en 2003 profite du restylage de la 206: la peinture intégrale
sur les baguettes, les poignées de portes et les boucliers,
les nouveaux feux arrière, le logo du Lion déporté sur le hayon et la baguette
de coffre lisse et peinte, sont désormais appliquées
à toutes les versions de la 206. Pour le reste, Peugeot
semble avoir travaillé à l'économie
pour habiller celle qui devient à sa sortie la petite GTI la plus
puissante de sa catégorie (avant que Renault Sport ne réplique l'année d'après avec la Clio RS 182 ch !). Bien campée sur des jantes
de 17", directement copiées sur celles de la 307 XSI,
la RC en impose même à l'arrêt. Inévitablement,
l'amateur d'autos musclées ne sera pas insensible non plus
à la double sortie d'échappement. Enfin, un petit
becquet de hayon qui provient de la boutique Peugeot trahit la recherche
d'appui à grande vitesse. Hummm... Toutes les modifications
esthétiques de la 206 RC sont pourtant à la portée
du premier amateur de tuning et décevront certainement ceux
qui attendaient un peu plus "d'exception" sur une authentique
sportive. On se souvient d'ailleurs de la plus provocante 206 GT (série limitée sur base de 206 S16 lancée en 1999
en vue de l'homologation en championnat WRC) avait eu droit
à plus d'artifices esthétiques. Mais bon... l'habit
ne fait pas le moine et la RC a de la réserve !
HABITACLE
Ouvrons la porte pour découvrir l'habitacle.
Premier coup d'oeil sur le marche pied chromé (encore un
accessoire de la boutique) avant de s'attarder sur la sellerie.
Là, le ton change. De superbes sièges baquets spécifiques,
recouverts de cuir, Alcantara et tissu soulignés de fil d'argent,
remplacent les simples sièges sport de la S16. Badgés
d'un logo "RC", ils comportent même les trous pour
les harnais ! Adoptant également une banquette arrière
typée sport, la RC n'offre que quatre places suite aux contraintes
d'homologation. Autre bonne surprise, le combiné des manos
cerclés de chrome est recouvert de cuir joliment surpiqué.
Original, mais malheureusement cela tranche nettement avec la piètre
qualité des plastiques environnants... On retrouve ici sans
surprise le volant cuir et le pommeau de levier de vitesses chromé
de la S16. Aux équipements «standards» (airbags
frontaux et latéraux, ceintures avant avec prétensionneur
et limiteur deffort), la 206 RC ajoute la climatisation automatique,
le pare-brise athermique, un autoradio CD, lessuie-glace à
capteur de pluie, lallumage des feux de détresse en
cas de freinage intensif et les rétroviseurs électriques
rabattables. On regrette cependant que Peugeot n'ait pas suivi la
voie de la Clio RS Ragnotti en proposant une version allégée,
dépouillée des équipements de confort non indispensables
pour certains puristes, amateurs de GTI à l'ancienne... Pour
résumer, si la voiture n'a fait l'objet que de quelques attentions
cosmétiques, Peugeot réussit toutefois à coup
d'accessoires à rendre la 206 RC moins "cheap"
et donc plus désirable que ses petites soeurs.
MOTEUR
Et voilà, le temps est venu de nous concentrer sur l'un des
principaux atouts de la 206 RC : son moteur. L'âme de cette
RC dérive du quatre cylindres 2 litres à 16 soupapes
(type EW10) de 138 ch qui équipe depuis 1999 la 206
S16. A l'inverse de l'ex-régie Renault, Peugeot a confié
la préparation de sa mécanique à une société
étrangère. En effet, c'est Lotus Engeenering, spécialiste
des préparations de moteurs pour la compétition, qui
a été chargé de "gonfler" le 2L atmo
de la 206 RC. On peut cependant se demander si quelque spécialiste
français n'aurait pas pu faire ce boulot. Mais n'oublions
pas que Peugeot et Renault se livrent aujourd'hui une bataille à
l'échelle Européenne. Quand on sait le bon accueil
qu'à eu ce choix en Angleterre lors de la présentation
au salon de Birmingham, on imagine que les décisions techniques
de Peugeot sont liées de près à la stratégie
Marketing... Mais revenons à nos chevaux : pour offrir plus
de puissance et plus de couple, les principales modifications ont
porté sur le haut moteur avec notamment une nouvelle culasse
dont l'usinage est confié à Mécachrome, société
ayant largement fait ses preuves en compétition. Contact,
démarreur, le 2.0L Franco-Anglais de la RC s'éveille
en émettant une sonorité rauque et métallique
bien agréable. L'optimisation du remplissage du moteur à
l'admission et de l'échappement dont la ligne spécifique
utilise un nouveau collecteur de type 4 en 1 et un silencieux plus
volumineux, s'entend dès le ralentit. L'arbre à cames
d'admission est équipé d'un système à
calage variable continu (type VVC) qui favorise le remplissage des
cylindres quel que soit le régime du moteur. Et effectivement,
celui-ci délivre maintenant 177 ch à 7000 tr/mn, soit
40 ch de plus que la S16 et 5 de plus que la Clio RS ! Le couple
maximum de 202 Nm est atteint à 4750 tr/mn, mais 80% de cette
valeur sont disponibles dès 2000 tr/mn. En pratique et tenant
compte de la fraîcheur de notre voiture d'essai et de ses
5000 kms au compteur, le moteur de la 206 RC se montre finalement
plus linéaire et moins démonstratif qu'espéré.
Un peu creux sous les 3000 trs, le 2.0 Peugeot pousse ensuite plus
sensiblement et avec une pleine respiration à partir de 5000
l'aiguille monte sans jamais fléchir vers le rupteur fixé
à 7300 tr/mn. Sincèrement, saluons tout de même
le travail accompli par les motoristes en savourant le nouveau potentiel
disponible sous le pied droit de cette petite sportive. Comme son
moteur, la transmission de la 206 RC est héritée de
la S16. On retrouve donc la boîte manuelle à 5 vitesses
mais le premier rapport a été ici rallongé
et permet d'approcher les 70 km/h sur le rupteur ! Une excellente
idée qui permet ainsi d'obtenir plus de dynamisme, particulièrement
dans les virages serrés. Dommage que, comme à l'habitude
chez Peugeot, la commande de boîte soit un peu floue dans
son guidage et ses verrouillages. Du côté du chronomètre,
la 206 RC peut prétendre au trône de la catégorie
des GTI et ainsi reprendre la place qui fut longtemps celle de la
205 GTI 1.9. En effet, elle passe de 0 à 100 km/h en 7,5 secondes
(soit un gain de 0,7s sur la S16) et abat le kilomètre départ
arrêté en 28 secondes (soit une pleine seconde). Seule
déception, les reprises connaissent une progression moindre
dans la mesure où le couple du moteur évolue peu et
s'obtient 800 trs plus haut. Et pour finir avec le sujet qui fâche
les gendarmes, la vitesse maxi s'établit à 220 km/h
chrono (sur circuit, bien sûr...) soit un gain respectable
de 10 Km/H obtenu sans modification aérodynamique notable.
Au delà des apparences, la 206 RC confirme donc comme promis
un tempérament mécanique affirmé et avide de
sportivité. Notons également la relative sobriété
du 2.0L Peugeot qui s'est contenté de 12,5 L de Super sans
plomb par 100 km en moyenne durant notre essai.
SUR LA ROUTE
Peugeot ayant une réputation à défendre en
matière de comportement routier, la marque de Sochaux a placé
la barre au moins aussi haut que le potentiel de la mécanique
l'exigeait. Le châssis, revu sur l'ensemble de la gamme 206,
est spécialement affûté sur la RC qui est suspendue
à l'avant par une barre anti-dévers tandis que le
train arrière bénéficie de barres de torsion.
L'avant comme l'arrière reçoivent des amortisseurs
hydrauliques maison. Sur la route, la Peugeot 206 RC en finit de
révéler toutes les facettes de son talent sportif
et met en exergue des qualités de tenue de route rapidement
jouissives pour tout pilote ! Dès les premiers kilomètres,
les règlages des suspensions et de la direction affichent
clairement une orientation qui privilégie l'efficacité
et un excellent feeling de la route. Au-delà de la performance
pure, ce sont les vitesses de passage en courbe et la précision
du comportement qui sont véritablement époustouflants
pour la catégorie. La motricité et l'adhérence
sur le sec sont excellentes, les roues de 17 chaussées
de pneus Pirelli P7000 en 205/40 contribuant efficacement au résultat
obtenu. Directe, agile, précise et stable, cest bien
en version RC que la Peugeot 206 démontre pleinement des
aptitudes sportives. Avec un tel potentiel dynamique, le travail
des freins à disques (ventilés à l'avant) est
fondamental. Sans surprise, il se montre efficace et résistant.
Ainsi, l'ABS, l'antipatinage et l'ESP livrés de série
ne sont que très rarement sollicités et interviennent
toujours discrètement. LESP, par ailleurs déconnectable,
cumule les fonctions antipatinage et contrôle de lacet. La
Peugeot 206 RC est fermement suspendue mais parvient toutefois à
réaliser un compromis idéal qui ménage particulièrement
les vertèbres de ses passagers sur les mauvais revêtements.
Les bruits aérodynamiques sont assez présents à
grande vitesse tout comme le grondement de la mécanique,
sympa les premiers kilomètres mais qui devient vite envahissant.
Soit, à 90 Km/H, c'est tout à fait correct, mais sur
autoroute... Enfin, les baquets de cette bouillante Peugeot maintiennent
très bien le corps dans les virolos pris à la corde,
mais la position de conduite est toujours un peu haute et manque
de réglages.
ACHETER UNE PEUGEOT 206 RC
La Peugeot 206 RC (ou GTI 180 sur certains marchés export) a été produite de 2003 à 2006. Il y a eu 5 coloris sur la RC : blanc banquise, rouge aden, noir onyx, bleu récif et gris aluminium. Le prix en occasion dépend assez sensiblement de la couleur. Les grises et les bleues sont les plus répandues, les grises restent moins belles pour beaucoup, donc ce sont les moins chères. Les bleues et les noires sont dans la moyenne, avec une bonne diffusion de la couleur noire également. Les rouges, assez rares, sont vendues en général 1000€ plus chère. Quand aux blanches, très rares, elles sont les plus recherchées, et donc les plus chères (+2000€ !). Actuellement, les prix débutent aux alentours de 7000€ pour un modèle qui a servi et avec plus de 130.000 Km. La moyenne du marché se situe entre 9.000 et 10.000€ pour un bel exemplaire, sain et avec un kilométrage aux alentours de 60-70.000 Km. Enfin, les derniers modèles, avec options JBL ou GPS, et peu kilométrées, se trouvent parfois jusqu'à 13.000 €. Quel que soit le modèle que vous convoitez, voici les points à vérifier avant l’achat d'une 206 RC : Silencieux et intermédiaire d’échappement qui ont tendance à rouiller assez vite; Vérifier que la boite de vitesse n’accroche pas trop (butée d'embrayage fragile); Vérifier l'état des roulements de bras de suspension arrière (jeu) qui peuvent fatiguer assez vite; Vérifier le bon fonctionnement du basculement et réglage des sièges. Il y a eu des soucis sur toutes les 206 3 portes à ce niveau, et Peugeot ne s’embête pas à réparer ça, il préconise le changement de toute l’armature du siège (+ de 400€… ). Il n’y a bien sûr pas de prise en charge par le constructeur, alors que c’est un défaut connu ! Les 206 RC étant apparue au premier restylage de la 206, elles sont toutes multiplexées, donc il peut y avoir quelques bugs électroniques, notamment sur les voyants de tableau de bord. Il peut y avoir une petite fuite d’huile au niveau filtre à huile. Il y a un join sur le support de filtre à huile qui a tendance à mal se positionner dans son logement, et à créer une légère fuite à ce niveau. Rien de grave, le problème est connu et facile à résoudre. On peut ressentir un ralenti instable, des à-coups à bas régime ou à l’arrêt, c’est normal. Nombreux sont ceux qui ont cru à un problème en ressentant ça sur leur auto, mais cela a été confirmé par Peugeot qu’il n’y avait rien d’anormal, et que cela venait du fait que le moteur était plutôt typé pour les hauts régimes. Sinon le reste de la mécanique est fiable, il n’y a pas eu de gros soucis sur la 206 RC. Côté entretien, les pneus avants s’usent assez vite (logique !) et le moteur a souvent tendance à consommer de l'huile en cas d'usage intensif (circuit notamment), pensez donc à vérifier le niveau régulièrement car les périodicités de vidanges sont assez élevées (20.000 km).
:: CONCLUSION
Jen imagine qui doivent déjà chausser les Sparco
et faire le point avec leur banquier ! Et à vrai dire, on
les comprend aisément tant cette Peugeot 206 RC représente
ce qui se fait de plus aboutit en matière de petite GTI performante
et pas trop chère. Pourtant loin d'une WRC de route, cet
instrument de plaisir possède un potentiel dynamique qui
en fait une authentique voiture de sport pour passionné.
Ce joli jouet a bien sûr un prix, fixé légèrement
en dessous de celui de sa principale rivale la Renault Clio RS,
soit 21 500€ au total. Pour cette somme là vous avez
de la sportivité en plus mais un équipement légèrement
moins luxueux. Ensuite, ce n'est qu'affaire de goût...
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