CARACTERISTIQUES
TECHNIQUES
ALPINE A610 MOTEUR
Type (cylindres): V6 à 90°
Position: En porte à faux AR
Arbres à cames (entraînement) 2 Arbres à
came en tête
Soupapes (nombre): 12
Alimentation: Injection électronique avec Turbo Garret
T3
Cylindrée en cm3: 2 975
Alésage x course en mm: 98x73
Puissance ch DIN à tr/mn: 250 à 5 750
Puissance au litre en ch: 86,2
Couple maxi en mkg à tr/mn: 35,7 à 2 900 TRANSMISSION
Aux roues AR
Boîte de vitesses (rapports): 5 manuelle POIDS
Données constructeur en kg: 1 420
Rapport poids/puissance en kg/ch DIN: 5,7 PERFORMANCES
Vitesse maxi en km/h: 265
400 m DA en secondes: 13,9
1 000 m DA en secondes: 24,9
0 à 100 km/h en secondes: 6,7
La planche de bord, bien qu'en gros progrès et richement équipée
de série, reste toujours le point noir de l'auto surtout rapporté
au prix de vente à l'époque !!
La face AV de l'A610 reprenait le principe des phares escamotables
aperçus sur les GTA versions US jamais commercialisées outre-Atlantique.
La partie AR était intégralement reprise des GTA, tant le dessin
originel était réussi. Seule la grille d'aération moteur entre les
feux et ces derniers étaient légèrement différents.
Ce magnifique V6 3 litres turbocompressé de 250 ch et 35,7 mkg de
couple, fait largement oublier l'antique PRV.
Série limitée (30 exemplaires) à la présentation spécifique, la
"Magny-Cours" est chargée de commémorer les victoires
de Renault en F1.
Rarissime (2 exemplaires), la A610 Albertville 92 était richement
dotée et avait une harmonie de blanc jusqu'à sa sellerie cuir.
Patrick Legeay et son équipe ont redoré le blason d'Alpine au Mans
en 1994, avec une 13ème place au général et une 5ème en catégorie
GT2. (Photo : Philippe Maître).
Liberté sur l'Europe, une opération menée par
D. Pascal pour célébrer la paix dans les pays de l'Est
à bord d'une A610.
Quelques modifications dont les plus visibles pour l'Alpine, les
jantes alu du Spider Renault. Plus aggressives, elles collent bien
à l'esprit de l'auto...
MERCI
JEAN REDELEE POUR CETTE BELLE AVENTURE… Après
la très controversée Alpine GTA, Renault remet le couvert une dernière
fois pour sa marque Alpine avec l'A610. Plus cossue, plus puissante,
elle est censée corriger les erreurs du passé. Mais il est bien
tard, et sa carrière sera des plus brèves : de 1991 à 1995…
Texte:
Nicolas LISZEWSKI - Photos: D.R.
NOUVELLE STRATEGIE. Avec la génération
GTA,
Renault
avait placé son coupé Alpine
à des prix inférieurs à ceux de ses concurrents
directs (Porsche
notamment). Hélas, la finition et la présentation
perfectibles, essentiellement à l'intérieur et une
ligne qui paru un peu trop timide à l'époque, se soldèrent
par un échec commercial de la génération GTA.
Et ni la version limitée Mille
Miles, ni la Le
Mans, avec sa puissance en baisse, ne purent inverser la tendance.
Renault change donc de stratégie. La nouvelle Alpine sera
donc vendue plus chère, mais elle sera plus performante,
plus docile, plus cossue et surtout mieux finie. Toute l'étude
de cette nouvelle Alpine sera confiée au Berex, le bureau
d'étude de l'ex-Régie situé dans la périphérie
de Dieppe, le fief d'Alpine. C'est sous la houlette d'Alain Serpaggi,
bien connu des fondus d'Alpine, que le développement de l'auto
s'est déroulé. Le résultat est plein de promesses.
REVUE DE DETAILS Extérieurement, le look agressif des dernières
GTA Le Mans est abandonné. On revient à un style plus
classique reprenant notamment la cellule centrale et la partie arrière
des GTA qui étaient, il est vrai des réussites stylistiques.
Le plus gros travail s'est porté sur la partie avant en adoptant
un pare-chocs enveloppant et des phares escamotables notamment aperçus
sur les quelques exemplaires de GTA version US produits. L'intérieur
se veut plus cossu et mieux fini. Pourtant, si de loin l'ensemble
paraît des plus flatteurs, en y regardant de plus près,
la finition n'est toujours pas en rapport avec le standing revendiqué
surtout avec un prix de 395 000 francs !! Toutefois, l'équipement
de série pléthorique rattrape le coup : direction
assistée, vitres électriques, ABS, Les seules
options sont la sellerie cuir et le lecteur CD.
TENIR LE CAP !! On se souvient de la tenue de cap problématique et délicate
des GTA, surtout en Turbo 200 ch, à haute vitesse. Sur l'A610,
l'étude et le développement de l'auto ont cherché
au maximum à gommer ce défaut propre aux voitures
à moteur en porte à faux arrière. Pour ce faire
les techniciens Alpine ont renforcé et rigidifié considérablement
la structure avant de l'A610. C'est ainsi la répartition
des masses qui a été revue pour passer à 43/57
contre 38/62 pour les GTA. Le train avant a été retravaillé,
les jantes sont désormais en 16" et sont équipées
de Michelin MXX en 205 et 245/45. Le train arrière n'a pas
subit de grosses modifications sauf pour les silents blocs nouveaux.
Avec de tels trains roulants et ce châssis optimisé,
l'A610 gagne en efficacité et en confort. Désormais
on peut rouler très vite et ce sans se battre continuellement
avec le volant frappé du "A".
DES PERF'S DE VRAIE GT Côté moteur, le V6 est passé à 3
litres de cylindrée. Equipé d'un turbo Garret T3,
il développe désormais 250 chevaux à 5 750
tr/mn et surtout un couple respectable de 35,7 mkg dès 2
900 tr/mn ! Rappelons-nous que la GTA V6 Turbo développait
50 chevaux et 5,7 mkg de moins. Mais en revanche, le poids de l'A610
est de 200 kg plus lourd. Résultat, la puissance est là
pour faire parler la poudre et on peut espérer atteindre
les 270 km/h en pointe sur autoroutes allemandes, et abattre
le kilomètre DA en 25 secondes. La motricité est excellente
et seul un sol gras-mouillé nécessitera votre vigilance
de pilote chevronné. Avec ses performances, on va chatouiller
quelques Porsche
911 Carrera 2, Ferrari
348 TB et autres Lotus
Esprit.
EVOLUTIONS ?! Présentée en mars 1991 au salon de Genève,
cette nouvelle Alpine tant attendue est affichée au catalogue
au prix de 395 000 francs, soit 40 000 francs de moins qu'une Porsche
911 C2. Si toute la presse reconnaît unanimement les progrès
réalisés par Alpine, euh Renault, force est
de constater qu'il manque une image à cette auto. Alpine
n'est plus présent en compétition, alors que Renault
brille en Formule 1 et en rallyes. Au bout de 6 mois de commercialisation,
seuls une soixantaine d'exemplaires sont écoulés.
Et comble, les Anglais et les Allemands apprécient plus notre
coupé national que nos compatriotes ! Devant cet échec
commercial, Renault profite des JO d'Albertville en Février
92 et de son partenariat pour commercialiser une série spéciale
"Albertville 92" dont la présentation est spécifique
et richement dotée, la teinte extérieure est le blanc
glacier et la sellerie est en cuir clair. L'A610 en profite et à
notre connaissance un exemplaire avait été présenté
dans des liflets prévus à cet effet et commercialisé.
Puis, c'est la version Magny-Cours, sensée commémorer
les succès de Renault en F1 comme motoriste. Cette série
limitée à 30 exemplaires, dispose d'une présentation
qui bizarrement ne reprend aucun code de la marque Alpine : point
de bleu Alpine mais un vert foncé, y compris pour les jantes,
une sellerie cuir noire et une plaque numérotée. C'est
tout ? Oui, pas de V6 Turbo 300 ch ou autres broutilles intéressantes.
FIN DE VIE. L'année 1993 verra les dernières évolutions
de la gamme A610. Le dessin des jantes est nouveau et plus harmonieux
que celui des premiers millésimes massifs et peu élégants.
Ces nouvelles jantes alu 16" à 5 branches seront d'ailleurs
reprises par le Spider Renault Sport. Outre ces nouvelles jantes
alu, le moteur perd 12 cm3 pour satisfaire aux normes d'homologation
de certains pays étrangers. La dernière lueur optimiste
et chaleureuse pour l'A610 vient d'un professionnel agissant pour
son propre compte et sans l'appui officiel de l'usine : Patrick
Legeay. Il réussi le pari fou d'engager une A610 au départ
des 24 Heures du Mans 1994. C'était la première fois
qu'Alpine était présent au Mans depuis 1978 avec les
A440. Et non seulement lui et son équipe parviennent à
développer une A610 et à se qualifier pour participer,
mais en plus ils termineront 13ème au général
et 5ème en catégorie GT2 devant les Venturi
et les Honda
NSX !! Mais ce bonheur pour les Alpinistes est de courte durée,
et Renault, bien encombré d'une marque et d'un modèle
qu'ils n'ont jamais réussi à imposer sur le marché
pour diverses erreurs de stratégies, décide de stopper
le fiasco commercial A610 en 1995, après au total 762 exemplaires
produits ! C'est désormais une nouvelle marque qui exploitera
le sport et les retombées médiatiques de la compétition
: RenaultSport.
AUJOURD'HUI Avec une si faible production, dont une bonne partie a été
vendue en Allemagne et en Angleterre (sous la marque Renault, Alpine
étant la propriété de Sunbeam/PSA), il est
évident qu'il fait attendre patiemment que l'un des actuels
propriétaires d'une A610 se décide à s'en séparer.
Difficile donc d'établir une cote, tant les transactions
sont rares. C'est essentiellement en fonction de l'offre et de la
demande. C'est toutefois certain que les prix planchers se situent
aux alentours des 19 000 Euros, avec dans ces cas-là des
kilométrages supérieurs à 100 000 km. Rien
d'affolant cependant car l'A610 se révèle fiable à
l'usage, surtout le moteur. Seuls agacements, quelques soucis électriques
viendront vous embêter sans vous immobiliser. Les versions
Magny-Cours (très, très rares !!) avec 30 exemplaires
sont très dures à dénicher et se négocient
souvent très cher (environ 29 000 Euros). L'entretien se
fait dans le réseau Renault ou chez des spécialistes
de la marque Alpine. Il vous suffit de feuilleter l'excellent magazine
de nos confrères de "Mille Miles"pour avoir les
adresses de tous ces spécialistes. A éviter sérieusement
les répliques ou kits de conversion en Testarossa
pour A610. Peu gracieux, ils dévalorisent une auto qui aura
à coup sûr un avenir en collection, car c'est la dernière
Alpine, et seulement 762 exemplaires ont été produits.
Alors, Collector ?
:: CONCLUSION
L'Alpine A610 est une belle mais triste conclusion pour la marque
de Dieppe. Renault, qui préside aux destinées de la
marque Alpine n'aura pas réussi la mutation de la belle bleue.
Passer de coupés sportifs à au statut de GT n'aura
pas réussi. Dommage, car l'Alpine A610 nous laisse penser
que l'Alpine avait amplement sa place sur la marché de la
GT de sport et de prestige. Avec des si... Un achat aujourd'hui
à considérer avec soin en raison de sa rareté,
ses qualités et d'un prix actuel très organisé...
LE
CHANT DU CYGNE Chez Alpine, le modèle GTA V6
Turbo arrive en fin de carrière et ses ventes
s'essoufflent. La concurrence active et prestigieuse
fait en effet du tort à l'une des dernières
GT française. Alors pour faire patienter les
clients jusqu'à l'arrivée de l'Alpine
A610 et éviter la chute définitive des
Alpine GTA, une version body-buildée voit le
jour : l'Alpine V6 Turbo " Le Mans ". Mais
comme souvent avec les nouvelles productions de Dieppe,
la critique est vive, car si le physique se muscle,
le moteur perd 15 ch pour raison économiques
et écologiques... >>
Lire la suite de ce dossier sur l'Alpine V6 Turbo Le
Mans, clicquez vite ici !!!!
CHRONOLOGIE :
Mars 1991 : Présentation de l'Alpine A610 au salon de
Genève. 1992 : Commercialisation d'une série limitée
: la Magny-Cours. Série limitée à la présentation
spécifique et à l'équipement ultra-complet.
Pour les jeux Olympiques d'Albertville, Renault partenaire officiel
de l'événement sportif a proposé des séries
spéciales Albertville pour toute sa gamme. De couleur blanc
glacier, ces modèles bénéficiaient d'un équipement
enrichi et d'une sellerie cuir gris claire. Mars 1993 : Nouvelles jantes (celles qui seront reprises
sur le Renault Spider) et le moteur perd 12 cm3 pour satisfaire
aux normes d'homologation étrangères. Juin 1994 : Patrick Legeay réussi le pari fou d'engager
une A610 aux 24 Heures du Mans 94 en catégorie GT2. Pari
osé mais réussi puisqu'ils termineront 5ème
des GT2 devant les Honda et Venturi et 13ème au général. 1995 : Arrêt de l'Alpine A610. Lancement du Renault
Spider mais qui n'est plus badgé Alpine. Fin de la marque
Alpine.
CE QU'ILS EN ONT PENSE : "Grâce à de nouvelles épures de suspensions,
des voies plus larges, et un châssis rigidifié, le
comportement routier de l'Alpine est métamorphosé.
Elle a complètement perdu sa paresse en entrée de
courbe lente, elle est merveilleusement vive et maniable, tout en
offrant une bonne neutralité en appui, pour devenir survireuse
à la limite." ACTION AUTOMOBILE & TOURISTIQUE N° 354 - 1991 Henri Pescarolo.
"Face à une concurrence aussi
relevée (Porsche 911 C2, Honda NSX et Venturi 260 NDRL),
l'A610 s'en sort avec les honneurs. Plus performante (même
si on est loin du brio annoncé), plus sûre et mieux
construite qu'auparavant, elle ne manque pas d'atouts pour retrouver
sa place sur un marché de plus en plus difficile à
conquérir." SPORT AUTO 1991 - Stéphane Rottenberg.
"Le nouveau modèle est présenté
et que voit-on ? La même, ou pratiquement. Bien sûr,
le décor a changé mais pas l'ambiance. L'ensemble
paraît fragile, dépourvu de classe. Certains boutons
ne sont pas "centrés" dans leurs emplacements,
le cendrier ressemble à celui de la Panda, quel que soit
l'angle. [ ] Que diable, cette voiture est vendue 400 000 francs,
il ne faudrait peut-être pas l'oublier " AUTOMOBILE SPORT ET PRESTIGE 1991 - Philippe Hazan.
"Très facile, remarquable d'efficacité
elle se pilote du bout des doigts. Malheureusement, le tableau s'assombrit
lorsque l'on considère la présentation intérieure.
Rien que du plastique, pauvre et terne. Rien qui ne puisse offrir
à notre sportive nationale l'image qui lui fait tant défaut.
Quand on vend une voiture 395 000 F, il faut proposer autre chose
qu'un moteur et un châssis. Il est impératif d'y ajouter
un zeste de classe." AUTO PLUS - 500 ESSAIS 1991.