199
500 FF (01/07/95)
10 CVFISCAUX CARACTERISTIQUES
Moteur: 4 cylindres en ligne 16s
Cylindrée: 1998 cm3
Puissance: 150 ch DIN à 6100 tr/mn
Couple: 180 Nm à 4500 tr/mn
Transmission: AV BVM5
Poids: 930 Kg
Pneumatiques: AV 205/50x16 AR 225/50x16 PERFORMANCES
Vitesse maxi: 216 KM/H
0 à 100 Km/h: 6"9
1000m D.A: 27"5
80 à 120 KM/H (4è/5è): 7s1/10s6 CONSOMMATION
Ville/route/mixte: 9.9/6.4/8.0 L/100km
Le premier prototype W94. Le Spider devait être, à l'image
de l'Alpine A110, une biplace légère et taillée pour
le sport.
La fabrication du Spider est autant le fruit d'une maîtrise industrielle
que d'un savoir faire artisanal.
Le chassis en aluminium allie légèreté et rigidité.
Le Spider était assemblé dans les ateliers d'Alpine à
Dieppe et succèdait à l'A610, sonnant ainsi le glas de la
marque Alpine...
Le moteur (F7R) est repris à la Clio Williams. Le rapport poids/puissance
avantageux permet au Spider des performances de grande sportive.
Présentation officielle du Spider au salon de Genève 1995,
il est griffé Renault Sport et non Alpine comme les passionnés
l'auraient souhaité. Mais c'est l'absence de pare-brise qui constitue
la plus grosse surprise aux yeux du public...
Le Spider Trophy reçoit un arceau massif et surtout une préparation
moteur de 180ch.
Avec ou sans pare-brise, le Spider reste un engin très atypique,
fortement côté sur le marché de l'occasion.
BIEN
:-)
Véritable sportive
Moteur agréable et fiable
Performances
Comportement vif et efficace
Présentation sympathique
Collector
PAS
BIEN :-(
Limiteur à 6500tr/mn
Cote élevée
Habitacle très dépouillé
Boîte accrocheuse
PETIT
SCARABEE... Le Renault Spider
fait partie des rares sportives de la régie qui ont réussi dès leur
sortie a devenir de véritables collectors. Fruit d'un travail artisanal
effectué dans les ateliers d'Alpine, laissé depuis longtemps en
quasi abandon par Renault, le Spider constitue le premier modèle
commercial de la marque "Renault Sport"...
Texte: Sébastien DUPUIS - Photos: D.R.
NAISSANCE
L’idée remonte à 1993. RENAULT voulait créer une voiture ludique
destinée à la promotion sportive. Comme pour la r5 Turbo, RENAULT
a changé sa philosophie en la destinant aussi à une homologation
routière, histoire d'amortir le projet et d'en faire un vecteur
d'image fort. Fin 1993, une réunion de définition technique a été
organisée. Le premier prototype en tôle a roulé pour la première
fois le vendredi de la Pentecôte 1994. En Septembre, le second a
été présenté à Mr SCHWEITZER et à la direction générale. Accepté,
le projet a reçu le nom de code W94. Le SPIDER a été présenté au
salon de GENEVE 1995 avant même d’être achevé, la phase industrielle
chez ALPINE démarrant en juillet 1995, et la première voiture étant
assemblée en décembre.
DESIGN
Pour une voiture qui sort, comme le SPIDER RENAULT SPORT, des sentiers
battus et de la production en grande série, pour une voiture à vivre
la conduite avec passion, la qualité du design est une composante
fondamentale. C’est pourquoi le Design Industriel de RENAULT est
intervenu dès la naissance du projet, peaufinant, de maquette en
master, le bel objet automobile qu’est le SPIDER. Une biplace compacte,
à la silhouette fine et musclée, au punch accentué par son caractère
baraqué et son avant nerveux, aux lignes générales à la fois fluides,
nerveuses et puissantes. Une voiture qui au premier regard, dégage
puissance, dynamisme et une agressivité teintée d’élégance. Etudes
de style La carrosserie, au dessin vigoureux et nerveux, mais aussi
souple et racé, est traitée au choix en jaune, bleu et rouge, les
couleurs de RENAULT SPORT. Les portes s’ouvrent en élytre. C’est
à la fois pratique, esthétique et rare. Hormis les voitures d’exception
signées LAMBORGHINI ou BUGATTI... La « carapace » du capot arrière,
telle celle d’un insecte, s’harmonise avec les portes de coléoptère…
La partie arrière de la voiture, anthracite métallisé, au volume
taillé de façon plus brutale, dégage force et agressivité. Les roues
à cinq branches, issues de l’ALPINE
A610, à la fois objets techniques et scultpures, harmonisent
leurs volutes aux courbes de la voiture tandis que l’arceau affirme
l’esprit sportif et paraphe les différentes masses.
TECHNIQUE
L’emploi de l’aluminium pour la confection des chassis a été naturel.
RENAULT voulait expérimenter ce matériau d’avenir pour l’industrie
automobile et Claude FIOR, qui eut la charge de concevoir la partie
mécanique du véhicule, est un adepte convaincu de ses qualités.
Après consultation de différents producteurs, RENAULT a trouvé en
Hydro-Aluminium le partenaire idéal. L’entreprise norvégienne maîtrise
tout le cycle de fabrication, de la fonderie à la création de profilés,
jusqu’à l’assemblage des chassis des SPIDER. Comparé à l’acier,
l’aluminium demande pour sa mise en forme, des presses nettement
moins puissantes. Pour répondre à la demande de RENAULT, Hydro-Aluminium
a dû développer un aluminium a déformation progressive, utilisé
en fonction de ses qualités aux différentes parties du chassis.
Ainsi, le chassis a été renforcé et a passé avec succès les crash
tests les plus sévères. C’est au Danemark que sont construits les
chassis du SPIDER. Les profilés d’aluminum y sont mis en forme puis
soudés. Chaque chassis se compose de trois parties. Une fois terminés,
ils sont ensuite expédiés à DIEPPE, chez ALPINE RENAULT, pour l’assemblage
du véhicule. Les suspensions, élaborées à partir du savoir faire
de RENAULT, participent elles aussi aux résultats obtenus en matière
de comportement et de sécurité. Un comportement typé résolument
performant avec un moteur transversal installé en position centrale
arrière : le SPIDER est une propulsion, dans la grande tradition
de la Berlinette. A l’avant et de chaque côté, deux triangles superposés
à axes longitudinaux, des rotules de série montées rigidement sur
le chassis (solution rarissime sur une « routière ») et un porte
moyeu spécifique avec fusée de série confirment ce choix d’une architecture
privilégiant la conduite précise. Le triangle supérieur fait office
de bascucleur permettant l’attaque d’un combiné ressort-amortisseur
placé transversalement, presque horizontalement. La barre anti-roulis,
positionnée bas, voit ses bras reliés aux triangles par des biellettes
verticales. La direction est dépourvue d’assistance, cela va sans
dire ! Quand aux moyeux, empruntés à l’ALPINE A 610, ils reçoivent
son dispositif de freinage complet, disque et étriers. A l’arrière,
la suspension a également le souci complémentaire de favoriser au
mieux l’accessibilité mécanique. On retrouve deux triangles superposés,
à axes transversaux cette fois, et des rotules montées de manière
rigide. Le porte moyeu est maintenu par un bras et une biellette
réglable et le triangle supérieur commande directement le mouvement
du combiné ressort-amortisseur, toujours presque horizontal mais
placé longitudinalement, et par l’action d’une biellette, la barre
anti-roulis.
FABRICATION ARTISANALE
C’est chez ALPINE à DIEPPE que sont construits les SPIDER. Tout
l’assemblage s’effectue dans un seul et même bâtiment. A son entrée
arrivent les pièces détachées; à la sortie en ressort une voiture
finie. Le SPIDER est entièrement réalisé à la main. L’ajustage des
différents éléments de carrosserie demande le doigté et les compétences
des mécaniciens d’ALPINE. Ils sont 56 en tout à intervenir lors
de sa chaîne de montage. En 90 heures, un SPIDER est achevé de l’assemblage
des premiers éléments de chassis à son premier roulage. L’assemblage
du SPIDER est divisée en huit postes principaux. Première étape:
l’arrivée en trois parties du chassis de l’usine danoise d’Hydro-Aluminium.
Il est aussitôt assemblé. Pendant ce temps est peinte la carrosserie
dans un atelier attenant à celui de montage. Deuxième étape: le
montage de la colonne de direction, du train avant et des radiateurs.
Troisième étape: le montage du train arrière et l’arrivée du moteur
qui est fixé au chassis. Quatrième étape : le réglage du train avant
s’effectue en parallèle à la préparation de la carrosserie. Avec
le chassis assemblé et la carrosserie apprêtée peut s’effectuer
la cinquième étape : le montage de la carrosserie. Sixième étape
: l’ajustage des parties ouvrantes du SPIDER. Septième et huitième
étapes : la mise en route du véhicule, prêt pour les test routiers
! Malgré le dépouillement extrême du Spider, quelques options et
accessoires étaient disponibles : - Airbag conducteur et capote
parapluie (sur version parebrise uniquement) - radio - Housse de
garage - Surtapis - Porte bagage - Jantes spécifiques. Il est sorti
1726 SPIDER des usines ALPINE dont 90 versions TROPHY.
MOTEUR
Un gros coeur dans une petite caisse a toujours été la philosophie
des sportives de la régie qui avaient commencé leur épopée dans
les années 70 avec les préparations Gordini sur R8 et R12. En 1993,
Renault avait besoin d'un moteur 2 litres dans sa clio pour pouvoir
s'engager en rallye. La solution la plus économique a donc été de
partir d'un bloc existant, en augmentant sa cylindrée. C'est le
moteur F qui a servi de base dans la Clio
Williams et qui sera repris pour le Spider. D'une cylindrée
de 1998cm3, ce bloc développe 150 ch DIN à 6100 tr/min, 18,2 mkg
à 4500 tr/mn dont 85 % disponibles dès 2500tr/mn. La culasse est
trempée et résinée. Les conduits d'admission sont polis, les ACT
aux lois d'ouverture spécifiques permettent d'augmenter la levée
des soupapes. Les soupapes d'admission agrandies recoivent des poussoirs
hydrauliques. Le carter d'huile cloisonné et le collecteur d'échappement
type 4 en 1 en tôle viennent parfaire cette préparation "course".
Le Spider de route est aussi malheureusement équipée d'un catalyseur,
pièce obligatoire en France depuis le 1er janvier 1993... Petite
frustration également, la fougue de cette mécanique est bridée à
6500 tr/min par un limiteur imparable. Il est vrai que certains
considèrent la puissance un peu faible, notament face aux qualités
dynamique de l'excellent chassis. Mais compte tenu du faible poids
de l'insecte, le rapport poids/puissance est très acceptable. La
version Trophy dispose, elle, d'un boitier et d'un échappement spécifiques
portant la puissance à 180ch et le rapport poids/puissance à 5,16Kg/ch.
COMPETITION
Le SPIDER a été conçu dès le départ dans l’optique de la compétition
mono marque. Avec la coupe Européenne R5
TURBO, RENAULT avait créé dans le début des années 80, une discipline
sportive à part entière. Puis, ce fut l’Europa Cup avec l’Alpine
GTA, la R21 TURBO,
puis la CLIO dans une version spécifique. Le SPIDER TROPHY est dans
cette lignée. Véhicule très proche de la compétition dans sa version
initiale, le SPIDER ne nécessite que très peu d’adptations pour
son emploi sur circuit. Afin de diminuer les coûts, la quasi totalité
des pièces d’origine compose la déclinaison compétition. Bien sûr,
un seul siège est installé, la deuxième place étant masquée par
un couvre tonneau rigide. La carrosserie, toujours en matériau composite,
est identique mais les portes ont été supprimées. Les pneumatiques,
slicks et pluies,développés en collaboration avec MICHELIN, sont
montés sur des jantes OZ. Les principales évolutions concernent
la partie mécanique. Le moteur de la CLIO WILLIAMS, doté d’une nouvelle
ligne d’échappement (conçu chez ORBISOUD), d’un filtre à air différent,
de réglages d’injection modifiés et surtout d’une gestion électronique
spécifique, développe 180 cv. La boîte de vitesse JC SADEV est à
six rapports avec crabots et sans synchro. Les freins, réglables
à distance par le pilote, sont équipés de deux maîtres-cylindres
indépendants. Un harnais 6 points remplace la ceinture, un arceau
cage et des renforts latéraux intégrés dans la carrosserie, protègent
efficacement le pilote. Généralement couru en lever de rideau des
grands prix de F1, le SPIDER TROPHY a vécu trois saisons pleines
de rebondissements et de chaudes empoignades, avant de laisser sa
place au CLIO V6 TROPHY.
::
CONCLUSION
Le Spider Renault Sport est aujourd'hui une automobile rare... et
chère ! Ses cours sur le marché de l'occasion sont très élevés pour
les versions de route, avec ou sans pare-brise. Les versions Trophy
sont elle légèrement moins cotées mais aussi bien plus plus fatiguées.
Au niveau entretien et fiabilité, le Spider ne réclame aucune attention
particulière. Il n'exige qu'un entretien simple et régulier grâce
à son extrême simplicité. les pièces et la main d'oeuvre du réseau
Renault sont aussi très abordables. Si vous craquer pour cette automobile
"passion", n'attendez pas, les cours risquent de rester élevés pendant
bien longtemps...
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