| DU
BLEU A L'AME
L'Alpine A310 est
née dans la douleur. Jean Rédélé cède son entreprise
à Renault, et l'Alpine A310, née en quatre cylindres, va manquer
son entrée dans l'arène des GT en raison d'une finition et de performances
moyennes, et surtout de quelques soucis de mise au point. En 1977, Renault commercialise
celle qui aurait du être née dès 1971 : l'Alpine A310 V6.
Plus performante, un moteur V6 et une ligne retouchée aurait du permettre
à Alpine de concurrencer enfin Porsche. Un RDV manqué ?
Texte:
Nicolas LISZEWSKI - Photos: D.R. Avec l'Alpine
A110 "Berlinette", Alpine a régulièrement monté
en puissance, tant sur les performances que sur l'organisation et les structures.
La construction d'une usine à Dieppe, entièrement nouvelle et moderne,
devait en effet permettre à Alpine de franchir un cap dans la production,
tant en qualité qu'en quantité. En 1971, Alpine dévoile donc
celle qui doit remplacer la berlinette Alpine, l'Alpine A310 avec un moteur quatre
cylindres 1,6 litres de la Renault 16 TS. En réalité, elle ne remplacera
jamais la berlinette ni dans les faits, ni dans le cur des passionnés.
L'Alpine A310 1,6 litres est en réalité une GT aux performances
flatteuses obtenues dans un niveau de confort inédit pour une production
Dieppoise. Malheureusement, cette commercialisation est contrariée par
le changement définitif de propriétaire (Renault rachète
Alpine totalement à Jean Rédélé), des soucis d'approvisionnement
de pièces détachées qui ont affecté la mise au point
des voitures. Ainsi, alors que c'est certainement le point fort de cette nouvelle
Alpine, elle hérita à tort dans les premiers temps d'une réputation
de mauvaise tenue de route. Son châssis très pointu ne supportait
pas l'à peu près en matière de réglage. Initialement,
l'Alpine A310 devait recevoir un moteur plus gros, mais les circonstances de l'époque
ne permettaient pas cette architecture. L'Alpine A310 4 cylindres sera finalement
un modèle de liaison entre l'esprit voiture de sport et les GT. Il faudra
attendre 1977, pour que Renault et Alpine dévoilent la nouvelle Alpine
A310 V6, avec une motorisation plus en phase avec l'esprit GT. DESIGN
C'est à la fin des années 60 que remontent les premières
esquisses de l'Alpine A310. Ce sont notamment les dessins de Marcel Béligond
qui furent retenus. A l'opposé des lignes rondes et typées des sixties
de la berlinette Alpine A110, l'Alpine A310 4 cylindres se distingue par une ligne
très aérodynamique et un arrière ramassé. Une des
originalités de ce dessin est la batterie de 6 phares qui sont cachés
derrière une vitre en plexiglas qui s'étale sur toute la face avant.
Les feux arrière sont repris de ceux de la Renault
8 Gordini après avoir envisagé un temps des feux sur la partie
supérieure au pare-chocs, un peu dans le style des Renault 15 et 17. Pour
sa nouvelle mouture et son moteur plus noble et puissant, les études de
styles sont multipliées. Très longtemps, pendant le développement
de l'auto, il est envisagé des phares escamotables avant, alors très
en vogue dans les années 70, et une poupe intégralement redessinée
du type fastback. Mais faute de budget et de fiabilité, on retient la ligne
originelle de l'Alpine A310 qui plait aux clients et au public. Seuls les feux
avant, toujours sous plexiglas (dont la surface a été réduite)
sont ramenés à 4 feux carrés. Les très belles jantes
Alpine à trois goujons et trois fentes sont d'un dessin inédit.
L'arrière hérite d'un becquet aérodynamique pour parer à
l'augmentation des performances et donc des contraintes aérodynamiques.
L'habitacle est également revu et gagne en équipements et présentation
: lève-vitres électriques, pare-brise feuilleté, sièges
" pétale ", autoradio de nouveau sur la planche de bord
Globalement, les changements (mineurs) opérés sur l'Alpine A310
V6 comparés à la version 4 cylindres donnent une pureté à
la ligne encore améliorée. MOTEUR Sous le capot
arrière, on trouve l'objet de toutes les polémiques : le V6 PRV
2,7 litres de 150 ch. Avec sa grosse gamelle qui masque les entrailles du V6,
sa présentation n'est même pas attrayante ou évocatrice de
performances. Ce moteur, type 112/730 a été repris de la Renault
30 TS. Mais par rapport à la placide berline de Billancourt, le V6 dont
l'angle d'ouverture est de 90° (une conception initiale en V8 explique cet
angle inhabituel pour un V6), est largement modifié : nouveaux pistons
bombés, échappement spécifique, arbres à cames et
soupapes inédites, nouveau système d'alimentation, cache-culbuteurs
et carter d'huile spécifiques
La puissance fait donc un bond de +25
ch DIN alors que le couple reste identique mais à 1 000 tr/mn plus haut.
On voit bien que les ingénieurs ont favorisé la puissance pure au
détriment du couple. Sa puissance spécifique de 56,30 ch DIN/litre
est pour 1976 une valeur quelconque pour une GT. En outre, son alimentation par
deux carburateurs Solex (un simple corps 34 TBIA en provenance de la Renault
4 ! et un double corps 35 CEEI) fonctionnaient avec une commande à mécanisme
à dépression prenant en compte la position de la pédale d'accélérateur.
Le deuxième carburateur n'entrait alors en action que lorsque la pédale
d'accélérateur avait franchi le premier tiers de sa course. Pour
seconder le V6, la boîte de vitesses à 4 rapports type 367-05 est
montée. Cette boîte est prélevée comme le moteur de
la Renault 30 TS. Les performances occasionnées par cet ensemble moteur-boîte
étaient pour l'époque suffisamment convaincants, bien servis par
l'aérodynamique léchée de l'Alpine : 225 km/h et moins de
29 secondes pour le kilomètre DA. Mais à l'usage, le V6 se montre
rugueux et sa sonorité est peu agréable. Dommage
On imagine
un V6 2,5 litres de l'Alfa Romeo Alfetta GTV 2.5 avec injection sous le capot
de l'Alpine. CHASSIS Reprenant la structure de l'Alpine A310
4 cylindres, et la tradition maison, c'est au châssis à poutre centrale
que les ingénieurs vont renouveler leur confiance. Toutefois, par rapport
à celui de la version 4 cylindres, il est renforcé pour pouvoir
accueillir et supporter le V6 plus lourd et plus gros que le 1,6 litres. Ainsi,
la poutre reliant les deux berceaux n'est plus de section circulaire mais carrée,
afin de simplifier la fabrication du châssis. Sur le châssis à
poutre central sont fixées les suspensions. Avec le même concept
que la 4 cylindres, on retrouve donc un quadrilatère déformable
par triangles superposés de longueur inégale, 4 roues indépendantes,
des combinés ressorts hélicoïdaux/amortisseurs télescopiques.
Des barres antiroulis sont montés à l'avant (23 mm) et à
l'arrière (26 mm contre 24 mm sur la 4 cylindres). Toujours quatre disques
montés de série pour ralentir notre GT nationale, mais désormais
les disques avant sont ventilés. La direction à crémaillère
dirige les roues avant en alliage léger de 13 pouces chaussées en
185/70 VR 13, tandis que l'essieu arrière repose sur des jantes chaussées
en 205/70 VR 13. Sur circuit, les premières Alpine A310 V6 ont montré
un visage totalement opposé à la version 4 cylindres. Autant la
quatre cylindres était (presque) équilibrée avec une répartition
des masses de 40%/60% (AV/AR) et un châssis, certes difficile à régler
et sensible aux moindres défaut de pneus ou de géométrie,
facile à mener. Avec le V6 posé en arrière du train arrière
et sa répartition des masses de 33%/67% (AV/AR), l'histoire est différente.
Le comportement devient plus pointu et l'équilibre précaire. André
Costa se livre à ce sujet à un véritable pamphlet dans l'Auto-Journal
de 1977 (voir " Ce qu'en pensent nos Confrères " ci-après).
Les critiques, tant des clients et des journalistes sur l'équilibre de
la tenue de route de l'Alpine A310 V6 a même amené Renault à
envoyer une note à son réseau expliquant les différences
d'efficacité de comportement des Alpine A310 V6 en fonction du rodage des
pneumatiques ! Il était même recommandé aux vendeurs de bien
préciser au client à la livraison cet état de fait. Il faudra
attendre le mois de septembre 1980, pour que l'Alpine A310 V6 hérite des
trains de la Renault 5 Turbo, améliorant le comportement routier très
nettement. Mais il était bien tard, le mal était fait
EVOLUTIONS...
Présentée initialement, nous l'avons vu, en 1971 avec un moteur
1,6 litres quatre cylindres, une évolution majeure eut lieu avec l'adoption
du moteur V6 PRV de 150 ch en 1977. Chaque année millésime ou presque,
les Alpine A310 ont connu des évolutions. La fabrication quasi-artisanale
des modèles, de même que les études permanentes des techniciens
d'Alpine ont en effet entraîné de multiples améliorations
au fil des mois. Nous ne rentrerons donc pas dans le détail des évolutions,
mais reprendrons juste les grandes évolutions majeures. Pour plus de précisions,
nous vous invitons à consulter notre chronologie ci-après. Pour
sa première année de commercialisation, l'Alpine A310 V6 dispose
d'une présentation spécifique et différente de celle de la
version quatre cylindres. A partir de 1978, un nouveau becquet arrière
au dessin modifié est monté. Durant ce même millésime,
l'usine va présenter et commercialiser une version Groupe 4 compétition
: carrosserie modifiée, arceau de sécurité, trains roulants
renforcés, moteur d'origine. Cette version sera par la suite proposée
en option sur les Alpine A310 V6 phase 2. Initialement accouplé à
une boîte mécanique à 4 rapports, l'Alpine A310 V6 va enfin
gagner un cinquième rapport en 1979. En 1981, Renault modifie l'Alpine
A310 V6 pour faire taire les critiques concernant notamment sa tenue de route.
Les grosses évolutions mécaniques et esthétiques de l'Alpine
A310 V6 phase 2 concernent l'adoption des trains roulants et jantes de Renault
5 Turbo, des nouveaux boucliers avant et arrière, des ailes élargies,
le bouclier arrière avec inscription " Renault-Alpine " au lieu
de " Alpine-Renault " et un habitacle amélioré. En 1982
le catalogue s'enrichit d'une option pack GT : ailes élargies, spoiler
et becquet arrière plus grands, jantes de 15 pouces avec pneus avant en
225 et arrière en 285. Puisque le châssis, quoique toujours exigeant
pour les conducteurs néophytes, a progressé, les 150 ch paressent
alors un peu juste pour animer la GT dieppoise. D'autant plus que la concurrence
a progressé et propose des motorisations bien plus puissantes. Le nouveau
centre Alpine de Boulogne-Billancourt, sous la direction de Bernard Pierangeli
développe donc une version " Boulogne ". A la demande, Alpine
commercialisait alors une Alpine A310 V6 Boulogne : préparation spéciale
réalisée par le Centre Alpine de Boulogne avec V6 de 2 849 cm3,
arbres à cames modifiés, deux carburateurs triple corps, 193 ch.
Bien entendu le prix d'achat avait sérieusement enflé, mais les
performances également. En 1985 c'est la dernière année de
commercialisation des Alpine A310 qui sont remplacées par les controversées
et pourtant séduisantes GTA V6 GT et V6 Turbo. ACHETER UNE ALPINE A310 V6
Les Alpine A310 V6 jouissent d'une cote enviée auprès des
amateurs d'Alpine. Bien plus proportionnellement que les Alpine
GTA V6 GT et V6 Turbo pourtant plus homogènes et plus performantes.
Il faut donc compter minimum 7500 euros pour une A310 V6 2700 VA à suspensions
Alpine (1976-80) et 10 000 euros pour une A310 V6 2700 VA à suspensions
Renault (1980-84). La finition améliorée des derniers modèles
les rend plus chères et attractives. Les versions équipées
du pack GT 2700 VAA 150 ch se négocient entre 12 et 13 000 euros suivant
l'état. Enfin, les rarissimes versions Boulogne 2700 VAA 193 ch s'échangent
aux alentours de 15 à 18 000 euros selon l'état. Les premières
séries peuvent séduire pour leur look plus d'époque et encore
authentique, tandis que les phases 2 sont plus dans la mouvance plastique avec
les boucliers avant et arrière dans ce matériau si pratique mais
si peu valorisant. La tenue de route des phases 2 est plus accessible au commun
des mortels, nous l'avons vu dans notre rubrique châssis et surtout est
moins difficile à régler. Attention au prix des pneus TRX, à
priori plus fabriqués par Michelin. Les carrosserie en composite amènent
leur lot de désagrément : odeurs en été, problèmes
de masse, coût de restauration, peu de carrossiers véritablement
expert dans le domaine
L'habitacle hérite d'une finition déplorable
vieillissant très mal s'il est peu entretenu. Sur des autos au comportement
routier si typé, il conviendra de contrôler de manière clinique
le châssis poutre et la coque pour détecter toute trace d'accident
et de réparations mal faites. Le V6 PRV, à défaut d'être
performant et agréable est très fiable. Seul son refroidissement
est à surveiller. A partir de 1982, un double ventilateur à été
monté. Nous conseillons fortement à procéder à cette
modification sur tous les modèles. Les Alpine A310 V6, avec un entretien
suivi et une bonne inspection régulière, permettent d'entrer dans
l'univers Alpine et de profiter d'une GT des années 70-80 pour un budget
raisonnable. Pensez à respecter les vidanges tous les 5 ) 7 500 km selon
la conduite. La boîte devra être vidangée tous les 10 000 km.
Certainement une pièce de choix pour le passionné raisonné,
à condition de respecter les conditions de recherches et d'entretien pour
vivre sa passion en bleu sans ombrages... :: CONCLUSION
Le temps qui passe apaise les polémiques et calme les passions. Certes
on peut pleurer le manque de lucidité de la Régie Renault à
l'époque sur la stratégie à adopter avec Alpine. Si critiquée
à l'époque, l'Alpine A310 V6 qui est entrée pleinement en
collection fait oublier ses défauts d'alors pour rappeler à tous
qu'elle était avant tout une GT performante, confortable et homogène.
En plus, sa cote très abordable et les différentes versions permettent
à tous de trouver l'Alpine de leur rêve sans se fâcher avec
leur banquier. Et les deux places supplémentaires autorisent le transport
de jeunes enfants, ce qui ne froissera donc pas votre relation avec votre tendre
et chère épouse qui partage votre passion bon gré, mal gré.
Allez France !!...
PRODUCTION 1976 : 140 exemplaires
1977 : 1 220 exemplaires 1978 : 1 216 exemplaires 1979
: 1 381 exemplaires 1980 : 1 138 exemplaires 1981 :
1 284 exemplaires 1982 : 1 095 exemplaires 1983 : 1 139
exemplaires 1984 : 663 exemplaires
TOTAL : 9276 exemplaires
CHRONOLOGIE 1971 : Au salon de
Genève, présentation de l'Alpine A310 1600. 127 ch DIN et 215 km/h
1976 : Commercialisation de l'Alpine A310 V6. Face avant modifiée
par rapport à la 4 cylindres, et présentation spécifique.Arrêt
de fabrication et commercialisation des Alpine A310 4 cylindres.Championne de
France des rallyes en Groupe 4 sur A310 1600 avec l'équipage Fréquelin-Delaval.Participation
de l'Alpine A310 V6 aux 24 Heures du Mans. 1977 : En septembre, quelques
modifications sont à noter : suppression des anti-brouillards, nouveau
becquet AR avec lettrage en incrustation, le volant Isodelta remplace peu à
peu le Motolita. Nouvelle commande d'essuie-glace/lave-vitre (de la Renault 30
TS) 2 vitesses. La roue de secours conventionnelle dans le coffre remplace la
roue Goodrich avec gonfleur. 1978 : Au salon de Genève, en mars
: montage en série d'une boîte 5 vitesses, entourages de vitres en
aluminium remplacés par des entourages noirs mats, feux avant bicolore,
ceintures de sécurité deux points aux places arrière, avertisseur
avec compresseur, augmentation de la capacité du réservoir qui passe
de 57 à 63 litres.En octobre, version Groupe 4 compétition client
proposée par l'usine : carrosserie modifiée, arceau de sécurité,
trains roulants renforcés, moteur d'origine. Elle est produite à
une trentaine d'exemplaires. 1979 : Quelques évolutions de détails
au salon de Genève : la béquille du capot avant est remplacée
par un stabilisateur, rétroviseur extérieur réglable électriquement,
témoin d'alerte de température d'eau et d'un voyant de baisse du
niveau de liquide de freinage en remplacement du témoin de chute de pression.
Le client peut opter désormais pour le climatiseur en option. 1980
: En septembre, au salon de Paris, l'Alpine A310 V6 connaît une grosse évolution
mécanique et esthétique de l'Alpine A310 V6 : trains roulants et
jantes de Renault 5 Turbo, nouveaux boucliers AV et AR, ailes élargies,
bouclier arrière avec inscription " Renault-Alpine " au lieu
de " Alpine-Renault ". 1981 : A l'automne, quelques modifications
interviennent sur l'Alpine A310 V6 : commodo unique éclairage/clignotants/avertisseur
type Renault 30, contacteurs de lève-vitres éclairés de Renault
Fuego, éclairage du cendrier sur la console, pré-câblage de
haut-parleurs dans les portes, pose d'un rétroviseur extérieur côté
passager.Vente en option du pack GT : ailes élargies, spoiler et becquet
AR plus grands, jantes de 15 pouces avec pneus avant en 225 et arrière
en 285. 1982 : A l'automne, série d'améliorations sur
l'Alpine A310 V6 : nouvelle sellerie velours, nouveau plafonnier combiné
lecteur de carte/éclairage, un témoin lumineux de feux de croisement,
condamnation intérieure des portes de type Renault 5, sabot de protection
anti-gravillons à l'avant des passages de roues arrière et nouvelles
serrures noires à clé ronde.Présentée au salon de
Paris et commercialisation à la demande de l'Alpine A310 V6 Boulogne :
préparation spéciale réalisée par le Centre Alpine
de Boulogne avec V6 de 2 849 cm3, arbres à cames modifiés, deux
carburateurs triple corps, 193 ch. 1984 : Fin de la production des
Alpine A310 V6.Les Alpine GTA V6 GT et V6 Turbo les remplacent. CE
QU'ILS EN ONT PENSE : "Il suffit d'ouvrir " l'Auto-Journal "
à la page qui rassemble les prix de toutes les voitures neuves et d'établir
une rapide comparaison. Par rapport à ses concurrentes plus ou moins directes,
l'Alpine A310 V6 n'est pas spécifiquement une voiture spécifiquement
coûteuse. Je pense même qu'elle offre un rapport prix-prestations
très favorable bien qu'elle présente l'inconvénient -rédhibitoire
pour certains, il est vrai- de s'appeler Renault tout comme une 4 L. Il est toutefois
peu admissible qu'un constructeur ayant la " surface " de notre Régie
Nationale, fasse preuve d'une telle insouciance, qu'il ose présenter -en
tant que carte de visite car il s'agit là d'un modèle le plus coûteux
de toute la gamme Renault- une voiture aussi partiellement mise au point en ce
qui concerne la tenue de route. Je ne ferai pas aux techniciens de la Régie
l'injure de leur expliquer ce qu'il faut faire : ils le savent certainement mieux
que moi et depuis plus longtemps que moi. Il appartient seulement à la
Direction Générale de prendre la décision d'offrir à
la clientèle une voiture de sport digne du plus grand constructeur français."
L'AUTO-JOURNAL - 1977 - Alpine A310 V6 2700 VA suspensions Alpine. "Avec
l'Alpine, le problème se pose de manière plus ardue dans ces mêmes
épingles car la tendance est au refus de l'obstacle. Si l'on veut jouer
les Thérier
il faut en avoir les (grands) moyens. On peut éviter
de sous-virer, en entrant sans gaz mais assez fort car l'adhérence des
TRX est élevée. Ensuite, il " suffit " de jouer de l'accélérateur
et du volant, pour essayer de faire comme les grands. Bonne chance ! Sur le mouillé,
pas trop d'optimisme, sinon c'est tout droit. En fait, le simple fait d'entrer
en levant le pied décroche l'arrière. Il s'agit alors de doser avec
l'accélérateur tout en étalant le contre-braquage. Réservé
aux acrobates. Les virages moyens s'abordent de manière beaucoup plus classique
si on le désire car la tenue de route est somme toute excellente. L'Alpine
se montre vive et maniable, bien équilibrée par ses suspensions
et ses pneus plus importants à l'arrière. Avec elle, bien installé
et bien calé, on connaît enfin le plaisir du pilotage qui oblige
à se concentrer et permet d'oublier quelque peu cette mécanique
indigne, tout en faisant regretter qu'elle n'en possède pas d'autre."
AUTO HEBDO - 22 avril 1982 - Alpine A310 V6 2700 VA suspensions Renault. |