| TROP FACILE ?
Audi affûte son petit coupé sportif et le TT rejoint la gamme S du constructeur pour la première fois de son histoire. Le top modèle de la série TT, arrivé l'été dernier chez les concessionnaires vient bousculer la hiérarchie. Plus encore que le coupé Bmw Z4 ou l'exotique Lotus Europa, ce condensé de technologie veut croquer le Cayman de Zuffenhausen ! Pour cela, l'Audi TTS avance des arguments aussi solides que son prix...
Texte:
Sébastien DUPUIS - Photos: D.R.
Audi fête avec le TTS un petit anniversaire : celui de la première Audi TT Coupé, lancée il y a dix ans, accédant immédiatement au statut d'objet-culte du design. L’étude gris argent présentée par Audi en septembre 1995 à l’occasion du salon automobile de Francfort a immédiatement fait mouche auprès du public. L’Audi A3 avait été mise à contribution pour la conception de l’Audi TT, sa plate-forme courte semblant être la base idéale pour développer une voiture de sport sans générer de coûteux investissements pour développer une structure spécifique. Mais ses qualité dynamiques tendirent à contredire ce choix auprès des amateurs de conduite sportive. Qu'importe, le TT était devenu un objet de mode à part entière. Mais fier de son image avantgardiste et rigoureuse, Audi préféra repartir d'une feuille blanche pour sa deuxième génération de coupé. Si l'allure générale est fidèlement héritée de sa devancière, ses dessous intimes sont d'une toute autre conception qu'auparavant. Reposant sur la technologie Audi Space Frame, la coque du nouveau TT est capable de recevoir des mécaniques bien plus puissantes que sa devancière. Il n'en fallait pas moins pour que soit décidé d'y introduire la version la plus musclée du 2.0 TFSI, donnant au TT toute sa légitimité pour rejoindre le clan des "S".
DESIGN
L’Audi TTS se révèle dès le premier coup d’œil. Outre les grandes roues de 18 pouces, les grandes prises d’air situées dans le bouclier avant modifié donnent cette impression de puissance. La vue latérale est marquée par les bas de caisse larges et très bas, la voiture semble ventousée à l'asphalte. Les nouveaux phares bi-xénon, avec éclairage de jour à diodes blanches et la calandre Singleframe gris platine accentuée par de fines baguettes chromées s'inscrivent directement dans l'identité Audi. C'est un peu massif, mais l'idée n'a pas manqué de faire école avant d'être copiée par d'autres. Derrière, un volumineux pare-chocs intègre un diffuseur gris et deux doubles sorties d’échappement à droite et à gauche. Avec une telle batterie de cuisine, on s'attend à trouver au moins douze cylindres sous le capot ! Le becquet de TTS que vous apercevez sur certaines photos sort automatiquement à partir de 120 km/h et rentre lorsque la vitesse redescend à 80 km/h. Il peut également être manoeuvré sur demande, juste pour le look... Enfin, n'oublions pas les sacro-saints rétros chromés, médaille officielle du grade S. Ce petit coupé "4 sièges" (4 places étant un terme légèrement abusif) mesure 4m19 de long et 1m84 de large pour 1m34 de haut. Des proportions qui lui donnent une allure particulièrement compacte, musclée et râblée. Le TTS ne ressemble vraiment pas à une ballerine surdouée d'agilité, mais plutôt à une boule de muscle prête à passer n'importe où en puissance.
HABITACLE
Conservant sa ceinture de caisse très haute, caractéristique du style TT, le nouveau modèle demeure relativement clautrophobique dans son ambiance intérieure. Cela contribue nettement à l'impression d'être embarqué dans un cockpit de supercar. Pourtant, la présentation n'a rien des finitions grossières d'une voiture de course. Fidèle à l'esprit Audi, la présentation est particulièrement soignée et tout est assemblé au millimètre. Des sièges sport montés très bas accueillent les passagers dans l’habitacle. Ils sont réglables en hauteur. Les sièges de série sont en cuir et Alcantara, en coloris noir ou noir et argent. Les coutures contrastées sont couleur argent. C'est un peu austère, mais particulièrement bien construit. Très allemand quoi. Pour ajouter un peu de piment, il faut s'en remettre au traditionnel catalogue des options : des sièges sport sont proposés (cuir nappa satiné) ainsi qu'un pack cuir "Impuls", noir avec coutures argent. Le poste de pilotage de l’Audi TTS est taillé sur mesure pour le conducteur. L'ergonomie est impeccablement étudiée. Les instruments à cadrans gris et aiguilles blanches, les pédales en métal, les surfaces décoratives en aluminium et le volant sport multifonctions en cuir aplati en bas se traduisent par une envie pressante de mettre le contact pour aller tailler le ruban noir ! Le divertissement est assuré par le système d’information du conducteur (il pourra indiquer les temps au tour sur circuit grâce à une fonction lap-timer) et le système audio Concert de 140 W. Les dossiers des sièges arrière du coupé peuvent être rabattus en deux parties pour porter le volume du coffre à bagages de 290 à 700 litres. Les voyageurs apprécieront également une dotation en équipements pas trop radine : phares xénon plus avec éclairage de jour à LED, volant sport multifonctions, climatisation automatique pour les principaux.
MOTEUR
D’une cylindrée de 1984 cm³, le moteur TFSI de la TTS est le fruit de l’union de deux technologies chères à Audi que sont l’injection directe d’essence et le turbocompresseur. Depuis 2005, ce moteur deux litres à quatre cylindres a été élu trois fois de suite et à bon escient « Engine of the year » par un jury international de journalistes spécialisés et remplace désormais l'ancien 1.8T à travers toute la gamme du groupe VAG. De 200 ch dans la VW Golf V GTI en passant par ses variantes à 240 ch dans la Seat Leon Cupra, il a atteint 265 ch dans la compacte Audi S3. Déjà remarquable à plus d'un titre, il se dote ici d'une poignée de chevaux supplémentaires pour afficher la puissance de 272 ch à 6000 tr/mn, se traduisant par une hargne encore plus marquée en haut du compte-tours. Le 2 litres a été remanié et renforcé dans de nombreux domaines pour l’Audi TTS : au niveau du bloc, de la culasse, des pistons, des bielles et du turbocompresseur, qui établit une pression de suralimentation relative pouvant atteindre 1,2 bar. Un refroidisseur d’air de suralimentation optimisé et à haut rendement abaisse la température de l’air comprimé et augmente ainsi la quantité d’air nécessaire à la combustion. Le travail de finition sophistiqué effectué sur le système d’admission et d’échappement permet à ce quatre cylindres très régulier de respirer librement et lui confèrent une sonorité puissante et profonde. Son seul véritable défaut étant de n'avoir que 4 pistons pour jouer de la musique, là où la concurrence Porsche ou Bmw en offre 2 de plus pour le bonheur des mélomanes. Comme précédemment, ce 2.0 étonne par son élasticité. Disponible légèrement moins tôt que sur le TT 200 ch, le couple maximum de 350 Nm est constant, comme dans la S3, sur une large plage allant de 2500 à 5000 tr/min. Grâce à son excellent rendement, le TFSI ne consomme en moyenne que 8 litres de carburant aux 100 km en conduite tranquille. Grâce à un rapport poids/puissance de 5,1 kg/ch, le TTS bondit de zéro à 100 km/h en 5"4 avec un punch incroyable et une motricité sans faille. Côté reprises, le 2.0 TFSI impressionne tout aussi favorablement, passant par exemple de 80 à 120 km/h sur le 4ème rapport en seulement 4"4. Le limiteur électronique intervient ensuite à partir de 250 km/h sur le 6ème rapport, que vous ayez choisi la transmission S tronic à double embrayage (option) ou la classique boîte manuelle.
CHASSIS
Bien que plus puissant que le V6 3.2, le 2.0 TFSI ne pèse que 153 kg, ce qui contribue à la meilleure répartition des masses dans l’Audi TTS. Reprenant le principe space-frame mis au point au début des années 90, la structure ultra rigide du TT de seconde génération combine une partie arrière en acier et des parties avant et centrale de la carrosserie en aluminium. Cette conception permet d’optimiser la répartition des charges sur les essieux et de réduire le poids total qui s'établit à un peu moins de 1400 kg à vide, dont 70% sur l'avant. Le cœur de la transmission "Quattro" (en réalité il s'agit toujours du Haldex) repose sur un embrayage à lamelles hydraulique et à commande électronique. Plus rapide qu’auparavant grâce à un nouvel accumulateur de pression, il ne se traduit plus par un comportement hésitant alternativement entre souvirage et survirage, même si au besoin, il peut diriger l’intégralité des forces vers l’essieu avant ou arrière en l’espace de quelques millisecondes. La transition est tellement fluide et rapide que ce transfert est à peine perceptible au volant. On profite alors d'une conduite sereine en toutes circonstances, sans plus de question à se poser, le TTS passe partout avec une rapidité déconcertante et presque frustrante pour le pilote qui aime avoir l'impression de tout contrôler, voire de se battre un peu avec la route. La direction assistée très sensible est à commande électromécanique. Elle paraîtra trop assistée et manquant légèrement de feeling mais sa précision est appréciable. Les bras de suspension sont en aciers à haute rigidité. Les paliers ont été modifiés pour souligner le caractère sportif de l’Audi TTS. Les ressorts hélicoïdaux et amortisseurs sont disposés séparément et prennent ainsi moins de place. Comme nous l'avons vu, le TTS est dotée en série de jantes de 18" (19 en option) en aluminium coulé à cinq branches "style S" avec une monte pneumatique en 245/40. Le freinage ne souffre pas la critique, puissant, stable et endurant grâce à ses 4 disques de grand diamètre. Audi a complété le programme électronique par un ESP de série, non déconnectable, mais présentant un mode sport légèrement plus tolérant aux dérives éventuelles. Il faudra toutefois envoyer du lourd pour venir à bout de l'adhérence des pneus et du Quattro en plus de la stabilité procurée par l'amortissement adaptatif Audi Magnetic Ride. Pour rappel, ce système développé par Delphi est apparu en 2003 sur la Corvette C6 50ème anniversaire. Depuis le système a été peaufiné, mais son principe reste le même : on utilise un fluide spécial contenant de minuscules particules magnétiques qui circulent dans les pistons des amortisseurs et dont la viscosité varie sous l’effet d’une tension électrique régulée en permanence en fonction des conditions de conduite. Le conducteur peut choisir entre un mode normal, plutôt confortable et un mode sport, qui réduit les mouvements de roulis, à condition que la route soit belle. Ultra efficace, l'Audi TTS est donc un outil formidablement évolué, et que l'on peut aisément mettre entre toutes les mains. Elle met immédiatement en confiance et permet de se faire plaisir sans arrière pensée, sinon celle de perdre son permis en dehors des circuits. En revanche, côté fun et sensations, elle lassera rapidement les coeurs sportifs. Trop bien éduquée, trop filtrée, trop facile aussi, l'Audi TTS manque finalement du caractère rebel et revêche que certains attendent d'une voiture de sport, souvent au-delà des performances pures. Une minorité "commercialement négligeable" sans doute pour Audi, qui de se fait ne vise pas complètement la même cible que son cousin par alliance : Porsche.
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CONCLUSION
N'y allons pas par quatre chemins, l'Audi TTS est une excellente voiture. Toutefois, on pourra lui préférer une Porsche Boxster, une Lotus Europa ou encore un coupé Nissan 350Z, moins richement présentées mais plus communicatives et amusantes. Sportif, le TTS l'est pourtant par son niveau de performances remarquable et sa tenue de route très efficace. Mais à force de vouloir faire des voitures trop faciles à conduire, Audi néglige l'aspect émotionnel cher aux amateurs de pilotage que nous sommes. Le coupé TTS a les défauts de ses qualités en quelque sorte. Néanmoins, cette très belle automobile devrait ravir une clientèle avant tout avide de posséder un bel objet, exclusif par son tarif, rapide et sûr en toutes circonstances. Des qualités non négligeables au quotidien...
> AUDI TTS ROADSTER |

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TéTé EN L'AIR
Pour reprendre l'avis de nos confrères d'EVO, l'Audi TTS Roadster se montre trop bien élevé et trop facile à emmener pour susciter le grand frisson. Bien sûr, les performances de cette sportive sont de haut niveau (0 à 100 en 5"6), la finition et la rigidité sont au top. Mais avec la même suspension active que sur le coupé, la même transmission et le même moteur, le TTS Roadster se paye sans surprise au prix fort (51950 €) et souffre d'un manque relatif de sportivité comparé à sa rivale directe en prix : la Porsche Boxster... |
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CE QU'EN PENSENT NOS CONFRERES :
"L'Audi s'impose principalement grâce à son 2.0 TFSI, qui lui procure des prestations dignes d'éloges, et à son rapport prix/équipement largement plus favorable. S'il s'incline, le Cayman 2.7 n'en est pas pour autant complètement largué. A défaut d'être plus performant, il dispense tout de même son lot de sensations et de plaisir au volant offrant un équilibre fantastique et une présence mécanique inimitable ."
Le Moniteur Automobile - 18 Septembre 2008
- Match Audi TTS/Porsche Cayman
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