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DU SANG BLEU DANS LES VEINES
Depuis la fin des années 90,
l'Audi TT, que cela soit en roadster ou en coupé, avait amené
son lot de nouveautés sur le plan stylistique. En revanche,
bien que le succès commercial ait été immédiat,
les sportifs avertis ont toujours reproché aux Audi TT leur
manque de caractère. L'oubli semble réparé
sur cette nouvelle version qui s'anoblit avec le VR6 de la Golf
R32
Texte:
Gabriel LESSARD - Photos: D.R.
Commercialisé à l'automne 1998, le coupé
Audi TT a immédiatement conquis le public avec sa ligne
craquante et réellement innovante. Equipé de moteurs
1,8 litres quatre cylindres turbocompressés de 180 et 225
ch (ceux des Audi A3 1.8T et de la Golf IV GTI), le coupé
TT manquait d'un souffle de noblesse pour gagner ses galons dans
le monde des coupés sportifs. En revanche, la technologie
Audi, toujours présente, lui permettait de bénéficier
sur certaines versions de la transmission Quattro. Les versions
d'entrée de gamme étant alors de simples tractions
avant avec un comportement routier très typé VAG
Audi a décidé de répondre favorablement à
la demande des passionnés de la marque aux anneaux avec l'insertion
du VR6 de 3,2 litres de la Golf R32, qui reçoit pour l'occasion
10 ch supplémentaires pour passer à 250 ch. Mais Audi
en a profité pour nous offrir une surprise avec une boîte
de vitesses robotisée inédite baptisée DSG.
LOOK CRAQUANT
L'Audi TT Coupé 3.2 V6 nous gratifie toujours de son
look si particulier. Lisse comme un vrai galet à ses débuts,
le TT a été doté de quelques artifices qui
le virilisent quelque peu, pour lui enlever son étiquette
de "voiture de fille". Le pare-chocs avant est donc spécifique
avec des entrées d'air et un dessin plus vigoureux, l'aileron
arrière est noir mat, pour accentuer l'aspect sportif. Les
très belles jantes alu sont passées au 17 pouces,
comme sur les versions 225 ch, et les hommes d'Ingolstadt ont terminé
la panoplie de la parfaite sportive accomplie avec deux sorties
d'échappement rondes et chromées.
SPORT ET BIEN FINI !
La présentation intérieur du TT est à
l'image de son plumage. Très bien fini, bien dessiné
avec des petites touches bienvenues d'originalités comme
les renforts en bas de la console centrale de la planche de bord,
ou encore les buses d'aérations. Notre version du jour ne
disposait pas du cuir optionnel avec coutures épaisses comme
sur les balles de base-ball, mais la sellerie qui recouvre les sièges
baquets suffit amplement. Si la position de conduite est bonne,
l'habitacle est très étriqué et offre une visibilité
précaire, notamment de trois-quarts arrière. L'équipement
est très complet et suffisant avec la dotation de série.
MOTEUR !
Chez VAG, depuis la Golf
III VR6, cette mécanique innovante et réussie
n'a cessé de rugir sous les capots des sportives de la marque.
Sous le capot du TT 3.2 V6, le VR6 (puisque c'est bien un VR6 contrairement
à l'appellation officielle et commerciale de ce coupé
TT), développe 3,2 litres. C'est en fait le même que
celui qui officie sous le capot de la Golf
IV R32. Quelques modifications de boîtier électronique
lui autorisent cependant une petite dizaine de chevaux supplémentaires
sur sa cousine VW. L'intérêt principal du passage au
VR6 pour le coupé TT est une sonorité plus agréable,
une cylindrée accrue et un couple et une puissance respectables.
Il permet en outre de donner enfin à ce beau coupé
ses lettres de noblesse qui lui faisaient tant défaut jusqu'ici.
LA NOUVELLE REFERENCE ROBOTISEE ?
Depuis la nuit des temps, les ingénieurs étudient
et travaillent pour concilier les avantages réunis des boîtes
automatiques et mécaniques. Les différentes études
menées jusque-là n'étaient pas toujours convaincantes
et l'agrément de conduite souvent absent. Il a fallu ainsi
à BMW deux générations de SMG pour parvenir
à un résultat acceptable. Audi a réutilisé
les enseignements de la compétition pour sa nouvelle boîte
robotisée DSG (Direct Shift Gearbox). Initialement monté
et exploité sur les Audi
Quattro en championnat du Monde des rallyes en 1985 (Sur l'Audi
Quattro Sport S1), il est ici adapté à la série.
Le grand avantage de ce système est de supprimer les à-coups
d'interruption de charge qui existent lors du débrayage,
et également de limiter le temps de passage des rapports.
Techniquement, les ingénieurs d'Audi ont greffé sur
une boîte séquentielle un bloc électro-hydraulique.
Grossièrement, on pourrait décrire l'ensemble comme
deux demi-boîtes autonomes avec double embrayage (une gérant
les rapports pairs et l'autre les rapports impairs) sur lesquelles
sera transmis le couple à tour de rôle selon que l'on
monte ou descend les rapports. Il ne faut ainsi que 0,2 secondes
à cette boîte DSG pour changer de rapports, le tout
sans à-coups !
SUR ROUTE
Une fois la porte du coupé TT refermée, l'ambiance
bathyscaphe n'est pas qu'une vue de l'esprit. Heureusement la présentation
intérieure de très bonne facture, tant visuelle qu'au
toucher est réelle. Sitôt le VR6 démarré,
il n'y a plus de doutes possibles sur le nombre de cylindres, ni
sur l'origine du bloc. Voilà qui met en appétit
Une fois l'Audi TT 3.2 V6 en route, on profite d'un confort de roulement
appréciable sur ce type d'auto. Bon j'augmente le rythme
pour rejoindre une petite route pleine de petits virolos qui mettent
les châssis de nos belles à rude épreuve. La
transmission Quattro (qui dans le cas présent est une fausse
intégrale permanente) démontre son efficacité
en terme de tenue de route, mais pas d'agrément sportif.
Le poids général de ce TT 3.2 V6 (près d'1,6
tonne !) vient grever la vivacité globale. Les 250 ch nous
semble ainsi bien timides, et nous restons sur notre faim. D'autant
plus, qu'il y a presque 20 ans, Porsche et Alpine nous proposaient
alors des GT de 220 et 200 ch respectivement qui offraient alors
bien plus de sensations et des performances plus éloquentes.
En outre, la boîte DSG qui sur le papier est admirable, gomme
trop les sensations pour les sportifs purs et durs. La linéarité
des passages des rapports, et surtout certaines réactions
propres aux caractéristiques des boîtes automatiques,
perturbent alors le pilote en herbe. Dommage, car globalement l'offre
est alléchante. Mais les sportifs passionnés et intégristes,
les amateurs d'autos à sensations fortes du genre rallye
devront passer leur chemin.
:: CONCLUSION
Si sur le papier l'idée globale de ce coupé Audi TT
3.2 V6 DSG est pertinente, volant en main, il en va tout autrement.
En effet, le physique aguichant du TT laisse augurer un tempérament
de feu (comme sur la Golf R32), mais la boîte DSG est trop
typée confort ou GT. A quand donc une version TT 3.2 V6 avec
une boîte mécanique à 6 rapports ?
CE QU'EN PENSENT NOS CONFRERES :
"Avec l'adoption du VR6 3,2 litres de la Golf R32, le TT
a pris un coup de jeune, d'autant plus qu'il adopte la boîte
DSG à double embrayage. Dans les faits, l'adoption du VR6 et
l'embonpoint qui s'ensuit ne vont pas dans le bon sens alors que la
boîte ultra-rapide et agréable possède des automatismes
dont on se passerait bien sur une sportive digne de ce nom Dommage."
AUTO HEBDO - 20 août 2003.
"Depuis le temps que l'on réclamait
un TT musclé, cette fois, le voilà. Avec 250 ch délivrés
aux quatre roues et une inédite boîte à commande
séquentielle d'un geste nouveau, l'offre est alléchante.
Cette dernière, nommée DSG, permet des passages de
rapports éclair et une absence totale d'à-coups de
transmission. On regrettera cependant ce " lissage " total
des sensations, qui rappellent trop celles délivrées
par une boîte automatique. Le V6, lui, est disponible et linéaire,
mais trop peu communicatif. Quel étonnant sérieux
pour une sportive !"
SPORT AUTO - Juin 2003.
"Au bilan, tous les constructeurs
qui proposent une boîte robotisée, fût-elle F1
ou SMG, peuvent se rhabiller ! Une bonne nouvelle n'arrivant jamais
seule, la DSG s'accouple à un moteur nouveau dans le TT, le
VR6 de la Golf R32 (+10 ch). D'où un châssis, des roues
et des freins revus à la hausse. Associée au vigoureux
VR6 3.2, la boîte DSG transforme le TT en sacrée voiture
de sport. Ne lui manque plus qu'une transmission intégrale
vraiment permanente."
LE MONITEUR AUTOMOBILE - Guide d'achat 2003-2004. |