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LA PASSION MAITRISEE ! Depuis l'avènement
du Quattro chez Audi dans les années 80 avec le succès qu'on lui
connaît dans le championnat du monde des rallyes en groupe B, pas une seule
sportive ne part d'Ingolstadt avec ce prestigieux label. Mais bien plus que de
l'image et du marketing, le quattro (quelque soit sa technique employée)
permet de passer de la puissance et du couple en masse au sol, en toute sécurité.
Le coupé Audi S2, premier du genre en est la plus parfaite illustration... Texte:
Nicolas LISZEWSKI - Photos: D.R. Avec le charismatique et visionnaire
Ferdinand Piech à la tête d'Audi à
la fin des années 70, le constructeur d'Ingolstadt parviendra à
réaliser l'impossible pari de se hisser au niveau de Mercedes-Benz
et de BMW comme un des piliers de l'offre "Premium"
sur le marché mondial. Audi distancera ainsi Jaguar,
Volvo, Saab,
et Cadillac pour ne citer qu'eux, et lutter
en haut du "panier". Pour parvenir à ses fins, le génial
(et parfois un tantinet mégalo !) Piech va lancer ses équipes sur
la transmission intégrale qu'ils appelleront "Quattro" et qui
sera rapidement la marque de distinction d'Audi. Pari réussi dès
1980 avec la présentation du coupé Quattro
qui va vite se distinguer en Championnat du Monde des rallyes en groupe B, surprenant
la concurrence. Quatre titres de champion plus tard (2 titres constructeurs et
2 titres pilotes), Audi a gagné son pari. Le Quattro
va se développer et équiper toute la gamme du constructeur allemand.
En 1987, Audi commercialise la berline 90, sorte de version cossue et bourgeoise
de l'Audi 80 présentée un an plus tôt. Par rapport aux anciennes
générations, le style est totalement novateur et dédié
à l'aérodynamique, le tout doté d'une finition excellente.
En 1988, Audi poursuit le rajeunissement et l'élargissement de ses nouvelles
gammes avec la présentation du coupé 90 qui est basé sur
la base de la berline 90. Deux ans plus tard, les journalistes autos peuvent prendre
contact avec le nouveau vaisseau amiral de la gamme Audi Coupé : le coupé
S2. Avec sa transmission intégrale Quattro, son 5 cylindres suralimenté
qui développe 220 ch et 31,4 mkg de couple, ce coupé "sous
contrôle" fut l'un des surdoués de sa génération.
retour sur une auto aujourd'hui dans les limbes de l'occasion... DESIGN
Côté look, on serait tenté de penser au premier abord que
les designers d'Audi ne se sont pas foulés ! Certes, la parenté
avec la berline 90 est plus qu'évidente. Mais en y regardant de plus près,
ce coupé dégage, bien entendu une ligne massive, mais une personnalité
qui lui est propre. On retrouve toujours ce style fluide et lisse avec une obsession
des performances aérodynamiques comme notamment les vitres affleurantes,
qui pour le début des années 90 était encore peu courant.
La calandre semble plus marquée sur la S2, à moins que le monogramme
"Audi Sport" y soit pour quelque chose tandis que le bouclier avant
est nettement plus aéré dans sa partie basse pour l'optimisation
du refroidissement de la mécanique suralimentée. C'est la poupe
du coupé S2 qui est la plus marquée par l'aspect massif avec son
gros becquet aérodynamique générant de l'appui, ses gros
feux et la plaque interfeux dans laquelle se loge la plaque minéralogique.
Les jantes en alu poli à 5 bâtons lui sont spécifiques et
seront remplacées par des nouvelles au design harmonisé avec le
reste de la gamme dès juillet 1994. En stricte deux portes (avec un hayon
pour le coffre, bien pratique malgré un seuil de chargement très
haut perché), l'Audi S2 coupé accueille pourtant quatre personnes
avec aisance (hormis l'accessibilité aux places arrière). La position
de conduite pour le conducteur est optimale avec de multiples réglages
possibles. Face à vous, le très beau volant trois branches sport,
siglé Audi Sport, est à la fois beau et bien pensé. La planche
de bord est d'un dessin classique, avec notamment des aérateurs très
présents et carrés, mais tout est là, fonctionnel et très
bien fini. L'instrumentation est très complète avec des compteurs
à fonds blancs qui feraient bien d'inspirer bon nombre de voitures
de sport ou prétendu comme telles aujourd'hui ! l'équipement
de série était complet (heureusement pour une auto qui dépassait
à l'époque les 45 000 euros), mais quelques options subsistaient
comme l'intérieur cuir et la climatisation (impensable aujourd'hui sur
une auto de ce prix). MOTEUR Si le choix d'un cinq cylindres
en ligne a de quoi surprendre, il est largement justifié à l'époque
par les ingénieurs Audi pour des raisons purement techniques. Son premier
atout est de pouvoir offrir un rapport encombrement/puissance/agrément
remarquable surtout en position longitudinal avant pour pouvoir être couplé
avec la transmission intégrale Quattro et Torsen sans avoir à passer
des demi-arbres sous le moteur (à la différence d'une Audi
S3 par exemple dont le "Quattro" est différent et n'est pas
transmission permanente avec un Haldex et son quatre cylindres est transversal).
Ce cinq cylindres (de type 3B) est en outre une vieille connaissance des amateurs
de la marque aux anneaux puisqu'il est déjà implanté sous
le long capot de la berline 200 Quattro 20V. Evidemment,
l'implantation de cette mécanique dans la baie moteur plus petite sur l'Audi
coupé S2 a nécessité quelques modifications : l'alternateur
est disposé à gauche le long du bloc, devant le radiateur d'huile,
le volumineux radiateur d'huile est situé contre la traverse tandis que
l'échangeur d'air se trouve juste en dessous. Côté raffinement
technique, ce 5 cylindres est doté de 4 soupapes par cylindres avec rattrapage
du jeu hydraulique qui sont activées par deux arbres à cames en
tête. Avec sa longue course, il développe ainsi 2226 cm3 (81 x 86,4
mm) et est complété d'un turbocompresseur KKK soufflant à
1,75 bars avec échangeur air/air. Ainsi gréé, ce bloc permet
à la S2 coupé de développer 220 ch à 5900 tr/mn mais
surtout un couple très appréciable de 31,4 mkg dès 1950 tr/mn.
Une performance remarquable qui est à comparer à des valeurs de
moteurs dotés généralement d'un cylindres de plus. Les performances
sont évidemment à l'avenant avec un 248 km/h en vitesse de pointe
(boîte cinq rapports au lancement issue des "séries B"
-Audi 80/90 NDRL- avec de nouveaux rapports de démultiplication
et un renforcement pour supporter le couple conséquent), un 0 à
100 km/h en 6,1 secondes et le kilomètre DA en 26,5 secondes. Pour mieux
resituer les performances pures de l'Audi S2 coupé, il faut rappeler que
l'on est dans les temps d'une Porsche 944 Turbo,
Alpine V6 Turbo et que ce coupé
véloce vient chatouiller des pointures comme la BMW
M3 E36 en trois litres et la Ferrari 348 TB
! Toutefois, si les performances sont bien là, l'agrément est plus
typé couple et force tranquille que performance pure et hautes rotations.
Très linéaire et musclé en bas, ce cinq cylindres marque
ainsi une vraie personnalité qui le pose en maître plus chez les
GT que chez les
sportives pures et dures. D'ailleurs, Audi ne s'en cache pas puisque Axel
Werner alors Responsable du développement moteur chez Audi à l'époque
déclarait à J.P. Morisi du magazine Automobiles Sport & Prestige
que "Nous avons cherché un rendement élevé, mais
au régime le plus bas, pour réaliser un moteur sportif pouvant être
mené en ville en cinquième. La courbe de couple très plate
ne pouvait être obtenue qu'en combinant la technique des 4 soupapes par
cylindres avec la suralimentation. Le pilotage de la pression de suralimentation
par le Motronic est capital". En septembre 1992, Audi monte une nouvelle
version de son 5 cylindres (de type ABY), portant la puissance de 220 à
230 chevaux. Ce nouveau moteur fut acouplé à une boîte à
six rapports, remplacant l'ancienne à 5 rapports. Audi annonçait
alors un 0 à 100 km/h en légère amélioration avec
5,8 secondes contre 6,1 secondes. CHASSIS Les ingénieurs
Audi ont travaillé en étroite collaboration avec le préparateur
allemand Konrad Schmitt Motorsport. La caisse des coupés 90 a notamment
été considérablement rigidifiée avec l'aide du préparateur
allemand. Faisant évidemment confiance à la transmission intégrale
permanente Quattro, le système du S2 coupé
est toutefois différent de celui apparu en 1980. Dès 1983 en effet,
les techniciens allemands ont remplacé le différentiel central classique
par un différentiel Torsen. Il assure ainsi une répartition du couple
de 50/50 en situation normale, et 75/25 ou l'inverse selon les conditions d'adhérence.
Avant le Torsen, chaque différentiel pouvait être bloqué séparément
ou simultanément. Désormais, si le blocage arrière est toujours
possible, il se désactive automatiquement passé 25 km/h. Le préparateur
allemand susnommé, a également été consulté
pour le travail des suspensions et des trains roulants qui ont été
passablement revus : ressorts, amortisseurs, jambes de force, barre antiroulis.
Ne cherchez pas des pièces communes avec le reste de la gamme Audi Coupé,
tout est spécifique pour le coupé S2. Les tiges des amortisseurs
avant sont plus grosses et une barre anti-rapprochement est montée d'office
comme sur les voitures de compétition pour participer à la rigidité
du berceau avant. Un berceau qui en a bien besoin car le cinq cylindres est lourd
et positionné en porte-à-faux avant. Ce coupé rapide est
doté de série de quatre freins à disques dont deux ventilés
avant complété d'un ABS Bosch à quatre capteurs. Pas de problème
de ce côté-là, le coupé S2 freine en toute circonstances
les 1420 kg annoncés par Audi (100 de plus tout de même que le coupé
Quattro 20V). La S2 est équipée avant
toutes les autres (V8 exceptée) Audi d'une direction
Servotronic asservie à la vitesse et gérée par microprocesseur.
Les jantes monobloc alu de 7J x 16 sont chaussées de pneus Kléber
C 551Z en 205/55 ZR 16. Pour l'anecdote, il faut se rappeler que début
1991, les pneumatiques prévus pour les intégrales à hautes
performances n'étaient pas monnaie courante. Volant en main, l'Audi
S2 coupé manifeste un équilibre impérial et des vitesses
de passage en courbe assez sidérantes. Pas très typé sport
(comprenez avec un postérieur mobile qui aide à enrouler les virages),
il se révélera incroyable dans les grandes courbes, notamment sur
chaussée humide ou grasse, et pataud dans les enchaînements serrés.
Le poids élevé, le caractère de la mécanique et les
réglages châssis très sous-vireurs lui feront en effet perdre
de sa superbe face à des petites
GTI affûtées. Plus GT que voiture de sport pour ses dessous également,
l'Audi coupé S2 est cohérent à la fois par rapport à
son cahier des charges et totalement en harmonie avec chaque élément
qui le compose. En juillet 1994, quelques modifications sont à l'ordre
du jour, avec des jantes alliage plus larges 7,5" x 16 au lieu de 7"
x 16 et avec un nouveau design repris sur toute la gamme S de l'époque
(100 S4, 100 S6, S8). ACHETER UNE AUDI S2 coupé
Peu diffusé à l'époque (moins de 7000 exemplaires
au total), le coupé S2 qu'Audi avait programmé pour des ventes annuelles
pour la France d'environ 150 coupés, il faut évidemment faire preuve
de patience dans les petites annonces. Il faut en outre débusquer les versions
qui viendraient d'Allemagne, dont les historiques sont parfois pas toujours limpides,
car plus souhaités en Allemagne au Contrôle Technique pour des raisons
de mauvais états. Et le coupé Audi S2 vieilli très bien en
raison de sa très belle qualité de construction ce qui lui permet
d'autant plus de cacher l'âge réelle de ses artères. Les défauts
de ses qualités en quelque sorte. A surveiller également l'état
de la transmission intégrale Quattro dans sa globalité, car le couple
moteur conséquent peut fatiguer prématurément ces organes.
Côté tarifs, on peut en trouver à partir de 10 000 euros dans
des états corrects, mais comme toujours pour des autos de haut de gamme,
il vaut mieux accepter de payer quelques milliers d'euros de plus pour un exemplaire
en très bon état et avec un historique sain et limpide de préférence
dans le réseau Audi, cela soulagera d'autant plus votre budget entretien/réparation.
Un point à ne pas négliger au moment de la décision d'achat
car toute réparation se paie au prix fort (pièces et main d'oeuvre).
Le moteur doit également recevoir tous les soins requis pour des mécaniques
hautes performances et turbocompressées : huile de très bonne qualité
100% synthèse, ne pas couper le moteur en mettant un coup d'accélérateur... ::
CONCLUSION Attention, l'Audi Coupé S2 a réalisé
une carrière discrète et qui reste toujours dans l'anonymat des
petites annonces aujourd'hui. Mais pour ceux qui recherchent une GT pouvant emmener
quatre personnes, très performante mais polyvalente et surtout facile à
mener, le coupé S2 est fait pour vous ! Véritable auto culte...
inconnue du grand public (!), le coupé S2 est la véritable synthèse
de ce que savait faire Audi à l'époque. C'est vous dire l'intérêt
de cette auto pour les chanceux qui la connaissent et surtout qui la possèdent...
Liens conseillés sur AUDI S2 coupé
: La Communauté
des 4 anneaux - Le
Club des Amateurs Audi - Audi
France - Audi S2.co.uk
-
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HERITAGE GLORIEUX ! |
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ABSOLUE MAITRISE
L'Audi Quattro est une authentique voiture de compétition conçue
dans l'unique but de participer au championnat du monde des rallyes, discipline
très en vogue au début des années 80 grâce au fameux
Groupe B dans lequel s'affrontent des monstres de puissance. Le temps donnera
raison à ce choix technologique capable d'imposer sa supériorité
sur bien des terrains... >>
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PRODUCTION S2 Coupé 220 ch (1991-1992) :
5 800 ex. S2 Coupé 230 ch (1993-1996) : 1 570 ex. S2 Break
230 ch (1991-1992) : 1 812 ex. S2 Berline 230 ch (1994) : 306
ex. Total gamme Audi S2 (1991-1995) : 9 488 ex. CHRONOLOGIE
1980 : En mars, au salon de Genève, Audi fait l'effet d'une bombe
en dévoilant son coupé Quattro qui fit tant de ravage en rallyes
accumulant les titres et les victoires. 1986 : Commercialisation de
la nouvelle Audi 80, qui fit sensation en raison d'un design innovant et lisse
pour privilégier l'aérodynamique. 1987 : Commercialisation
de la berline 90, basée sur la 80 mais bénéficiant d'un traitement
plus cossu. 1988 : Présentation et commercialisation de la gamme
Audi Coupé, basé sur la base de la berline 90. Sa palette de motorisation
va du 2 litres atmo 115 ch au V6 2,8 litres de 174 ch. Sa transmission est soit
traction, soit Quattro. 1990 : Présentation de l'Audi Coupé
S2 à la presse, avec essais presse sur le circuit de Misano en Italie. 1991
: Commercialisation de l'Audi S2 Coupé. 1992 : En septembre
Audi monte une nouvelle version de son 5 cylindres, portant la puissance de 220
à 230 chevaux. Ce nouveau moteur fut acouplé à une boîte
à six rapports, remplacant l'ancienne à 5 rapports. 1993
: Commercialisation de la variante S2 Avant (break). En septembre, au salon
IAA de Francfort, Audi dévoile son "break Porsche", l'Audi RS2
: 315 ch, freins de Porsche et toujours transmission intégrale. 1994
: Commercialisation de la variante S2 berline 4 portes. En juillet, quelques
modifications esthétiques sont à l'ordre du jour, comme par exemple
des jantes alliage plus larges 7,5" x 16 au lieu de 7" x 16 et avec
un nouveau design repris sur toute la gamme S de l'époque (100 S4, 100
S6, S8). 1995 : Arrêt de la production et commercialisation de
l'Audi S2 Coupé.
CE QU'ILS EN ONT
PENSE : "Frôlant 250 km/h, d'un comportement sûr et efficace
quelles que soient les conditions d'adhérence, cette voiture est à
l'évidence une superbe réalisation, certainement ce qui se fait
de mieux dans le genre. Tout le problème consiste maintenant à savoir
si l'on peut faire encore mieux avec un autre concept que celui très particulier
d'Audi, qui inclut des limites naturelles : 5 cylindres maxi pour limiter la charge
et différentiel central mécanique. Il y a là un défi
à relever..." Automobile Sport & Prestige - Juin 1990 -
Audi S2 Coupé - Jean-Pierre Morisi. "Ce
coupé S2, qui sait faire rimer sport avec confort, est en vérité
une Grand Tourisme extraordinaire d'abattage et de sécurité. Une
sorte d'arme absolue dans son genre. Dommage qu'elle ne soit pas plus amusante..."
Le Moniteur Automobile - HS Guide d'achat 1993 - Audi S2 Coupé - Collège
d'auteurs. |