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CARACTERE LATIN
En 1995, Alfa Romeo lance son nouveau coupé 2+2 appelé GTV. La marque italienne perpétue ainsi son patrimoine dans le domaine des coupés. Egalement appelé par son nom de projet 916 pour la différencier de l'Alfetta GTV, icône emblématique de la marque, le design est signé Pininfarina, gage de qualité.
A son lancement, le GTV ne dispose que de 2 motorisations : le 2.0 T-Spark de 150 ch et le 2.0 Turbo V6 12 soupapes, que nous allons vous présenter ici ...
Texte:
Maxime JOLY
- Photos: D.R.
PRESENTATION
Dessinée par Enrico Fumia, le coupé Alfa Romeo GTV type 916 été présenté en avant-première au Salon de l'Automobile de Paris en 1994 puis a connu deux restylages. Le premier en 1998, apporte son lot de nouveautés : tableau de bord redessiné avec des insertions d'aluminium, une nouvelle console centrale, un accoudoir central avec un espace de rangement. La finition autant que le style s'en trovuent nettement plus convaincants. D'un point de vue technique, les suspensions ont reçu de nouveaux réglages, l'ABS de dernière génération avec répartiteur de freinage EBD. Sur certaines versions, un pilotage électronique de la direction et des suspensions fait son apparition.
Le deuxième restylage de 2003 ne concerne pas la motorisation V6 Turbo qui quitte le catalogue en 2001.
MOTEUR
Sur la version V6 TB, nous avons affaire au V6 Alfa Romeo (appelé Busso du nom de son concepteur Giuseppe Busso) conçu pour des cylindrées allant de 2.0 à 3.2L. Apparu en 1979 sur l'Alfa 6 puis en 1980 sur l'Alfetta GTV6, il est ici repris dans sa plus petite cylindrée, soit 1996 cm3, et accouplé à un turbo avec overboost. Cette mécanique était déja présente sur la 164 puis sur la 166 et essentiellement destinée au marché Italien pour contourner une fiscalité importante sur les voitures de plus de 2L.
Il s'agit d'un V6 à 60° coiffé de 2 culasses à 6 soupapes et développant officiellement 201 chevaux (le passage au banc peut révéler quelques surprises) et s'intercale donc dans la hiérarchie Alfa Romeo entre le 2.5 (absent du catalogue du GTV) et le 3l (qui arrivera un peu + tard), avec une consommation normalisée un peu inférieure à ces 2 motorisations.
Le turbo, absent à bas régime, permet ensuite d'avoir un couple conséquent dès les mi-régimes (280 Nm à 2400 tr/mn) tout en gardant la rage de ses grands frères dans les tours (même s'il s'arrête un peu avant). Il souffle au maximum de sa pression vers 3000 trs/mins et si relâche brièvement la pédale en forte accélération pour réaccélérer ensuite, l'overboost se déclenche et délivre pendant 4 à 6 secondes 20% de puissance en plus. Malheureusement la sonorité du moteur se retrouve quelque peu en retrait, étouffée par la turbine. Ce moteur a par ailleurs assez mauvaise réputation. Il nécessite beaucoup d'entretien de la part de son propriétaire mais, correctement entretenu, il ne réserve pas trop de mauvaises surprises. Le tout est d'être conscient que les coûts d'entretien peuvent très vite grimper. A la fermeture de l'usine Arese, la production du GTV se fit directement chez Pininfarina, et par la même occasion, le V6 turbo disparut du catalogue, laissant la place uniquement au V6 3.0 (en attendant le 3.2).
CHASSIS
Comme sur tous les GTV à moteur coupleux, le train avant cherche un peu la route en cas de trop forte sollicitation... Il est donc conseillé de bien tenir
les rênes quand la cavalerie sauvage débarque sur les deux roues avant motrices. L'adhérence des pneus en 205/50 ZR16 se montre alors facilement à la peine sur sol humide. Sur les sols
indélicats, les suspensions trépident, ce qui
a pour effet d'engendrer des remontées importantes dans le volant, heureusement plus gênantes que dangereuses. En revanche, quand la route est belle, le GTV se montre très à son aise avec un arrière rivé au bitûme et un train avant plutôt précis. Au chapitre freinage enfin, si la
puissance est au rendez-vous, il faudra revenir pour l'endurance en cas de conduite très intensive (circuit, route de montagne...). Généreuse, débordante, l'Alfa GTV est à l'image des latins : elle s'emporte facilement et se laisse dépasser par les évènements. Il convient donc de la mener plus sagement que sa mécanique ne nous y incite et d'en profiter pleinement, avec modération.
:: CONCLUSION
Il est possible de trouver des GTV 2.0 Turbo à de bons prix en occasion, du fait de sa mauvaise réputation et de l'existence du 3l. Je ne saurais trop vous rappeler que le vécu du véhicule sera un élément clé de l'achat ou non. Si l'entretien a été fait correctement, et que le vendeur semble sérieux (faites un tour et laissez le au volant – temps de chauffe, arrêt du moteur avec le turbo, par exemple) il n'y a pas de raison particulière de ne pas s'orienter vers cette déclinaison, à moins que les coûts d'entretien ne vous effraient. Mais le 3l se négociera plus cher, et le turbo a l'avantage d'avoir une faible puissance fiscale.
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