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TECHNIQUE : LE VR6 DE VOLKSWAGEN

Le VR6 a vingt ans. Un anniversaire que nous avons décidé de fêter dignement, avec comme première étape un historique sur ce moteur atypique. Il était une fois une époque où le downsizing n’était pas sur toutes les lèvres et où les grosses cylindrées étaient encore appréciées à leur juste valeur. Désireux d’élargir sa gamme de 6 cylindres, Volkswagen voulait aller jusqu’à en faire profiter sa Golf. Toutefois, le constructeur allemand allait se heurter à un problème de taille, dans tous les sens du terme…

Texte : Maxime JOLY - Photos : D.R.

Après avoir révolutionné le monde des petites sportives avec la Golf GTI, VW ne compte pas en rester là. Dès le début des années 80, le projet d’une mécanique plus noble germe dans l’esprit des dirigeants de Wolfsburg. En attendant de trouver la formule adéquate, d’autres possibilités sont étudiées, aboutissant en 1988 aux Golf et Corrado G60. Malheureusement, le résultat obtenu déçoit, tant au niveau de la noblesse que de la fiabilité…

LA GENESE
Alors, Volkswagen qui tenait à son six cylindres poursuit ses recherches mais il n’y a alors le choix qu’entre deux possibilités : le 6 en ligne ou le V6, architecture plus répandue dans le groupe VAG. Le premier a pour défaut d’être trop long pour le capot de la Golf et le second d’être trop large. Lancia, le premier constructeur a avoir lancé le V6 de série, avait déjà étudié la question d’élaborer un V6 à l’encombrement réduit. C’est à partir de cela qu’une troisième voie prit forme et le VR6 - V6 ouvert à 15° - vit le jour. On pourrait traduire le nom VR6 (V-Motor Reihenmotor 6) par l’oxymore « V6 en ligne ».

TECHNIQUE
Il aura fallu presque dix ans pour que le projet soit finalisé, nécessitant plusieurs choix astucieux et un gros investissement financier. Malgré deux rangées de cylindre, une seule culasse est présente, comme sur un moteur en ligne. Le souci est que dans cette configuration les conduits d’admission et d’échappement étaient non seulement situés du même côté du moteur mais étaient en plus de longueur différente. C’est à l’admission que ce problème fut le plus difficile à résoudre et nécessita la mise en place d’une chambre à air commune dans les tubulures de résonance. Pour l’échappement, les ingénieurs se tournèrent vers deux collecteurs à trois branches. Fort heureusement, il y avait quand même des avantages à l’utilisation de cette mécanique, parmi lesquels la réduction des masses en mouvement et un allongement des bielles autorisant une position élevée des cylindres et par voie de conséquence une culasse plus petite. Contrairement au V6 Audi de même cylindrée et de même puissance, la distribution du VR6 se fait par deux arbres en came en tête entraînés par une chaîne. A deux étages, elle permet de réduire la hauteur et la largeur de la culasse. Les autres caractéristiques de ce bloc en fonte sont le vilebrequin tournant sur sept paliers et l’ordre d’allumage suivant : 1-5-3-6-2-4. De plus, il bénéficie de l’injection Multipoint Bosch Motronic et de poussoirs de soupapes hydrauliques à rattrapage automatique de jeu. Dévoilée en 1991, la Golf VR6 fut présentée en France janvier 1992. 174 ch et 235 Nm, voilà des chiffres qui n’étaient pas communs dans la catégorie. Profitant de la conception à deux soupapes par cylindre, le VR6 type AAA se montre efficace dès 1200 tours/minutes où 80% du couple est disponible ! Mais ce ne fut pas la seule nouveauté puisque la Corrado VR6 était aussi de la partie, faisant qu’il n’y avait donc pas une mais deux variantes de ce moteur à découvrir ! Grâce à une cylindrée passée à 2.9 litres et une puissance atteignant 190 ch, les performances sont encore meilleures et commencent à faire peur à la concurrence… A noter que cette version ABV fut montée sur la Golf Syncro.

EVOLUTIONS
Le VR6 connut de multiples évolutions, la première arrivant en 1994 avec le papillon de gaz semi-motorisé et un nouvel allumage statique. 1996 marque le passage au papillon motorisé et à l’allumage entièrement électronique. Mais c’est en 2000 que le VR6 prend une nouvelle dimension. Doubler le nombre de soupapes ne se fit pas sans difficulté car il fallut conserver l’architecture à simple culasse et à double arbre à came. Un arbre actionne les soupapes d’admission des deux bancs et l’autre arbre s’occupe des soupapes d’échappement. Ce montage permet la mise en place d’un décaleur d’arbre à came chargé de gérer l’ouverture et la fermeture des soupapes. Le premier modèle à profiter du 24V est la Golf 4 V6 qui, vous l’aurez remarqué, abandonne l’appellation VR6. On retrouve le même moteur et surtout la même philosophie chez le cousin Seat, avec la Leon V6 Cupra4. Seat qui avait déjà profité du 6 cylindres, mais dans sa déclinaison 12V, sur son atypique Alhambra totalement dévergondé… Avec la Golf IV R32, la puissance fait un bon en avant 241 ch mais surtout 320 Nm disponibles dès 2.800 tours/min ! La génération suivante évolue peu, elle reçoit une gestion recalibrée du papillon motorisé des gaz, un rapport volumétrique descendu de 11,3:1 à 10,9:1 et une nouvelle ligne d'échappement "bi-mode" avec un clapet piloté qui contrôle le flux des gaz. Au final, elle ne gagne que 9 ch par rapport à sa devancière mais marque les débuts de la boîte à double embrayage DSG. Le 3.2 250 ch fit le bonheur de beaucoup de modèles du groupe allemand, à commencer par les Audi TT V6 et A3 V6 3.2 et ira même jusqu’à s’engouffrer sous le capot du Porsche Cayenne. Nouveau fleuron de la firme de Wolfsburg, la technologie FSI (injection directe essence) n’était pas encore compatible avec le VR6. C’est avec le nouveau 3.6 de la Passat R36 que ce « défaut » (à considérer que cela en soit un…) fut corrigé. Atteignant le cap des 300 ch, elle remplace avantageusement la Passat W8 qui en avait déçu plus d’un. Ce bloc fut aussi greffé sur l’utilitaire de Porsche, dans sa version restylée. Pour ceux que cela intéresserait, le 3.6 de la Panamera est un vrai V6 Porsche et n’a rien à voir avec le VR6…

LES DERIVES
Rappelez-vous que vous êtes VW et que par conséquent, chaque moteur doit permettre d’en obtenir plusieurs autres ! C’est comme cela qu’en 97 est créé le V5, ou plutôt VR5 en réalité. Cubant 2324 cm3, il s’agit d’un VR6 amputé d’un cylindre, les cinq cylindres étant placés dans le même banc de cylindre. Monté sur les Passat, Golf et Bora, puis sur la Seat Toledo, sa puissance est de 150 ch pour sur sa première version, avant d’en grappiller 20 supplémentaires grâce au passage de 2 à 4 soupapes par cylindre. Une toute autre utilisation du VR6 fut essayée sur la Passat (B5.5) de 2001 à 2004. Le but était de la doter d’une mécanique 8 cylindres mais se posait toujours le même problème d’espace dans le compartiment moteur. La B5 est à l’heure actuelle la seule Passat à avoir eu droit aux moteurs longitudinaux, lui permettant de récupérer par la même occasion le vrai différentiel Quattro d’Audi et par la même occasion le V6 TDI. Par quel miracle ? Simplement parce qu’elle utilisait la base de l’Audi A4 B5, avec laquelle elle partage aussi le nom de code interne… Le problème est que l’A4 devait se contenter de V6 donc point de V8 pour la Passat ! Pour contourner le problème, il faut avoir été bon au Lego dans sa jeunesse. Prenez 2 VR6, enlevez à chacun d’eux 2 cylindres pour en faire deux VR4 et assemblez-les. Et voilà, vous avez votre 4 litres aux cotes adéquates. Malgré ses 275 ch, ce modèle fut décrié, la faute à un manque de sportivité. Il fallait davantage y voir une tentative pour VW de monter en gamme, tentative qui se poursuivit avec la Phaeton et le Touareg. La transition est toute trouvée pour parler du double VR6, plus communément appelé W12 qui, après avoir fait sensation en 1997 sur le concept car Volkswagen W12, équipa ces deux modèles en plus de l’Audi A8 et de la Spyker C12. Précision importante, ce 12 cylindres connut une déclinaison suralimentée par deux turbos pour la Bentley Continental. Mais le moteur en W le plus connu est probablement la 16 cylindres de la Bugatti Veyron 16.4. Son existence tient de l’assemblage en V de deux VR8, épaulés par pas moins de quatre turbos ! De quoi dépasser les 1000 ch…

Vingt ans après, que reste-t-il du VR6 Volkswagen ? Si l’on excepte les variantes en W, il n’y a plus que le 3.6 des Passat et Passat CC. Initialement conçu pour la Golf, la sixième génération de celle qui lui a donné la vie a préféré un plus classique 4 cylindres turbo pour sa déclinaison R. Plus sobre tout en étant plus performant, ce 2 litres a tout pour lui sur le papier. Oui, mais essayez une Golf R32 et on reparle…

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