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LE COUP
DE LA GTI !
Version vedette de la gamme Golf III, la
VR6 semblait vouloir refaire le coup de la Golf
GTI. A savoir, instaurer un nouveau concept, appellé à faire
ensuite école chez les petits copains. En 1976, la GTI réalisait
une synthèse géniale entre berline familiale et sportive. 15 ans
plus tard, la VR6 réalise la même synthèse, mais à l'échelon supérieur...
Texte:
Sébastien DUPUIS - Photos: D.R.
PRESENTATION
C'est désormais un rituel, la VW Golf III est présentée
au salon de Francfort en septembre 1991. L'esprit de famille est
conservé pour marquer le lien de parenté entre générations,
mais la Golf III apporte plus de différences esthétiques
par rapport à la II que cela avait été le cas
précédemment. Tout de suite disponible en 3 et 5 portes,
la Golf III propose deux versions sportives : la GTI équipée
d'un 2 litres de 115 ch et une somptueuse VR6 dotée d'un
6 cylindres en V ! Avec sa nouvelle Golf, VW est donc le premier
constructeur à glisser sous le capot d'une compacte un moteur
6 cylindres. Tentant de créer une niche sur un marché
où il ne fait plus la différence avec son modèle
habituel, la GTI, VW va réussir à innover une nouvelle
fois en matière de concept pour se retrouver sans réelle
concurrence. Fort de son expérience "GTI" au moment
de lancer la 3ème génération de son modèle
phare, VW, flairant l'air du temps, s'interroge sur un concept capable
de tirer une nouvelle fois son modèle au-dessus de la concurrence.
Après la petite berline sportive des années 80, la
routière compacte semble être la tendance pour la décennie
à venir. Au-delà du pari technique, le pari commercial
est encore plus osé. En France où la fiscalité
n'aime pas les grosses cylindrées, tenter d'imposer un V6
dans le segment des familiales compactes relève d'un vrai
défi marketing ! Mais qu'importe, les autres marchés
(Allemagne, Angleterre, Etats-Unis...) suffiront à VW pour
rentabiliser l'investissement et puis le VR6 n'est qu'au début
d'un long programme de démocratisation. En essence comme
en Diesel, il va se retrouver petit à petit sur toute la
gamme et dans les autres marques du groupe VAG. Jusqu'en 1998 la
gamme sportive de la Golf III va demeurer inchangée.
MOTEUR
Avant il y avait les 6 en V et les 6 en ligne. Deux solutions
techniques difficiles à implanter dans une berline compacte
comme la Golf. Dans les années 50, Lancia avait développé
un moteur en V très compact avec un angle ultra fermé
de 13°. Reprenant donc le concept bien inspiré de Lancia
pour sa nouvelle mécanique, le moteur en V fermé possède
tous les avantages que recherche VW : faible largeur, masses en
mouvement réduites et bien équilibrées. Ainsi
été né le VR6 (V pour la disposition, R pour
"Reihe" qui signifie "en ligne", et 6 comme
le nombre de cylindres). Quelques astuces de conception vont parfaire
cette idée géniale. La culasse unique par exemple
recouvre les cylindres disposés en quinconce. L'étude
d'un moteur aussi original et sa fiabilisation vont tout de même
demander 10 ans de recherche à VW... Le résultat est
cependant très intéressant. Dans sa première
mouture de 2.8L avec une culasse à seulement 2 soupapes par
cylindre, il délivre déjà 174ch et un couple
confortable de 24,5 Mkg dont 80% de cette valeur (soit 20 Mkg) sont
disponibles de 1200 à 6500 tr/mn ! Voilà donc bien
de quoi offrir la souplesse caractéristique des V6. Sans
parler de sa sonorité, onctueuse mélodie qui vous
flatte les oreilles à chaque montée en régime.
Sur la Synchro, équipée d'une transmission intégrale,
nous aurons même droit à une variante 2,9 litres de
190 Ch. Ce VR6 est encore plus onctueux et coupleux que celui de
la traction à bas régime. Et il y a toujours la sonorité
PERFORMANCES
Là on entre dans le monde des super sportives : 225
km/h chrono en pointe (soit 235 Km compteur), 28 secondes au kilomètre
DA, des reprises canon
Non seulement la voiture est belle
et aboutie, mais en plus elle avance et enrhume beaucoup de prétendues
sportives ou soit-disant GTi. Grâce à sa boîte
bien étagée et son Cx amélioré la Golf
VR6 a tôt fait de mettre les pendules à l'heure. Nul
n'est besoin de rétrograder pour reprendre du rythme et c'est
bien là la force du VR6. Les reprises sont excellentes et
l'agrément de conduite remarquable et unique dans la catégorie.
Seuls bémols aux performances du VR6 : le poids de 1,21 T
qui pénalise la consommation. En effet, sur ce point aussi
la VR6 dépasse toutes les GTI du marché. Le réservoir
trop petit n'autorise pas une autonomie de véritable routière.
Mais quel luxe de rouler en 6 cylindres ! Malgré l'embourgeoisement
évident de son modèle VW nous prouve encore une fois
que sa Golf est capable de tenir le rang de véritable référence.
Quand en 1995, la Golf VR6 reçoit une transmission intégrale,
VW renouvelle son intention de chasser sur les terres des constructeurs
plus prestigieux qu'il a désormais en ligne de mire. Alors
baptisée VR6 Syncro, c'est le VR6 2,9 litres de 190 ch équipant
le coupé Corrado VR6 qui est monté sur la Golf. Il
faut dire que le poids en raison de la transmission intégrale
est monté à 1,4 T, et les 190 ch ne sont pas de trop.
Malgré le gain de 16 Ch et 1 mkg en couple, le rapport poids/puissance
est en régression (7 contre 7,2 Kg/ch). Du coup, pour ne
pas être trop à la peine par rapport a la traction,
Volkswagen a mis une boite courte. Si l'astuce fonctionne bien au
400m départ arrêté en faisant jeu égal
avec la traction, dans toutes les autres mesures, la Syncro est
derrière. Mais sur cette version, l'esprit GTI semble de
plus en plus loin, et VW se rapproche incontestablement de BMW et
Mercedes avec un standing bien affirmé. De plus, de nombreuses
options peuvent transformer cette Golf III en véritable écrin
(cuir, clim
). Elle devient la nouvelle star des grandes GTI.
Seul un prix un peu élevé limite les acheteurs potentiels,
mais dans la catégorie des 6 cylindres c'est encore la bonne
affaire du moment, même si une certaine Subaru Impreza GT
Turbo encore inconnue chez nous va rapidement s'imposer sur ce créneau.
CHASSIS
Le châssis, quoi qu'un poil trop souple, est performant
et encaisse sans souci les 174 ch et les 24 mkg de couple. Ce "chassis
plus", dixit Volkswagen, n'a rien d'un coup d'esbrouffe. Le
train avant dispose d'une géométrie spécifique,
le renfort d'une barre stabilisatrice ainsi qu'une direction assitée
plus ferme et d'un différentiel autobloquant EDS à
contrôle électronique qui utilise les composants de
l'ABS pour jouer le rôle de système antipatinage. Le
résultat est surprenant d'efficacité car la motricité
est excellente et la direction ne souffre d'aucun effet de couple,
même dans les fortes accélérations. Le comportement
de la VR6 est un abile mélange de confort et de sportivité.
Evidemment, ce genre de compromis ne peut pas satisfaire tout le
monde mais dans l'ensemble chacun y trouve de quoi prendre plaisir.
L'assiette abaissée et les amortisseurs à gaz filtrent
bien les inégalités et contiennent correctement les
mouvements de caisse. Campée sur des pneus en 205mm de large
et reprenant le système de freinage de la grande Passat,
la VR6 est une auto sûre et facile. Ce n'est certes pas la
plus amusante à piloter car ses réactions sont très
neutres, sa prise de roulis encore sensible et son ABS peu tolérant.
Mais là n'est pas la volonté de VW car c'est avant
tout le compromis qui a été recherché. En 1995,
alors que les voitures à quatres roue motrices ont eu du
mal à convaincre, VW complète sa gamme d'une Golf
VR6 équipée de ce type de transmission et baptisée
"Synchro". Pour les nombreux fans de cette mythique voiture,
l'arrivée de la transmission intégrale ne pouvait
être qu'une bonne chose. Finalement le bilan est mitigé.
Le système de transmission hérité de la Golf
Rallye n'est pas vraiment intégral mais variable. La Golf
VR6 Syncro est donc une quatre roues motrices "non permanente".
Il faut en effet que le train avant soit débordé afin
que le couple soit reporté vers l'arrière. En conditions
normales, l'impression de conduire la traction est donc bien là
La faute à cette transmission simpliste et économique
basée sur un Viscocoupleur jouant le rôle d'autobloquant
et celui de différentiel central. Si en ligne droite, les
sensations sont bonnes, il en va tout autrement en courbes et en
virages. La Golf manque alors cruellement d'efficacité et
la transmission se retrouve rapidement débordée. Bref,
même si elle à le mérite d'exister, cette transmission
intégrale est loin d'être au top. Elle est plutôt
destinée à une conduite tranquille ce qui est un comble
pour une quatre roues motrices ! Il faut d'ailleurs noter qu'elle
n'existe qu'en 5 portes et que la capacité du réservoir
a augmentée de 5 litres pour compenser le surplus d'appétit.
La finition est parfaite comme toujours chez Volkswagen et les options
généreuses. Ainsi la climatisation électronique
était de série. Il fallait débourser 182 900
FF à l'époque pour acquérir cette voiture somme
toute homogène et facile à conduire. Vu l'équipement,
le moteur et la transmission semi-intégrale, c'était
quand même un bon investissement.
:: CONCLUSION
Loin de constituer un monstre contre nature, la Golf VR6 s'affirme
comme la plus achevée de la gamme. Parfaitement digéré par un châssis
adapté, son 6 cylindres offre performances et agrément de premier
ordre. L'équipement de série est généreux et cette Golf saura vous
donner bien du plaisir au quotidien. Si la version VR6 Synchro paraît
moins recommendable, ce n'est toutefois pas un achat à éviter. Elle
pourra vous rendre service si vous habitez dans des régions difficiles.
Bref, la Volkswagen Golf III VR6 est un achat plus que séduisant
en occasion à condition d'être vigilant au moment du choix. Evitez
les modèles ayant eu trop de propriétaires et ceux importés d'Allemagne
dont l'historique est souvent obscur.
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