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COLLECTOR (01-12-2007)

VENTURI
ATLANTIQUE-300
(1996 - 2000)

498 000 FF (1996)
13 / 22 CV FISCAUX
CARACTERISTIQUES TECHNIQUES VENTURI ATLANTIQUE-300 / Atlantique 300 biturbo
MOTEUR
Type: 6 cylindres en V à 90°, 16 soupapes / 6 cylindres en V à 60°, 24 soupapes
Position: longitudinal central AR
Alimentation: Injection multipoint numérique Siemens / Bosch Motronic MP 7.0, admission variable
Cylindrée (cm3): 2975 / 2946
Alésage x course (mm): 93x73 / 87x82.7
Puissance maxi (ch à tr/mn): 281 à 5300 / 310 à 6200
Puissance spécifique (ch/L): 94,4 / 105,2
Couple maxi (Nm à tr/mn): 420 à 2500 / 394 à 3800
Couple spécifique (Nm/L): 141,1 / 133,7
TRANSMISSION
AR
Boîte de vitesses (rapports): 5 manuelle
POIDS
Données constructeur (kg): 1250 / 1279
Rapport poids/puissance (kg/ch): 4,4 / 4,1
ROUES
Freins Av-Ar (ø mm): Disques ventilés (315/315)
Pneus Av-Ar: 205/50 - 255/40 ZR 17
PERFORMANCES
Vitesse maxi (km/h): 280 / 275
400 m DA: ND
1 000 m DA: 23"5 / 23"6
0 à 100 km/h: 5" / 4"7
0 à 200 km/h: ND / 16"3
CONSOMMATION
Moyenne (L/100 Km): 13,8


Plus de 10 ans après sa sortie, l'Atlantique 300 conserve une beauté naturelle et des proportions avantageuses, dont un poids peu élevé.


L'Atlantique 300 tourne désormais le dos à toute forme de descendance. L'heure n'est plus aux GT chez Venturi...



La présentation est luxueuse, les matériaux de qualité. L'ambiance artisanale est présente, avec ses qualités et ses défauts, mais très chaleureuse.


Lancée avec le vieux PRV simple turbo, l'Atlantique 300 hérite en 1998 du moderne V6 ES (Peugeot-Renault) suralimenté par double turbo.


Des roues 17" et de généreux disques ventilés de 315 mm.


A l’accélération, les sensations offertes distancent celles de la plupart des GT de l'époque.


Le comportement de l’Atlantique présente beaucoup de caractère : les amateurs de sportives pures se régaleront de la direction directe dans les enchaînements de virages.

BIEN :-)
Artisanat haut de gamme
Ligne de pure "Classic"
Moteur réussi (300 biturbo)
Châssis très efficace
Le plein de sensations
Collector, cote stable
PAS BIEN :-(
Rarissime...
Sonorité moteur (surtout PRV)
Boite 5 rapports seulement, mal étagée et peu agréable (surtout ES)
Pérénité de l'après-vente ?






LE CHANT DU GERFAUT...
L’Atlantique 300 est le chant du cygne de la marque, le chant du Gerfaut pourrait-on dire. Pourtant très désirable dans son ultime version 3.0 biturbo, l'Atlantique ne résistera pas à la nouvelle défaillance de ses investisseurs et tous nos rêves de descendance se sont noyés avec elle dans ce naufrage à la française...

Texte: Sébastien DUPUIS - Photos: D.R.

Sauvé une nouvelle fois de la faillite en 1994, Venturi paye cher son engagement suicidaire en F1, décidé en 1992 par le repreneur Primwest sous la direction de Xavier de La Chapelle. L'événement le plus significatif de l’année 1994 chez Venturi est la présentation de la nouvelle Atlantique 300 au salon de Paris. Cette nouvelle GT aux lignes modernisées se montre plus désirable que jamais et le nouveau patron, Hubert O'Neill, un capitaine d'industrie nautique, a repris la barre de la petite manufacture de voitures de sport en mars 1994. Il est alors important de remettre du sens dans l'activité de la petite entreprise et notamment en développant sa gamme de véhicules. Pour le plus grand plaisir des amoureux de la marque qui avaient déjà bien failli voir disparaître le petit constructeur de Loire-Atlantique à la fin des années 80, de nouveaux espoirs sont alors permis. La même année, Venturi présente donc deux nouveaux modèles : la 400 GT, version homologuée route de la brutale 400 Trophy et l'Atlantique 300, toutes deux profondes évolutions des premières Ventury MVS. L'aventure continue...

DESIGN
Parallèlement à un engagement très fort en compétition (Trophy lancé en 1992, 600 SLM au Mans) Venturi redouble donc d'efforts pour maintenir sa gamme routière au niveau de la concurrence, laquelle n'est pas moins que les Lotus Esprit V8 et Porsche 911 type 993. Au prix d'un travail acharné, la nouvelle Venturi est développée dans un temps record de six mois. Une nouvelle fois Gérard Godefroy a visé juste: l'Atlantique 300 a bien sa place parmi les plus belles grand-tourismes du moment. Du coupé bien connu elle reprend le châssis avec un empattement allongé et des voies élargies, le pare-brise et l'intérieur, doté toutefois de nouveaux sièges et petits aménagements. Phares et feux sont nouveaux et les plus observateurs auront remarqué que les vitres de portes sont dépourvues de cadre. Aux ligne cubiques de ses devancières, héritées des années 70, elle se montre plus conforme aux modes du moment qui redonnent la préférence aux lignes douces, fluides et harmonieuses. Son aérodynamique confirme ce coup de crayon bien inspiré avec un Cx de 0,31. Fidèle à ses racines nautiques, l'Atlantique 300 utilise une carrosserie en résine polyester réalisée chez CPC, spécialiste des coques de bateaux, au Croisic. Capot moteur et portes sont en aluminium, ce qui confère à l'ensemble une grande légèreté. Avec 1250 Kg affichés, la Venturi Atlantique 300 est ainsi 200 Kg plus légère qu'une Porsche 993 ! Et sa qualité de fabrication autant que on ergonomie n'ont plus grand chose à lui envier. La sellerie, réalisée sur place par des spécialistes aidés de Compagnons du Devoir, est de grande qualité, autant que la planche de bord faite de bois précieux. La Lotus à côté fait presque figure de piètre bricolage amateur. Toutefois, à l'image de certaines Jaguar des années 80 et 90, ces bois précieux se marient à des éléments plastiques de grande série qui tranchent avec l'opulence générale. Dommage dirons les plus exigeants, mais c'est aussi la signature d'un artisanat de très petite échelle (Venturi produit à cette époque moins de 100 voitures par an, rien de comparable avec Porsche donc). Mais le nouveau propriétaire de la marque nourrit de grandes ambitions pour sa GT, et notamment une exportation dans le monde entier. Des investissements importants conduisent à de nombreux aménagements de l'usine de Couëron en Loire-Atlantique. La gamme est alors prévue de s'étendre avec un coupé 2+2 à moteur avant.


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MOTEUR
Pour le moteur, Venturi reste fidèle à l'antique V6 PRV, dans sa version 3 litres empruntée aux Renault Safrane. Les moteurs sont produits par SFM puis transformés par le préparateur EIA. Sa puissance, grâce à un calculateur Siemens, grimpe à 281 chevaux. Suralimenté, il s'apparente, comme c'était le cas pour l'ancienne version, au propulseur de l'Alpine équivalente, l'A610 Turbo. Celle-ci n'a plus longtemps à vivre, Renault veut en arrêter la production. Si tout le monde accorde à l'Atlantique 300 une ligne superbe, une tenue de route exceptionnelle, et un intérieur de grande qualité, personne ne manque de consater qu'elle se traine encore son vieux V6. Certes, il offre à la voiture d'excellentes performances, avec notamment des reprises qui resteront dans les annales, mais son turbo souffre d'un temps de réponse trop long et sa sonorité n'a rien d'envoûtante... Bref, ce moteur n'est pas du tout au niveau des prétentions de la belle. Le résultat ne se fait pas attendre, dans un contexte de frilosité à l'égard de la péréntité de l'entreprise, les ventes peinent à décoller et les engagements en compétition coûtent très cher,c e qui conduit inéxorablement Venturi vers un nouveau dépôt de bilan. En 1998, l'entreprise est racheté par un groupe d'investisseurs Thaïlandais qui conserve toutefois la production de l'Atlantique 300 et permet même une nouvelle évolution. En mars, au Salon international de l'automobile de Genève apparaît l'Atlantique 300 "biturbo" avec le nouveau V6 ES9 de Peugeot-Renault sur lequel on a greffé 2 turbo-compresseurs à basse pression. Ce principe de double-suralimentation déjà mis en production par Porsche sur sa 959 et Renault sur la Safrane V6 biturbo permet de réduire le temps de réponse habituel des turbos et de prolonger son effet tout en le rendant plus progressif. Ce V6 à 60° préparé par le belge Alvan Motors avec deux turbos Aerodyne Dallas est coiffé de culasses à 4 soupapes par cylindres. La puissance passe à 310 ch à 6400 tr/min et le couple à 40,2 Nm à 4200 tr/min. L’objectif de remettre Venturi au niveau de la concurrence et notamment des Porsche 911 Carrera est atteint (voir essai du magazine Sport-Auto du mois d’avril 1999). La voiture séduit la presse (voir Automobiles Classiques n°96 de février 1999, Echappement n°379 de mars 1999) les performances sont au rendez-vous, Venturi semble avoir atteint un nouveau seuil de crédibilité en proposant l’une des GT les plus performantes de sa catégorie. A noter qu'une version atmosphérique de ce V6 (194 puis 210 chevaux) équipée d'une boîte automatique était disponible. Dénommée simplement Venturi Atlantique, elle recevait une boîte ZF 4HP20, à quatre rapports et commande hydraulique.

EN PISTE !
Le châssis de l'Atlantique 300 n'est plus étudié et développé par Claude Poiraud qui a quitté la société en avril 1992. Heureusement, Gérard Godefroy officie toujours et c'est tant mieux. La plate-forme est celle, allongée et toujours excellente, de la 400 GT. La structure mécano-soudée est toujours collée à la carrosserie, assurant une rigidité optimale à l'ensemble. Prendre le volant de la Venturi Atlantique 300 le temps d'un essai est une véritable réjouissance. Sa conception est moderne et le comportement de l’Atlantique présente beaucoup de caractère : les amateurs de sportives pures se régaleront de la direction directe et de l'agilité procurée par le moteur central dans les enchaînements de virages. Le roulis quasi inexistant, au même titre que les autres mouvements de caisse et l’équilibre parfait invitent toujours à élever la cadence. Au final, on retient l’efficacité remarquable et les sensations de conduite, laquelle n’est pas assistée par des systèmes électroniques comme beaucoup de ses concurrentes : une belle façon d’assumer son rôle de sportive. Les performances sont spectaculaires : 285 km/h en vitesse de pointe, des reprises fulgurantes et une souplesse à toute épreuve, voilà le pedigree de cette super sportive française. A l’accélération, les sensations offertes distancent celles de la plupart des GT de l'époque. Le chronomètre ne tarde pas à en donner la preuve irréfutable : le 0 à 100 km/h s’effectue en 4"7, soit 8 dixièmes de mieux qu’une Porsche 911 Carrera. Lors de tels départs éclairs, les pneus font preuve d’une adhérence exceptionnelle. De plus, le 1000 m départ arrêté en 23"6 rivalise avec celui d’une Chrysler Viper GTS ! De 100 à 140 km/h en 4e, l’Atlantique 300 réclame 4"0 tout juste ! Les Venturi ont toujours été championnes en matière de reprises et ce modèle confirme la règle, son poids contenu aidant, conformément à l'adage Lotus.

ACHETER UNE VENTURI ATLANTIQUE-300
57 Atlantique 300 seront produites entre 1995 et 1998 et 13 Atlantique 300 biturbo seulement auront été construites. Seuls quelques heureux propriétaires auront donc été livrés, les autres et pour certains bien que leur voiture soit en cours de construction, ne les recevront jamais. Venturi est placé en liquidation judiciaire le 22 janvier 2000. Trois repreneurs potentiels se manifestent et c'est finalement le dossier du monégasque Gildo Pastor qui est retenu. Il est alors prévu de redémarrer la production de l’Atlantique 300 à Nice afin de finir d’honorer les commandes en cours. Le stock de pièces détachées et les voitures en cours de construction représentant une bonne douzaine de semi-remorques sont acheminés dans des locaux situés près de Nice. En fait plus tard on apprendra que les dernières commandes de l’Atlantique 300 ne seront pas honorées faute d’un redémarrage de la production. Rebondissement de l’histoire, ces châssis seront finalement utilisés pour construire les Venturi Héritage GT3, voiture de compétition prévue pour les épreuves FIA GT3 et étroitement dérivée de l'Atlantique 300 GTR. Affaire une nouvelle fois classée sans suite. Depuis sa reprise, Venturi n'est plus que l'ombre de lui-même, et encore... Passé au statut de constructeur fantaisiste de technologies prétendues d'avenir, effaçant du même coup onze années d'histoire sportive, il n'y a plus beaucoup de passion dans la marque. Contrairement au Phoenix, le Gerfaut n'est pas réputé pour renaître de ses cendres…

:: CONCLUSION
Au moment de rendre les clés à son propriétaire, on se demande bien quels sont les défauts dont souffre la Venturi Atlantique 300, notamment dans sa version biturbo. Il y a bien cette commande de boîte un peu caoutchouteuse, et une finition qui conserve l'inconstance de l'artisanat, mais quand même. Cette voiture est critiquable sur bien peu de choses, si ce n'est un déficit d'image majeur. GT accomplie, la Venturi Atlantique 300 a essentiellement souffert de la défaillance de ses investisseurs, pour devenir à jamais un collector recherché de quelques amateurs...

CHRONOLOGIE VENTURI ATLANTIQUE 300
1994 : En mars, Hubert O'Neill reprend l'entreprise. En septembre au slaon de Paris, présentation de la nouvelle GT Venturi : l'Atlantique 300.
1996 : De trop grandes dépenses en compétition et des ventes en baisse conduisent inéxorablement Venturi vers de nouvelles difficultés financières. En mai, le groupe d'investissement Thaïlandais Nakarin Benz rachète l'entreprise et crée Venturi Paris S.A.
1998 : Présentation de l'Atlantique 300 BiTurbo, avec le nouveau V6 ES.
2000 : Malheureusement pour Venturi et ses salariés, la crise financière met au tapis son nouveau propriétaire et les ventes de l'Atlantique 300 Biturbo s'effondrent. En janvier, l'entreprise est de nouveau mise en vente. En septembre, le monégasque Gildo Pallanca Pastor rachète Venturi Paris S.A. et l'usine de Loire-Atlantique est fermée.

REVUE DE PRESSE VENTURI ATLANTIQUE 300
« Il aura fallu deux ans à Venturi pour développer cette version turbocompressée du V6 PSA-Renault. Le résultat se montre à la hauteur des espérances, avec des performances de tout premier ordre, tant en reprises qu'en accélérations pures. Bonne nouvelle, la plage d'utilisation du moteur s'étend : le turbo entre en action dès 2 500 tr/mn, ce qui apporte une certaine souplesse et permet d'affronter la ville sans trop de difficultés. Mais c'est sur les petites routes que cette voiture montre tout son potentiel : le freinage puissant (mais dépourvu d'ABS), la direction précise et le train avant efficace permettent de placer l'auto au millimètre. On regrette en revanche l'étagement un peu long des deux derniers rapports de boîte. De plus, la sonorité mécanique n'a rien d'enivrant : les montées en régime sont complètement masquées par le bruit des turbines. Enfin, l'utilisation de commodos, issus de berlines de grande série, fait un peu désordre dans un cockpit par ailleurs très chaleureux et bien fini. »
AUTO PLUS - HORS SERIE ESSAIS 1999 - VENTURI ATLANTIQUE 300 biturbo










GUIDE
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