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SOUS
LE CIEL ETOILE
Dans la gamme Mercedes,
les SL représentent un peu l'aboutissement et le savoir-faire de
tout une marque. En allemand, "SL" signifie littéralement Sport
Léger. Pourtant le temps et les exigences tant de la sécurité que
de la clientèle ont évolué et l'esprit de la première SL série W194
de 1952 est bien loin. Après la somptueuse génération Pagode dessinée
avec brio par Paul Bracq, la génération type R 107 apparue en 1971,
tout de même produite à 236 000 exemplaires jusqu'en 1988, n'apportait
pas grand chose de neuf. Puis, Bruno Sacco, le responsable du design
chez Mercedes-Benz, et son équipe, avec des ingénieurs talentueux
se sont penchés sur le berceau du nouveau SL série R 129. Un seul
objectif : la meilleure...
Texte:
Nicolas LISZEWSKI - Photos: D.R.
La gamme SL représente une auto,
qui de tout temps est restée sans réelle concurrence.
Tous les plus grandes et les plus célèbres personnalités
de la planète roulent en Mercedes SL. Le roadster SL série
R 107 (1971-88) est dans tous les films et séries TV à
la mode. Ainsi, Richard Gere roule en SL dans American Gigolo ou
bien encore le gentil Bobby Ewing se déplace en SL lorsque
son frère ennemi, J.R. roule en Cadillac. A la fin des années
80, le SL série R 107 commence sérieusement à
dater. Pas sportif pour un sou, doté d'un design très
typé seventies, il n'avait à offrir qu'une finition
irréprochable, l'ABS en série, une sécurité
passive assez développée pour le début des
années 70 et une image Mercedes en béton armé.
Mais, que les afficionados des SL se rassurent, la relève
est assurée
L'ERE ELECTRONIQUE
Mercedes-Benz, fort de son avance technologique, décide
de passer la vitesse supérieure, avec le nouveau SL R 129
notamment. Les Américains, le plus gros marché pour
ce type d'autos, sont soucieux de la sécurité mais
préfèrent des cabriolets sans arceaux de sécurité,
à la ligne plus gracieuse. Comment concilier la sécurité
et l'agréable ? Avec l'électronique bien sûr
! Pour régler le problème de l'esthétique de
l'arceau, les ingénieurs ont mis au point un arceau escamotable.
Lorsque l'ordinateur détecte un risque de renversement à
partir des informations qui lui sont communiquées par des
capteurs d'accélération (inclinaison de la caisse
ou débattements des roues arrière), il ordonne le
relevage de l'arceau qui s'effectue en trois dixièmes de
secondes. Toujours dans le domaine de la sécurité,
l'Airbag conducteur est enfin monté en série après
plus de 10 années de tests et d'études. Enfin, partant
du principe qu'il faut prévenir au maximum l'accident, 4
aides à la conduite principales sont développées
et montées en série sur les SL. L'ABS que tout le
monde connaît déjà, l'ASD qui est un différentiel
à glissement dont l'effet de freinage peut aller de 0 à
100% (blocage de la roue qui patine). Il se déconnecte automatiquement
au-delà de 60 km/h. L'ASR complète l'ASD puisqu'il
est un système anti-patinage évitant le cirage des
roues à l'accélération et la perte de stabilité
qui en découle. Il réutilise une partie des composants
de l'ABS. Enfin l'ADS qui adapte la dureté des amortisseurs
aux conditions de roulage et réalise aussi une correction
d'assiette. Il offre 4 possibilités d'amortissement sélectionnées
par un ordinateur en fonction de 5 paramètres.
UNE LIGNE SCULPTURALE !
Après le départ de Paul Bracq chez Peugeot, Bruno
Sacco est seul maître d'uvre du design de Mercedes-Benz.
Si Paul Bracq avait marqué de son empreinte son passage à
Stuttgart avec le superbe SL à toit Pagode (d'où son
surnom), Bruno Sacco va également illuminer les bureaux d'étude
avec son équipe en dessinant le roadster SL R 129. Réaliser
un design plus abouti eut été difficile tant l'homogénéité
qui se dégage de ce roadster est impressionnante. Sans ostentation,
le style général du SL est classique et indémodable
affichant une prestance naturelle, marque de fabrique de tous les
grands coups de crayon. Quel que soit l'angle sous lequel on le
contemple, le SL affiche sa magnificence. De plus, son toit hard
top en dur, lorsqu'il est posé s'intègre parfaitement
à la ligne générale de l'auto et la transforme
alors en véritable coupé 2 places. Eté et hiver,
tout est possible pour ce nouveau SL. Il n'y a guère que
le nouveau SL série R230 avec sa face avant plus actuelle
et son toit rétractable qui date un peu le SL R 129. Le dessin
originel est d'ailleurs tellement réussi et plébiscité,
qu'il demeurera inchangé durant toute sa carrière.
MOTEURS
Pour un si bel écrin, il faut de la belle mécanique
sous le capot étoilé. Si l'Allemagne à droit
à une version 300 SL dotée d'un 6 cylindres de 3 litres
développant 180 ch, avec boîte mécanique de
série, la France n'importe en entrée de gamme que
la 300-24 SL, équipée du même moteur avec une
culasse à 24 soupapes développant 231 ch. La puissance
développée n'est pas de trop pour mouvoir rapidement
les 1 760 kg Mercedes. Mais le must alors présenté
en 1989 sous le capot du SL est le gros V8 Mercedes de 5 litres
développant 326 ch. Uniquement accouplé en boîte
auto 4 rapports, il permet au SL de briller au chapitre des performances
et de se faire une place parmi les GT performantes ; les 250 km/h
sont atteints et il faut moins de 27 secondes pour franchir un kilomètre
départ arrêté. Toutefois, si l'efficacité
et les performances sont là, la facilité de conduite
et le confort du 500 SL le fait plus appartenir à la catégorie
des GT que des sportives. Et, malheureusement, le V8 est fort discret
pour nos oreilles. En 1992, Mercedes complète sa gamme SL
vers le haut : le 600 SL. Avec son V12 de 6 litres, il développe
395 ch. Performances et reprises au rendez-vous, mais le SL 600
frise les 2 tonnes. Cela se sent au volant, mais l'impression générale
est évidemment excellente.
PEU D'EVOLUTIONS
En 1993, Mercedes modifie l'offre offerte jusqu'à présent
en entrée de gamme. Le six cylindres de 3 litres disparaît
au profit de deux nouvelles motorisations : un six cylindres de
2,8 litres développant 193 ch (SL 280) et un six cylindres
de 3,2 litres développant 231 ch (SL 320). Plus coupleux,
ces deux nouveaux moteurs correspondent bien mieux à l'esprit
du SL. Peu de modifications interviennent jusqu'en 1996. Seuls quelques
équipements deviennent standards et non plus des options.
Il faut reconnaître que la réussite générale
et l'homogénéité qui se dégage de ces
roadster sont tels que toute modification semble superflue. En 1996,
Mercedes réactualise discrètement et habilement sa
gamme SL série R 129. Les clignotants deviennent blancs,
les blocs optiques sont redessinés à l'arrière,
les bas de caisse et les boucliers sont intégralement peints
ton caisse, l'habitacle est légèrement retouché
avec notamment un volant au dessin plus fin, et les ouies latérales
sont désormais de formes ovoïdes. Est également
proposé désormais une option hard top avec toit en
verre panoramique. Les montants de custode sont plus fin et la luminosité
intérieur du SL ainsi gréé est exceptionnel.
En 1998, la gamme SL accueille des nouvelles motorisations. Si les
cylindrées demeurent inchangées, les 280 et 320 sont
désormais dotés de V6 et le V8 est également
nouveau, reprenant ainsi les mécaniques des autres gammes
de la marque. Le V12 est conservé tel quel. Mercedes a alors
estimé à cette époque que passer les normes
antipollution avec des six cylindres en ligne serait trop compliqué
et coûteux techniquement et est donc passé au V6 pour
toute sa gamme. Pour finir sa longue carrière en beauté,
le SL série R 129 s'est offert des baisses de prix spectaculaires
et finit par laisser le champ libre à sa remplaçante
: le SL série R 230 avec notamment en haut de gamme le célèbre
SL 55 AMG et ses 500 ch !
ACHETER UN ROADSTER MERCEDES-BENZ SL
Les SL série 129 ont connu de longues années
avec un marché de l'occasion réellement très
soutenu. Nombre d'acheteurs potentiels, devaient attendre quelques
années pour en acheter d'occasion, car ils ne pouvaient alors
mettre les sommes demandées pour l'achat d'un neuf. L'offre
est très vaste sur le marché de l'occasion avec notamment
de nombreux exemplaires en provenance d'Allemagne. Les SL sont très
fiables et comme tout haut de gamme qui se respecte, ils vieillissent
très bien. Ainsi, déceler 50 à 100 000 km de
plus ou de moins qu'affiché au compteur est réellement
très difficile, même pour un il averti. Globalement,
au niveau choix de moteur mieux vaut privilégier un SL 320
ou un SL 500, ce dernier étant le meilleur compromis. Les
300 SL est sous-motorisé et le 600 SL, s'il représente
le nec plus ultra souffre de quelques faiblesses mécaniques
et les coûts de réparations sont réellement
hors de porté pour le commun des mortels. A titre indicatif,
un échange standard de V12 (ce qui arrive plus fréquemment
qu'on ne le pense
) avoisine les
30 000 € !! Bonne
nouvelle, les boîtes auto sur les V8 et V12 musèlent
quelque peu les moteurs et ne les martyrisent ainsi pas trop. De
plus, la clientèle traditionnelle n'a pas pour habitude de
faire le " cakou " sur l'A86 en sortie de banlieue parisienne.
De nombreuses sociétés vous proposent des SL d'importation
à des prix défiant toute concurrence. Curieux ? Oui
et non. Ces bas prix sont autant liés à la quantité
de véhicules sur le marché de l'occasion en Allemagne
que des kilométrages élevés et des historiques
douteux. Un vrai conseil : lorsque vous repérez un SL qui
vous intéresse, foncez avec le numéro de série
chez votre concessionnaire Mercedes-Benz le plus proche pour qu'il
vous donne grâce à l'informatique l'historique garantie
et l'origine du véhicule. Côté tarifs, comptez
en moyenne 28 à 35 000 € pour un beau 300-24 SL ou un
des premiers 500 SL. Payer le bon prix au départ permet les
désagréments imprévus
Dernière
info utile, certains SL 500, dans les premiers millésimes
ont été équipés de jantes alu spécifiques
avec pneus qui permettent de continuer à rouler même
avec une crevaison. Le problème est encore pire qu'avec les
Jantes TRX, car vous ne pouvez passer que par Mercedes-Benz pour
commander non pas des pneus neufs, mais un ensemble jante+pneu dont
le prix est évidemment coquet.
:: CONCLUSION
Mercedes-Benz a tapé dans le mille avec cette génération SL série
R 129. Fiable, élégant et très désirable, le SL s'offre à vous en
alternative intéressante qui offre l'avantage d'être un coupé et
un cabriolet. Image Mercedes en plus. En revanche, si votre plaisir,
c'est l'attaque sur les routes des Cévennes, il faudra repasser
car le poids de la bête est conséquent. Si vous trouvez un SL d'un
ami avec historique fiable et connu, n'hésitez plus, vous aurez
alors la même auto que tous les grands de ce monde. Même le nouveau
R 230 ne réussit pas à la faire oublier…
CHRONOLOGIE
1989 : Lancement de la nouvelle génération série R 129 des SL. 3
moteurs disponibles : 300 SL (6 cylindres en ligne 3 litres180 ch),
300-24 SL (6 cylindres 3 litres 24 soupapes 231 ch) et 500 SL (V8
de 5 litres de 326 ch).
1992 : Présentation en septembre du 600 SL équipé du V12 Mercedes
de 6 litres développant 395 ch.
1993 : Remplacement des 300 et 300-24 SL par deux nouvelles motorisations :
un 6 cylindres en ligne de 2,8 litres (SL 280) et un de 3,2 litres
(SL 320).
1996 : Nouvelle option hard top entièrement en verre. Face lift
sur toute la gamme avec de nombreux détails revus et actualisés :
peinture intégrale des bas de caisse et boucliers, clignotants blancs,
ouies d’aérations latérales ovoïdes, phares au dessin nouveau et
nombreux détails dans l’habitacle redessinés.
1998 : En avril, nouveaux moteurs dans la gamme SL. Les 6 cylindres
passent au V6 (SL 280 et SL 320) et le V8 est également nouveau.
Seul le SL 600 conserve toujours le même V12.
2001 : Arrêt des SL série R 129. A noter que pour leur dernière
année, les prix neufs ont énormément baissé. Présentation du nouveau
roadster SL série R 230.
Liens conseillés :
www.fande-mercedes-amg.com/forum - Roadsters.fr, passion cabriolet
CE QU'ILS EN ONT PENSE :
"La 300 SL, au nom
si évocateur du glorieux passé de la marque s'est
dédoublée en une SL 320 de même puissance et
une SL 280. La somme reste coquette, mais le 2,8 litres, pourtant
nettement moins puissant (d'une quarantaine de chevaux, ce qui se
traduit par une perte de 10 km/h), délivre un couple aussi
intéressant que celui de feue le 3 litres. L'appellation
"SL" reste donc légitimée par le double
arbre 24 soupapes."
LE MONITEUR AUTOMOBILE - 1995 - SL 280.
"Si sa ligne est superbement élancée,
elle est aussi discrète. Elle est à n'en pas douter,
l'une des plus élégantes qui soient. D'autre part,
la 500 SL possède un équipement tout aussi exceptionnel.
De l'ABS à l'ASR (système anti-patinage des roues
motrices), qui assurent un très haut niveau de sécurité,
on trouve pratiquement tout ce qu'il est possible de souhaiter sur
une voiture. Il y a même un hard top pour les jours de pluie.
Le top automobile. Mais à quel prix !"
AUTO PLUS - SPECIAL ESSAI 1990 - 500 SL.
"Le gros V12 propulse la voiture
avec énergie et douceur, sans jamais s'époumoner.
Les changements de vitesse -éventuels- s'effectuent sans
à-coups, même à pleine charge. Le bruit du moteur,
audible
au régime maxi et accompagné par un
chuintement harmonieux, rassure par sa parfaite régularité
de fonctionnement. Douze cylindres obligent ; aucune vibration ne
vient troubler le plaisir de conduire."
AUTOMOBILE MAGAZINE - 1994 - 600 SL.
"Cette récente version 3,2
litres du six cylindres Mercedes offre un comportement plus efficace.
Il ne rechigne plus à reprendre dès les plus bas régimes,
monte plus aisément en régime et propulse honorablement
un roadster Mercedes avouant toujours quelques 1 870 kg sur la bascule.
Et comme le comportement du roadster est toujours enthousiasmant,
la SL 320 constitue "un bas de gamme" pour le moins convaincant.
Un bas de gamme à 585 300 F hors options, voilà qui
est beaucoup moins drôle
"
SPORT AUTO - 1995 - SL 320.
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