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CELLE DE BOBBY, RICHARD ET JONATHAN
Chez Mercedes-Benz, les divas SL
Pagode vieillissent et doivent prochainement être remplacées.
A stuttgart on planche déjà depuis plusieurs années
sur la remplaçante qui doit conjuguer au plus que parfait
le luxe, le confort et le sport. Mais la manne de clients américains
qui composent le plus gros viviers d'acheteurs de Mercedes-Benz
SL sont considérés comme prioritaires. Le SL type
R107 sera bourgeois et " écologiquement correct "...
Texte:
Nicolas LISZEWSKI - Photos: D.R.
Les Mercedes-Benz SL Pagode, présentées
dans les années 60 et dessinées avec brio par Paul
Bracq, alors à l'uvre dans les bureaux de design de
Stuttgart, possédaient encore un zest de sportivité.
Avec son six en ligne de 2,8 litres, le 280 SL affichait des performances
et comportement presque sportif et affichait surtout un remarquable
compromis entre le confort et le sport. Du vrai Grand Tourisme,
qui faisait encore plus regretter pour nous Français la disparition
de Facel-Vega. En 1971, Mercedes-Benz dévoile la remplaçante
de sa bête d'image : le SL type R107. Fini le toit Pagode,
mais le SL possède toujours son hard-top, véritable
marque de fabrique des SL. Mais plus encore que la voiture en elle-même,
le SL type R107 symbolise pour toute une génération
une image de la réussite à l'américaine. Tous
les plus célèbres personnages, véritables clichés
de la réussite américaine, s'affichent dans les films
ou les séries TV au volant d'un SL type R107 : Bobby Ewing
dans Dallas, Richard Gere dans American Gigolo, Jonathan Hart dans
l'Amour du Risque, et même Eddy Murphy, dans le premier opus
du Flic de Beverly Hills. Une véritable star sur quatre roues,
que revendique pleinement Mercedes-Benz.
PRESENTATION
Certes, le toit pagode, si caractéristique de la génération
précédente, est passé à la trappe. Mais,
la ligne des SL R107 est toujours agrémenté d'un hard-top
des plus élégants. Il est totalement amovible, mais
il est très lourd à manier. Il faut être deux
pour pouvoir le mettre et l'enlever. La ligne du SL de profil est
d'une pureté sans faille, même si on peut constater
une disproportion entre l'avant et l'arrière très
court. Cela date certes ce roadster étoilé, mais lui
donne un petit cachet désuet qui n'est pas pour nous déplaire.
Les roues en taille 15 pouces sur les modèles de pointes
rappelle à tous que le SL R107 a déjà plus
de 33 ans ! L'intérieur offre une rigueur toute germanique
et bien dans le ton de l'époque. Le plastique est omni-présent,
mais nous sommes loin des intérieurs Renault de la belle
époque. Pas de bruits parasites, des assemblages précis,
et une tenue dans le temps qui semble inaltérable. Le grand
volant se rappelle à votre bon souvenir, pour signifier que
les Mercedes-Benz des années 70-80 se conduisaient en cruising.
Pour les excités, d'autres marques devaient répondre
à leurs attentes
L'équipement de série
était plutôt chiche et il faut aujourd'hui privilégier
des autos avec des options d'époque comme la climatisation
par exemple. Les feux avant et arrière sont dotés
des striures anti-salissures, très en vogue chez Mercedes-Benz
à l'époque.
MOTEUR
Les Mercedes-Benz SL type R107, ont été avant tout
conçus pour le marché américain. C'est donc
logiquement que les moteurs V8 ont été privilégiés.
Divers cylindrées ont été prévues au
départ avec des évolutions liées tant aux contraintes
réglementaires du marché américain, et notamment
californien, mais aussi pour contrer les concurrentes qui, la Jaguar
XJ-S cabriolet en tête, proposait un V12 de la plus grande
noblesse d'âme. Fidèle donc à sa philosophie
de fiabilité et de confort de conduite, Mercedes-Benz et
ses ingénieurs motoristes ont donc privilégié
le couple à bas régime et les boîtes automatiques.
D'ailleurs, le rendement cheval par litre du V8 du 500 SL de 42,26
ch/litre est très loin des standards des autos sportives.
C'est un peu l'esprit " big block " américain qui
a prévalu. Normal, le SL étant très apprécié
outre-Atlantique. Peu à peu, les injection perfectionnées,
vont rendre les V8 plus propres, surtout aux yeux des instances
californiennes. Pour les transmissions, il existe des boîtes
auto à 3 et 4 rapports, et des boîtes mécaniques
à 4 et 5 rapports selon les générations et
les moteurs installés.
CHASSIS
Les roadsters SL R107 ne sont pas du tout des autos de sport. Une
fois ce postulat posé, on peut alors apprécier un
SL R107 à sa juste valeur. Très typé confort,
le SL R107 permet de voyager loin et vite dans les meilleures dispositions.
Lorsque l'on oublie le postulat de départ, le SL commence
à se dandiner sérieusement du postérieur et
perd de sa superbe. Dans les grandes courbes, quelques sueurs peuvent
vous couler le long de la colonne vertébrale si vous n'avez
pas une grande maîtrise du pilotage auto. Les petits coups
de raquette du train arrière ne sont également pas
rares en usage sportif. De plus, si un 500 SL peut vous aider à
rattraper vos erreurs avec la puissance et le couple à bas
régime, mais avec les moteurs 6 cylindres, point de salut.
Lorsqu'elle part, c'est fini, car plus d'une tonne et demi à
rattraper avec moins de 200 ch
En revanche, si on l'utilise
pour son esprit Grand Tourisme, son confort et son luxe Mercedes-Benz,
impossible de ne pas succomber au charme du SL R107.
EVOLUTIONS...
L'histoire du SL type R107 est réellement celle d'une montée
en puissance. Il faudra attendre 3 ans pour que Mercedes-Benz démocratise
le roadster SL avec le " petit " 6 cylindres en ligne
de 2,8 litres et 185 ch. Sinon, c'était le V8 imposé
avec la boîte automatique idoine. Jusqu'en 1980, les SL vont
voir leur puissance progressivement augmenter au fil des millésimes
avec des améliorations techniques mineures. A partir de 1980,
le SL 280 hérite d'une boîte mécanique à
5 rapports, tandis que de nouveaux moteurs sont montés sous
le capot étoilé : Le V8 3,8 litres remplace le 3,5
litres, et le V8 5 litres remplace le 4,5 5.0. Les puissances et
couples progressent. Tous les V8 ne seront uniquement livrés
qu'avec la boîte automatique. L'année suivante, le
dérivé coupé 4 places, le SLC, est interrompu,
puisque le coupé SEC W126 le remplace avantageusement. Les
puissances et les cylindrées progressent encore sensiblement.
L'année 1986 est une année charnière pour le
SL qui est passablement revu. Si l'esthétique ne change pas
à l'exception des boucliers avant qui sont redessinés,
et des flasques de roues qui sont pleines désormais. Les
moteurs sont nouveaux et sont repris de la berline S W126. En 1988,
le SL 420 est retiré du catalogue français, et en
1989, le SL s'éteint devant le nouveau SL R129 très
innovant et plus sportif. Bobby, Jonathan et les autres sont passés
à la postérité et leurs SL ont réussi
à faire rêver toute une génération.
ACHETER UNE
MERCEDES-BENZ SL (R107)
Très fiable, les roadsters SL R107 présentent un achat
sans arrière-pensée si l'auto retenue est la bonne.
Comme à chaque fois sur les GT anciennes de prestige, la
fiabilité est souvent réelle sur les autos entretenues.
Mais si vous choisissez une auto que les propriétaires successifs
n'ont pas pu entretenir sérieusement, une remise à
niveau très chère sera à effectuer. Par exemple,
les montes pneumatiques, aujourd'hui peu répandues, peuvent
faire grimer les prix jusqu'à 500 euros par pneu ! Et pas
question de faire le tour des centres autos, les manufacturiers,
Michelin et Continental en tête, sous-traitent avec des spécialistes
qui imposent leurs tarifs. Toutes les pièces sont disponibles
dans le réseau Mercedes-Benz, mais le tarif n'est pas celui
des pièces d'une Renault. A noter que le réseau Mercedes-Benz
connaît souvent très bien ce type d'autos et peut vous
conseiller pour l'achat ou une auto qui vous intéresse. Comptez
environ 12 000 euros pour les petites 280 SL et au moins 16 000
euros pour un 500 SL dernière génération en
très bon état. Les kilométrages sont souvent
élevés mais ne doivent pas vous faire reculer. Encore
une fois, le passé de l'auto est plus important que le reste.
Bonne nouvelle, la corrosion est rare sur ce type d'auto, mais il
sera toujours prudent de contrôler les points faibles habituels
sur les autos anciennes : ailes, bas de caisse, entourage des feux.
:: CONCLUSION
Les roadsters SL R107 sont un peu à part dans la généalogie
SL. Très typés confort et luxe, ils avaient alors
réussi à toucher une autre clientèle plus vaste
que les Pagode. Aujourd'hui, le luxe et l'étoile se proposent
à vous pour une poignée d'euros. Un achat à
envisager sérieusement pour qui cherche un roadster sympa
et pas trop cher. Seul le prix de l'entretien peut (à raison)
vous faire hésiter. Il faut juste acheter la bonne...
CHRONOLOGIE
1971 : En avril, présentation et commercialisation
du SL type R171. Modèle 350 (V8 3 499 cm3, 200 ch DIN, 212
km/h) et 350 4.5 pour les USA (V8 4 520 cm3, 195 ch, 200 km/h).
1973 : Nouveau modèle SL 450 (V8 4 250 cm3, 225 ch,
218 km/h, boîte auto imposée, version USA 195 ch).
1974 : En juillet, commercialisation du 280 SL (6 cylindres
en ligne, 2 746 cm3, 185 ch, 207 km/h).
1975 : Le SL 450 passe à 217 ch et 183 ch pour la
version USA.
1976 : En janvier, le 350 SL passe à 195 ch et le
280 SL à 177 ch. Nouveau système d'injection Bosch
K-Jetronic.
1978 : Le 280 SL passe à 185 ch.
1980 : Boîte 5 vitesses sur le 280 SL. Nouveaux moteurs
: le 380 SL (V8, 3 828 cm3, 218 ch, 215 km/h, version USA 157 ch)
imposée avec la boîte automatique. Il remplace le 350
SL. Le 500 SL (V8, 4 973 cm3, 240 ch, 225 km/h) avec petit becquet
et boîte auto imposée. Il remplace les 450 SL et 450
SLC 5.0.
1981 : Augmentation de la cylindrée sur le 380 SL
(3 839 cm3, 204 ch, 205 km/h).En août, le 500 SL passe à
231 ch (220 km/h).
1986 : Adoption des nouveaux moteurs de la Classe S W126.
Le 280 SL est remplacé par le 300 SL (6 cylindres, 2 962
cm3, 180 ch, 203 km/h), le 380 SL par le 420 SL (V8, 4 192 cm3,
204 ch, 213 km/h, puis version catalysée poussée à
218 ch) avec boîte auto imposée. Le 500 SL passe à
223 ch, puis 245 ch (225 km/h) en version catalysée (boîte
auto) et nouveau 560 SL -réservé aux USA- (V8, 5 547
cm3, 227 ch, 215 km/h, boîte auto imposée).Léger
restyling avec spoiler avant et enjoliveur de roues à grand
flasques plat et ailettes au lieu des petits enjoliveurs sur jantes
tôle.
1988 : Le 420 SL n'est plus importé en France.
1989 : Arrêt de la production des 300, 420, 500 et
560 SL.Présentation du nouveau roadster SL type R129.
CE QU'ILS EN ONT PENSE :
"En attendant un remplaçant, qui ne devrait pas tarder,
le roadster 500 SL continue à afficher une ligne parfaitement
pure, qui ne s'est absolument pas démodée. Décapoté,
il est vraiment superbe. Dans le cas contraire, la tôle gâche
un peu le spectacle. A ce propos, signalons tout de suite que la
manoeuvre nécessite l'usage de deux petites clés et
qu'elle s'effectue en une minute. Egalement réservée
à deux passagers seulement, et cela malgré ses dimensions
extérieures respectables, le 50 SL se distingue par un excellent
compromis confort/comportement routier, malheureusement altéré
par des sièges totalement innefficaces et inconfortables,
et par une position de conduite parfaitement inadaptée aux
personnes mesurant plus d'un mètre 75. Aure remarque : si
le V8 se montre d'une discrétion absolue, la capote, elle,
produit un raffût qui interdit toute conversation au-delà
de 160 km/h. Mais il est vrai que le 500 SL est livré avec
un hard-top de série et que la capote n'est en fait qu'une
solution de secours. Cela dit, ce magnifique cabriolet offre toutes
les qualités d'une Mercedes : un superbe moteur, une excellente
boîte automatique, un comportement très sûre,
un freinage parfait et... un volant trop grand."
LE MONITEUR AUTOMOBILE - HS Guide d'achat 1988 - Mercedes-Benz
SL 500 type R107.
Liens conseillés :
www.fande-mercedes-amg.com/forum - Roadsters.fr, passion cabriolet |