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UNE PLACE AU SOLEIL
Le succès grandissant du roadster Mazda MX-5 a donné
des idées au constructeur munichois. Puisque les USA sont
friands de ce type d'autos, c'est donc outre-Atlantique que seront
fabriqués les roadsters Z3. Moins exclusif et plus abordable
que le roadster BMW Z1, le Z3 va connaître une carrière
riche en modèles et en succès
Texte:
Nicolas LISZEWSKI - Photos: D.R.
BMW avait déjà tâté le marché
des roadsters, mais c'était à la fin des années
80 avec le roadster Z1. Très cher, exclusif,
produit en quantité limitée, il ne possédait
qu'une seule motorisation : le 6 cylindres de 2,5 litres qui équipait
alors également les Série 3 et 5. Son style très
particulier et réussi intégrait des portes escamotables
! Puis plus rien dans le catalogue de Munich à part les modèles
traditionnels de la marque. Mais Mazda et son roadster MX-5
dont le succès ne se dément pas va donner des idées
à BMW. Un nouveau roadster va être conçu et
développé, en priorité pour le marché
américain, très friand de ce concept d'auto.
UN LANCEMENT EN FANFARE !
Après quelques années d'étude, BMW va dévoiler
son nouveau jouet à la fin 1995. Et coup de tonnerre pour
son lancement, puisque pour le retour du plus célèbre
agent secret de la planète, James Bond, le nouveau roadster
Z3 lui sert de monture ! Shocking pour les fans de la série,
mais coup de pub terrible pour BMW dans la promotion de son nouveau
" mécano ". En effet, le Z3 est à l'image
de la BMW Série 3 Compact E36. Les composants proviennent
en partie des anciennes générations de BMW Série
3 E30 et E36. Ainsi tout le train arrière est le même
que celui des Série 3 Compact, lui-même issu des série
3 E30. Rien de mieux pour réaliser des économies tout
en créant un succès commercial. Deuxième nouveauté
importante pour BMW avec ce roadster Z3, la fabrication est réalisée
dans une usine de Caroline du Sud aux Etats-Unis.
T'AS LE LOOK
L'un des points fort du roadster Z3 est sans conteste son style.
Très musclé, avec une face avant typée BMW
et des détails de style hérités des mythiques
roadster BMW 507, l'équipe de design BMW a frappé
un grand coup. Le marché américain, prioritaire, sera
livré en premier et dès 1996 les acheteurs français
pourront eux aussi se ruer en concession. " Se ruer "
n'est pas trop fort puisque rapidement il faudra composer avec des
délais de livraisons de 6 mois. Certes, nous sommes encore
loin des 5 ans de délais exigés par Morgan, mais le
succès est bien réel. L'habitacle enthousiasme moins
que le style extérieur. Sans fioriture et originalité,
le Z3 offre en outre une qualité de finition bien en deçà
des standards habituels de la marque à l'hélice. La
qualité d'assemblage et les plastiques retenus ne respirent
en effet pas la qualité BMW.
MOTEURS !
Pour sa première année de commercialisation, seules
les mécaniques 4 cylindres sont disponibles. C'est d'ailleurs
le point fort de ce Z3, puisque cela permet de proposer un tarif
serré pour une BMW. Le moteur d'entrée en gamme est
le 1,8 litres de 115 ch qui est secondé par le 1,9 litres
de 140 ch. Le différentiel de prix entre ces deux versions
et l'agrément distillé incite en réalité
à préférer le premier modèle, certes
moins performant, mais plus homogène. Dès 1997, BMW
commercialise ses variantes six cylindres. La différence
de puissance a donné naissance à un nouveau train
arrière élargi pour rendre la conduite plus sûre.
Ainsi, l'amateur pourra opter pour le Z3
2,8 litres de 192 ch et le givré des sensations fortes
pour le roadster BMW Z3 M avec le six cylindres
de 321 ch des BMW M3 E36. La boîte reste en revanche à
5 rapports par rapports aux BMW M3 3.2 pour cause de manque de place.
En novembre 1997 BMW fête le 100 000e roadster Z3 qui sort
des chaînes de l'usine de Caroline du Sud aux Etats-Unis.
EVOLUTIONS.
En 1998, BMW innove en design avec la commercialisation du coupé
Z3. Uniquement disponible avec les moteurs 6 cylindres, son style
très personnel déchaîne les passions et ne laisse
pas indifférent. L'année suivante, le Z3 connaît
de profondes mutations. Toute la gamme reçoit désormais
un train arrière élargi, comme sur le Z3 M. Cette
modification a entraîné des feux arrière et
une poupe redessinés dans un style plus moderne. Sous les
capots bombés, BMW a supprimé le moteur 1,9 litres
pour un 2 litres en 6 cylindres de 150 ch. L'agrément y gagne
énormément, mais le tarif également. Début
juillet 2000, BMW supprime le roadster Z3 M 3.2 de son catalogue.
Mais deux nouvelles versions apparaissent : le Z3 2.2i de 170 ch
et le Z3 3.0i de 231 ch qui remplace avantageusement
le 2,8 litres de 192 ch.
FIN DE CARRIERE...
Après une courte pause, le roadster BMW Z3 M est réintégré
au catalogue en 2001. Pourtant, il n'est pas identique à
son prédécesseur. Son moteur est toujours un 3,2 litres,
mais son bloc a été retravaillé pour atteindre
3 246 cm3 et non plus 3 201 cm3. La puissance évolue peu
puisqu'elle gagne 4 ch (325 ch contre 321 ch), mais c'est surtout
le couple qui progresse notablement. Les performances globales restent
les mêmes d'une génération à l'autre.
A la fin de l'année 2002, BMW dévoile le nouveau roadster
Z4 et son style retravaillé et dynamique. Le Z3 vieillit
alors très vite et à la fin de 2002, la fabrication
des Z3 est arrêtée après un succès commercial
sans précédent pour BMW avec un modèle de niche.
SUR LA ROUTE
Quelque soit le millésime ou la motorisation, la caractéristique
principale du roadster BMW Z3 est sa joie de vivre sur la route.
Autant les versions quatre cylindres peuvent être mises dans
toutes les mains, autant avec des moteurs six cylindres mélodieux
et joueurs, il faut déjà posséder plus de doigté
et d'expérience pour espérer rester sur la route en
conduite réellement sportive. Le train arrière, issu
des série 3 E30 dont la puissance maximale enregistrée
fut à peine plus de 220 ch avec les M3 E30, a en effet de
la peine à passer au sol les fortes puissances des six en
ligne moderne de Munich, et lors de courbes rapides, il ne faut
surtout pas céder à l'appel de la pédale de
frein lors des dérives de l'arrière. Les versions
reliftées avec le train arrière élargi a amoindri
cet effet, mais nous sommes encore très loin de l'homogénéité
d'un Z4. Mais c'est justement tout ce qui fait sa sportivité
et son caractère. En résumé, les Z3, surtout
en six cylindres offre un caractère affirmé à
la conduite, des moteurs mélodieux et souples, des boîtes
à la commande parfaite et une bouille craquante.
ACHETER UN ROADSTER BMW Z3.
Avec la sortie du nouveau roadster BMW Z4,
le marché de l'occasion commence à regorger de Z3
à vendre. C'est assurément une bonne nouvelle pour
les amateurs de petits roadsters craquants et sympas, car évidemment
les prix baissent. Il ne faut pas s'emballer trop vite sur cette
baisse des prix car, le Z3 conserve une cote d'amour très
forte auprès du public, et son blason bavarois lui autorise
des prix toujours élevés. Ainsi, il faudra compter
pas moins de 10 000 euros pour un bel exemplaire à moteur
4 cylindres, et 20 000 euros pour un équipé du six
en ligne BMW. Les Z3 M, peu nombreux sur le marché de l'occasion
commencent à partir de 20 000 euros. A noter que comparativement,
un six cylindres est plus avantageux à l'achat qu'un quatre
cylindres. C'est souvent le cas dans cette catégorie d'autos,
puisque ceux qui les achètent d'occasion essaient de limiter
les frais sur les autres budgets (assurance, entretien et consommation
d'essence), maintenant ainsi une décote moins forte sur les
motorisations 4 cylindres que sur les six et plus. Les moteurs 4
cylindres sont très fiables, à défaut de distiller
un agrément de conduite élevé, tandis que les
six cylindres ajoutent l'art et la manière à la fiabilité.
Il faut faire vérifier les chaines de distribution tous les
120 000 km, voire même les changer (surtout sur les Z3 M).
Quelques roadsters Z3, surtout en versions puissantes (M, 2.8i et
3.0i) ont connu quelques accrocs et sorties de routes. Bien vérifier
que la caisse est bien alignée et n'a pas souffert. Les capotes
vieillissent mal, la lunette AR devient terne avec le temps et la
peinture noire vernie est particulièrement sensible aux éclats
de gravillons. Sur les premiers millésimes en 4 cylindres,
les plastiques intérieurs vieillissent très mal. Lors
de l'achat vous aurez bien inspecté notamment l'état
des pneumatiques qui sont les seuls éléments qui s'usent
le plus rapidement surtout sur les versions puissantes. Tout modèle
haut de gamme qui se respecte se doit d'avoir un carnet d'entretien
à jour et tamponné. C'est d'autant plus impératif
sur les Z3 que les modèles sont récents. Evitez à
tout prix des autos qui ont connu plus de 2 propriétaires.
:: CONCLUSION
BMW a réussi un véritable coup de maître avec
son roadster Z3. Un style très fort, une personnalité
affirmée alliée à un comportement routier sportif,
et des versions mythiques comme le Z3 M 3.2 expliquent le succès
du cabriolet bavarois. Très nombreux sur le marché de
l'occasion, essentiellement en 4 cylindres, le Z3 s'offre à
tous les passionnés à des tarifs compétitifs.
Fiables et encore récents, les mauvaises surprises doivent
être limitées. Si vous le pouvez, n'hésitez pas
à franchir le pas du six cylindres qui change tout en matière
d'agrément de conduite.
CHRONOLOGIE
1989 : Présentation et commercialisation
du roadster BMW Z1.
1995 : Présentation du roadster BMW Z3 en décembre.
1996 : Commercialisation du roadster BMW Z3 en versions 1.8i
et 1.9i.
1997 : Présentation à Francfort et commercialisation
des roadsters Z3 2.8i et Z3 M 3.2.En novembre le 100 000e roadster
Z3 sort des chaînes de l'usine de Caroline du Sud (U.S.A.).
1998 : Commercialisation en fin d'année d'une variante
coupé uniquement avec moteur 6 cylindres.
1999 : Modifications notables sur la gamme Z3. Arrêt
du moteur 1,9 litres, nouveau moteur 2 litres 6 cylindres de 150
ch et surtout les voies arrière sont élargies et la
poupe dispose de feux redessinés.
2000 : Début juillet, disparition du roadster Z3 M.
Commercialisation du roadster Z3 2,2 litres de 170 ch et 3 litres
de 231 ch.
2001 : Réapparition au catalogue BMW du Z3 M mais
avec une version retravaillée de son ancien bloc (3 246 cm3
et 325 ch).
2002 : Arrêt de production des BMW Z3.Présentation
et commercialisation du nouveau roadster BMW Z4.
CE QU'ILS
EN ONT PENSE :
"Direction précise,
commande de boîte de vitesse à la fois rapide et précise,
comportement agile, nouveau moteur 1,8 litre bien rempli et possédant
un joli caractère : le Z3 fait la part belle aux sensations.
Et malgré ses roues AR motrices, il affiche une tenue de
route à la fois très sûre, très efficace
et joueuse. Le freinage, assez puissant et facile à doser
offre de belles décélérations. Côté
confort, la suspension se montre assez réussie mais la capote,
bien que doublée, s'avère quand même assez bruyante."
AUTOMOBILE MAGAZINE - HS 370 ESSAIS 1999-2000 - BMW Z3 1.8i 118
ch.
"Avec
les 225/50 ZR 16 montés de série en France, les vitesses
de passage en courbe sont impressionnantes. Mais cet équipement
surdimensionné rend la conduite de cette version trop froidement
rigoureuse. Comme celles de ses jumeaux, les prestations de ce roadster
Z3 sont conformes à ce que l'on peut attendre. Ainsi, malgré
ses 140 ch, ce 1,9 litres ne s'avèrent pas franchement plus
foudroyant que le 1,8 litres, plus abordable."
LE MONITEUR AUTOMOBILE HS 400 ESSAIS - 1998 - BMW Z3 1.9i 140
ch.
"Le 6
cylindres 24 soupapes est une remarquable mécanique. Progressif
dans ses montées en régime et doté d'une incroyable
souplesse, il s'apprécie autant pour ses performances élevées
que pour le formidable agrément de conduite qu'il procure.
Quant aux qualités routières, si la tenue de route
se révèle rassurante, le confort laisse parfois à
désirer. Les suspensions un peu fermes deviennent vite "
sautillantes " sur sol dégradé et l'insonorisation
de la capote n'sont pas suffisante."
AUTO PLUS - HS 500 ESSAIS 1997 - BMW Z3 2.8i 192 ch.
"Ce n'est
pas seulement sur le papier que le 6 cylindres M3 sont l'un des
plus remarquables moteurs atmosphériques du monde. Seuls
Ferrari et Honda possèdent des mécaniques de série
développant, comme ce BMW, plus de 100 ch au litre de cylindrée.
Mais aucun ne délivre son couple ! Sur la route aussi, il
enthousiasme. Autant par sa souplesse et ses aptitudes urbaines,
que par son énorme puissance. Cavalerie qui s'exprime encore
mieux dans le roadster que dans le coupé/berline, plus lourd
d'un quintal. Le plaisir que procure cet engin sur les routes de
montagne est inouï. En sortie de virage, le mariage du moteur,
de l'excellente boîte 5 et de l'autobloquant font merveille."
LE MONITEUR AUTOMOBILE HS 400 ESSAIS - 1998 - BMW Z3 M 3.2 321
ch.
Liens conseillés sur la BMW Z3 roadster : www.z3club.fr - www.bmwpassion.fr - Roadsters.fr, passion cabriolet |