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PASSION ET RAISON...?
Si l'on considère que les versions 4 cylindres du roadster
à succès de BMW manquaient de peps pour faire honneur
à la marque, l'arrivée des 6 cylindres en ligne au
millésime 1997 va réellement changer la donne. Plus
homogène et abordable que la sauvage version M, le roadster
Z3 2L8 semble constituer, aujourd'hui encore, un excellent compromis
entre plaisir et raison...
Texte & Photos:
Sébastien DUPUIS
Apparu pendant le renouveau du genre "roadster", après
la Mazda MX-5 Miata, la Fiat
Barchetta et la MG F, la BMW
Z3 (type E36/7) se positionne en haut de gamme par ses tarifs
et le prestige de son blason. Pourtant, la première année
de commercialisation du Z3, seules deux mécaniques 4 cylindres
étaient disponibles. Leur intérêt pour BMW était
bien entendu de pouvoir proposer un tarif relativement attractif
garantissant un succès immédiat auprès du plus
grand nombre d'acheteurs. Toutefois, pour qui a déjà
goûté au bonheur des 6 cylindres en ligne de Munich,
le Z3 méritait un ramage plus à la hauteur de son
plumage ! Ce fût chose faite presque deux ans plus tard, avec
l'introduction de la version 2L8 et de la version Z3
M3 L2, deux alternatives dotées de "6 en ligne"
pour ravir les amateurs de belles mécaniques.
DESIGN
Inutile de revenir en détail sur le style général
du roadster Z3. BMW a su marier avec intelligence une ligne néo-rétro
et un confort de conduite moderne. Avec sa gueule d'enfer,
le Z3 s'impose comme un sexe-symbole, les filles en sont folles
et les hommes aussi, on appelle ça un coup de maître.
Le revers de la médaille, c'est une aérodynamique
sacrifiée, avec un Cx peu reluisant de 0,42 ! Les versions
6 cylindres se distinguent de leurs petites soeurs par quelques
discrets remaniements esthétiques mais qui ne font qu'ajouter
un peu plus de séduction à ce roadster aux formes
délicieuses. Pour commencer, le bouclier avant est plus aéré
pour refroidir le long moteur. Il intègre également
une paire d'antibrouillards et une lame aérodynamique plus
importante afin d'augmenter l'appui sur l'avant. A l'arrière,
la différence est aussi perceptible puisqu'on remarque instantanément
les ailes arrières élargies, ce qui ne manque pas
de sensualité, à la manière d'une Porsche
993 Carrera S. Elles se laissent contempler à l'arrêt
comme en mouvement, accrochant le regard par leur galbe jusque dans
le rétroviseur. Moins visible, la sortie d'échappement
double indique la présence d'un plus gros moteur sous le
capot. Pour le reste, pas de changement notable, le Z3 2L8 héritant
en série des jantes de 16" déjà vues en
option sur le 1.9L. La surmonte en 17" était disponible
en option, contre la modique somme de 7500 FF (!). Soulignons également
que le roadster Z3 2L8 bénéficie d'une capote à
commande manuelle (semi-électrique en option) , simple épaisseur
(puis doublée lors du restylage de 99) et pourvue d'une lunette
arrière en plastique souple. Peu luxueuse, elle a cependant
le mérite d'être simple et rapide à manipuler.
Pour profiter du soleil, la capote se range sous un cache semi-rigide
assez peu pratique. En effet, le coffre étant déjà
peu grand (165 dm3), son volume en devient fortement pénalisé
par le rangement nécessaire de cet artifice. Toutefois, il
faut bien avouer que capoté ou non, le BMW Z3 est toujours
aussi beau à regarder. Même le hard-top, vendu en option,
ne parvient pas à briser l'élégance naturelle
de ces lignes indémodables...
HABITACLE
Avec son long moteur avant bien reculé sur l'essieu, le poste
de conduite du Z3 est très reculé, le conducteur se
retrouvant quasiment assis devant l'essieu arrière pour profiter
d'une position de conduite presque parfaite. Le coude posé
sur la portière, à la bonne hauteur, volant dans la
main gauche et l'autre main près du levier de vitesse très
court, idéalement placé sur le tunnel de transmission,
et le haut de la tête à la hauteur du petit pare-brise,
on se sent prêt à tailler du kilomètre ! Les
pieds ne sont pas en reste avec des pédales ainsi qu'un repose
pied très judicieusement placés. Seule la commande
d'embrayage se montre trop longue comme sur toutes les BMW de cette
époque. Tout n'est pas irréprochable ergonomiquement,
le volant est un poil trop large en diamètre et surtout il
ne se règle ni en hauteur, ni en profondeur. De même,
les sièges manquent singulièrement de maintien, heureusement
cela ne se ressent pas trop car on est plutôt calé
entre la portière et le tunnel central. Par ailleurs, précisons
que la finition n'est pas exceptionnelle, même si BMW a réalisé
un effort comparé aux versions 4 cylindres, mais que peu
de bruits de mobilier se font entendre. Les remous d'air sont plutôt
bien maîtrisés mais le filet proposé en accessoires
s'avère bien utile pour les soirées ou les journées
de mi-saison un peu fraîches. En revanche l'équipement
de base est relativement généreux : 4 airbags, direction
assistée, ABS, antipatinage, rétros électriques,
ordinateur de bord, sièges électriques et sellerie
cuir ainsi que la climatisation manuelle sont ainsi de série
sur les modèles français. Enfin, si le coffre est
petit, l'habitacle dispose de multiples rangements de petite contenance
mais qui permettent de stocker casquette, crème solaire,
drap de bain et lunettes de soleil. Bref, le minimum vital du roadsteriste
!
MOTEUR
Hérité de la berline série 3 e36 328i, le couple
moteur-transmission se compose du dernier 2L8 BMW (type M52B28)
et de sa boîte manuelle à 5 vitesses. Pesant 158 Kg
seulement, grâce à l'alliage à base d'aluminium
recouvert de Nikasil dans les cylindres, le nouveau moteur est deux
fois moins lourd qu'un bloc en fonte comme celui du Z3 M, ce qui
a imposé des dimensions plus encombrantes, à tel point
qu'il n'y plus beaucoup d'espace libre sous le capot ! Avec le VANOS
(calage variable de l'arbre à came à l'admission)
jusqu'en 09/1998, puis VANOS-Double (voir encadré en bas de page), le 6 cylindres profite du savoir-faire
incontestable des motoristes BMW. Très civilisé dans
sa définition et sa vocation routière, les chiffres
purs conduisent à sous estimer (à tord) cette mécanique
au tempérament à priori peu sportif. 190 ch à
5300 tr/mn seulement, voilà des valeurs relativement modestes
pour un 6 cylindres de 2L8, comme le prouve le rendement de 69 ch/L.
La valeur de couple est en réalité bien plus parlante,
280 Nm à 3950 tr/mn c'est déjà bien, mais ce
qui est encore mieux c'est l'exceptionnelle disponibilité
de cette mécanique qui délivre 80% de son couple maxi,
soit 220 Nm, à 1500 tr/mn ! Sans broncher, le 6 cylindres
permet au Z3 d'évoluer en toute sereinité quelle que
soit l'allure adoptée, sans vibration, une qualité
qui se marie idéalement avec la vocation d'un roadster. Par
ailleurs, cette grande disponibilité se traduit par des reprises
énergiques, agrémentées par une commande de
boîte très précise et bien étagée
avec un rapport de pont raccourci. On joue du levier comme un violoniste
bouge son archer, en rythme avec le pied droit pour battre la mesure.
La poussée est instantanée, franche et linéaire,
s'accroit légèrement passé les 3500 tr/mn pendant que la tessiture de l'instrument sort du grave pour devenir plus métallique, et puis ça pousse pleinement jusqu'à 6000 tr/mn régime où l'on sent que le moteur pourrait être débridé avec une gestion électronique plus méchante. Quoiqu'il en soit, la puissance disponible est largement suffisante pour se débarrasser de la majorité des immondes chaudières
à mazout qui polluent nos routes... Et l'air de rien, on
est vite hors la loi, heureusement que le bruit de l'air nous
donne une indication sur la vitesse réelle de déplacement
car le moteur, lui, ne donne jamais envie de s'arrêter ! Au
fil des kilomètres on se convainc sans retenue des qualités
de cette mécanique "bonne à tout faire",
qui nous gratifie en prime d'une sonorité merveilleuse, passant
du grave à l'aigu sans jamais donner une seule fausse note.
On ne s'en lasse pas ! Relativement discret en volume sonore, le
concert s'apprécie encore mieux cheveux au vent. Bien sûr,
le Z3 M ajoute une bonne octave à son registre vocal (presque 2000 tr/mn supplémentaires !) mais à moindre échelle, le 2L8 offre
tout cela en y ajoutant une consommation raisonnable (un peu moins de 10L/100
en moyenne) et un entretien très classique.
CHASSIS
Néo-rétro par sa ligne, le roadster BMW Z3 l'est aussi
par ses choix de suspension. Là, on peut douter à
juste titre des choix adoptés. Affublé d'un train
arrière de série archaïque, le Z3 doit composer
avec un reliquat du châssis des BMW M3
e30 composé de triangles obliques et du train avant des
berlines e36 à l'avant. Comparé aux sages versions
1.8 et 1.9, la voie est ici élargie de 67 mm à l'arrière
(et de 2 mm à l'avant). Le roadster conserve un équilibre
naturel très plaisant, obtenu par une répartition
des masses idéales (50/50). La direction serait également
à citer en exemple, pas trop assistée, assez directe
(2,7 tours de butée à butée) elle se montre
ultra précise et directive, un régal. Le bémol,
de taille, c'est que le train avant a la fâcheuse tendance
à suivre les ornières et reliefs de la route.
Bref, à bon rythme sur une départementale un peu usée,
il faut bien tenir le guidon des deux mains pour éviter la séance
de rodéo. Car pendant ce temps là, le train arrière
se dandine aussi sur les grosses irrégularités.
Pourtant, la suspension fait globalement bonne impression, plutôt
confortable sur les petites bosses, aidée en cela par les
roues de 16" (225/50 ZR 16) mais assez ferme en appuis. A ce sujet, le 2L8 s'offre
les services d'un antipatinage (ASC+T) bien utile sous la pluie
vu le couple du 6 cylindres dès les bas
régimes.
En revanche, pour s'amuser un poil, BMW a eu la bonne idée
de monter un pont autobloquant mécanique ZF à 25%,
là où toutes ses rivales, y compris la Porsche
Boxster s'en remettent à une bride électronique.
Bon point. Autre bon point, l'option châssis sport, composée
de ressorts plus courts (-1,5 cm) et d'amortisseurs plus fermes
ne nuisant pas trop au confort mais augmentant le plaisir d'une
conduite sportive à bord du Z3. Malgré son comportement
un peu daté, signalons tout de même que le Z3 n'est
jamais piégeur ni dangereux dès lors qu'on sait tenir
compte de ses caractéristiques techniques. Son potentiel
d'adhérence en virage sur une belle chaussée et même
remarquable et lorsqu'on touche les limites, il se prête volontiers
au jeu de la glisse. La brave bête ! Efficace et puissant,
le freinage fait bonne impression. Cependant au bout de quelques
kilomètres en usage intensif sur circuit, la chaleur aura
raison des disques ventilés (à l'avant seulement)
qui marquent nettement le pas sur ce que propose le Boxster en la
matière. Mais qu'importe, c'est en balade, voire en balade
sportive que le Z3 s'apprécie le mieux car c'est un réel
bonheur d'enchaîner les courbes au volant de cette machine!
Inutile de faire défiler le paysage trop vite pour apprécier
toute la saveur de ce roadster d'exception.
ACHETER UNE
BMW Z3 2.8i Roadster
Sur le plan budgétaire, le roadster BMW s'imposait face à
ses principaux rivaux de l'époque, la Porsche
Boxster 2L5, la Mercedes SLK
230 K et l'Audi TT Quattro cabriolet. Proposé à sa sortie à un prix plutôt attractif,
le Z3 2.8i l'est encore plus aujourd'hui en occasion. Produit de 1997 à 2000, avant de céder sa place au
Z3 3.0i, le 2.8i a connu les premières
années à succès du petit roadster BMW. Véritable
objet de culte auprès des fashion victims, les cours ont
fortement chuté à mesure que de nouvelles rivales
sont apparues, pour finalement tomber à un niveau très
abordable aujourd'hui et qui tend à se stabiliser. Encore
assez facile à trouver en bon état et globalement
fiable, le Z3 est un excellent choix pour l'amateur de roadster
dans ses versions 6 cylindres. On peut au premier abord se tourner
vers les versions 2.0 et 2L2 mais, étant plus récentes,
elles sont aussi plus chères à l'achat et pas beaucoup
moins à l'usage. Plus ancien, le 2L8 est donc le plus accessible
financièrement et ses cours varient entre 13 et 16000 euros
selon le kilométrage et les options. Attention toutefois
car les prix bas cachent souvent des modèles d'origine étrangère
(Allemagne ou Belgique) moins bien équipés de série.
Cela va de soi, comme pour tout achat de cabriolet, vérifier
l'état de la capote ! L'étanchéité de
la toile et des joints peut se montrer défaillante après
une petite décennie de service. Pour la lunette arrière,
généralement ternie et rayée, sachez qu'il
existe un tube de Polish rénovateur chez BMW dont l'efficacité
est spectaculaire pour un prix dérisoire (10 euros !). Ne
pas négliger non plus un historique limpide et des révisions
fréquentes car souvent les cabriolets changent de mains de
saison en saison, servent peu l'hiver et se trouvent du coup victimes
d'un entretien laxiste (c'est encore plus vrai sur les versions
4 cylindres souvent recherchées par des acheteurs à
petit budget...). A titre indicatif, le forfait révision
Inspection 1 (vidange + filtres + bougies + contrôle) pour
les modèles avant 09/98 vous coûtera 400 euros environ dans
le réseau BMW.
Les pneumatiques s'usent assez vite mais leurs dimensions assez courantes
permettent un remplacement à un prix abordable (de 150 à 200 euros le pneu), contrairement à l'ensemble
des pièces détachées BMW et du tarif des interventions
dans le réseau. De même, les primes d'assurance peuvent
se montrer assez importantes, comme pour tout cabriolet d'une valeur
comparable, mais un usage purement "privé" permet
d'en abaisser le coût. En attendant encore quelques années
pour que le Z3 entre dans le monde merveilleux des véhicules
de collection (15 ans minimum chez certaines compagnies spécialisées)
n'hésitez pas à faire jouer la concurrence. Enfin,
les nombreuses pièces de remplacement disponibles chez divers
préparateurs spécialistes comme Hamann ou Hartge permettent
d'agrémenter son roadster de quelques petits plus. Attention
cependant aux adeptes du rabaissement qui accentue les réactions
du châssis sur mauvaise route s'il n'est pas fait d'un choix
cohérent ressorts/amortisseurs. Au final, on oublie vite
ses petits défauts pour ne voir que ses grandes qualités
et le roadster Z3 en 2L8 s'avère être un d'un très
bon rapport prix/plaisir.
:: CONCLUSION
Sans l'éxubérance de la version M, le Z3 2L8 s'avère
en fait un choix moins passionnel mais plus homogène et pertinent,
tout en étant aussi bien plus économique à
l'usage. Il combine un équilibre rare entre la passion et
la raison, deux qualités précieuses pour s'accorder
une voiture plaisir idéale pour les escapades du Week-end,
seul, en amoureux ou en Club...
> EVOLUTIONS |
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UN MOTEUR REMANIE
Le moteur type M52TUB28 (Technically Updated) apparaît en septembre 1998 en remplacement du M52B28.
Les objectifs de cette évolution sont de réduire la consommation et les émissions polluantes (pour répondre à la norme LEV aux USA) , tout en augmentant le couple et la puissance du moteur M52.
La gestion électronique Siemens MS42.0, a été développée en fonction des modifications mécaniques comprenant vilebrequin allégé et pistons redessinés, pompe à huile avec régulateur de pression, gestion d'arbres à cames Double-Vanos, circuit de refroidissement redessiné avec contrôle électronique du thermostat, papillon des gaz électronique, catalyseur intégré au collecteur d'échappement. Le système Double VANOS a initialement été développé pour le moteur de la BMW M3.
Alors que le simple VANOS fonctionne comme un système ON/OFF, le double
VANOS est un véritable calage en continu des arbres à cames qui offre plus de souplesse aux régimes inférieurs. Sur la courbe de couple ci-contre, on voit clairement que le 2.8 double Vanos est mieux rempli avant 3500 tr/mn et a un peu plus d'allonge passé les 6000 tr/mn. |
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CHRONOLOGIE
1997 : Présentation à Francfort et commercialisation
des roadsters Z3 2.8i.
1998 : En septembre adoption du VANOS-Double (moteur type M52TUB28).
1999 : Restylage de la gamme Z3, poupe redessinée
et capote doublée.
2000 : Début juillet, disparition du roadster 2.8i,
remplacé par 3.0i de 231 ch.
CE QU'ILS EN ONT PENSE :
"Grâce au 6 cylindres, le Z3 a non seulement acquis un
tempérament sportif plus affirmé, il a également
bonifié en confort et son comportement routier, parfaitement
équilibré, efficace et logique, comblera tout à
la fois le promeneur et l'amateur de pilotage véritable."
LE MONITEUR AUTOMOBILE - 05/1997 - ESSAI BMW Z3 2L8 roadster.
Liens conseillés sur la
BMW Z3 2.8i Roadster : Z3club.fr - Roadsters.fr, passion cabriolet - www.bmwpassion.fr |