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UNE LEGENDE
EST NEE
Apparue en septembre 1986 sous la
carosserie E30, la M3 fut inialement concue par les ingénieurs de
BMW pour participer au championnat allemand de supertourisme. Elle
rencontra un tel succès commercial et sportif que Motorsport dû
revoir ses cadences de production à la hausse. Aujourd'hui, la M3
est toujours l'emblème de l'image sportive de la marque bavaroise.
Texte:
Sébastien DUPUIS - Photos: D.R.
PRESENTATION
Les années 80 furent
l'occasion pour BMW d'imposer ses modèles comme étant
"The Ultimate Driving Machines". Succédant ainsi
à la première série 3 de l'histoire (E21) la
E30 apparue en 1982 s'est imposée rapidement comme un best-seller
pour la marque en inaugurant un grand nombre de variantes de carrosseries
et de motorisations. Parallèlement à ses succès
commerciaux, BMW souhaitait également imposer son nom dans
le championnat FIA de Groupe A. La série 3 s'imposa rapidement
comme la base la plus adéquat pour développer un modèle
de compétition. Et c'est donc tout naturellement Motorsport,
le département compétition de la marque, qui eu la
charge de concevoir et réaliser les 5000 exemplaires de la
voiture nécessaires pour l'homologation (devant être
construits en 12 mois). Ainsi était née la BMW M3,
une voiture totalement conçue pour le sport automobile, même
si la version "route" savait préserver un certain
niveau de confort. L'apparence extérieure du véhicule
ne trompe pas l'oeil averti. Contrairement à ce que son look
de simple série 3 "tunée" pourrait laisser
supposer, les modifications nécessaires pour transformer
cette petite berline bourgeoise en bête de course sont très
nombreuses. Le kit carrosserie en effet, comprend un gros aileron
arrière dont l'angle d'appui sera même réglable
sur la Sport Evolution, des ailes larges reliées par des
juppes latérales et des boucliers plus volumineux. Motorsport
proposa pour les plus exigeants des éléments de carrosserie
allégés, comme par exemple des vitres ou des pare-chocs
en fibre de verre, des sièges ou un capot allégés.
Le look agressif et tape-à-l'oeil de la M3 a sans doute influencé
le monde balbutiant du "tuning" pendant des années
mais reflète bien l'esprit de sportivité exacerbée
qui anime la M3. Il est vrai qu'aujourd'hui, la caisse E30 et y
compris la M3, ont un côté franchement démodé,
pour ne pas dire "ringard". Mais il n'est pas impossible
que ce design si caractéristique des années 80 trouve
un certain charme auprès des collectionneurs. Et puis, c'est
bien connu, c'est la beauté intérieure qui compte,
pas le physique...
UN MOTEUR DE F1 !
Concernant la M3, le meilleur est effectivement à l'intérieur.
Elle débute son existence en 1986 avec le moteur type 23
4E A, plus connu sous le code S14, un 4 cylindres à 16 soupapes
de 2302 cm3 développant 195cv à 6750 tr/m (200 cv
sans catalyseur pour certains marchés) et 230 Nm à
4750 tr/mn. C'est ce même bloc qui servit de base à
la M10 en Formule 1 à l'époque des moteurs Turbo.
Il s'agit en fait du 6 cylindres en ligne de la célèbre
M635 CSI, amputé pour l'occasion de 2 cylindres. La M3 s'offre
d'emblée un joli pedigrée ! Rapidement, la puissance
est portée à 215cv (220 cv sans catalyseur). En 1999,
la "Sport Evolution" sera l'ultime évolution de
cette série avec une puissance de 238cv pour une cylindrée
de 2,5 L. La boîte retenue pour la M3 est la Getrag 265. Une
boîte à l'étagement court favorisant les reprises
et les accélérations (0 à 100 Km/h en 7"1
pour la 195 ch) et qui permet d'atteindre la vitesse maxi de 238
Km/h au régime maxi de 6800 tr/mn.
EVOLUTIONS ET VARIANTES
En championnat d'Allemagne des voitures de tourisme, Mercedes,
Bmw, Audi et Opel se livrent une bataille acharnée, nécessitant
sans cesse d'augmenter la puissance, d'alléger les carrosseries
tout en restant dans les limites d'un règlement technique
assez rigoureux concernant le groupe A. Autorisant des homologations
dans un premier cas à un constructeur qui produit en douze
mois consécutifs un minimum de 5000 voitures, il permet également
des "extensions d'homologation". Dans ce cas, 500 voitures
suffisent si la FIA juge qu'il s'agit simplement de l'extension
mécanique ou aérodynamique d'une base existante. Elle
n'admet alors qu'un volume de modifications explicitement défini
par rapport au modèle de base, ce qui équivaut tout
de même à mettre sur la piste des voitures entièrement
nouvelles alors que dans le même temps, les " évolutions
de séries " subissent quelques superficielles modifications
La M3 va connaitre 3 évolutions majeures, nommées
à juste titre, Evolution I, Evolution II et Sport Evolution.
Les rares séries limitées se nomment "Europa
meister" (148 exemplaires produits de octobre à novembre
1988) et "Cecotto & Ravaglia" (506 ex., de Avr. à
Juill. 89) du nom des 2 pilotes. Le bijou de Motorsport sera également
décliné en cabriolet, variante conçue pour
les utilisateurs à la recherche d'une voiture agile et performante
mais également mois radicalement sportive et donc plus confortable
que le coupé. Elle comptera aussi 3 évolutions dont
une très rare version 220 cv apparemment produite à
1 seul exemplaire (!!!) en juin 1989 (chassis n° EB85020).
EVOLUTION I
505 exemplaires produits de février à mai 87 identifiables
au "E" gravé sur la culasse du moteur qui passe
à 200ch en abandonnant le catalyseur. Peu de modifications
notables en dehors du bouclier avant tombant un peu plus bas.
EVOLUTION II
Disponible en 3 couleurs seulement (Bleu Macao, Nogaro Silver
et rouge Misano), la M3 Evolution 2 a été produite
à 501 exemplaires de mars à mai 1988. Grâce
à des arbres à cames et des pistons differents ainsi
qu'un nouveau conduit d'admission, le taux de compression a pu être
légèrement augmenté et le moteur, dépourvu
de catalyseur, passe à 220 ch et 244 Nm. Grâce également
à différentes sources d'allègements (supports
de boucliers allégés, vitres arrières plus
fines...) et à un rapport de pont raccourci, le gain en accélération
de 0 à 100 km/h est de 0,4s. La vitesse maxi atteint 244
km/h. Le bouclier avant est plus profond et comprend une sorte de
"lame" plus proéminente dans sa partie basse. Les
jantes passent en 7.5Jx16 avec des pneus 225/45 ZR 16 à la
place des 205/55 VR 15.
SPORT EVOLUTION
Produite de Janvier à mars 1990 (n° de chassis AC79000
à AC79599), la Sport Evolution (ou encore Evo Sport ou Evo
III) est l'ultime aboutissement de la M3 e30. La cylindrée
du moteur passe pour l'occasion à 2467 cm3 et celui-ci s'équipe
en série d'un pot catalytique 3 voies avec sonde lambda.
Sa puissance maxi de 238 ch est obtenue à 7000 tr/mn et le
couple de 26,3 Mkg à 4750 tr/mn. Le rapport de pont de la
boîte Getrag 5 rapports est raccourci (3.15:1). Malgré
tout, la différence de cylindrée entre les 2 moteurs
ne saute pas immédiatement aux yeux. Il faut rester dans
les tours et accepter de jouer de permanence de l'excellente boîte
pour profiter pleinement d'un moteur qui en dessous de 2500 tr/mn,
est affublé de l'inévitable paresse propre aux multisoupapes
de l'époque. A partir de 3500 tr/mn, le 2.5L apparait plus
disponible mais aussi plus pointu et finalement, plus délicat
à exploiter en conditions d'utilisation normales. L'usine
a contenu le poids en allégeant pare-chocs et capot arrières,
allant jusqu'à gagner 1mm sur l'épaisseur des vitres
latérales et diminuer la capacité du réservoir
de 70 à 63 litres. En revanche, malgré ce souci d'allègement,
le poids atteint 1275 Kg (1200 Kg annoncés par BMW...) ce
qui ne fait évoluer que très peu le rapport poids/puissance
de la M3. Au chapitre nouveautés, l'ABS Bosch et la direction
à assistance variable sont de série. La suspension
avant est abaissée de 10.5mm, le bouclier redessiné
pour gagner en déportance et les passages de roues agrandis
accueillent des jantes BBS de 16" (celles proposées
en option sur la M3) chaussées originalement de pneus Michelin
MXX en 225/45 Z. La voiture à ainsi l'air plus ramassée.
L'aileron arrière comporte un bord d'attaque différent
et, comme le bouclier, il est réglable en 3 positions. Peu
utile au quotidien, il était toutefois impératif que
la voiture soit homologuée en série avec ce système
pour qu'il soit monté en groupe A. Côté performances
on relève une vitesse maxi de 248 km/h en 5éme, le
1000m DA en 27"4, le 0 à 100 km/h en 6"5. Isolées
de leur contexte, ces performances sont excellentes, c'est une chose
entendue, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Sur le sec, le
comportement de la M3 est fantastique et la limite dure à
atteindre. Naturellement neutre et un peu sous-vireuse, la M3 permet
de ne pas entrer trop vite en virage pour en ressortir en dérive.
Cette manoeuvre qui était déjà un régal
sur les autres M3, prend ici une dimension encore plus excitante.
Les amortisseurs digèrent parfaitement les inclinaisons de
la caisse et les changements d'appuis sur un parcours sinueux s'effectuent
avec une vivacité et une précision admirables, qui
pourraient même être amélioré si la direction
était moins démultipliée. L'équipement
de série comprenant la condamnation centralisée à
télécommande, l'air conditionné, les vitres
et rétros électriques, l'ABS, la direction assistée
et des sièges baquets pouvait être enrichit d'une liste
d'options comme le toit ouvrant manuel ou électrique, les
laves-phares, l'intérieur cuir, l'ordinateur de bord, etc.
Au choix pour la carrosserie : rouge ou noir. Son prix de vente
en 1990 étant déjà plutôt coquet sans
option (380 000 FF), on comprend mieux pourquoi la Sport Evolution
a été réservée à une petite clientèle
de privilégiés (600 ex. dont une cinquantaine pour
la France) ! Une voiture chère mais "frisant la perfection"
selon la presse spécialisée de l'époque. Seulement,
le supplément de 100 000 FF de l'époque ne justifie
pas complètement une différence de puissance de 23ch
(en partie annulée à cause du poids) et des performances
sensiblements égales à celles d'une M3 215/220 ch.
LA M3 EN COMPETITION
Cette excellente base à l'homologation va donc fournir
un record de 1,436 victoires en courses de supertourisme, comprenant
un championnat mondial, Européen et deux allemands de 1987
à 1992. Née pour courir, la M3 s'est immédiatement
imposée en compétition. Dès sa première
apparition aux 24 H de Spa en 1987, la M3 "de circuit"
engagée par le constructeur se couvre de laurier. A son volant,
Roberto Ravaglia remporte le Championnat du monde des voitures de
tourisme. Sûre du potentiel de la M3, BMW France décide
d'engager une voiture en rallye la même année. Préparée
par Prodrive, la M3 de l'équipage Béguin-Lenne fait
une entrée fracassante au rallye des Garrigues. Seul un problème
électronique laisse échapper la victoire. La voiture
s'impose dès l'épreuve suivante, au Critérium
de Touraine. La consécration a lieu au rallye de Corse. Béguin-Lenne
surpassent les tractions intégrales pour s'offrir une unique
victoire en championnat du monde. " Pensée pour la compétition,
la M3 pouvait compter sur sa tenue de route exceptionnelle, due
notamment à sa légèreté et à
sa bonne répartition des masses " témoigne Bernard
Béguin. La M3 E30 continuera d'accumuler les succès
dans les deux disciplines jusqu'en 1992.
ACHETER UNE BMW M3 E30
En théorie toute M3 est intéressante, à
condition d'être conscient des frais réalisés
et de ceux à prévoir. Voici quelques points à
vérifier avant l'achat : Tout d'abord, la chaîne de
distribution et les galets doivent être contrôlés,
surtout sur les voitures à fort kilométrage (+ de
150 000 km). Les bras de suspensions en acier sont assez fragiles.
Les joints à bille peuvent casser et il convient de les remplacer
tous les 3/4 ans. Le moteur consomme de l'huile c'est normal. L'idéal
est de le faire fonctionner avec un niveau légèrement
supérieur au maxi de la jauge. Il est fortement conseillé
d'utiliser les filtres à huile d'origine BMW (réf.
OC-84) plutôt que de pièces de remplacement bon marché.
L'air pourrait arriver sur les tendeurs de chaine et la pression
d'huile baissant entraîne un bruit important au niveau de
la chaîne. Ces quelques conseils ne sont pas exhaustif mais
l'ensemble des précautions valables pour tous les véhicules
sont également à prendre en considération.
A savoir, un historique clair et un entretien méticuleux,
effectué de préférence dans le réseau
BMW.
:: CONCLUSION
Par son tempérament, le plaisir qu'elle dispense, ses prestations,
ses performances et son aptitude à la conduite sportive, la première
M3 restera pour toujours une formidable embassadrice d'image pour
BMW. Malgré son look démodé, la M3 e30 demeure un achat coup de
coeur pour passionné, intéressant en collection pour sa relative
rareté.
PRODUCTION
M3 195cv (sept 86-mai 89): 9254 ex.
M3 cab. 195cv (oct 88-juin 89): 174 ex.
M3 200cv (sept 86-juill 89): 5226 ex.
M3 cab. 200cv (mai 88-juin 89): 135 ex.
M3 215cv (sept 89-déc 90): 1519 ex.
M3 cab. 215cv (mar 90-juill 91): 476 ex.
M3 cab. 220cv (juin 1989): 1 ex.
M3 Europa Meister (oct-nov 88): 148 ex.
M3 Cecotto&Ravaglia (avr-juill 89): 506 ex.
M3 Evolution I (fév-mai 87): 505 ex.
M3 Evolution II (mar-mai 88): 501 ex.
M3 Sport Evolution (jan-mar 90): 600 ex.
TOTAL: 18 392 ex. dont +/-
13 000 vendus en Europe
Liens conseillés :www.bmwpassion.fr |