stages de pilotage f1 et gt
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Nous avouons une certaine préférence côté look pour la Gallardo. En fait pour bien faire, il faudrait pouvoir acheter les deux !

Dans les deux cas, les boîtes robotisées ne facilitent pas les départs arrêtés.

Véritable plaisir des yeux, les autre sens entrent en émoi au réveil des cylindres rugissants de nos deux fauves italiens.

Attention, bienvenue au club des plus de 300 km/h...

La Ferrari F430 reste une berlinette avec propulsion "classique" mais est dotée d'une aérodynamique aussi belle qu'efficace !

Le moteur de la Ferrari F430 est plus efficace à tous les régimes que le V10 de la Gallardo, plus pointu face au V8 Ferrari. Mais dans les deux cas, les performances sont exceptionnelles.

Plus typée "sécurité", la Gallardo peut compter sur une transmission intégrale et une électronique qui vieille. Une efficacité redoutable.

Les deux GT italiennes rivalisent de formes et charmes pour convaincre l'acheteur de voitures de sport. L'opération séduction peut commencer !

La Ferrari se montre plus agile et vive des deux italiennes du jour. D'ailleurs, les chronos réalisés par Romain Thiévin sur le circuit de Marcoussis ne laissent plâner aucun doute.

WESTERN SPAGHETTI !
Par une belle matinée de printemps sur le circuit de Marcoussis, le temps semble s'être arrêté. La légère douceur bucolique combinée au soleil ardent a fait fuire la rosée matinale des abors de la piste. Le ciel, pourtant si calme, se déchire au loin pour laisser place à la charge de près de 1000 chevaux. Le duel peut commencer. En bout de ligne droite la Ferrari F430, et la Lamborghini Gallardo comptent bien en découdre. Deux philosophies qui s'opposent entre propulsion "classique" et transmission intégrale. A n'en pas douter, lorsque le taureau sonne la charge, le cheval se cabre pour notre plus grand plaisir. Attention, duel au sommet avec en prime, l'avis de Romain Thiévin, qui a jugé ces deux autos sur circuit avec chrono à l'appui. Lorsque les chiffres objectifs prennent le pas sur la passion subjective…

Textes : Nicolas LISZEWSKI et photos : D.R.

Le segment des GT prestigieuses s'est considérablement enrichi ces dernières années avec l'éclosion de nouveaux modèles : Aston Martin V8, Audi R8 et Lamborghini Gallardo… Du coup, les berlinette V8 Ferrari traditionnellement présentes dans ce segment de marché depuis l'apparition de l'initiatrice, la Dino 206 puis 246 (qui avaient elles des V6 Dino, le V8 n'arrivera que sur les 308), la saga Maserati Biturbo (422, 428, 222, 228, Karif, Ghibli, Shamal puis 4200 GT et GT), la BMW M3 et la lignée des Porsche 911 sans oublier la Corvette sont attaquées de toute part. Premier à avoir lancé les hostilité, Lamborghini, sous la coupe d'Audi, nous a concocté une Gallardo de toute beauté. Lors de sa commercialisation, son V10 de 500 ch faisait pâlir la Ferrari 360 Modena, plus ancienne de conception et dont le V8 de 400 ch avait du mal à suivre la cadence imposée par cette "mini" Murciélago. Une aubaine pour les amateurs de la firme de Sant'Agata Bolognese qui pouvaient enfin passer commande d'une Lamborghini plus démocratique, et surtout plus facile à vivre au quotidien qu'une Murciélago ou qu'une Diablo dont les gabarits et la conduite rendaient chaque sortie dans la circulation courante chaotique et énigmatique. Ferrari, ayant déjà dans ses cartons la remplaçante de la 360 Modena ne s'est pas laissé impressionné outre mesure, et la commercialisation de la F430 a rapidement rassuré les aficionados du cheval cabré. La Ferrari F430 est bien une berlinette V8 non seulement belle, mais terriblement sportive et efficace. Alors inévitablement on ne peut s'empêcher d'opposer la Lamborghini Gallardo à la Ferrari F430, comme dans la catégorie supérieure les duels d'anthologie entre Miura et Daytona, entre Countach et BB512i puis Testarossa, Diablo et 512 TR et depuis Murciélago et F599 GTB Fiorano... Le match est donc descendu d'un cran chez les "juniors" mais il demeure tout aussi passionnant et incertain... réponse dans ce dossier !

LES CHIFFRES CLES

Lamborghini Gallardo
V10 à 90° 5 litres
500 ch à 7800 tr/mn
510 Nm à 4500 tr/mn
2,05 kg/ch
101 ch/litres
309 km/h
jantes en 19 pouces
chang. rapports Boîte E-Gear : 170 ms

Ferrari F430
V8 à 90° 4,3 litres
490 ch à 8500 tr/mn
465 NMà 5250 tr/mn
2,8 kg/ch
114 ch/litres
315 km/h
jantes en 19 pouces
chang. Rapports Boîte F1 : 150 ms

DIFFERENCES DE PHILOSOPHIES...
Dans les deux cas, de nombreux choix techniques sont communs en raison du rapport efficacité/prix de certains matériaux, à commencer par la structure alu des deux autos ainsi que bon nombre d'éléments de suspension du même métal. La Lamborghini se distingue en revanche côté châssis avec des amortisseurs Koni FSD dont les lois d'amortissements varient automatiquement selon la marche de l'auto, et adopte une transmission intégrale. Elle se compose d'un différentiel autobloquant mécanique sur l'essieu arrière avec viscocoupleur central et d'un différentiel avant libre, l'éventuel patinage des roues antérieures étant limité par des interventions contrôlées via les capteurs de l'ESP sur les freins concernés. A vitesse stabilisée, le viscocoupleur préserve un tempérament de propulsion grâce à une répartition à 70% du couple vers l'arrière. Proportion qui peut passer jusqu'à 80% en cas de forte accélération. La Ferrari F430 reste plus traditionnelle avec les deux roues arrière motrices mais adopte un différentiel électronique (E-Diff) gérant le contrôle de traction couplé à une très percutante fonction "launch control", directement inspirée de la F1.

Sous les capots, les différences sont plus nettes bien que restant toutes deux atmosphériques. La Gallardo a adopté un V10 présentant un angle inscrit de 90°. Ce moteur développe 500 ch à 7 800 tr/min et 510 NM de couple à 4.500 tr/min dont 80% disponibles dès 1500 tr/min. Sur la F430, le V8 développe 490 ch à 8 500 tr/mn pour un couple maxi de 465 NMà 5 250 tr/mn. Le V8 italien est livré avec la transmission séquentielle robotisée F1 à six rapports, effectuant chaque changement en 150 milisecondes (170 pour la boîte E-Gear de la Lamborghini), seul intervalle de répit imposé entre chaque montée vers le septième ciel mécanique ! Les performances officielles données par les constructeurs sont proches, mais cela reste secondaire par rapport à l'objet de ce dossier et donc non commenté.

PASSION QUAND TU NOUS TIENS
Difficile dans ce type de comparatifs de ne pas laisser exprimer sa flamme et son coeur. Alors nous l'avouons, ce petit paragraphe sera totalement subjectif et ne pourrait à lui seul refléter un jugement sur ces deux GT italiennes. Mais la passion automobile doit aussi être régit par des émotions, et ces deux autos sont des accélérateurs d'émotions fortes. Côté look, nous avouons un petit penchant pour la Lamborghini Gallardo. Son aspect général plus lisse, plus net et plus ramassé nous fait littéralement fondre. Même le dessin de ses jantes est subtil et tient compte de la généalogie Lamborghini du passé. Pas de doute, Luc Donkervolt a laissé exprimé tout son art, un art maîtrisé et flamboyant. La Ferrari F430, dont le design est "sous-traité" chez Pininfarina, est inspiré un peu de la Ferrari Enzo et par conséquent dicté aussi par des nécessités aérodynamique. D'ailleurs, à puissance équivalente, la Ferrari semble plus efficace à haute vitesse où l'aérodynamique joue un rôle essentiel avec 6 km/h de mieux. Donc un léger avantage côté passion à l'extérieur pour la "Lambo" à nos yeux. Dans l'habitacle, les différences sont aussi nettes et la Ferrari remporte cette fois-ci notre faveur. Traité plus "sport", bien que d'une finition moins luxueuse que la Lamborghini, la Ferrari est entièrement dédiée au sport : gros compteur jaune au centre avec rappel du rapport engagé, volant trois branche sport et altier, contenant en outre le bouton de démarrage et le "manettino". Le combiné d'instruments semble bien fade sur la Gallardo avec des lettrages quelconques lorsque la Ferrari y met de la passion et du charme. De nombreux détails opèrent leur travail de séduction à l'intérieur de la Ferrari tandis que la Gallardo, presque trop parfaite et trop Audi oublie de nous faire consumer de plaisir... Autre exemple, les palettes de la Ferrari sont en alu, tandis que celles de la Gallardo pour la boîte E-Gear semblent issues de commodos Seat. Et le son ? Les deux moteurs jouent chacun leurs registres : le V10 Lamborghini sonne très grave jusqu'au bout et devient vite entêtant. Le V8 de la F430 ouvre tout ses clapets pour sonner grave aussi mais vite virer à l'aigu métallique dans les hautes rotations. Dans les deux cas, vos oreilles sont aux anges !

TOP C'EST PARTI !
Afin d'éviter les débats enflammés du café du commerce à comparer des choux et des carottes, nous avons pris le problème différemment. En effet, pour pouvoir comparer objectivement l'efficacité de deux autos sur circuit, l'idéal est de le faire le même jour, avec le même pilote, sur le même tracé. Le résultat ne permettra pas d'établir un temps de référence dans l'absolu, mais ce qui importe surtout c'est de voir laquelle est devant l'autre et l'écart constaté. Précisons enfin que pour réaliser ce test, nous avons fait appel à Romain Thiévin, pilote expérimenté s'il en est avec ses 5 titres de champion de France et son activité de cascadeur professionnel. Le tracé retenu était celui d'Espace Plus à Marcoussis et la météo du jour de l'essai était ensoleillé, la température extérieure de 16° avec une piste sèche. Dans les deux cas, les boîtes robotisées ne sont pas les plus efficaces pour un départ en trombe, sachant que l'exercice imposé aux autos était deux tours de circuit avec un départ arrêté.

L'AVIS DE ROMAIN THIEVIN, PILOTE*

LAMBORGHINI GALLARDO
"Le châssis semble posé sur des rails. Le moteur est très creux à bas régime mais dès 5000 tours/mn il devient étonnant et très performant ! Et son bruit, très "gras" est à se damner. La pédale de freins est molle, mais la décélération reste puissante"
Temps chrono à Marcoussis (2 tours) : 1'23"76

FERRARI F430
"Un train avant précis, un moteur et boîte au top, la F430 reste difficile à maîtriser en glisse. On a l'impression de conduire une auto de course, du style châssis tubulaire silhouette. Si le freinage est très efficace il manque d'endurance (en gros au bout de 3 tours on perd 50% du freinage !)"
Temps chrono à Marcoussis (2 tours) : 1'23"38

:: CONCLUSION
La Ferrari F430 est devant ! La surprise n'est pas totale et on s'en doutait un peu. La conception même de la F430 est très axée compétition et piste, alors que la Lamborghini par nature essaie de ratisser plus large en cible client et n'oublie pas non plus son côté "GT". L'amateur exigeant et désireux de rouler très vite sur circuit en progressant toujours dans son pilotage et son niveau de maîtrise devra orienter son choix vers la Ferrari. La Lamborghini est presque trop facile (tout est relatif !) et permettra aux moins expérimentés d'aller très vite sur circuit. Il y a fort à parier que sur piste humide, la Ferrari F430, en bonne propulsion serait à la peine face à la transmission intégrale de la Gallardo. En revanche, la Ferrari, surtout sur de petits circuits imposera rapidement des freins céramiques pour résister à l'échauffement tandis que la Lamborghini s'est montré plus à l'aise sur ce point précis. Alors laquelle choisir ? Difficile de trancher ! Côté Chrono sur le sec, la Ferrari est devant, c'est clair, mais, avant de pouvoir ressentir avec subtilité et surtout avec la même maîtrise que notre pilote, Romain Thiévin, cet handicap des chiffres au volant de ces deux machines, c'est finalement plus l'usage que vous en feriez qui tranchera : sorties circuit, la Ferrari n'en pas douter, un usage plus mixte et la Lamborghini remporte la palme. Et puis zut ! Nous prendrons la Gallardo pour tous les jours et la F430 pour les sorties circuits entre gentlemen drivers avisés...

L'Automobile Sportive tient à remercier vivement Romain Thiévin pour sa participation à cet essai, son sérieux, son professionnalisme et son coup de volant.

*Romain Thiévin possède 7 années de compétition automobile derrière lui avec 5 titres de champion de France dans différentes disciplines**. Il est également cascadeur professionnel avec l'Award de la Meilleure Cascade Voiture à Los Angeles lors de la cérémonie des Taurus World Stunt Awards, pour le film " La mémoire dans la peau" doublure de Matt Damon. Il est également co-créateur, pilote et cascadeur de l'émission FASTCLUB animée par Stéphane Rotenberg sur W9, mais aussi gérant de la société Cascadevents

**Champion de France 2001 Superproduction sur 306 FIA 2L, Champion 2001 Coupe de France 206 CC & Champion Junior, Champion 2000 Coupe de France 306 Super Production, Champion 1999 Junior Coupe Mégane.