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ESSAI (01-10-2002)

LAMBORGHINI
MURCIELAGO
(2002 - )

222 000 Euros (01/08/02)
51 CV FISCAUX
CARACTERISTIQUES
Moteur: 12 cyl. en V à 60°, 48 s
Cylindrée: 6192 cm3
Puissance: 580 ch à 7500 tr/mn
Couple: 650 Nm à 5400 tr/mn
Transmission: 4x4 BVM6
Poids: 1650 Kg
Pneumatiques: AV 245/35 AR 335/30 ZR18
PERFORMANCES
Vitesse maxi: 330 KM/H
1000m D.A: 22"5
0 à 100 Km/H: 3"8
CONSOMMATION
Ville/route/mixte: 40/18/27 L/100km


L'habitabilité est réduite mais le tableau de bord redessiné est plus sobre et l'ergonomie en progrès. On sent l'influence d'Audi dans la qualité de fabrication même si l'ensemble est encore loin de la finition d'une simple A4.


650 Nm ! Non, vous ne rêvez pas, c'est en effet la valeur du couple développé par cette évolution du célèbre V12 atmosphérique Italien. A l'usage la réserve de puissance semble inépuisable.


Dessinée par le belge Luc Donckerwolke, la Murcielago perpétue la tradition lamborghini. Visuellement, il est impossible de la confondre avec quoi que ce soit d'autre.


Bien qu'elle soit plus "facile" que la Diablo, piloter une Murcielago demande expérience, talent et... beaucoup d'humilité.

BIEN :-)
Performances ahurissantes
Moteur "diabolique"
Ambiance magique
Plus efficace et sûre
PAS BIEN :-(
Comportement sous-vireur
Poids élevé
Code de la route à revoir...




 CALENDRIER 2008


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TAUROMACHINE
Après 10 bonnes années d'une carrière chaotique, la Diablo passe la main. La Lamborghini Murcielago est le premier modèle conçu et réalisé sous la direction d'Audi, propriétaire actuel de la marque. Avec plus de 330 km/h annoncés, Lamborghini remet les pendules à l'heure et se (re)positionne en leader des fabricants de supercars de série...

Texte: Anthony DUPUIS - Photos: D.R.

PRESENTATION
Après des années pleines d'incertitude, l'arrivée d'Audi dans le capital marque enfin un certain espoir de stabilité. Objectif : le retour au premier plan. Sans trop empiéter sur le travail des ingénieurs maison, l'influence et l'argent d'Audi a permis de moderniser l'outil industriel ainsi que le bureau d'étude. Expatrié d'allemagne, le designer vedette des anneaux, le belge Luc Donckerwolke (TT, A2, R8 victorieuses au 24H du Mans...) a du oeuvrer à Sant'Agata pour donner une héritière à la vieille Diablo. En deux ans seulement il était pourtant impossible de développer un véritable nouveau modéle. Il a donc était nécessaire de réutiliser la structure existante comme base et donc en quelque sorte "faire du neuf avec du vieux". Baptisée Murciélago, du nom d'un célèbre taureau espagnol qui fut gracié pour sa bravoure lors d'une tauromachie, la dernière "lambo" perpétue la tradition stylistique de la marque par sa ligne novatrice mais moins toturée que celle de la Diablo. Elle impose le respect par ses dimensions généreuses et sa silhouette très pure, plus fluide et plus harmonieuse. Pour refroidir le monstrueux V12 sans dénaturer l'équilibre de la ligne, les ingénieurs ont eu recours à des volets pivotants, situés sur les flancs arrière, fermés de 0 à 130 Km/h, entrouverts au-delà et complètement sortis passé les 200 Km/h. Dans le même esprit, le discret aileron arrière est escamotable automatiquement.

MOTEUR
Porté de 6 à 6,2 litres par allongement de la course, cette évolution du célèbre V12 développe 580 ch. Une puissance respectable et surtout un couple impressionnant (650 Nm) pour un moteur atmosphérique puisque la Dodge Viper avec ses 8L de cylindrée ne fait pas mieux. Par ailleurs, l'adoption d'un carter à sec a permis d'abaisser l'implantation du moteur de 5 cm et donc le centre de gravité. Enfin, le V12 entièrement en alliage est commandé par un accélérateur électronique et possède une distribution variable sur les 4 arbres à cames. Plus disponible et moins polluant (merci les normes US), le vieux V12 conçu il y a près de 40 ans retrouve une nouvelle jeunesse à travers l'emploi de ces technologies modernes. Au final, la Murcielago offre donc ses 580 ch à 7500 tr/min et surtout déjà 530 Nm à 2000 tr/min... des chiffres qui ne peuvent en rien égaler l'indescriptible émotion ressentie à l'écoute et l'utilisation de ce chef d'oeuvre mécanique. Le corps du pilote vibre au rythme des cycles de combustion des 12 cylindres qui mettent en mouvement toute la caisse. Expérience inoubliable. Nous ne nous attarderons pas sur les performances de la machine tout simplement extraordinaires et qui n'ont d'égal que la consommation de carburant !

TRANSMISSION
Issue de la dernière Diablo, la transmission intégrale à viscocoupleur central ne change pas. L'autobloquant mécanique arrière est taré à 45%, l'avant à 25%. La boîte placée dans le prolongement du V12 monté à l'envers entre à l'arriére de l'habitacle, à peu prés jusqu'au levier de vitesse et adopte un inédit 6ème rapport. La grille de sélection devient ainsi plus conventionnelle (1ère en haut à gauche). La sélection des rapports a été améliorée. Les ingénieurs se sont efforcés d'adoucir la commande de boîte mais il ne s'agit toujours pas d'un modèle de rapidité. La Murcielago est néanmoins plus "douce" et il suffit d'ailleurs de passer la première pour remarquer que l'embrayage ne demande plus des jambes de footballeur. En revanche, la boîte séquentielle façon F1 est encore en développement.

COMPORTEMENT
Plus qu'un simple restylage, les évolutions apportées à la Murcielago sont profondes. La rigidité du châssis, point faible des modèles précédents a donc été considérablement augmentée (+100%!). Pour cela, la Murcielago adopte des renforts en carbone greffés sur son châssis tubulaire. Les éléments de carrosserie participent eux aussi à la rigidité par leur système de fixation. La suspension fait toujours appel à des triangles superposés aux 4 roues et à des amortisseurs Koni pilotés soit automatiquement, soit manuellement (4 programmes de tarages différents). Les points d'ancrage de la suspension avant ont été légèrement avancés, ce qui augmente l'empattement de 1,5 cm et profite à la tenue de cap. Les voies sont plus larges de 9,5 cm à l'avant et de 5,5 à l'arrière. La géométrie des trains, les tarages des ressorts (deux par roue arrière) et des amortisseurs ainsi que le diamètre des barres antiroulis sont spécifiques. Les superbes jantes de 18" adoptent des Pirelli P Zero Rosso en 245/35 ZR 18 à l'avant et 335/30 ZR 18 à l'arrière. Derrière ces jantes se cachent des freins à disques ventilés percés (355 mm de diamètre à l'avant et 335 mm à l'arrière) pincés par des étriers à 4 pistons et secondés par un ABS TRW doublé d'un répartiteur électronique nommé DRP. La puissance et l'endurance sont toutefois insuffisantes pour un tel missile. L'antipatinage TCS de série (déconnectable pour les puristes) agit sur la gestion du moteur grâce à un accélérateur électronique et évite les "burn-out" démesurés. Au final, si l'aspect sécuritaire est fortement renforcé par la transmission intégrale et les aides électroniques, le comportement de la Murcielago manque cruellement d'agilité car elle a délibérément été rendu sous-vireuse en entrée de courbe, tout en restant neutre en stabilisé et en sortie. L'avant refuse de s'inscrire dans la courbe et quand enfin il y consent, la ré accélération se traduit par un nez qui cherche l'extérieur. La direction peu incisive et le poids important (1.650 kg) de l'engin n'arrangent pas les choses... Sensible aux transferts de masses, la Murcielago permettra néanmoins au pilote chevronné de jouer de ce phénomène pour placer la voiture. A haute vitesse en revanche, la stabilité est irréprochable.

CONFORT
La première bonne surprise en s'installant à l'intérieur du "missile" provient de l'accès plus aisé grâce à l'angle d'ouverture plus grand (+10°) des portes en élytres et à l'abaissement du seuil de porte. Une fois calé dans le baquet, on remarque que la position de conduite est sensiblement meilleure, le volant et le pédalier étant plus dans l'axe du conducteur. Le nouveau tableau de bord transcrit l'influence d'Audi et on apprécie sa sobriété et sa qualité d'ensemble en progrès. En revanche, lorsque le V12 tourne à bon régime il fait rapidement aussi chaud que dans l'habitacle d'une voiture de course. Heureusement, la climatisation de série permet de rafraîchir l'atmosphère...

:: CONCLUSION
A peine plus civilisée que la Diablo, la Murciélago est une vraie Lamborghini. L'influence d'Audi, si elle est perceptible ne se ressent heureusement pas trop dans sa personnalité qui conserve tous les atouts et la démesure d'une authentique supercar à l'italienne. Totalement magique, les superlatifs manquent pour décrire un tel joyau automobile !

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