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L'ALTERNATIVE SEDUISANTE Mazda, avec
sa MX5, a relancé l'esprit du roadster, tel qu'on le concevait dans les
années 60. Profitant de cette brèche rouverte, FIAT lance la Barchetta
en 1995, avec une recette simple : un moteur pétillant dans un spider à
deux places aux lignes à la fois rétro, mais sensuelles.... Texte:
Frédéric VOURET- Photos: D.R. Il est clair qu'un vent de fraicheur
soufflait sur le groupe FIAT,
à l'époque. La Fiat Punto
trustait les trophées, la Bravo,
à la ligne originale annonçait déjà la future Alfa
147. Présentée en 1995, le petit roadster, Barchetta, fait sensation
au coté du Coupé et donnait à FIAT, l'une des gammes les
plus séduisantes des années 90. Deux versions sont proposées
avec un même moteur : la 16V et La Pack, mieux équipée. DESIGN
En 1990, sous la direction du bureau de style, dirigé alors par Chris Bangle,
FIAT esquisse les lignes d'un spider à 2 places, basé sur le soubassement
Tipo B. Cette base sera déclinée plus tard, pour la Punto. Après,
des errements esthétiques et techniques, le bureau de style gèle
les lignes, en 1993, de celle qui devait s'appeler Diavolina. Largement inspiré
de l'esprit MX5
et Lotus
Elan, le montage sera laissé aux bons soins du carrossier Maggiora,
tombé en même temps dans le giron de FIAT. L'intérieur fut
lui aussi, plusieurs fois repensé pour donner, au final, un design très
sobre et ergonomique. Le volant et le petit levier de vitesse, tout le deux recouvert
de cuir, tombent bien sous la main. Face au conducteur, le compte tours placé
au centre, est encadré par le tachymètre et les cadrans de jauge
à carburant et température moteur. L'ensemble du bloc est sur un
fond blanc du plus bel effet. L'ambiance reste typée sport avec des sièges
baquets au maintient remarquable et des compteurs ronds, à l'ancienne.
Le coté radical est quelque peu accentué par l'absence de tout accessoire
de confort à part les vitres électriques et le volant réglable
en hauteur, permettant une position de conduite idéale. Un habillage vinyle,
facile à entretenir et robuste, recouvre le sol ; enfin son chauffage efficace
vous met les pieds au chaud pour l'hiver. Coté toit, on est loin des CC
actuels, une simple bâche, très facilement repliable, vous mettra
à l'abris si le ciel se fait menaçant. Enfin, le coffre de 140 litres,
mais à l'ouverture étroite, accueillera les deux petits sacs des
passagers. MOTEUR Le pétillant moteur de 1747 cm 3 à
16 soupapes et admission variable est un concentré technologique, directement
issu du 5 cylindres de la Lancia
Kappa. Il équipait aussi la Fiat Bravo 16 v, avec un collecteur d'échappement
" moins course " Tonique, il a deux visages et
deux mélodies
caractéristiques. Des grondements sourds sous 4000 tours, sa voix se mue
en hurlements aigus lorsque l'aiguille du compte tours flirte avec les 7000 tours/mn.
FIAT n'a pas oublié que la sportivité passe aussi par une sonorité
d'échappement au diapason. Ce 4 cylindres de 130 ch offre aussi des accélérations
capables d'en surprendre plus d'un et des reprises franches. Le poids contenu
de la voiture et l'étagement judicieux de la boite à débattement
court (avec verrouillages " virils "), en sont pour beaucoup pour l'agrément
général. Les souplesses de relance, même à bas régime,
sont presque inhabituelles pour un moteur 16 soupapes conçu, il y a presque
15 ans. CHASSIS Coté comportement routier, la précision
des trains roulant, allié à un freinage efficace, ne donne aucun
flanc à la critique. La Barchetta n'est pas piégeuse, avec un train
avant incisif et un train arrière soudé au sol. Mené aux
limites (très lointaines), ce dernier aurait une tendance à glisser
avec prévenance. Jugée moins joueuse et moins maniable que son ennemie
héréditaire, la MX 5, la Barchetta n'en demeure pas moins une auto
facile à conduire et à vivre. Mais, les meilleurs trains roulants
ne peuvent s'exprimer au mieux que dans un châssis rigoureux. Ce serait
un des points de faiblesse de conception. Les mauvaises routes bosselées
sont autant de chocs sévèrement retransmis dans la caisse et dans
la direction. Décapotée, le phénomène est encore plus
marqué, avec des vibrations inquiétantes du pare brise. Mais, il
faut quand même replacer les choses à leur juste place. Il est clair
que la Barchetta n'est pas conçue pour " attaquer ", mais pour
rouler, pourquoi pas à rythme soutenu, sans " violence ". Et
là, il faut avouer qu'elle excelle dans l'exercice. Décapotée,
à son volant, elle reste franchement grisante à mener, les oreilles
bercées par les gammes du 4 cylindres. Capotée avec sa bâche
pliable en un clin d'oeuil, la vie a bord reste justement " très vivante
". Les bruits d'air envahissent l'habitacle assez rapidement, les "
coins coins " divers gémissent à chaque raccord de chaussée.
Pour résumé, l'ambiance générale est franchement craquante,
loin des canons aseptisés actuels ; la Barchetta vit et le fait savoir. ACHETER
UNE FIAT BARCHETTA Il faut
bien reconnaître que les petits défauts relevés ça
et là, ne font que rajouter au charme de ce roadster, un peu comme les
dépôts nobles des grands vins ! Fiabilisée au fur et mesure
des années, les modèles après 1997 sont à privilégier.
En effet, des modifications de la distribution ont été apportées,
quelques cas de rupture prématurée ayant été constatés.
Cela n'a pas empêché les claquements lors des démarrages à
froid, mais sans incidence sur la vie du moteur qui s'avèrera d'une fiabilité
exemplaire si on lui apporte un tant soi peu d'attention. Pour le reste, et à
l'inverse des idées reçues, la Barchetta demeure une auto très
agréable à mener. Même si la finition parait légère,
les matériaux vieillissent bien, de même que les accessoires intérieurs.
En revanche, la vigilance sera de mise pour le coût des pièces détachées,
vraiment élevé et peu répandues au regard du nombre de Barchetta
construites. Mais, c'est souvent le cas pour toutes les voitures un peu particulières.
Injustement boudée, sous cotée en occasion par rapport à
la concurrence directe, la Barchetta mérite plus qu'un détour. Sa
cote d'amour en retrait la transforme en une vraie bonne affaire pour qui recherche
un " vrai " cabriolet sportif, à la ligne originale et aux performances
intéressantes. L'AVIS DU PROPRIO... "Depuis 3 ans,
je suis l'heureux propriétaire d'une Fiat Barchetta de base achetée
d'occasion. Pas d'ABS, pas de clim, pas condamnation centrale des portes, bref,
la version à la dure ! C'est ma première FIAT. J'ai fais fi de tous
les avis à propos de cette marque à la réputation discutable
et j'avoue ne pas avoir été déçu par cette voiture.
De la pèche, un moteur agréable, à mes yeux, elle représente
le vrai plaisir de conduire, aujourd'hui en voie de disparition. Elle affiche
fièrement ses 123000 km et j'en ai fait 43000 ; mais grâce à
un entretien méticuleux du proprio précédent et du mien,
elle n'a absolument connu aucun problème. Et pourtant, j'ai tout fait avec
elle. Mer, montagne, autoroute (l'autoradio demeure un accessoire inutile), j'ai
sillonné le pays et certains pays frontaliers à son volant. De l'entretien,
j'ai changé les 2 amortisseurs arrières suite à un nid de
poule vicieux abordé à une certaine vitesse par forte chaleur. J'ai
aussi changé la durite d'admission d'air craquelé (défaut
général chez Fiat) qui me déréglait le régime
moteur. Cette semaine, je lui change les 4 pneus et la courroie d'alternateur.
Bref, rien de bien méchant ou plutot rien d'anormal. Si j'ai un reproche
à lui faire, c'est le coût des pièces détachées
prohibitif. J'ai ainsi pu constaté que, au hasard, un silencieux d'échappement
arrière coûte plus de 500 € TTC, qu'un joint de bâche
de 60cm coûte 85 €. A propos de la bâche, le changement de lunette
arrière frise les 1000 € (ça, en revanche c'est du vécu
!) Je n'ai pas grand-chose à rajouter, à part le fait que je me
retourne encore pour la regarder quand je viens de la garer et que je la trouve
vraiment sexy. Je ne suis pas le seul car, ma compagne craque tout autant sur
elle. Fiable, assez sobre au vu des performances (8.3l en moyenne), elle m'apporte
un vrai bonheur automobile, même si elle est responsable de la perte de
la moitié de mes points ! Enfin, elle m'a remercié avec un passage
au contrôle technique parfaitement vierge de tout défaut. Je ne saurais
trop la conseiller à celle ou à celui qui recherche une auto vraiment
sympa, qui sort de l'ordinaire automobile des années 2000." ::
CONCLUSION Remaniée en 2003, la Barchetta n'est plus fabriquée
depuis 2005. Déclinée en version de base, pack, Naxos ou Consecrazione
(l'ultime version), elle répondra aux attentes des aficionados des roadsters
racés et surtout vivants, pour une mise de fond raisonnable
aujourd'hui
!... CHRONOLOGIE
1995 : Présentation de la Barchetta. Version standard et Pack avec
ABS, condamnation centrale. Une seule motorisation 1747 cm3 130 ch 1997
: " Limited Edition ". Version numérotée. 500 vertes
à capotes beige et 2000 Grises à capote rouge. Reprenant l'équipement
Pack, avec en plus intérieur cuir et windstop pour l'essentiel 1999
: Versions limitées. Nommées Lido et Riviera, ces versions non
numérotées présentent des jantes alliage spécifiques
et intérieur cuir quadrillé. 2000 : Modification de la
malle arrière avec l'apparition du troisième feu stop 2002
: Version Naxos. Haut de gamme. Avec climatisation, jantes spéciales, autoradio
avec subwoofer
. 2003 : Face lift avec nouvelle calandre, nouveaux
pare chocs avant et arrière. 2005 : Version Spider Europa, full
Option livrée avec Hard Top. Arrêt de la production et ultime version
Consecrazione
CE QU'ILS EN ONT PENSE :
"Sans tomber dans le travers des formes froides, abruptes, archaïques,
la Barchetta a la beauté des objets dénudés. A son volant,
on retrouve des sensations oubliées et fortes !" Le Moniteur
Automobile - juillet 1998 - Fiat Barchetta. Liens
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