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LE DERNIER V6
Voiture à part dans la chronologie Ferrari, les coupés Dino 206 GT et 246 GT jouissent d'une forte cote auprès des passionnés malgré leur statut initial de "Ferrai populaire". En effet, créée spécifiquement pour le petit moteur V6 imaginé par le fils d'Enzo, la marque Dino se veut plus accessible que Ferrari. Bien que conçue et réalisée à 100% chez Ferrari, la Dino 206 GT ne porte aucun écusson du cheval cabré. C'est la première Ferrari de route à ne pas être équipée d'un moteur V12, ce qui lui vaudra le sobriquet de Ferrari du pauvre... à l'époque. Une mauvaie publicité au sein des puristes de la amrque qui n'entâchera toutefois pas la renoméme de ce modèle mis en scène par l'acteur Tony Curtis dans la célèbre série télévisée "Amicalement Vôtre"...
Texte: Sébastien DUPUIS
- Photos: D.R.
Malgré son appellation GT, la Dino 246 de Ferrari reste très proche dans sa conception et sa conduite d'une authentique voiture de course des années 60-70. Comprenez que les longs-trajets vous offriront surdité et mal de dos ainsi qu'une grosse suée par temps chaud ! Mais à priori, ce n'est pas grâce à ces traits de caractère que la Dino a connu un succès sans précédent dans l'histoire de Ferrari. On lui trouve en effet, outre un tarif plutôt compétitif, un comportement routier équilibré, neutre et agile, à la faveur de sa mécanique implantée au centre. C'est cette ambiance course inimitable, doublée de la sonorité fantastique et du caractère vif de son V6 qui compenseront des faiblesses désormais bien connues de tous ses propriétaires. A ceux qui ont eu la chance de l'utiliser qu quotodien à une époque de vitesse libre (ou presque), elle laissa des souvenirs émus et toujours bien vivaces autant que des anecdotes roccambolesques. Une voiture passion, que nous avons choisi de vous présenter en fonction de ces principales évolutions.
DINO 246GT Série I / Tipo L
Bien que visuellement identique à la Dino 206 GT pour le profane, la 246 GT (Tipo 607L) lui succéde avec diverses améliorations dont notamment un moteur plus gros (Tipo 236L). La cylindrée est portée à 2,4 litres, par augmentation de la course et de l'alésage et le bloc est désormais en fonte. Ce moteur est gavé par 3 carburateurs Weber double corps et développe désormais 195 ch à 7600 tr/min. A la fois plus puissant, plus souple et plus docile, il donne entière satisfaction. Cette mécanique propulsait la Dino jusqu'à 240 km/h et lui permettait d'abattre le 0-100 km/h en à peine plus de 7 secondes. Il est surprenant de constater que ces chiffres sont toujours impressionnants aujourd'hui. Ce moteur, Enzo Ferrari acceptera à contre-coeur de le fournir à un autre constructeur, pour animer la non moins légendaire Lancia Stratos. On le retrovue également dans la Fiat Dino Spider. La Ferrari 246 GT palliait également différents problèmes de jeunesse de la 206 GT. La carrosserie en acier devait remplacer celle en aluminium pour les besoins de la grande série. En réalité, beaucoup de Dino 246 GT Tipo L furent livrées avec la carrosserie en alu ou au moins les capots en alu. le bouchon de réservoir est également masqué sous une trappe. En cours de production, la monte pneumatique passe de 185 à 205/70, toujours en 14" de diamètre. A cette occasion, la Ferrari Dino reçoit également une barre stabilistrice arrière plus grosse et des suspensions plus fermes. Enfin, on procède à un allongement de l'empattement de 60 mm (2m34 au total) et des porte-à-faux, ce qui conduit à un allongement lobal de 94mm (4m23) bénéfique à l’habitabilité ainsi qu’à la stabilité à grande vitesse. La contrepartie est un poids qui enfle de 50 kg environ.
DINO 246 GT Série II / Tipo M
La Ferrari Dino 246 subit une seconde évolution au millésime 1971, identifiée sous le code Tipo M et appliquée à partir du châssis 1118. Pour commencer, la carrosserie évolue peu stylistiquement mais ne dispose plus désormais d'aucun élément en aluminium. Les essuie-glaces ne sont plus chromés mais noir et il n'y a plus qu'un seul feu de recul. Les jantes, auparavant fixées par un écrou central (knock off) évoluent vers un système de fixation à 5 boulons et se distinquent par leur cache moyeu orné du logo Dino. La Ferrari Dino troque également ses disques Girling pour des Ate. La production des Dino 246 GT conduite à droite démarre avec le tipo M, 62 exemplaires seront réalisés. Pour rédurie les coûts, Ferrari remplace le cuir des sièges dont les appuie-tête sont incorporés par du simili noir. Apparaissent dans l'habitacle à ce moment les poignées d'ouverture du coffre et du capot moteur ainsi que le repose pied côté passager et les commandes de ventilation sur la planche de bord. On note également le rajout de bacs vide-poches dans les portières, issus de la Fiat 500.
DINO 246 GT Série III / Tipo E
Dernière évolution de la Ferrari Dino, la série III ou Tipo E apparaît au second semestre 1971. Le succès de la 246 GT ne se dément pas malgré une concurrence dynamique (Porsche 911 S, Alfa Romeo Montreal, Lamborghini Urraco, DeTomaso Pantera) et la production est passée de 3 voitures par semaine à 3 voitures par jour ! Esthétiquement, on note encore quelques évolutions et ces versions se reconnaissent principalement à leur calandre à coins plus carrés et aux pare-chocs qui ne rentrent plus à l'intérieur. Le positionnement des essuie-glace revient à un mouvement plus conventionnel. A l'arrêt, le croisement central est remplacé par le classique calage à droite. Les serrures de portes sont maintenant placées sous les écopes latérales et non plus à l'intérieur de celles-ci. La Ferrari Dino 246 GT Tipo E perd une pompe à essence (simple au lieu de double) et revoit l'étagement de sa boite de vitesses (pont plus court). La nouveauté la plus significative est l'introduction en mars 1972 d'une nouvelle version de carrosserie baptisée GTS (voir encadré ci-dessous). Ferrari propsoe également de nouvelles options, comme les jantes plus larges Campagnolo et des extensions d'ailes de type Group 4. Plus tard cette même année, Ferrari propose l'option sellerie "Daytona", dont le cuir et le design reprend celui de la célèbre V12 de Maranello. La production des 246 GT et 246 GTS est finalement arrêtée en 1974, avec un total de 3700 exemplaires, dont 1431 Tipo E.
DINO 246 GTS
En 1972, Ferrari introduisit la 246 GTS. Cette version "Spyder", d'où le "S", est en rélaité inspirée du toit Targa de la Porsche 911. Le toit amovible se range derrière les sièges. Pour compenser son absence, le châssis a été rigidifié au niveau des berceaux moteur et de l'arceau situé derrière les passagers (obligeant à supprimer les custodes), le surpoids officiel étant de seulement 20 Kg. Les nouvelles options de confort proposées caractérisent une clientèle différente du coupé pour cette Ferrari plus bourgeoise.
ACHETER UNE FERRARI DINO 206 / 246 GT
Si vous n'avez pas un talent certain pour la mécanique, n'envisagez pas de restaurer vous-même une Dino, car autant dire que la route sera longue, coûteuse et complexe. Ceci étant dit, les beaux exemplaires ne manquent pas sur le marché et la cote ayant grimpé ces dernières années dans des proportions très importantes, l'acheteur est en droit d'exiger un véhicule en parfait état. Parfait état qui passe donc par quelques précautions pour ne pas supayer une voiture passablement restaurée. Toute d'abord, les pièces de carrosserie et diverses pièces mécaniques en aluminium résistent par nature très bien au temps. En revanche, leur remise en état d'une Dino ne se fait pas dans le premier atelier venu. C'est une affaire de spécialistes. Faisant de plus en plus appel à l'acier, les Dino sont devenues avec le temps de plus en plus sensibles à la rouille, notamment au niveau des arches de roues, des casquettes de phares. Certaines pièces telles que le sportes ou les capots ont été refabriquées par Ferrari mais il existe aussi un petit réseau d'indépendants qui produisent le nécessaire pour ne pas se trouver à court de pièces. Côté mécanique, il n'y a pas de crainte particulière à avoir, le V6 Dino éprouvé en compétition se montrant plutôt endurant (ce qui signifie qu'on ne devra pas l'ouvrir avant 90-100.000 km). Cependant, la piètre accessibilité mécanique (et le coût élevé des opérations dans le réseau Ferrari) a pu conduire certains propriétaires de seconde main à négliger des opérations de la vie courante, ou à les reculer, réduisant au final la durée de vie de la belle mécanique. Les points sensibles sont la lubrification (surtout si consommation d'huile) et la distribution (usure des cames). L'allumeur Marelli ou Dinoplex présentent également une usure rapide. Le principal facteur risque du moteur reste son manque de refroidissement dans certaines conditions, qui mettent à mal le faisceau électrique (déjà léger d'origine) et les carburateurs par exemple. Les incendies n'étaient d'ailleurs pas rares en Dino... Enfin, la boîte manuelle 5 rapports présente rapidement un mauvais fonctionnement connu du synchro de seconde.
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CONCLUSION
Jouissant d'une énorme cote d'amour, les berlinettes Dino 246 GT et GTS ne sont pas particulièrement bon marché aujourd'hui. Pour autant, leur état diffère parfois dans des proportions non négligeables et compte-tenu de leur fiabilité toute italienne, il faudra abuser de prudence. Ceci étant, cette petite sportive agile et rapide devrait vous offrir un plaisir de conduite supérieur à nombre de Ferrari V8 ou V12, plus puissantes et performantes sur le papier, mais nettement moins communicatives volant en main. A n'en pas douter, il s'agit là d'un must de la production des années 60-70 et la dernière Ferrari à moteur V6. La cote reflète malheureusement cet état de fait...
PRODUCTION FERRARI DINO 246 GT / 246 GTS
246 GT (1969-1974) : 1213 exemplaires dont :
Tipo L (1969-1971) : 357 ex
Tipo M (1971) : 506 ex
Tipo E (1971-1974): 1624 ex
246 GTS (1972-1974) : 1274 exemplaires
L'Automobile Sportive remercie la société RM Auctions pour la mise à disposition de certaines photos de ce dossier : www.rmauctions.com
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