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STARLETTE A L'AMERICAINE...
Dans les années 1960, Opel a une image de constructeur d'autos
solides mais sans glamour. Sous l'impulsion de la maison mère Général
Motors, Opel va donc développer une politique de gamme sportive
: Coupés Kadett, Rekord et Commodore sont prévus, ainsi qu'un délicieux
projet : l'Opel GT...
Texte:
Sébastien DUPUIS / Pascal GRIMAULT - Photos: D.R.
Avec ses airs de bolide US, l'Opel GT ne manque pas de sex appeal,
malgré des mécaniques qui n'ont rien des big blocks
Chevrolet. C'est une belle voiture, qui a rencontré à
son époque un vif succès parce qu'elle proposait un
excellent rapport prix/plaisir. Ceci n'est pas le fruit du hasard,
mais d'une intense reflexion menée chez Opel pour redorer
le blason de la marque et la dynamiser par le biais d'une production
de voitures de sport abordables. Ce pari, l'Opel GT l'aura réussi
et distille aujourd'hui encore un doux parfum d'amérique
à tous ceux qui croisent ses courbes sensuelles...
DESIGN
Elève de Bill Mitchell (désigner GM), Clare McKigan
est dépêché chez Opel pour élaborer un
prototype de salon destiné à promouvoir la nouvelle
image d'Opel. Chuck Jordan, aussi connu pour être l'auteur
de la Chevrolet Bel Air 57, la Chevy Camaro, et l'Opel Manta, est
également affecté à ce projet. Le centre de
style Opel qui travaille depuis 1962 sur le lancement d'une voiture
de sport, réalise donc un premier prototype qui au salon
de Francfort 1965 est présenté sous le nom de "Expérimental
GT". Il s'agit d'un chassis de Kadett doté d'un 1,9l
de 90ch et d'une carrosserie à la ligne "Coca Cola".
Le prototype enthousiasme les concessionnaires, mais Opel n'envisage
pas encore la production de l'engin. Il faudra une étude
de marché trés favorable à la production d'un
coupé deux places et l'aval d'une réalisation techniquement
basée sur le châssis de la Kadett et exploitant de
nombreuses pièces de la Rekord pour que la firme au blitz
donne son feu fert. En 3 ans les ingénieurs mettent au point
la nouvelle Opel GT, via la construction de 2 prototypes, afin de
tester l'incidence du positionnement plus en avant du moteur sur
la base de Kadett que ne le souhaitaient les ingénieurs.
Les 2 prototypes furent testé sur le Nurburgring par Hans
Hermann, pilote chez Porsche, et il fut alors décidé
de reculer l'implantation du moteur de 40 cm sur le châssis
pour qu'il soit plus en phase avec le comportement sportif recherché.
En Septembre 1968, le modèle est lancé en deux versions
(1,1l/60ch et 1,9l/90ch) et aborde une carrosserie respectant dans
les grandes lignes celle du prototype. Une véritable marée humaine
se pressait sur le stand Opel pour admirer le nouveau coupé aux
lignes basses, félines comme sculptées par le vent. C'était il y
a presque 40 ans. Développé à partir d'un show-car déjà exposé au
salon de 1965 pour tester l'accueil du public, ce coupé, réalisé
à partir d'une base de Kadett Rallye, était c'est vrai, beau à couper
le souffle, avec son museau allongé, son capot à bossage, ses portières
autoclaves (déjà), ses projecteurs escamotables faisant songer à
une Chevrolet
Corvette en réduction. Le travail aérodynamique réalisé
en soufflerie a en effet permis d'obtenir une ligne à la
fois équilibrée et dynamique tout en préservant
une habitabilité et un coffre décents. Le choix des
phares escamotables tient en fait à une raison plus technique
qu'esthétique. Ils permettaient d'obtenir la hauteur légale
tout en ayant un capot très bas et plongeant. De plus, ils
favorisent l'aérodynamique lorsqu'ils ne sont pas utilisés.
Toutefois, la norme américaine réclamait une mise
en action en 3 secondes maximum. Clang ! Dans un bruit de tôle
et de ferraille, le système de basculement mécanique
se fait sur un axe horizontal, (telle la Jaguar
XJ220 !) et non vertical comme sur le prototype d'origine et
la plupart des grandes GT utilisant les feux escamotables (Ferrari
Testarossa, Porsche
928). Notre belle d'un jour prend alors soudainement un regard
de batracien avec deux pupilles bien rondes. Fabriquée en
France, l'Opel GT doit sa carrosserie à CHAUSSON, les contrôles
, la peinture, le garnissage intérieur et la sellerie à
BRISSEAUNNEAU & LOTZ, qui avait déjà fait preuve
de son talent en transformant une Rekord 1700 coupé en cabriolet
4 places à capote électrique. Les usines de Rüsselsheim
ne pouvait en effet pas satisfaire la forte demande, notament des
Etats Unis qui engouffraient 70% de la production. Ensuite elles
étaient expédiées par chemin de fer aux usines
OPEL de BOCHUM, en allemagne de l'ouest, où elles recevaient
la totalité des éléments mécaniques.
L'habitacle est spartiate mais la position de conduite basse et
les baquest au maintien ferme donnent tout de suite l'impression
de piloter une grosse sportive. Le petit volant à 3 branches
en alu avec sa jante garnie de cuir possède lui aussi son
petit côté "made in usa" bien agréable
MOTEUR
Sous le capot plongeant, deux moteurs étaient proposés.
Soit un 1100cm3 60ch DIN, sans grand caractère, soit un 1900cm3
de 90ch DIN et 149 Nm, emprunté à la Rekord 1900.
En fait c'est seulement dans cette motorisation plus en adéquation
avec les lignes très évocatrices qu'elle fut vendue
en France. D'ailleurs peu de temps après le lancement, Opel
abandonna définitivement la 1100, la remplaçant par
une 1900 un peu dépouillée baptisée GT/J pour
junior. L'Opel GT 1900 rencontra sur tous les marchés un
succès véritablement phénoménal. Il
est vrai qu'elle n'était pas partie sans biscuits, affichée
à un prix hyper-compétitif et se relevant à
l'usage, non seulement, on s'en doute, très robuste, mais
aussi très économique grâce à sa mécanique
de série qui autorisait quand même 185km/h, une vitesse
plutôt élevée, il y a 30 ans. Certes, on imagine
sous cette robe évocatrice d'amérique et de gros V8,
un moteur autrement plus costaud qu'une petit 4 pattes atmo de 1,9L.
On est effectivement en droit de déplorer l'absence d'une
émcanique plus téméraire, le 1.9 Opel n'ayant
rien de la bête furieuse avec son couple maxi délivré
à 2800 tr/mn seulement et une puissance maxi, modeste, atteinte
à un régime non moins diésélique. Mais,
forte de son poids modéré (940 kg) et de son aérodynamique
travaillée, l'Opel GT affiche à l'époque de
bonnes performances, surtout pour son niveau de prix. En cinq ans
de production, 103463 unités auront été fabriquées,
un chiffre exceptionnel vu la vocation limitée de ce petit
coupé 2 places, prouvant que la clientèle y trouvait
son compte. Mais pour combler ce manque, certains eurent l'idée
de monter quelques kits, par le biais des préparateurs, dont
le plus célèbre est sans doute Steinmetz. Steinmetz
proposait en effet, comme d'autres préparateurs de l'époque, des
kits pour la GT, moteur et carrosserie étaient alors revus.
Un kit turbo, qui coûtait a l'époque 3000DM, faisait grimper la
puissance à 160ch et pouvait même aller jusqu'à 250ch. Plus raisonnablement,
on avait aussi un moteur alimenté par deux gros Solex de 48 type
DDH. C'est une culasse Crossflow qui donnait au moteur une puissance
de 200ch à 7200tr/min. Le taux de compression grimpait alors à
10,5:1 contre 9,5 d'origine.
CHASSIS
Le tunnel en soufflerie confirme la justesse des formes ; et le
comportement routier la construction du châssis. A l'avants suspension
à roues indépendantes avec trapèzes transversaux. A l'arrière, essieu
rigide à voie et carrossage constant, avec jambes longitudinales,
barre transversale, ressorts hélicoïdaux et amortisseurs à haut
rendement, à gaz comprimé. Avec son moteur fortement décalé vers
l'arrière, la GT offre une maniabilité presque comparable à celle
d'une voiture à moteur central et c'est bien là que réside
son principal atout. Largement à la hauteur de la puissance
du moteur, le châssis de l'Opel GT permet de passer vite presque
partout, sans se faire peur et surtout, s'offrant de merveilleuses
sensations ! pour un peu, on se croirait au volant d'une Porsche
944 ou d'une autre grande GT ! Comme quoi, celle-ci porte bien son
nom. A partir de composants d'Opel Kadett, les ingénieurs
ont réussi le pari de créer une authentique voitrue
de sport. Bravo messieurs ! Pourtant, les petites roues de 13"
chaussées de modestes enveloppes en 165 mm de large n'ont
rien de particulièrement idéal pour contenir le roulis.
Mais la dérive est progressive, très facile à
maîtriser et parfaitement efficace. A l'inverse d'une Porsche
911 2.0
ou même d'une plus modeste 912
de l'époque, on ne se bat pas avec le volant pour enrouler
une courbe à bonne allure et il ne faut pas un brevet de
pilote pour commencer à prendre du plaisir en pilotage pur.
ACHETER UNE
OPEL GT 1900
Le total de production tous modèles confondus, fait état
de 103373 exemplaires, dont plus de 70000 ont été
vendus aux états-unis. Malgré ce volume de production
très important, assez peu d'Opel GT circulent en France de
nos jours. La cote du modèle conserve donc une valeur de
revente soutenue, mais pas innaccessible. Comptez entre 3 et 10000
euros, réciproquement pour un modèle à restaurer
et une auto en état concours. Parmi le sprécautions
d'achat et d'entretien à retenir, citons la jonction des
portières et du toit sur et sous le joint, c'est un endroit
qui héberge facilement les moisissures. Les bouchons de plancher,
facilement démontables, permettentde drainer l'eau qui pourrait
se trouver à l'intérieur de la voiture. Les remplacer
s'ils sont abîmés car ils assurent l'étanchéité
et préviennent les risques de rouille. Vérifier l'état
de la mousse d'isolation qui est un véritable nid à
rouille si elle est humide. Enfin, les commande de chauffage se
montrent fragiles. Inspecter s'il n'y a pas de début de cassure,
ni de dysfonctionnement. L'identification d'un modèle passe
par une reconnaissance des numéros de châssis : Distinguez
les Opel GT 1100 (de septembre 1968 à 1969) qui commencent
par 931. Elles sont rares (3573 exemplaires) mais leur intérêt
mécanique est très limité. Nous vous conseillons
vivement d'opter pour une Opel GT 1900. Le manuel d'atelier d'Opel
donne les numéros suivants : GT-A (1100cm3) 931 588 603 à
932 279 710, GT-AL (1900cm3) 941 587 440 à 942 261 813, GT-J
(1900cm3) 772 265 862 à 773 307 290 et 792 264 500 à
793 308 125. Notons que les GT/J (Mars 1971, août 1973) n'ont
pas des numéros spécifiques. Sachant que la GT/J n'a
pas été commercialisée en France, cela explique
le peu de GT/AL de 1972 et 1973. Donc il vaut mieux regarder à
2 fois si on veut acheter une Opel GT/J (vérifier la coordonnance
entre les n° de châssis et la carte grise ainsi que les
équipements spécifiques à cette dernière).
:: CONCLUSION
Fait étonnant, rare même, c'est déjà de son vivant, qu'elle devint
une voiture de légende. Aujourd'hui, elle jouit toujours d'un véritable
culte auprès de nombreux collectionneurs européens réunis en clubs
spécifiques dont le slogan publicitaire était "Seul le vol est plus
beau". Séduisante par sa ligne et assez rare dans notre pays,
l'Opel GT offre tout le charme des années 70 pour un budget
d'entretien et d'achat réduits. Ses performances correctes
et son châssis équilibré permettent de se faire
plaisir sur petites routes, et c'est bien là l'essentiel
à nos yeux pour qu'elle mérite encore toute notre
attention.
> EN MARGE DE LA SERIE |




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OPEL
GT AERO, ELEKTRO ET DIESEL !
Il n'existe
au monde que deux véritables Opel Aéro fabriqués par
Opel. Une Aéro Bleue et une Orange qui servirent de vitrine
publicitaire à l'époque pour soutenir les ventes de
la GT. La première Aéro Bleu fut fabriquée par le carrossier
Michelotti. L'Aéro
GT Orange fut fabriquée par le carrossier Fissore.
L' électro GT n'appartient pas a Opel GM mais a M.
Georg Von Opel. Il a laissé le soin a Opel de gérer
tout ce qui concerne le véhicule. Opel peut en disposer
comme bon lui semble pour toutes manifestation ou show
mais en contre partie Opel assure la maintenance, l'entretien
et le cas échéant la restauration à ses frais. On peut
la voir au musée de Rüsselsheim en Allemagne.
Après 1972 Plusieurs raisons ont motivé l'arrêt prématuré
de la production les nouvelles normes aux Etats Unis
(nouvelles lois d'homologation portant sur la sécurité
et l'environnement : l'Opel aurait dû adopter de gros
bouclier et subir d'innombrables et coûteux crash-test,
ainsi qu'une dépollution pour le moins castatrice),
le rachat de Brissoneau et Lotz par Renault. Déjà en
1971, une GT Electrique effectua des essais et, en 1972,
une GT Diesel battit de nombreux records sur piste avec
Marie Claude Beaumont, Paul Frère et Henri Greder entre
autres.
Plus intéressant en 1975 fut construit le prototype
GT2, futuriste pour l'époque, qui servit de base aux
Manta et Ascona et dont on retrouve parfois des prospectus
très rares. Les portes étaient coulissantes avec
poignée insérée dans le rétroviseur. Il y avait 4 places
et un hayon. Les instruments de bord étaient digitaux.
La justification des portes coulissantes étaient de
pouvoir garer 3 voitures sur 2 places. Il
y eu aussi la GT/W (Wankel), dite Genève, avec le fameux
moteur rotatif. Opel envisagea alors de produire une
nouvelle « GT/2 », dessinée par Henry C Haga, qui connut
un véritable succès et un triomphe au Salon Internationale
de l'Automobile, en septembre 1975. |
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Liens conseillés sur
OPEL GT 1900 : www.entraideopelgt.fr.st
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