|
LA DERNIERE CHANCE... Arrivant
en plein déclin des petites GTI, la Fiesta Turbo entendait bien s'imposer
à la tête d'une catégorie dominée depuis trop longtemps
par la 205 et la Golf. Ford espérait encore une fois s'imposer en pariant
notamment sur un style aguicheur, un équipement complet, une puissance
supérieure et un prix de vente modéré... Texte:
Sébastien DUPUIS - Photos: D.R. Basée sur la 3ème
génération de Fiesta, la RS Turbo est l'ultime évolution
sportive d'une généalogie démarrée avec la Fiesta
XR2 en 1981. Elle en reprend d'ailleurs comme base mécanique le 1.6
suralimenté de l'Escort RS Turbo, pour faire face aux nouvelles reines
du segment des petites
GTI : la Renault 5 GT
Turbo et la Peugeot
205 GTI 1.9L. Une partie pas gagnée d'avance... DESIGN
Assurant le rôle de sportive au sein de la gamme Fiesta, la Turbo se place
au-dessus de la XR2i et en reprend quasi intégralement la présentation
sympathique, un équipement complet et surtout un prix compétitif.
Bref, tous les arguments commerciaux de Ford sont encore une fois réunis
pour tenter d'accrocher le succès rapidement. Le PDG de Ford à l'époque
la présente à la presse comme "surpuissante".
Le décor est planté, ça promet ! Effectivement si on s'en
fie à son style exacerbé, la sportivité semble de mise :
Boucliers larges, deux paires antibrouillard + longue portée (rien que
ça !), jantes en alliage et pneus tailles basses, élargisseurs d'ailes
avec juppes latérales, grosse sortie d'échappement, petit becquet.
La totale côté look pour mieux séduire une clientèle
jeune et autant soucieuse de son image que du réel niveau d'efficacité
de l'engin. Les coloris disponibles sont à l'avenant, rouge, noir, gris
et blanc. L'habitacle se montre mieux fini que celui d'une 205 mais il manque
un volant et une instrumentation plus sportifs ! En revanche les sièges
signés Recaro offrent un bon maintien, l'équipement de série
et la qualité de fabrication sont dans le haut du pavé. MOTEUR
Le
1.6L turbo de la Fiesta développe 133 ch à 5500 tr/mn et un couple
intéressant de 18,7 Mkg. Déjà connu sur la XR2i le bloc reçoit
une injection électronique et un petit turbo Garrett T02 avec échangeur,
ce qui le différencie du moteur de l'Escort turbo qui possède, elle,
un Garett T03. Les réglages d'injection et d'allumage sont aussi légèrement
différents. A l'usage cette mécanique est très agréable.
Souple, puissant et disponible sur une large plage d'utilisation il est bien servi
par une boîte judicieusement étagée.
Très nerveuse sur les premiers rapports (patinage garanti !) la Fiesta
excelle également en reprises. Regret : son moteur plus silencieux que
celui de la xr2i grâce au turbo émet une sonorité peu flatteuse
et manque de brio passé les 5500 tr/mn.
Les
performances sont excellentes, à l'inverse de la commande de boîte,
floue et accrocheuse. Comme le confirme le chronomètre, la puissance et
le couple font la différence. 209 Km/h en pointe, 28"9 pour franchir
le 1000 m DA relevés par le magazine Echappement, la Fiesta écrase
la concurrence malgré un poids plus élevé, une aérodynamique
d'armoire normande et une motricité franchement médiocre. CHASSIS
Le chassis peu efficace sur la XR2i pouvait laisser planer quelques doutes sur
le comportement de la Turbo. Même punition, en pire ! Malgré toutes
les critiques formulées dans la presse on retrouve mis en avant sur cette
version les défauts récurrents des Fiesta "sportives"
dès les premiers kilomètres. Pourtant la partie chassis a été
sensiblement retravaillée. Direction plus directe (3 tours 3/4 de butée
à butée), et démultiplication variant avec le braquage, ce
qui se montre très désagréable au premier contact, géométrie
du train avant modifiée (angle de chasse et de carrossage), suspension
arrière affermie ( - 20% de flexibilité) et dotée d'une barre
antiroulis de 16 mm (et 24 à l'avant), assiette abaissée de 10 mm,
tarage revu et pneus plus sportifs. Au final, l'amortissement plutôt dur
et inconfortable fait bonne impression tant que la route est belle. Par contre
les routes bosselées arrivent rapidement à dissuader le pilote d'augmenter
l'allure... De même en courbe la Fiesta Turbo est difficile à dompter.
En entrée de virage c'est l'arrière qui décroche suite au
transfert de masses. Bien. Après les choses se gâtent : A l'accélération
l'avant se trouve débordé et la Fiesta tire tout droit. Vu que la
direction se raffermi avec l'angle mieux vaut rester bien cramponné au
guidon ! La Fiesta Turbo c'est du sport... mais pas dans l'efficacité et
la sérénnité la plus complète ! Par ailleurs, la motricité
est trop souvent dépassée par la cavalerie en raison d'une monte
pneumatique sous-dimensionnée et d'un couple débordant entraînant
des réactions brutales difficilement contrôlables. On regrette vraiment
l'absence de différentiel autobloquant dont bénéficiait l'Escort
Turbo. Le freinage à disques ventilés à l'avant qui parait
puissant est aussi très peu endurant et on s'étonne de trouver encore
de vieux tambours sur une sportive de 133 ch. Politique d'économies confirmée
par un freinage "SAB" optionnel (ABS mécanique) peu sportif et
peu probant. Autant dire qu'il est dur d'apprivoiser le "fauve" et que
la Fiesta peut se révèler délicate à maîtriser
dans bien des situations. ACHETER UNE FORD FIESTA RS TURBO
Plutôt fiable, la Fiesta RS pêche par les mêmes défauts
que ceux émis à l'encontre de la Fiesta
XR2i, à savoir une mécanique certes robuste mais qui requiert
un entretien suivi. Les vidanges doivent être faites en huile de synthèse,
ce qui était encore cher et rebutait les propriétaires les moins
fortunés. C'est hélas, le sort de toutes les sportives à
petit prix, elles finissent dans les mains de proprios peu soigneux et peu enclins
à mettre la main au portefeuille pour leur offrir l'entretien qu'elles
méritent. Il est ainsi aujourd'hui quasiment impossible de trouver une
Ford Fiesta RS Turbo qui n'a pas eu plus de 3 propriétaires et dont le
dernier possède toutes les factures permettant d'attester d'un entretien
suivi. Bien finie pour son époque, la Fiesta Turbo est pourtant une voiture
agréable à vivre, vive et plutôt confortable. Les moteurs
finissent tous par consommer de l'huile, à cause d'une faiblesse connue
au niveau des joints de queues de soupapes et le joint de culasse ne supporte
pas les surchauffes répétées. Par ailleurs, les amortisseurs
fatiguent rapidement et le train avant finit par émettre des bruits, tout
comme les freins, mais il ne faut pas s'en inquiéter. ::
CONCLUSION Sportive
arrivée sur le tard dans une catégorie où les références
étaient très dures à détrôner sans investissement
conséquent, la Ford Fiesta Turbo ressemble à un produit non fini.
C'est une Fiesta joliment présentée, équipée d'un
moteur brillant mais mal desservi par un comportement routier manquant cruellement
d'efficacité. La Fiesta Turbo se trouve aujourd'hui à bas prix sur
le marché de l'occasion mais vous voilà prévenus ! Liens
conseillés sur FORD FIESTA RS TURBO
: Ford.fr
- Site
de Ford Fiesta ST - Guide
des GTI et petites sportives Avec
Laurent Bunnik et sa collection inestimable de catalogues, trouvez tous ses catalogues
sur FORD FIESTA RS TURBO
: http://bunnik.club.fr/forfi101.htm
| >
EVOLUTIONS... |
|

|
LA FIESTA CONTINUE
Le succès enregistré
par Ford pour sa petite Fiesta, qui est fabriquée en Espagne, depuis 1977,
s'essouffle. Alors Ford pratique comme sur tous ses modèles un restyling
qui consiste essentiellement en une nouvelle face avant modernisée, de
nouveaux pare-chocs en plastique et un habitacle légèrement retouché.
Côté sport, Ford tient compte des critiques émises sur le
premier modèle Ford Fiesta XR2 MkI et le corrige sensiblement : nouveau
moteur plus puissant, châssis retouché, boîte 5
>>Lire
la suite sur le dossier Ford Fiesta XR2 MkII cliquez ici !! |
| CE QU'ILS EN ONT PENSE
: "Tandis que le train avant de la XR2i a déjà fort
à faire pour transmettre 110 ch au sol, celui de la Fiesta Turbo est tout
bonnement incapable de permettre une quelconque exploitation du pétillant
moteur. Le 4 cylindres de 133 ch est bien la seule réussite dans cette
petite Ford. Pratiquement impossible d'accélerer en ligne droite, même
sur le sec ! Scenario identique au freinage, particulièrement instable.
Si l'on ajoute un confort de suspension tout relatif, on comprend que la Fiesta
Turbo passe pour la moins douée des petites sportives sur le plan dynamique.
A tout prendre, autant choisir la XR2i ou, mieux encore, se porter vers une 205
ou une Clio." L'ACTION AUTOMOBILE - N°358 Septembre 1991 - ESSAI
FORD FIESTA XR2i/TURBO. "Ford a loupé
le coche. La Fiesta Turbo pouvait devenir la nouvelle Star de la catégorie.
Avec son look sportif, son équipement et surtout son fabuleux moteur, elle
disposait d'arguments de poids pour faire la différence. Malheureusement,
son comportement routier ets loin d'être à la hauteur de ce qui se
fait chez la concurrence. Pire, il nous semble inquiétant de proposer sur
le amrché des GTI une voiture qui, forte d'un tel potentiel en performances,
est aussi imprévisible que piègeuse dans ses réactions lorsqu'on
roule vite." ECHAPPEMENT - N° 262 Août 1990 - ESSAI FORD
FIESTA TURBO. |