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COUSIN
GERMAIN AMERICAIN
Depuis le rachat, pardon l'alliance,
de la Chrysler Corporation par le groupe Daimler-Benz, les synergies
de groupes ne s'étaient pas encore concrétisées.
Mais du chemin a été parcouru depuis et avec ce nouveau
coupé Chrysler Crossfire, la synergie de groupe prend enfin
forme, plutôt jolie d'ailleurs
Texte:
Gabriel LESSARD - Photos: D.R.
Chrysler possède une présence
pour l'instant relative sur le continent européen. Ce sont
essentiellement les monospaces Voyager et PT Cruiser et les 4x4
de la marque Jeep qui assurent le gros du volume de vente. Les berlines
et coupés ont toujours été très (trop
?) typés US. Avec le coupé Crossfire, Chrysler nous
dévoile un coupé à même de répondre
aux attentes des Américains et Européens. Avec une
ligne très personnelle issue du concept car du même
nom, des performances avenantes et un V6 mélodieux à
défaut d'être virile, ce Chrysler Crossfire motive
les troupes de Chrysler et se pose en véhicule image de première
force
Et pour les actionnaires de Daimler Chrysler il présente
l'avantage de reprendre nombre d'éléments certainement
déjà amortis, financièrement parlant.
LOOK CRAQUANT.
D'accord, entre l'étude
de style présentée dans les salons, et la version
définitive, l'excentricité et l'originalité
y ont laissé quelques plûmes. Nous sommes passés
d'une auto au look tout droit sorti des Cartoons US, pour obtenir
une auto conçue avec les contraintes de production et de
rentabilité. Mais soyons tout à fait sincères,
le résultat final est toujours exceptionnel et exotique à
souhait ! Avec son arrière trapu et ramassé et son
museau avant et ses ouies latérales, le Crossfire en jette
un maximum. Difficile de passer inaperçu avec. La calandre
signée Chrysler et ses optiques sous globes sont une vraie
réussite esthétique. Ni agressive, ni trop sportive,
le Chrysler Crossfire se démarque nettement du reste de la
production un peu à l'image de l'Audi TT. Les jantes aux
diamètres généreux ne sont également
pas étrangères dans le look de ce coupés US,
puisqu'elles assoient le Crossfire et contribuent à son air
trapu.
SLK BIS REPETITA !
Les habitués de la
marque à l'étoile ne seront pas dépaysés
à l'intérieur du Chrysler Crossfire. En effet, le
résultat de la synergie de groupe sur le Chrysler Crossfire
est la reprise intégrale de la plate-forme du SLK R170 (l'actuel
en fin de carrière
), y compris l'ensemble moteur-boîte
mais aussi son intérieur ! Toute la planche de bord a donc
été entièrement reprise et finalement seul
l'habillage de la planche de bord est différent. L'équipement
est plus riche en série comparé au SLK à son
lancement, et comme sur son cousin germanique, le volant est placé
trop bas et non réglable en hauteur. Pour compenser, les
hommes de Chrysler ont abaissé la position de l'assise des
sièges. Ces derniers sont d'ailleurs très confortables
et offrent des réglages en huit points.
MOTEUR
Si la ligne innove fortement,
sous le capot, c'est plutôt un sujet parfaitement maîtrisé.
Le V6 de 3,2 litres et développant 218 ch est le même
installé sous les capots de ses cousines étoilées.
A défaut d'être violent, il présente l'avantage
d'être onctueux, agréable à l'usage et très
mélodieux. Comme sur toutes grosses cylindrées, le
couple est appréciable avec plus de 30 mkg, contribuant ainsi
à la souplesse de fonctionnement. Deux transmissions sont
proposées avec la boîte mécanique à 6
rapports, bien étagée mais au maniement un peu rêche,
ou l'excellente boîte automatique à 5 rapports.
SUR LA ROUTE
Il est toujours tentant
de stationner quelques minutes devant des autos aux lignes innovantes
et excitantes. Après avoir fait plusieurs fois le tour du
Crossfire à l'arrêt, je descend dans l'habitacle. Un
coupé deux places est toujours quelque peu surprenant tant
ce concept est rare, surtout dans cette catégorie de GT.
Sous mes yeux s'étale la planche de bord reprenant point
par point celle du SLK. L'ensemble est agréable à
l'il et bien fini, mais le classicisme de la planche de bord
contraste nettement avec le style extérieur très personnel
du Chrysler Crossfire. Allez, assez patienté, démarrons
ce V6 américain d'adoption. Première bonne impression,
avec une sonorité agréable qui flatte le tympan. Première
enclenchée
et ce maniement de boîte toujours
un peu dure. Clairement, le groupe DaimlerChrysler fait la priorité
aux transmissions automatiques et fait figure de leader dans ce
domaine. La prochaine boîte auto à 7 rapports confirme
d'ailleurs cette stratégie. Le temps que le moteur et les
différents organes montent en température, cela permet
de constater avec surprise, que malgré la monte pneumatique
exigeante (du 225/40 ZR 18 et du 255/35 ZR 19), le confort de roulement
reste agréable. Les ingénieurs américains ont
retravaillé la suspension d'origine du SLK et sont parvenus
à obtenir un bon compromis. La raideur des suspensions est
particulièrement adaptée aux jantes aux dimensions
généreuses équipées de pneus à
profil très bas. A faible allure, le roulis est particulièrement
bien maîtrisé et le Chrysler Crossfire vire à
plat. L'allure augmente, et les virages se rapprochent. La direction
se révèle suffisamment précise et le Crossfire
se montre moins pataud que son cousin germain duquel il dérive.
Ce Crossfire distille un réel plaisir de conduite avec sa
mécanique pleine et mélodieuse et son châssis
rigoureux et équilibré. Pas conçu pour la grosse
attaque dans les Cévennes, il remplit sa mission avec maestria
et en plus, quelle " gueule " !
::
CONCLUSION
Quelle auto ce Crossfire ! D'accord, les fanatiques du sport pur
et dur en seront pour leur frais, car nous sommes plus en face d'une
bonne GT, que d'un coupé sport. Mais avec sa ligne très
personnelle et son homogénéité il devient vite
un compagnon attachant pour vos petits et longs trajets
à
deux exclusivement. Pensez toutefois au prix de l'entretien, notamment
des pneus, car des pneus en 19 pouces et 18 pouces sont très
onéreux. En revanche, la technologie du SLK étant
pleinement maîtrisé par Mercedes, il y a fort à
parier que le Chrysler Crossfire sera d'une fiabilité en
béton armé.
CE QU'ILS EN ONT PENSE :
"Moteur " plein
", disponible, onctueux et mélodieux plutôt que
sauvage, boîte mécanique un peu lente et aux débattements
trop importants pour ne pas lui préférer l'excellente
transmission automatique, direction moins lourde mais précise
que celle de la dernière génération des Classe
C, tout cela relève du déjà vu. Tout comme l'équilibre
et la précision du comportement, bien servi par les pneus :
Michelin Pilot pour la performance ou Continental tous temps pour
faire face aux rigueurs de l'hiver. Toutefois les jantes de 18"
à l'avant et de 19" à l'arrière, composantes
essentielles du look, abaissent d'autant la hauteur des flancs et
dégradent un confort qui n'a déjà jamais été
la qualité première du SLK, la plus raide des Mercedes."
ACTION AUTO MOTO - HS n° 37 Spécial Coupés &
Cabriolets - 2003.
"Voici le premier fruit "
concret " des synergies entre Mercedes et Chrysler. La Crossfire
reprend en effet la base technique du roadster SLK
ancienne
mouture. Alors que le prochain SLK arrivera bientôt. Bref,
il s'agit d'une Mercedes rhabillée par Chrysler, sous la
forme d'un agréable coupé. On retrouve sous le capot
le V6 de la SLK 320 et ses 218 petits chevaux. La tenue de route,
elle, progresse par rapport au SLK, grâce notamment à
des réglages spécifiques et à la carrosserie
fermée."
SPORT AUTO - Juin 2003.
"Comme pour la Viper, qui faisait
sans scrupule référence à l'ancienne Cobra
du concurrent GM, cette Crossfire avec sa proue cannibale et son
dos rond et puissant rappelle l'un des tout premiers prototypes
de la Corvette, la Chevrolet Nomad 1953. L'essentiel est de rester
américain. A l'intérieur aussi, le choix des textures
et des couleurs a un goût étrange venu d'ailleurs.
Le siège est remarquablement confortable et efficace avec
un réglage en huit points. Il ne suffit pourtant pas à
compenser tout à fait l'absence de réglage en hauteur
du volant [
] La Crossfire est une vraie sportive, avec un
excellent train avant triangulé, une suspension arrière
multibras, une bonne répartition du poids et une direction
précise."
LE MONITEUR AUTOMOBILE - Guide d'achat 2003-2004.
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