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BERLINE DE SPORT
Depuis 1988, BMW dispose dans sa gamme de la référence
des berlines sportives. Véritable icône, la BMW M5
est devenue l'égérie des amateurs de berlines musclées
grâce à son homogénéité hors-pair.
Aujourd'hui encore bien présente dans le coeur des passionnés
de la marque, la M5 type e28 demeure aux yeux des nombreux amateurs
de cette lignée, la plus sportive de toutes. Retour dans
la légende des années 80
Texte:
Sébastien DUPUIS - Photos: D.R.
Suite à une demande exprimée par la clientèle
quelques années plus tôt pour le mythique BMW
coupé M1 et son 6 cylindres en ligne d'anthologie qui
était au départ exclusivement conçue pour la
compétition, la marque allemande va continuer à promouvoir
son image par le biais de modèles sportifs, étudiés
par son département compétition "Motorsport",
filiale et entreprise à part entière dans le groupe.
L'idée de proposer une berline à caractère
sportif arborant le label Motorsport est donc apparue avec la M
535i e12, en 1980. Elle était alors propulsée par
le 6 cylindres 3.5L à simple arbre à cames de la 635
Csi. Afin de s'élargir à une clientèle sensible
à l'image sportive de la marque, Bmw va reconduire ce moteur
sur la remplaçante de la e12, la M535i e28, une berline
bourgeoise dont les performances à l'époque laissent
déjà pas mal de sportives derrière elle. Mais
il aurait été dommage de s'arrêter en si bon
chemin et c'est en Février 1985 que la BMW M5, première
du nom, fut présentée lors du salon d'Amsterdam. Equipée
du 6 cylindres de feu de la M1, alors également implanté
sous le long capot du coupé M635 CSi, elle s'impose d'emblée comme la "berline
la plus sportive du monde", catégorie au sein de laquelle
la M5 restera longtemps sans réelle concurrence.
DESIGN
D'un point de vue aérodynamique, la série 5 n'a pas
vraiment les attributs d'une super sportive. Taillée à
la serpe dans un design très "eighties" elle ne
peut compter sur son Cx d'armoire normande (0,37) pour aller taquiner
les Porsche en vitesse de pointe. Avec son avant plongeant façon
"nez de requin", elle reste fidèle en tous points
à la tradition du style BMW né dans les années
70. Un style qui retrouve aujourd'hui de l'intérêt
par son côté exotique et décalé. Il faut
également souligner la très bonne qualité de
fabrication des éléments d'acier, qui résistent
plutôt bien à l'épreuve du temps et ont l'avantage
d'être strictement communs et interchangeables avec les autres
modèles de série 5 e28. Pour parfaire son agressivité,
BMW proposait alors à ses clients un kit "M Technik",
qui reflétait les débuts balbutiants du Tuning en
Allemagne. En dehors du petit M placé sur la calandre entre
le célèbre double haricot et les non moins superbes
quatre phares, ainsi que sur la malle arrière, la BMW M est
le stéréotype de la sportive discrète, une
philosophie qui va perdurer à travers chacune de ses générations.
Au choix,les éléments chromés pouvaient être
peints en noir ou de la couleur de la carrosserie et les vitres
latérales et le haut du pare-brise, teintés en marron
ou en vert. A l'intérieur, pas de doute, on est bien loin
de la Bangle's touch. La console centrale orientée vers vous,
le petit volant trois branches dans une main, le levier ferme et
précis dans l'autre, nous voilà épris d'une
inévitable nostalgie. Le style "Bm" des années
80 opère toujours et il ne vous reste plus qu'à allumer
les phares jaunes pour aller tailler de l'autoroute comme en 14
! L'ensemble de l'habitacle est à l'image des autres e28
: solide, bien construit et teinté d'un noir omniprésent,
terriblement austère. Au choix du pilote, vous pouviez opter
pour 3 types d'habillages pour les intérieurs de portes et
la sellerie : Motorsport (en tissu) cuir ou peau de buffle retournée,
la plupart des M5 étant livrées avec l'option sièges
chauffants à réglages électriques. La climatisation
était également de série sur la M5, qui ne
l'oublions pas, se devait de rester une grande voyageuse, luxueuse
et confortable. Le régulateur de vitesse et le toit ouvrant
étaient au rayon des options ainsi que le radio cassettes
"Blaupunkt Toronto", véritable merveille de technologie,
ne demandant qu'à répendre du Van Halen, du AC/DC
ou du Mickael Jackson dans ses 4 hauts-parleurs (fin de la séquence
nostalgie).
MOTEUR
Si le coupé M635 CSi aura eu la primeur de recevoir le fabuleux
six cylindres en ligne de la M1 sous son long capot, la berline
M n'aura attendu qu'un an pour s'offrir cette extase mécanique.
Car il s'agit là d'une authentique mécanique d'exception,
même si les chiffres annoncés n'ont plus rien d'extraordinaire,
ils demeurent dans l'absolu très respectables. Le plaisir
commence par celui des yeux, lorsqu'on soulève le lourd capot
et que le couvre-culasse frappé du sceau de Motorsport se
dévoila nos yeux. Les éléments sont si bien
rangés, si admirables, qu'on devine déjà tout
le talent qui à animé la conception de cette pièce
d'orfèvre mécanique. Pour ceux qui n'auraient pas
encore lu notre dossier consacré au superbe coupé
BMW M635 CSi, redonnons en quelques chiffres le pedigree de ce monument.
Développant 286 ch à 6500 tr/mn pour 34 Mkg à
4 500 tr/mn, ce 6 en ligne (nom de code M88 ou S38 B35 dans sa version catalysée de 260 ch) cube 3543 cm3 par un
alésage de 93.4mm et une course de 84.0mm. Il possède
également, et c'est ce qui le différencie du moteur
de la M535i, une culasse en alliage léger d'aluminium à
24 soupapes et double arbre à cames en tête. Le taux
de compression est de 10,5:1 et l'injection électronique
intégrale Bosch ME-Motronic gère le tout. Le rendement
de 82,7 ch/L est peu ordinaire à l'époque sur des
moteurs atmosphériques. Accouplé à une boîte
de vitesse manuelle Getrag à 5 rapport très bien étagée
(surtout avec l'étagement court disponible en option), il
vous catapulte de 0 à 100 km/h en moins de 7" et atteint
245 Km/h en toute décontraction, malgré son aérodynamique
peu avantageuse. Des performances qui reléguaient loin derrière,
toutes les autres berlines un tant soit peu "puissantes"
du moment. Malheureusement pour le marché américain,
les 500 M5 vendues au pays de l'Oncle Sam en 1988 perdaient 10 ch
et beaucoup de caractère à cause de l'adjonction du
pot catalytique. Une véritable castration pour ce moteur
de course qui s'exprime totalement à travers une ligne d'échappement
un peu libérée. Et quel son ! Le plus bluffant est
que la M5 est également capable d'évoluer à
vitesse réglementaire , même dans un trafic urbain,
sans vous montrer aucun signe de mécontentement. Mais ne
vous y trompez pas, le vrai caractère du Docteur Jekyll Motorsport
s'exprime au-delà de 4000 tr/mn, avec des montées
en régime vives et une hargne peu commune aux abords de la
zone rouge (6700 tr/mn). Linéaire, le six cylindres BMW dispense
une puissance facilement contrôlable et une réserve
de punch disponible à tout moment. Aujourd'hui encore, cette
mécanique fascine par sa modernité et son tempérament
sportif.
CHASSIS
La qualité de fabrication et l'équipement de confort
se payent sur la balance et la bête affiche 1470 Kg sur la
balance. Un poids malgré tout relativement "raisonnable"
si l'on compare aux autres M5, ce qui a pour principal avantage
de moins solliciter les freins et de préserver une certaine
agilité en conduite sportive. Toutefois, le département
Motorsport démontre ici, des talents autres que ceux de motoriste.
Le châssis de la BMW M se met au diapason de la mécanique
et sur ce poitn précis, elle demeure encore perçue
comme la plus sportive des M5. Sacré compliment ! Berline
5 portes de structure monocoque, la BMW M5 utilise à l'avant
un essieu classique de type Macpherson avec barres antiroulis. La
suspension arrière indépendante à bras possède
également sa barre antiroulis. Les amortisseurs à
gaz Bilstein très fermes présentent un pariage très
réussi avec les ressorts durs qui garantissent un bon toucher
de route en conduite sportive. La direction montre une certaine
imprécision au point milieu mais elle est toujours très
directe et procure un bon feeling. Le freinage, doublé d'un
ABS, comprend 4 disques ventilés de grand diamètre
(300 x 30mm) et des étriers à 4 pistons. En terme
de motricité, le différentiel autobloquant à
25% et les gros pneus tentent tant bien que mal de contenir la cavalerie.
Car il faut se mettre en tête que les propulsion BMW de l'époque
n'étaient pas typées sous-vireuses comme aujourd'hui
! Peu faciles à trouver aujourd'hui, les jantes en alliage
léger de type Michelin TRX (165 TR 390) recevaient des pneumatiques
220/55 VR 390 TR.
ACHETER UNE BMW M5 e28
Produite à 2241 exemplaires entre 1985 et Juin 1987, la BMW
M5 est sur notre territoire une véritable rareté !
Heureusement, il est possible en Suisse et en Allemagne notamment,
de dénicher de beaux modèles. Mais gare aux faux frais
! Si le plaisir est à portée de main du premier venu,
6000 euros environ pour une M e28 en bonne condition, l'entretien
d'un tel bijou mécanique ne laisse pas de place à
la négligence. Factures exigées, et historique limpide
sont autant d'atouts pour la longévité qui peut atteindre
celle d'une moteur tout à fait classique. Par ailleurs, le
type de conduite du propriétaire est primodial. Les moteurs
Motorsport en général et la transmission réclament
de laisser monter en température optimale avant d'ouvrir
en grand les papillons des gaz. La qualité de l'huile utilisée
est bien évidemment très importante à ce niveau.
Par principe, ne vous fiez pas trop aux apparences, la qualité
de fabrication de la M5 étant de haut niveau, ainsi que la
résistance à la corrosion, il est facile d'abaisser
fortement le kilométrage sans que cela ne puisse se deviner
à l'oeil. Quoi qu'il en soit, seul un test routier vous permettra
de juger de la bonne santé du moteur et d'un comportement
sain, ne trahissant pas de problème plus grave. Orientez-vous
de préférence vers un spécialiste de la marque
ou vers les annonces de membres de Club BMW.
:: CONCLUSION
Sous une robe aussi démodée que peu fluide, ce qui
fait son charme, la Bmw M5 e28 cache un caractère bien trempé
d'authentique sportive !La puissance de feu de son 6 cylindres suffit
à vous transporter dans les hautes sphères du plaisir
automobile et le poids encore "raisonnable" de cette luxueuse
berline permet de se faire plaisir sans mettre à mal un châssis
particulièrement fun et plaisant. En clair, 20 ans après,
il suffit de reprendre le volant de la M5 pour lui reconnaître
à nouveau son titre bien mérité de meilleure
berline sportive du monde. Et aujourd'hui, pour le prix d'une insignifiante
citadine, vous pouvez vous offrir ce fleuron mécanique des
années 80. Ne vous reste plus qu'à en trouver une,
et à la bichonner...
Liens conseillés sur la
BMW M5 E28 : www.6enligne.net - www.bmwpassion.fr
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