L'Europe pourrait annuler l'interdiction des moteurs thermiques en 2035
09/12/2025
Coup de tonnerre à Bruxelles ! Une coalition de six États et la pression allemande forcent Bruxelles à revoir son ambition d'une fin totale des véhicules thermiques d'ici la prochaine décennie. Ayant apparemment entendu les signaux d'alarme émis par les constructeurs automobile, et notamment via une récente lettre du chancelier allemand, Bruxelles envisagerait désormais de retarder, sinon reconsidérer totalement, la finalisation des plans d'émissions, ouvrant la voie aux carburants de synthèse après 2035 pour permettre au moteur de thermique de survivre, sous certaines conditions...
Le compte à rebours vers 2035, date initialement fixée par l'Union européenne pour interdire de facto la vente de nouveaux véhicules à moteur à combustion interne (ICE), est brutalement ralenti. Ce qui était considéré comme une politique environnementale inébranlable fait désormais face à un double front de résistance, menaçant de transformer le rêve du « tout-électrique » comme pilier d'une Europe neutre en carbone en une approche plus flexible basée sur la neutralité technologique.
La Commission européenne a dû reporter de plusieurs semaines sa date limite pour la confirmation des réglementations sur les émissions de CO2 du secteur des transports. Ce retard intervient après une série de pressions politiques et de signaux économiques alarmants.
La demande allemande pour les « e-carburants »
Le premier coup de semonce est venu d'Allemagne. Le chancelier Friedrich Merz a adressé une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, exhortant l'UE à permettre aux constructeurs automobiles de continuer à vendre des modèles à moteur thermique après 2035. La condition : ces véhicules devraient utiliser des carburants à zéro ou à faible émission, tels que les e-carburants (carburants synthétiques) ou les biocarburants avancés.
Cette proposition a été « très bien accueillie à Bruxelles », selon Apostolos Tzitzikostas, commissaire européen aux Transports et au Tourisme durables. Il a insisté sur la nécessité de « protéger les entreprises européennes, l'industrie européenne et la production européenne » et de garantir que l'industrie maintienne son avance technologique. En anticipation, des constructeurs comme Porsche ont déjà massivement investi dans la production de carburants synthétiques.
L'obstacle des hybrides et l'avertissement de six nations
Le défi s'est élargi avec la formation d'une coalition de six chefs d'État, dont Giorgia Meloni (Italie) et Donald Tusk (Pologne), aux côtés de la Slovaquie, de la Hongrie, de la République tchèque et de la Bulgarie. Ces pays ont également écrit à la Commission pour réclamer un assouplissement majeur des règles.
Leur demande spécifique : ne pas forcer une fin totale des MCI, mais autoriser la survie des véhicules hybrides rechargeables (PHEV), des véhicules à prolongateur d'autonomie et des véhicules à pile à combustible au-delà de 2035.
Cette résistance est alimentée par ce que les dirigeants décrivent comme « la tempête parfaite » : une demande de véhicules électriques plus faible que prévu, une concurrence chinoise de plus en plus agressive, des prix de l'énergie élevés et des coûts de main-d'oeuvre croissants.
La crainte d'un « désert industriel »
La coalition craint qu'en interdisant toutes les options de combustion en une seule fois, l'Europe ne se transforme en un « désert industriel », perdant des parts de marché au profit de rivaux étrangers. Le calendrier initial de la révision des règles d'émissions (prévu pour 2026) a d'ailleurs été avancé à ce mois-ci, en raison du ralentissement de l'adoption des VE.
Ce mouvement concerté de la part des principaux acteurs automobiles (Allemagne, Italie, mais aussi des pays clés de la production et de la fourniture) plaide pour le principe de la « neutralité technologique ». Pour les législateurs, il ne s'agit plus de choisir une seule voie (l'électrique à batterie), mais de permettre à toute technologie capable d'atteindre les objectifs climatiques de coexister, garantissant ainsi à la fois la transition écologique et la survie économique de l'industrie automobile européenne.
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