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BMW SÉRIE-5 (E28) M535i (1984 - 1987)

bmw m535i e28
© L'AUTOMOBILE SPORTIVE (01/08/2012)

LETTRE DE NOBLESSE

La berline BMW série 5 type e12 aura marqué le début d'une tradition perpétuée aujourd'hui encore chez le constructeur de Munich. En effet, depuis lors, on s'attache à doter chaque génération et chaque modèle de la gamme de sa variante sportive développée par le département compétition de BMW. Souvent oubliée de l'épopée Motorsport, la M535i e28 avait reçu de sa devancière le privilège de greffer le M magique à son nom. Un motif suffisant pour nous de s'y intéresser avec l'attention qu'elle mérite...

Texte & photos : Sébastien DUPUIS

Après avoir allégé le coupé 3.0 CSi puis développé le superbe coupé M1, le département Motorsport de BMW a été remis à l'ouvrage à la fin des années 70 pour doter la nouvelle berline série 5 et le coupé série 6 d'un caractère sportif (M635 Csi). Il faut en effet se souvenir qu'antérieurement à la désormais célèbre "M5", Motorsport avait proposé une M535i lors du salon de Francfort 1979 sur la base de la première génération de série 5, la e12. Cette première M535i fut produite en très petite série de 1980 à 1981. Sans doute titillé dans son orgueil par quelques préparateurs de génie Outre-Rhin qui vont transcender la seconde génération de série 5 (e28), à l'image d'Alpina ou Hartge, BMW Motorsport va rapidement être amené à sortir la M5, première du nom, qui éclipsera rapidement la M535i e28 qui nous intéresse ici, apparue au salon de Paris 1984. C'est une rencontre avec un collectionneur passionné qui a été l'occasion pour nous d'honorer la mémoire de cette "pré-M5".

bmw m535i e28interieur m535i e28

CARACTERISTIQUES


BMW SÉRIE-5 (E28) M535i
moteur bmw 3.5
MOTEUR
Type : 6 cylindres enligne, 12 soupapes
Position : longitudinal AV
Alimentation : Injection électronique Bosch Motronic
Cylindrée (cm3) : 3430
Alésage x course (mm) : 92 x 86
Puissance maxi (ch à tr/mn) : 218 à 5500
Couple maxi (Nm à tr/mn) : 310 à 4000
TRANSMISSION
AR
Boîte de vitesses (rapports) : manuelle inversée (5) + autobloquant 25%
ROUES
Freins Av-Ar (ø mm) : Disques ventilés/pleins (285/284 mm)+ ABS
Pneus Av-Ar : Michelin TRX 220/55 VR 390
POIDS
Donnée constructeur (kg) : 1390
Rapport poids/puissance (kg/ch) : 6,37
PERFORMANCES
Vitesse maxi (km/h) : 230
1 000 m DA : 28"
0 à 100 km/h : 7"2
0 à 160 km/h : 18"7
CONSOMMATION
Normalisée 90/120/ville (L/100 Km) : 7,3/9,3/15
PRIX NEUF (1984) : 236 000 FF
20 CV FISCAUX
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PRESENTATION

La berline BMW série 5 e28, sortie en 1981, semble enfin sortir de l'ornière dans laquelle un dessin démodé et peu valorisé par le nombre d'exemplaires délabrés circulant encore sur nos routes l'avaient plongée. Son look rétro, encore fortement imprégné des années 70, lui vaut aujourd'hui l'intérêt croissant des collectionneurs et la M535i qui a longtemps été oubliée, retrouve peu à peu la place qu'elle mérite. Son style assez cubique, la face avant typique avec ses quatre feux ronds et sa calandre inclinée ou encore ses entourages de vitres chromés trahissent déjà au début des années 80 un style vieillissant et sans doute trop conservateur pour l'époque.
En effet, les évolutions esthétiques entre la première et la seconde génération de série 5 sont très peu visibles. Sortie 3 ans après le lancement du modèle, la M535i souffre également d'une aérodynamique dépassée avec un Cx de 0,37 peu flatteur mais amélioré de 0,02 points par rapport à la 528i de base grâce au kit aérodynamique M-Technic. En comparaison, la dernière sportive de Mercedes, la 190 E 2.3-16, sortie la même année que notre M535i, présente une écrasante modernité. Même constat face à l'Audi 200 turbo, une autre pionnière parmi le créneau émergent des berlines puissantes et sportives. Pour le look, la "M" reçoit un kit carrosserie composé de boucliers spécifiques à l'arrière (avec une double sortie d'échappement) et à l'avant (intégrant des antibrouillard), des jupes latérales et des élargisseurs d'ailes. On note également un discret liseré à double bande qui parcoure les flancs de la caisse et des baguettes latérales sans jonc chromé ainsi que des feux arrières qui ont des pourtours en plastique noir au lieu du chrome. Juste au-dessus de la signature "M 535i" sur la malle, un petit béquet de coffre en plastique achève la liste des éléments identifiables comme du tuning très typé années 80. Les jantes TRX spécifiques qui imitent un écrou central par le biais d'un cache emboîtable ont été remplacées sur notre voiture par de plus classiques BBS en nid d'abeilles permettant une monte pneumatique à la fois plus efficace et moins chère. A noter que le kit carrosserie de la M 535i était également proposé en option sur les autres versions de la série 5.

HABITACLE

Deux bonnes décennies plus tard, la BMW conserve toutefois les qualités intérieures qui étaient siennes à son lancement, à savoir un habitacle accueillant, très bien fini et richement équipé. Malgré une instrumentation assez succincte (pas de jauge de niveau ni de température d'huile) l'ordinateur de bord fourni en série (avec une étonnante fonction chronomètre !), le climatiseur ou l'ABS sont au niveau attendu d'une voiture à 236.000 francs de l'époque en prix de base.
Autre bon point, les sièges "sport" (produits chez Recaro) siglés du logo tricolore Motorsport. Réglables dans tous les sens ils assurent un excellent maintien ainsi qu'une très bonne position de conduite, d'autant plus que le petit volant M à trois branches tombe parfaitement en mains.
L'ergonomie ne semble pas avoir tellement vieilli, même si les commandes dures de la boîte et de l'embrayage renforcé autant que la direction assez lourde bien qu'assistée sont des éléments inconnus de nos jours sur une série 5, toute Motorsport qu'elle puisse être ! Parmi les petits raffinements d'un haut de gamme, le propriétaire nous dévoile la trousse à outils complète intégrée au couvercle de malle, par ailleurs entièrement garni, ou encore la petite lampe de poche rechargeable.

MOTEUR

L'appellation M535i laisserait penser que le fabuleux 6 cylindres en ligne 3L5 apparu sur la BMW M1 trône sous le long capot de la série 5. Il n'en est malheureusement rien, cet honneur ayant été réservé à la M5 l'année suivante, la M535i doit se "contenter" d'un moteur bien plus sage avec une culasse à 12 soupapes et simple arbre à cames en tête. C'est d'ailleurs certainement sur ce point que la M535i trahit le plus la promesse de son blason M car sa mécanique est en tous points identique à celle de la 635 CSi, c'est à dire un 6 cylindres en ligne de 3430 cm3 développant 218 chevaux à 5500 tr/mn dans sa version non catalysée et 310 Nm de couple à 4000 tr/mn. A vrai dire, ce n'est pas vraiment un pur sang avec son rendement de 63 ch/L mais il offre de quoi propulser rapidement cette berline au poids relativement raisonnable (environ 1400 Kg) grâce à un rapport poids/puissance de 6,4 Kg/ch.
Moderne avec son injection électronique Motronic, ce 6 en ligne affiche une belle souplesse à bas régime mais ne se dévoile vraiment que passé les 4000 tr/mn. La poussée est franche et linéaire, bien dans la culture des 6 cylindres de série de Bmw mais le frisson mécanique est un peu lissé. La sonorité mélodieuse mais feutrée et la bonne insonorisation générale gomment en partie les sensations de vitesse et le moteur ne pousse guère plus loin que les 6000 tr/mn marquant le début de la zone rouge. C'est sans doute ce qui va orienter les acheteurs réellement en quête de performances et de sportivité vers la M5 dès l'année suivante, avec à la clé un tempérament moteur bien plus explosif.
Au choix on disposait pour la M535i dans certains pays d'une boîte de vitesse automatique ZF à 4 rapports ou d'une boîte manuelle normale ou "sport" à grille inversée signée Getrag, avec 5ème rapport en prise directe complétée par un autobloquant mécanique à 25%. D'un guidage ferme et très précis, cette dernière a été montée d'office sur tous les modèles importés par BMW France et contribue au plaisir de conduire de cette berline pas tout à fait bourgeoise.

SUR LA ROUTE

essai bmw m535i e28

Le temps d'insérer la clé dans le démarreur et d'appuyer sur le frein pour effacer l'indicateur "check" au tableau de bord et l'on peut laisser s'exprimer la mécanique. Vroooo ! C'est dans une sonorité grave et feutrée que le gros 6 cylindres 3L5 prend vie, avec la régularité de fonctionnement remarquable propre à ces moteurs bavarois. 1ère enclenchée, en bas, c'est parti ! A nous les routes sinueuses des Alpes... Mancelles. Malgré des sensations feutrées et un moteur très civilisé, la M535i s'offre des chronos plutôt respectables pour une ancienne de ce standing. Avec un 0 à 100 km/h envoyé avec décontraction en 7"6 et un 1000 m DA relevé en 27"8 par le magazine Echappement et des reprises tout aussi convaincantes grâce à un étagement judicieux la M535i cache bien son jeu sous ses allures de berline à papa ! La vitesse maxi culmine à 230 Km/h chrono, peu aidée par l'aérodynamique médiocre de la caisse, mais qui se soucie encore de ça aujourd'hui ?... La BMW M535i dispose d'emblée de l'option châssis sport, disponible sur les autres modèles, et d'un autobloquant. Il en résulte un plaisir de conduite bien supérieur à celui d'une 528i e28 qui lui sert de base. Il s'agit d'une suspension plus ferme composée d'amortisseurs à gaz Bilstein et d'un léger abaissement de la caisse avec les ressorts plus durs M-Technic. La section des barres anti-roulis a également été majorée. Les trains roulants chaussant à l'origine des jantes Motorsport prévues pour les Michelin TRX en 220/55 VR 390, (équivalent à du 15,5 pouces de diamètre) ont ici été montés avec des BBS à bord poli et des pneus plus classiques. Sur sol sec la motricité ne présente pas les lacunes souvent reprochées aux autres e28.
En revanche, sur le plan du freinage, qui a rarement été le point fort de BMW, il faut le temps d'adaptation imposé par la conduite d'une ancienne. En clair, ne pas hésiter à appuyer fort malgré les 4 disques, ventilés à l'avant. L'ABS, fournit en série, se montre cependant peu intrusif.
En ce qui concerne le comportement, la M535i se dévoile au fil des kilomètres sur les petites routes sinueuses de notre parcours, avec un excellent ressenti dans la direction et une grande précision de conduite. Sur voie rapide, cette "autobahneuse" montre également une précision irréprochable. Du tout bon, auquel la M5 ajoute simplement un moteur plus sauvage pour finir de convaincre les amateurs du genre !

ACHETER UNE BMW SÉRIE-5 (E28) M535i

La BMW M535i est une vraie fausse M5 et sa cote sur le marché de l'occasion/collection reflète bien cette dure réalité. Relativement boudée par les fans de la marque à l'hélice, l'auto a généralement fini à bas prix dans des mains peu soigneuses, ce qui ajoute encore à sa rareté aujourd'hui pour qui la recherche. Il fallait aussi s'acquitter à l'époque de la "super vignette" en raison d'une puissance fiscale de 20 CV, ce qui limita fatalement la diffusion de ce modèle dans notre pays. La production totale répartie sur 2 sites (Allemagne et Afrique du sud) fait état de 9483 modèles produits entre 1984 et 1987, conduite à droite et à gauche confondues.
Plutôt robuste et bien fabriquée, la série 5 e28 vieillit bien à condition toutefois de recevoir l'entretien (coûteux) que ne laisse pas supposer sa cote basse sur le marché. Et c'est bien là que le bât blesse car faute de moyens, nombreuses sont les autos qui se laissent progressivement dévorer par la corrosion et voient leur mécanique dépérir par manque de soins. Au final, comme nous le confirme Frédéric propriétaire du modèle présenté, le coût de la restauration peut rapidement dépasser le prix d'achat de la voiture, même en partant d'une base plutôt saine à première vue ! Un historique complet, factures à l'appui, et un achat à un propriétaire passionné qui a conservé un bon moment la voiture seront donc autant de garanties à un bon achat. Attention également à bien vérifier l'origine de la voiture car les versions étrangères étaient souvent moins bien équipées.

CONCLUSION

:-)
Design rétro sympathique
Qualité de fabrication / équipement
Sonorité moteur, souplesse
Performances
Boîte Getrag réussie
Châssis sportif
Equipement de série
Disponibilités des pièces
:-(
Fausse M pour les puristes ?
Moteur un peu trop sage
Rares en bon état
Pneus TRX très chers
Motricité délicate sur le mouillé

Il est vrai que la M535i promet plus que ne le laisserait supposer le "M" de son badge. Car c'est principalement autour d'un châssis plus sportif, d'une boîte de vitesse spécifique avec autobloquant et de quelques détails de finition qu'elle se distingue d'une plus classique 535i. Mais ce petit "plus" concocté par le département Motorsport suffit à mettre en relief les qualités dynamiques d'un moteur qui ne rechigne pas à se montrer aussi performant que mélodieux. Il en résulte un ensemble homogène et efficace qui fait de cette BMW un choix pertinent.

L'Automobile Sportive remercie chaleureusement Frédéric, propriétaire passionné qui nous a confié le volant de sa très belle M535i pour illustrer ce dossier.



Devis d'assurance pour une BMW SÉRIE-5 (E28) M535i

AVIS

j'ai achete une m535 en 1996...elle avait 10 ans et 180.000km. je l'avais paye moins cher qu'une super 5 d'occase...30.000f!!! apres une petite revision cette auto ne m'a donne que du plaisir, roulant (trop) souvent a des vitesses inavouable et en securite. la conso etatit tres raisonnable 10l an suivant les regles, 14 de moyenne en laissant la voiture s'exprimer. j'ai fait 50.000km avec aucun soucis, un plaisir toujours renouvele, a chaque fois que je tournais la clef. je regrette toujours de l'avoir vendu. seul bemol, les trx ne me duraient pas plus de 15.000km, a 10.000f les quatre a l'epoque, c'etait ouch. mais, ils le rendaient bien. une chose, toujours la laisser chauffer tranquille pendant 10~ 15 km. apres, juste la laisser chanter, encore et encore!...
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