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ALPINA B7 Turbo (E24) (1978 - 1988)

alpina b7 turbo e24
© L'AUTOMOBILE SPORTIVE (14/10/2017)

LE GRAND TOURISME SUBLIMÉ !

A Buchloe, chez Alpina, la préparation est devenue un art. Celui de transformer des BMW en voitures d'exception. Importées durant les années 80 par le Garage du Bac en région parisienne, les Alpina ont alors bénéficié en France d'une aura, confidentielle certes, mais certaine. Convertir le moteur six en ligne 3 litres BMW à la sauce turbo avait en effet de quoi conjuguer l'art et la manière sur le coupé BMW Série 6 E24...

Texte & photos : Nicolas LISZEWSKI

C'est dans les années 60 que Burkhard Bovensiepen, président et fondateur d'Alpina, profite d'un coup de malchance pour les clients BMW. En effet, nous sommes alors en 1963, et BMW commercialise sa nouvelle motorisation sur sa berline. De 1500 cm3, elle passe à 1800 cm3 avec bien évidemment des performances améliorées. Voilà un coup dur pour les clients qui venaient d'acquérir une BMW 1500. Burkhard Bovensiepen y voit là l'opportunité de démarrer pleinement son activité de préparateur. Un kit moteur est donc proposé pour les clients possesseurs de BMW 1500 qui leur permettait alors pour la somme de 980 Deutsch Mark d'avoir des performances identiques à la version 1800. Le département recherche et développement de BMW a testé et étudié la préparation d'Alpina et l'a trouvé si convaincante et bien réalisée que BMW se décida à apporter son soutien au petit tuner de Buchloe. Ainsi a démarré l'histoire d'Alpina.

Depuis, Alpina modifie et améliore les modèles de la gamme BMW avec la bénédiction bienveillante du constructeur munichois. Mais bien plus qu'un simple tuner allemand, Alpina est un vrai constructeur puisque tous les véhicules qui sont vendus par l'usine de Buchloe reçoivent une carte grise au nom d'Alpina pour l'item constructeur. Cela est effectif depuis 1983, année durant laquelle Alpina a été enregistré au registre des constructeurs allemands. Mais avant cela, l'arrivée du coupé BMW Série 6 E24 en 1976 pour remplacer les anciens coupés CS va donner l'occasion à Alpina de démontrer tout son savoir-faire en proposant une des GT les plus abouties de la fin des années 70…

PRESENTATION

alpina b7 e24 turboalpina b7 turbo e24 calandre

En décembre 1978, Alpina débute la production de la B7 Turbo Coupé avec le six en ligne 3 litres turbo de 300 ch. Il est à noter qu'au démarrage de la commercialisation de l'Alpina B7 Turbo, sa dénomination commerciale était Alpina 630 Turbo. L'Alpina B7 Turbo est la première BMW Série 6 E24 totalement modifiée. Prenant pour base la 635 CSi E24, l'Alpina B7 Turbo Coupé se voit améliorée subtilement par un kit carrosserie discret et de bon goût. L'élément le plus visible est le spoiler avant qui a deux fonctions : esthétique et aérodynamique. Il est évident qu'avec les vitesses maximales affichées par ces versions ultraperformantes, l'appui devait être soigneusement étudié sous peine d'obtenir une voiture ausis rapide que dangereuse. La malle arrière recevait en outre un petit becquet en plastique noir mat (retiré sur notre exemplaire), des jantes de 16 pouces multi-branches Alpina habillaient les flancs pour accompagner les décorations latérales typiquement Alpina. Lors du passage en carrosserie pour la réfection de la peinture, Christophe, le propriétaire de l'Alpina B7 Turbo qui illustre nos pages, n'a pas souhaité les remettre afin de conserver une discrétion de bon aloi. Ici et là sont disséminés des logos Alpina afin de rappeler aux fins observateurs qu'ils ne sont pas en présence d'une BMW Série 6 E24. L'allure générale du coupé Alpina B7 Turbo reste encore très séduisante et le temps a passé favorablement sur cette ligne des coupés E24 encore très ancrée dans le style des années 70. Le profil des E24 et surtout la partie arrière restent l'une des plus grandes réussites stylistiques du designer Paul Bracq avec la Mercedes SL Pagode.

HABITACLE

interieur alpina b7 turbo e24interieur alpina b7 turbo e24

L'habitacle est resté lui aussi presque inchangé comparé aux cousines E24 de Münich mais tout se joue dans les détails. La planche de bord reçoit une batterie de cadrans supplémentaires sous la casquette et de nombreux éléments sont siglés "Alpina" à l'image des compteurs spécifiques. Le volant Alpina 4 branches est bien dans le ton de l'époque tandis que la sellerie en cuir rouge foncée est superbement conservée. A noter l'ergonomie excellente des sièges sport qui autorisent une position idoine pour conduire. Fait suffisamment rare pour être souligné, le coussin sous les cuisses est réglable en profondeur et permet ainsi d'avoir les jambes calées jusque sous les genoux. Au bas du levier de vitesse, une petite grille vous rappelle que la boîte sport Getrag est à première inversée. Entre les deux sièges, la molette ronde sertie du logo Alpina permet de modifier directement la pression de suralimentation !

L'équipement de série sur les Alpina est complet avec vitres électriques, climatisation, direction assistée… Pas mal pour une auto qui a déjà plus de 20 ans ! En fait les clients Alpina choisissent dans le catalogue BMW toutes les options qu'ils souhaitent puis l'auto est ensuite modifiée chez Alpina.

CARACTERISTIQUES


ALPINA B7 Turbo (E24)
moteur 6 cylindres turbo alpina b7 e24
MOTEUR
Type : 6 cylindres en ligne, 12 soupapes, 1 arbre à cames en tête
Position : longitudinal AV
Alimentation : Injection électronique + Turbocompresseur KKK K27 (max 0,85 bars) avec échangeur air/air
Cylindrée (cm3) : 2986
Alésage x course en mm : 89 x 80
Puissance ch DIN à tr/mn: 300 à 6000
Couple maxi ( Nm à tr/mn) : 462 à 2500
TRANSMISSION
AR + autobloquant
Boîte de vitesses (rapports) : manuelle (5)
ROUES
Freins Av-Ar : disques ventilés - disques pleins
Pneus Av-Ar : 205/55 VR 16 - 225/50 ZR 16 (Pirelli P7)
POIDS
Données constructeur (Kg) : 1550
Rapport poids/puissance (kg/ch) : 5,16
PERFORMANCES
Vitesse maxi (km/h) : 251
400 m DA : ND
1 000 m DA : 25"8
0 à 100 km/h : 6"1
CONSOMATION
Moyenne (L/100 km) : 16
PRIX NEUF (1985) : 509.144 FF
COTE (2017) : 60.000 €
PUISSANCE FISCALE : 20 CV

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MOTEUR

Pour offrir des performances exceptionnelles (surtout à l'époque) à la B7 Turbo, le constructeur de Buchloe a porté son choix sur le 6 cylindres M30B30 de BMW. Monté dans la 630 Csi, il y développe modestement 184 ch et 255 Nm. Mais n'imaginez pas qu'Alpina a simplement greffé un turbocompresseur sur le moteur BMW pour arrvier à ses fins...

En réalité, c'est la berline B7 Turbo (basée sur la BMW Série 5 E28) qui a inauguré ce nouveau moteur Alpina. Tout le bloc moteur et ses équipements mobiles ont été revus et étudiés pour offrir performances et fiabilité. De nombreux éléments ont été redessinés et conçus spécifiquement pour le moteur des B7 Turbo (berline et coupé). Le taux de compression a été abaissé, des pistons Mahle ont été installés et un nouveau système d'injection spécifique a été monté. Le turbocompresseur KKK 27 possède une pression oscillant de 0,4 à 0,85 bars selon l'humeur du conducteur qui peut agir dessus à sa guise via la molette de réglage située entre les sièges avant. La puissance maxi est donc variable de 250 à 300 ch pour un couple de 465 Nm dès 2500 tr/mn !

Pour pouvoir passer autant de couple, Alpina utilise une boîte de vitesses mécanique Getrag à 5 rapports avec grille inversée (première en bas à droite). Idéalement étagée, cette boîte permet d'exploiter pleinement le potentiel mécanique du moteur et autorise ainsi des performances de premier plan. Un peu plus de 250 km/h en vitesse maximale, le 0 à 100 km/h en 6 secondes et le kilomètre départ arrêté en moins 26 secondes. Sur le papier, les performances sont flatteuses.

Volant en main, la poussée est bien réelle. L'auto s'arrache de l'arrêt avec prestance. Nous sommes certes loin de la légèreté d'une Lotus Elise, luxe oblige, mais la B7 E24 ne fait pas semblant. Première, seconde, troisième en se concentrant sur la grille de boîte inversée, sur une autoroute de la "Germanie orientale", plusieurs dizaines de kilomètres sont avalés à une vitesse de croisière entre 200 et 220 km/h ! C'est dans ces allures que le moteur dévoile tout son potentiel. Des reprises époustouflantes, une souplesse de tous les instants (ce qui est moins vrai au ralenti) et des accélérations dantesques. Le moteur reste cependant (trop ?) discret et seule une subtile sonorité envahit l'habitacle. Une vraie GT à l'état pur qui met la manière et les formes pour offrir ses performances dignes de supercars de l'époque. L'esprit Alpina.

SUR LA ROUTE

essai alpina b7 turbo e24

L'Alpina B7 possède une classique coque autoporteuse sur laquelle sont fixées les éléments de suspensions. A l'avant on retrouve du McPherson avec bras superposés. Les ressorts à fil conique à flexibilité variable sont montés avec des amortisseurs Bilstein à gaz. Une barre anti-roulis de 19 mm est également montée pour la stabilité de l'auto à haute vitesse. Des triangles à bras obliques sont montés à l'arrière. Ils sont complétés de ressorts à fil coniques et d'amortisseurs à gaz Bilstein. Le train arrière reçoit lui aussi une barre antiroulis de 14,5 mm. La direction utilise un boîtier à billes et est assistée. Les quatre roues possèdent des freins à disques largement dimensionnés. Les disques avant sont ventilés. Le pont arrière reçoit un autobloquant avec radiateur de refroidissement d'huile ! Pas de doute, l'Alpina B7 Turbo semble bien éloignée du bricolage de quelques garagistes qui se revendiquent comme des tuners. Ici, l'expérience de la course et les solutions techniques longuement testées et approuvées par les techniciens d'Alpina sont la priorité.

Sur la route, difficile de tester en détail le potentiel du châssis d'autant plus qu'il serait malvenu de faire une sortie de piste avec la voiture d'un particulier ! Toujours est-il qu'à très hautes vitesses et sur autoroute, l'Alpina B7 Turbo offre un comportement routier efficace et serein. Ni trop dur, ni trop souple, le compromis trouvé semble idéal. Lorsque l'on relit quelques essais d'époque, les journalistes ne tarissaient pas d'éloges sur le comportement routier de la B7 Turbo. Et c'est vrai que presque 40 ans après sa sortie, l'Alpina B7 Turbo reste d'une surprenante modernité…

EVOLUTION

alpina b7s turbo e24 coupéPour 1982, l'actualité commence par des changements chez BMW au niveau de la production du du coupé Série 6. Le léger restylage cache une nouvelle base technique qui devient celle de la série 5 E28 en remplacement des séries 5 E12. Doté essentiellement de nouveaux trains roulants, le nouveau modèle est identifié par le code E24/1. De ce fait, Alpina suspend la production de son Coupé B7 Turbo en début d'année et va proposer à ses clients de patienter avec une série très spéciale : l'Alpina B7 S Turbo, une série limitée à seulement 30 exemplaires. Elle est dotée d'un nouveau moteur 3,5 litres turbo de 330 ch et 500 Nm de couple (type B7/2). Les performances sont éloquentes : 0 à 100 km/h en 5,8 secondes et plus de 260 km/h en vitesse de pointe. La même année, l'Alpina B9 vient remplacer l'Alpina 630 CS B2.

Deux ans plus tard, Alpina commercialise de nouveau la B7 Turbo Coupé qui reprend cette fois pour base mécanique le nouveau moteur 3,4 litres (M30B34). En effet, BMW décida en 1982 de réduire l'alésage du bloc 3.5L (92 mm contre 93.4 mm) et de revenir à la course initiale (86 contre 84 mm) sur la 635 CSi, ramenant ainsi la cylindrée à 3430 cm3. Avec le turbocompresseur, la B7 Turbo Coupé "3.5L" (moteur B7/2) offre désormais de 330 ch et 52 mkg de couple. En 1986 la puissance et le couple évoluent subtilement (moteur B7/3) pour s'adapter aux nouvelles normes de pollution, le 0 à 100 remonte à 6"1. En 1988, la B7 Turbo E24 est arrêtée.

CHRONOLOGIE

1976 : En mars présentation des BMW Série 6 (E24) avec les 6 cylindres M30B30 (3,0L) et M30B33 (3,3 L).
1977 : En mai, Alpina commercialise l'Alpina 630 CS B2. Moteur B2 identique à celui monté dans la BMW Série 5 (E28) 230 ch.
1978 : En juillet, commercialisation de la BMW 635 CSi avec le moteur "M90" de la M535i E12, une version spécialement modifiée du bloc M30 (3453 cm3, 93.4 x 84 mm). En décembre, début de production de l'Alpina B7 Turbo avec le six en ligne 3 litres turbo de 300 ch.
1982 : En février la production du Coupé B7 turbo E24 est arrêtée. En mai, présentation et commercialisation de l'Alpina B7 S Turbo, une série limitée à 30 exemplaires. Cette fois c'est le bloc 3,5 litres qui passe au turbo pour délivrer 330 ch et 500 Nm de couple. Performances : 0 à 100 km/h en 5,4 secondes et plus de 262 km/h en Vmax. En Juillet Alpina lance la B9 3,5 Coupé de 245 ch (atmo). La production s'arrête en décembre après seulement 2 exemplaires produits tandis qu'une autre version de la B9 3,5L avec le moteur 3,4L atmo débute en août.
1984 : En avril, présentation et commercialisation des nouvelles Alpina B7 Turbo Coupé 1 (sur base E24/1) et B7 Turbo/1 (sur base 528i et 535i E28) avec le moteur B7/2 : 3,4 litres turbo de 330 ch et 512 Nm de couple, vmax de 267 km/h.
1985 : A partir de Juillet, Alpina propose le moteur B10 3.5L (atmosphérique) sur le coupé E24.
1986 : En octobre la puissance des B7 turbo est ramenée à 320 ch mais le couple progresse à 520 Nm.
1987 : En décembre, arrêt de la production de l'Alpina B7 Turbo E28.
1988 : Arrêt de la production des Alpina B7 Turbo Coupé en juin.

ACHETER UNE ALPINA B7 TURBO E24

Pour se mettre à la quête d'une Alpina B7 Turbo, il faut assurément être fin connaisseur et avoir étudié la question pendant longtemps. A l'instar de Christophe, le propriétaire du très bel exemplaire qui illustre notre dossier, l'achat d'un coupé Alpina B7 doit avant tout être un acte réfléchi. Et cela, malgré la passion automobile qui nous anime tous. La complexité pour l'après-vente et l'entretien, et le peu d'enthousiasme développé pendant longtemps par l'usine de Buchloe pour ses modèles classiques a évidemment compliqué l'existence des rares propriétaires d'Alpina B7 Turbo E24. L'entretien de l'auto n'a rien de très complexe en soi, avec une vidange programmée tous les 7500 kilomètres plus divers contrôles obligatoires sur les organes de sécurité écaniques.

S'il fallait compter seulement 15.000 euros en moyenne pour un exemplaire en bon état d'origine il y a 10 ans, malheureusement, comme pour toutes les automobiles de sport et de luxe un peu anciennes, les cotes du de l'occasion se sont envolées sous la pression des collectionneurs et des spéculateurs. Par conséquent, avec la rareté de ces oiseaux, il faut désormais compter un mimnimum de 60.000 € pour une B7 Coupé 300 ch et beaucoup plus (!) pour une ultra rare B7 S... quand vous en trouverez une à vendre ! Pour cela, il ne faudra généralement pas hésiter à parcourir l'Europe et notamment l'Allemagne, marché de prédilection du modèle. Et même dans ce cas, soyez exigeant sur l'historique et l'entretien requis au cours de la vie d'une telle auto. Si vous jetez votre dévolu sur un véhicule demandant une restauration, prenez en compte le coût élevé de certaines pièces, notamment celles provenant directement de chez Alpina. Mais il sera alors difficile de tourner les talons et patienter pour qu'un autre exemplaire "état concours" se présente dans les petites annonces...

PRODUCTION
Alpina B7 Turbo Coupé 3.0L (12/1978-02/1982) : 153 exemplaires
Alpina B7 Turbo Coupé 3.5L (08/1982-12/1985) : 110 exemplaires
Alpina B7 Turbo Coupé 3.5L 320 ch (10/1986-06/1988) : 20 exemplaires
Alpina B7 S Turbo (05/1982-09/1982) : 30 exemplaires
Alpina B9 3,5 Coupé (07/1982-1985) : 75 exemplaires (dont 2 exemplaires 3.4L)
Alpina B10 Coupé (07/1985-12/1987) : 44 exemplaires
TOTAL ALPINA SERIE 6 E24 : 432 exemplaires

CONCLUSION

:-)
Exclusivité
Style
Performances
Châssis
Finition
Collector...
:-(
... difficile à trouver !
Freins peu endurants
Poids
Entretien onéreux
Sonorité moteur étouffée

Vouloir comparer une Alpina B7 Turbo E24 à une BMW M635 CSI et son six en ligne atmosphérique de 286 ch serait une erreur. La BMW est plus typée sportive avec un moteur pointu qui donne le meilleur de lui-même dans les tours. L'Alpina B7 Turbo, c'est l'apologie du Grand Tourisme à l'état pur. Capable de parcourir l'Europe à des vitesses aujourd'hui prohibées dans la plupart des pays, l'Alpina B7 Turbo mêle l'art à la manière pour réaliser une démonstration éclatante de son concept. Parfaitement maîtrisée techniquement, la B7 Turbo mérite que l'on s'intéresse à son sort, à condition d'avoir la foi de l'exclusivité qui la rend bien évidemment plus exigeante qu'une "simple" BMW Série 6 E24...

Nous remercions chaleureusement Christophe pour le prêt de sa très belle Alpina B7 Turbo, sa confiance, sa disponibilité et sa gentillesse.



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