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Z
COMME SPORT
La Nissan 300ZX était une grande GT bourrée de
technologie qui avait besoin d'un V6 bi-turbo pour propulser son
poids conséquent. Depuis, Nissan a changé de cap et
amorce un retour aux sources du sport. Véritable véhicule
d'image, la 350Z abandonne le turbo et quelques kilos superflus
pour mieux se rapprocher de l'esprit "Z", celui inauguré
par la 240Z. Symbole du renouveu de Nissan et des ambitions de la
marque, elle bouscule la catégorie des coupés sportif
par un rapport prix/puissance très agressif...
Texte:
Sébastien DUPUIS - Photos: D.R.
PRESENTATION
Très fidèle
au concept car original, la Nissan 350Z n'est pas une auto 100%
nouvelle. En effet, elle est construite sur une plate-forme raccourcie
de Skyline, excellente sportive malheureusement non importée
chez nous, et dispose d'une version modifiée du V6 3,5L déjà
connu chez nous sous le capot de... la Renault Vel Satis ! Néanmoins
pour ce qui est du design, le nouveau coupé sportif de Nissan
réussit son opération séduction. Certains y
retrouveront des inspirations d'Audi TT ou encore de Porsche 911
mais quoi qu'il en soit, avouons que le 350Z affiche une personnalité
forte et bien à part. Très compact et bas (1,31m),
ses dimensions sont pourtant généreuses. La préservation
de la lignée des Z impose au 350Z une architecture à
moteur avant et propulsion, héritée de génération
en génération depuis la Datsun 240Z de 1969. La ligne
élégante et racée du coupé 350Z nous
réjouit d'autant plus qu'il réunit et concilie avec
bonheur le design US, Européen et Japonais. La partie arrière
avec ses feux étirés sur les ailes est de notre avis
la plus réussie. Bien profilé, il s'octroie une valeur
de 0,29 pour son Cx. Signe distinctif fort, les grande poignées
de portes métalliques sont cependant plus discutables esthétiquement
car un peu trop massives. Les grandes portières permettent
de pénétrer facilement dans un habitacle qui donne
immédiatement une impression de confinement importante. La
ceinture de caisse est assez haute et vous ne pourrez donc pas facilement
"cruiser" le coude à la portière... Avantage
de son implantation mécanique, le coupé Nissan 350Z
offre un coffre arrière qui s'ouvre avec un grand hayon et
dont le volume appréciable est cependant entravé par
la barre anti-rapprochement qui charpente l'essieu arrière.
Preuve de sa conception sportive et de la recherche de rigidité
qui en découle, cette barre trouve aussi sa justification
dans le fait que le 350Z devrait prochainement se découvrir
via une version roadster. Autre avantage de ce coffre, il est directement
accessible depuis l'habitacle, derrière les sièges.
On regrette alors que Nissan ne livre pas de série le couvre-bagage
qui va avec. A ce niveau de standing, ce genre d'option semble mesquin
tant elle paraît indispensable. Les deux places offertes à
bord sont plutôt accueillantes. La position de conduite est
parfaite, le conducteur pouvant trouver facilement son aise grâce
aux multiples réglages offerts. Les sièges baquets
ne sont recouverts de cuir en série que sur la version Pack
de notre essai. Le cuir est d'assez bonne facture mais nous laisse
un peu sur notre faim. De même le volant sport à trois
branches possède une jante trop fine et peu ergonomique.
Le cuir qui l'entoure est lui aussi de qualité moyenne. Même
constat lorsque l'on s'attarde à l'inspection des plastiques
de la console, certains rappellent un peu le grain d'une simple
Peugeot 206. En revanche, devant le pilote, l'instrumentation est
très complète. Le bloc de couleur alu est d'ailleurs
solidaire du volant et reste face aux yeux du pilote quel que soit
sa position. Belle astuce. On y trouve au centre le compte tours
et autour le tachymètre, la jauge à essence et la
température d'eau. Au sommet de la console centrale, 3 petits
manos supplémentaires sont orientés vers le pilote.
En plus de la base habituelle, ils ajoutent une jauge de pression
d'huile, un voltmètre de batterie, et la pression d'eau.
Très complète, la panoplie d'équipements de
la version pack comprend un ordinateur de bord complet, la climatisation
automatique, les phares au Xénon, un superbe système
audio "Bose Sound System"et le désormais indispensable...
régulateur de vitesse !
MOTEUR
Parlons vitesse justement, puisque le coupé Nissan 350Z
est en partie conçu pour cela. Propulsé par une version
revisitée du V6 de la Renault Vel Satis, le coupé
japonais s'offre un des plus beaux organes sonores de la production
actuelle. Ce bloc dénommé VQ est un 6 cylindres en
V à 60° de 3498 cm3 à 24 soupapes. Le gain en
puissance a été obtenu par l'adoption d'un nouveau
collecteur d'admission et d'échappement, un diagramme de
distribution variable en continu spécifique. Le programme
d'injection et d'allumage a bien évidemment été
modifié en conséquence. De 235 chevaux sous le paquebot
français, le V6 passe donc à 280 chevaux à
6200 tr/mn dans le 350Z et délivre un couple remarquable
de 363 Nm à 4800 tr/mn (soit 103,8 Nm/L). Le rapport volumétrique
est pourtant que de 10,3:1, ce qui souligne la performance des motoristes
de Nissan. Evidemment, on est assez loin des puissances spécifiques
obtenus chez les plus pointus de la catégorie mais grâce
à sa cylindrée respectable, le V6 Nissan emmène
sans trop peiner les 1500 Kg de la belle. Les chronos sont d'ailleurs
assez flatteur, en dépit d'un poids que l'on attendait plus
faible et d'une répartition des masses minoritairement sur
le train arrière (47%). 0 à 100 Km/h en 5"9,
26"2 pour le 1000m DA, c'est mieux qu'une Clio V6 ou une Audi
TT V6. Sur les reprises, le couple fait parler la poudre et la Nissan
350Z vous propulse de 90 à 120 Km/h en 7" sur le dernier
rapport de la boîte 6. La vitesse maxi est limitée
à 250 Km/h, ce qui n'est plus un argument majeure de nos
jours. Bien étagée, la boîte à tringle
est plutôt ferme mais grâce à des débattements
précis et courts, elle est comparable aux commandes Bmw.
Elle surpasse en agrément et en rapidité les systèmes
à câbles dont le seul avantage est de réduire
les vibrations dans le levier. Un arbre de transmission en carbone
est chargé de passer toute la puissance du moteur aux roues
arrières qui sont par la même occasion secondée
par un différentiel à glissement limité par
viscocoupleur, bien plus efficace qu'une bride électronique
dont sont de plus en plus affublées les sportives modernes.
Et il faut bien ça pour canaliser la puissance et surtout
le les 37 Mkg de couple du V6 Nissan. Pour clore avec le chapitre
moteur, précisons que le budget carburant devra être
calculé sur une consommation moyenne de 12L/100 km avec des
extrêmes de 9 à 16L en ville ou en conduite sportive.
SUR LA ROUTE
La 350Z possède un châssis très rigide
car prévu dès le début pour la version cabriolet
qui suivra prochainement. Les essieux sont également sophistiqués,
il s'agit de système à triangles superposés
composés de triangles supérieurs et de bras inférieurs,
complétés de barres anti-roulis avant et arrière.
Progressive la 350Z est un régal à la conduite, résultat
en parti du à la direction à assistance hydraulique
dont le feeling est vraiment exceptionnel. Très précise
elle permet de bien sentir et tenir l'auto, quelle que soit l'allure.
Aucune remontée parasite ne vient perturber un guidage optimal
et communicatif. Plutôt sous-vireuse pour une propulsion,
la 350Z par sa répartition des masses légèrement
supérieure à l'avant et la présence du DGL
n'est jamais surprenante. Son train arrière suit le mouvement
avec sagesse, il ne dérive que lorsqu'on le brusque par un
transfert de masses par exemple et c'est toujours parfaitement contrôlable.
Ce comportement est tellement neutre que l'on regrette comme souvent
la présence d'un ESP déconnectable qui redevient actif
à chaque sollicitation des freins et bloque violemment toute
tentative de survirage excessif. Cela peut même dérouter
les pilotes expérimentés tant cette entrée
en action est peu naturelle et surprenante. Les freins se composent
de quatre grands disques pincés par des étriers italiens
(Brembo) à 4 pistons. En complément, une centrale
ABS avec répartiteur de freinage, antipatinage et ESP veillent
au grain. Puissant et endurant, le freinage de la 350Z s'acquitte
honorablement de stopper les 1500 Kg de la Nissan. Les pneumatiques
fournis par Bridgestone ne sont sans doute pas non plus étrangers
à cette performance. Les RE040, en dimensions 225/45 devant
et 245/45 derrière, chaussent de belles jantes en alliage
léger de 18". Pour les plus sportifs, Nissan propose
même en option de sublimes jantes forgées pesant chacune
4 Kg de moins ! Nous n'avons pas pu mesurer le gain à la
conduite mais le fait de réduire les masses non suspendues
doit certainement faciliter le travail des amortisseurs. Enfin,
l'amortissement justement, il est bien évidemment sportif
mais pas trop ferme. Il préserve un très bon confort,
ce qui conforte le statut de GT du coupé Nissan. Hormis un
bruit de roulement perceptible, voyager à bord de la Nissan
350Z est un vrai bonheur.
::
CONCLUSION
Proposée au prix canon de 34 500 Euros
en version de base, la Nissan 350Z est la bonne affaire du moment
! Une ligne superbe, un moteur bien rempli, une conduite très
plaisante et un équipement complet; Nissan signe là
une véritable pièce de choix. Nous regrettons seulement
l'absence d'une version plus dépouillée et plus sportive
encore qui constituerait sans doute une offre extrêmement
alléchante...
CE QU'ILS EN ONT PENSE :
"Si toutes les deux ont la puissance requise pour mettre
KO n'importe quel sparing partner, dans ce face à face, elles
n'ont fait que se rendre coup pour coup. Sans pour autant surclasser
le Boxster dans aucun domaine précis (performances, présentation,
tenue de route,...) la 350Z l'emporte cependant à la fin
en raison de son tarif. Car, si dans la catégorie de sgrandes
GT, la amrque japonaise n'a pas encore l'aura de Porsche, l'écart
de prix affiché est tout de même conséquent
!"
ECHAPPEMENT - 01/2004 - MATCH NISSAN 350Z/ PORSCHE BOXSTER S.
"Nissan nous rappelle que ce n'est
pas si difficile de faire une vraie voiture de sport, c'est-à-dire
une auto proposant des performances élevées, mais
surtout un plaisir de conduite qui la distingue du reste de la production
automobile. [...] Et en plus d'être une réussite sur
le plan dynamique, cette dernière est la moins chère
du lot ! ll serait peut-être temps que le sconstructeurs non
japonais se réveillent..."
LE MONITEUR AUTOMOBILE - 11/2003 - ESAI COMPLET NISSAN 350Z.
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