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LES SENS DU PLAISIR Depuis la fin
de l'année 2003, Nissan avait revisité son glorieux passé
en réssucitant le coupé Z ! Doté d'une ligne pure et musclée
à la fois, le coeur de ce coupé nippon battait au rythme et son
d'un V6 3,5 litres sonore et coupleux à souhait. Depuis, Nissan n'a cessé
de lui apporté de nombreuses améliorations et plus récemment
encore un moteur de 313 ch dont le constructeur japonais nous annonce des modifications
internes en nombre. Mais avant de pouvoir mesurer ces évolutions, nous
nous sommes attardés sur la dernière évolution mécanique
de la "saga Z" moderne, avec le V6 de 300 ch... Texte:
Gabriel LESSARD - Photos: D.R. On ne pourra pas reprocher à
Nissan de rester passif, surtout avec sa gamme "Z".
Après s'être progressivement éloigné du concept des
Nissan/Datsun 240 Z des débuts, en offrant des autos,
certes sportives et de qualités,
mais souhaitant flirter avec les GT européennes établies (Porsche,
Maserati, Jaguar...)
avec ses 300 ZX notamment, Nissan est revenu fin 2003
dans le même segment et concept que feue les 240 Z. La Nissan 350 Z fit
mouche auprès du public. Notamment auprès du marché américain
qui ne resta pas insensible à sa ligne, à la fois pure et athlétique,
et qui ne se lassa pas de la mélodie enchanteresse de son V6 de 3,5 litres
de 280 ch. Stricte deux places, la Nissan 350 Z pu avoir en renfort une version
roadster de toute beauté en 2005, puis au début de l'année
2006, le constructeur japonais opéra quelques retouches esthétiques
et mécaniques sur sa gamme Z avec notamment un moteur revisité à
300 ch et un caractère modifié pour tenir compte des critiques des
clients. Il était donc temps pour L'Automobile
Sportive de tester cette diva du segment des GT abordables avant de pouvoir
prendre contact avec la future 350 Z dotée du moteur de 313 ch
DESIGN
Si la Nissan 350 Z a connu quelques modifications de détails, notamment
sur sa face avant, les designers de la firme japonaise n'ont heureusement pas
modifié l'allure de ce coupé aux traits ravageurs. Ce n'est pas
compliqué, malgré déjà quelques années à
son compteur, le Nissan 350Z fait toujours tourner les têtes ! Avec son
design très lisse agrémenté de fins plis de carrosserie qui
permettent à la lumière de faire jouer formes et volumes, le "coupé
Z" assure le son et l'image. Notre modèle d'essai était doté
des jantes alu de 18 pouces allégées, permettant ainsi de diminuer
le poids non suspendu, mais aussi d'améliorer le refroidissement des freins.
Une bonne occasion aussi pour les amateurs d'admirer les étriers de freins
Brembo à l'avant. Tout est viril dans ce design, mais sans aucun artifice
de style de mauvais goût. Lorsque Nissan lui colle un becquet, ce dernier
reste discret tel une lèvre effleurant la malle de coffre. Les feux avant
et arrière sont étirés et altiers, tandis que les larges
aérations devant et les deux sorties d'échappement rappellent la
vocation sportive de la Nissan. Pour un peu, avec un regard un peu vague, on prendrait
les clignotants avant pour des crocs. Véritable voiture d'esthète,
elle réserve en revanche le plaisir du voyage à deux personnes seulement.
Deux places donc, mais avec une habitabilité correcte. La position de conduite
est excellente avec en prime un réglage de volant qui est solidaire du
combiné d'instruments. Une astuce que la Porsche
928 avait déjà inauguré dès 1978, et qui présente
l'immense mérite d'avoir une amplitude de réglage en hauteur du
volant sans pour autant masquer les instruments de bord. Dommage en revanche que
le volant ne soit pas réglable en profondeur. L'ergonomie générale
ne souffre pas la critique et tout le nécessaire est là. Les commandes
sont intuitives, et il n'est pas nécessaire de lire le mode d'emploi pour
faire marcher un accessoire. Assis bas, le bras posé sur la console centrale,
la sensation rappelle la position de conduite des Porsche
944 ou 968. En revanche, la chaleur dans
l'habitacle dès que l'on roule devient vite importante, et le tunnel central
est relativement chaud. La climatisation est donc vite indispensable en mode "froid".
Un intérieur plaisant, une bonne position de conduite, des détails
amusants... Le sans faute alors ? Tout de même pas, car les plastiques et
l'assemblage ne sont pas dignes d'une auto de ce niveau et étonnent surtout
comparé aux finitions des Nissan 300 ZX ou même des Nissan 200 SX
finis plus "à la japonaise" des années 90. Autre bémol,
l'absence de boîte à gant, même si quelques rangements sont
présents, notamment derrière les sièges, est un peu frustrant
et peu pratique. MOTEUR Dès les premières vocalises
on reste rassuré ! Le son moteur envoûtant du V6 3,5 litres du coupé
350Z est toujours très présent. Surtout à bas régimes
lors des relances où ils offre un récital de tonalités caverneuses.
Frissons garantis ! Enfin une sportive qui a de la voix, sans pour autant être
obligé de risquer son permis. Pour le reste, Nissan a confié le
soin à sa branche sportive Nismo (Nissan Motorsport) de faire évoluer
le V6 vers plus de sportivité. Il était reproché à
la première mouture d'être presque trop pleine à bas régime
et puis assez pale dans les tours. Alors pour faire gagner des tours/minutes à
cette mécanique, Nismo a modifié tout ce qui favorise et tient les
contraintes des hauts rendements : Pistons renforcés, temps de levée
des arbres à cames plus aiguisé, ainsi qu'une admission revue et
une modification du programme d'injection. Alors si on peut être certes
un peu déçu des "seulement" 20 ch de gagnés, c'est
surtout le caractère plus enjoué de cette mécanique qui profite
de ces modifications. Si le V6 rechigne moins à monter dans les tours que
sur les premières moutures, il ne faut pas non plus s'attendre à
une vivacité d'un VTEC non plus. Passé les 5000 tr/mn, le V6 perd
de sa voix pour grogner et manifester un mécontentement, bien que le chrono
continue à s'affoler. Les 300 ch répondent ainsi présents
à 6400 tr/mn, tandis que le couple est toujours largement présent
et en force avec 353 Nm à 4800 tr/mn. Pas si mal pour un atmo ! Et ce couple
n'a rien d'un simple chiffre posé sur le papier, car à l'usage,
on peut même se dispenser plusieurs fois de descendre un rapport. La seule
méthode est d'écraser l'accélérateur et le couple
fait le reste ! D'ailleurs, si les verrouillages de la boîte 6 rapports
sont agréables, l'ensemble est dur à manier, avec une pédale
d'embrayage offrant une belle résistance. Quelques séances dans
les bouchons parisiens nous ont rappelé quelques souvenirs avec des sportives
plus anciennes. Côté chrono, la Nissan 350Z et son moteur de 300
ch ont oublié de folâtrer avec moins de 6 secondes pour le 0 à
100 km/h et près de 26 secondes pour le kilomètre départ
arrêté. Vu le poids de l'ensemble qui frise les 1,5 tonnes, ces performances
sont à souligner. CHASSIS Nous
ne reviendrons pas en détail sur le châssis de la Nissan 350Z qui
a déjà été décrit dans nos précédents
dossiers (Cf. encadré "Avant, déjà au top !"
plus bas). Ce qu'il faut retenir dans les bonnes nouvelles c'est que la Nissan
350Z est dotée de série d'un autobloquant (pas si courant hélas
sur les sportives modernes cédant trop souvent aux sirènes de l'électronique
castrateur), d'une direction précise et directe, de jantes bien chaussées
en 245/45 R18 (excusez du peu !) et de freins Brembo largement suffisants en usage
quotidien et sur route ouverte. Bon, certes, un ESP est de la partie et même
s'il est possible de le déconnecter partiellement, il n'hésitera
pas à vous donner un coup de main le cas échéant. L'amortissement
est du genre ferme, ce qui n'est pas pour nous déplaire, bien au contraire,
mais il peut lasser les moins intégristes. Sur route ou en ville, le coupé
Nissan 350Z apparaît presque rustique dans sa conduite. "Rustique",
un terme que d'aucun jugerait comme une critique mais qui est surtout un plébiscite
de notre part. Enfin une GT pas avare en feeling et sensations ! Avec le coupé
Z, c'est une belle histoire à chaque démarrage. Certes, le poids
se fait sentir, mais entre le couple moteur qui efface tout ralentissement, les
freins qui se chargent d'arrêter ce coupé charmeur, et les commandes
un peu dures, la position de conduite typée GT, il n'en faut pas plus pour
que le cocktail soit très séduisant. Lorsqu'on bouscule ce coupé
sportif en haussant le rythme, il se montre toujours prévenant, même
si le poids se fait sentir. Malgré des ensembles ressorts-amortisseurs
plutôt fermes, le roulis est assez marqué et on apprécie d'autant
plus la pose de série de l'autobloquant. L'essai circuit, dans le lien
ci-dessous, sur le tracé de Lurcy-Levis nous permettra de mieux pousser
dans ses retranchements (et en toute sécurité) ce coupé qui
ne demande qu'à jouer. :: CONCLUSION
Des sensations non édulcorées, voilà ce que propose la Nissan
350Z au quotidien, et parmi toutes ces sportives largement asseptisées,
il est appréciable d'avoir encore des autos de caractère sur le
marché. Alors lorsqu'en plus elles combinent, comme le coupé Z,
une ligne, une empreinte sonore (quel son ce V6 !), et un comportement routier
qui reste joueur et accessible au plus grand nombre, on lui pardonnera volontiers
ses quelques détails de finition et ses manques de rangements. Après
tout, le plaisir automobile se déguste aussi en égoïste ou
à deux, alors au diable les aspects pratiques ou de confort (suspensions
exigeantes ?), et vive la passion à chaque coup de clé... Liens
conseillés sur NISSAN 350Z 300 ch
: Nissan.fr
- Japan
Cars.net Nous remercions vivement Grégory Neve,
Aurélien Jancen de Nissan France et leur équipe pour le prêt
de la Nissan 350 Z de cet essai, leur gentillesse et passion communicative...
en savoir plus : Nissan
France. CE
QU'ILS EN ONT PENSE : "Toujours aussi séducteur à l'arrêt
et sur chaussée lisse, le 350Z nous décoche une nouvelle flêche
en plein coeur à chaque montée en régime. Et qu'importe su
le chrono, lui, ne s'en émeut pas. Notre seul regret provient de l'immobilisme
des ingénieurs concernant l'amortissement, lequel demeure une tare rédhibitoire
pour les amoureux de balades sportives à la campagne." Motorsport
- août/septembre 2006 - Nissan 350Z 300 ch - Nicolas Gourdol. |