| L'ESSENCE
DU PLAISIR La Honda S2000 est une sorte d'exception dans le paysage
des roadsters sportifs. Une vraie bulle d'air qui permet de conjuguer au quotidien
la vraie sportivité de roadsters habituellement plus exclusifs et plus
chers, tout en conservant une allure conventionnelle. " Allure " esthétique,
car côté chrono et châssis, la S2000 qui a évolué
en 2004 sur quelques points reste toujours une des références du
marché. Avec son deux litres atmosphérique de plus de 120 ch/litre,
Honda nous rappelle ses qualités de motoriste... Texte:
Gabriel LESSARD - Photos: D.R. Lorsque Honda
a dévoilé en 1998 son roadster S2000, c'était
avant tout pour fêter dignement le cinquantenaire de son existence. Un roadster
racé et ultra-sportif comme Honda sait nous en concocter dans la veine
des Integra Type R, ou même dans une autre
catégorie de la NSX. Immédiatement ce roadster
sportif a su convaincre les sportifs aguerris du volant par ses qualités
peu courantes de nos jours dans des automobiles si aseptisées. En 2004,
Honda se permet de revoir légèrement son roadster S2000 pour tenir
compte des remarques des clients. Mieux ?... Pas nécessairement, mais certainement
plus facile pour s'adresser à un public plus large. DESIGN
La Honda S2000 est désormais connu de tous
les amateurs de voitures de sport authentique. Sa silhouette, assez particulière,
avec un pare-brise assez reculé et presque droit comme sur les Saab 900
des années 80, n'a pas réellement été revue lors du
face-lift de 2004. Ainsi, on retrouve toujours avec plaisir ce long capot avant
et cet habitacle qui semble perdu au milieu de la ligne. Cela nous change un peu
des lignes " monospaces " avec le pare-brise presque dans le prolongement
du capot désormais vu à chaque coin de rue. Les retouches de 2004
concernent surtout les faces avant et arrière légèrement
revues. Ces petits détails donne un coup de jeune au S2000 qui n'en avait
pourtant pas besoin. Les jantes de 17 pouces suffisent à remplir correctement
les arches de roues et rappellent finalement qu'il n'est pas nécessaire
de céder à la course au diamètre pour un résultat
esthétique réussi. Le modèle de notre essai était
en outre recouvert d'une peinture bleue métallisée de très
belle facture qui a forcé l'admiration de tous ceux qui s'en sont approché.
La qualité de cette peinture est à l'unisson avec le reste de l'auto
dont la présentation et les matériaux employés ne souffrent
pas la critique. Une fois installé dans les très bons sièges
baquets, la position de conduite apparaît vite comme l'un des points forts.
Avec son tunnel central assez proéminent, votre bras droit trouve naturellement
sa position dessus en empoignant le petit levier de vitesses. Seul le volant n'est
pas réglable et peut être positionné un peu bas pour ceux
qui auront des " cuisses de footeux ". L'autre bonne surprise est la
simplicité de la planche de bord, tant dans son dessin que dans sa dotation
en équipement. Le strict minimum est là et enfin on retrouve une
auto qui est avant tout dédiée à la conduite et non au passe-temps
kilométrique à grand renfort d'équipements multimédia
Le combiné d'instruments entièrement digital fait penser un peu
au monde de la moto et est relativement pauvre en informations. En revanche avec
son compte-tours digital, c'est l'ambiance Formule 1 assurée, surtout en
montant jusqu'à 9000 tr/mn ! Les assemblages et plastiques imposent le
respect à quelques détails près comme le cache radio assez
peu qualitatif. Si vous cherchez un espace de rangement, vous risquerez la déconvenue,
car volontairement les ingénieurs Honda n'en ont pas prévu. Pas
question en effet pour eux de laisser la place à des objets qui se promèneraient
et déconcentreraient le pilote de bruits parasites ! La capote est électrique
et il suffit de la déverrouiller pour qu'ensuite elle vienne se glisser
dans son logement. En revanche, l'absence de doublure, outre une finition visuelle
pas très élégante, génère un bruit ambiant
dans l'habitacle qui rend vite les longs trajets fatiguant. MOTEUR Lorsque l'on soulève le long capot de la S2000,
c'est un peu la surprise tant le moteur semble prendre peu de place et est très
reculé vers l'habitacle. Placé en position longitudinal avant derrière
les roues avant, il est finalement en position centrale ou presque ! Son couvre
culasse rouge vif abrite une mécanique aiguisée et évoluée.
Ce deux litres atmosphérique (1997 cm3 exactement) est doté du système
VTEC que Honda emploie désormais depuis presque vingt ans sur ses voitures
de série. Un système qui permet ainsi de jouer sur le calage des
arbres à cames et sur la levée des soupapes. Tout l'intérêt
est donc de pouvoir conserver un minimum de réglages plutôt axés
" route " et couple pour les bas régimes et la conduite quotidienne,
mais aussi d'aller chercher des hautes rotations pour un maximum de performances.
Tout l'équipage mobile est donc très évolué pour garantir
de l'efficacité et de l'endurance. Avec un rapport de plus de 120 ch/litre,
ce bouillant moteur développe ainsi 240 ch à 8300 tr/mn et un couple
de 21,2 mkg à 7500 tr/mn. Des valeurs qui feraient sourire le premier amateur
de mécaniques " mazout " venu. Mais pour les autres, les esthètes
de la performance et des voitures de sport, ces chiffres, volant en main, offrent
un caractère authentique à la S2000. Installé à bord,
contact sur le bouton rouge " start " à gauche du volant, et
le moteur s'ébroue. Sur les allures régulières et des régimes
moteur en dessous de 7000 tr/mn, la sonorité est plutôt caverneuse
et sans charme comme sur les dernières Clio RS. En revanche, dès
que le VTEC entre en action, c'est le frisson qui gagne avec des poussées
entre chaque tombée de rapport qui semblent inépuisable ! A près
de 9000 tr/mn, il faut passer le rapport supérieur. Grisant ! Et les sensations
ressenties sont confirmées par le chrono qui est sans appel avec un très
bon 26,8 secondes sur le kilomètre départ arrêté et
un 0 à 100 km/h en 6,8 secondes. Pour un atmosphérique et une voiture
de près de 1,3 tonnes, le résultat est flatteur. La très
bonne boîte à 6 vitesses égraine les rapports sans heurts
et permet par sa démultiplication d'aller chercher les 240 km/h en vitesse
maximale (sur circuit bien évidemment !). Si nous sommes très attachés
à cette brillante mécanique, il faut rester cependant lucide tant
son manque de couple à bas régime rend la conduite moins confortable
au quotidien. Il ne faudra pas hésiter à jouer du levier pour rester
dans des plages performantes.
| CHASSIS |




| C'est
le comportement routier qui a le plus évolué sur cette sportive
nipponne. Conscients chez Honda de l'efficacité de la S2000 Mk1 mais aussi
de son exigence de pilotage envers son conducteur, quelques réglages différents
sont venus assouplir les réactions du châssis. Ainsi, les suspensions
avant sont désormais plus dures tandis que les amortisseurs arrière
sont plus souples. La monte pneumatique a elle aussi évolué avec
des Bridgestone Potenza RE050 à l'avant en 215/45 R17 et 215/45 R17 à
l'arrière. Ainsi dotée, la Honda S2000 Mk2 est réglée
plus sous-vireuse et pardonne plus au conducteur ses fautes de conduite. La proue
est notamment moins vive que sur la Mk1. Et avec son différentiel autobloquant
Torsen (avec le principe de la vis sans fin) la motricité reste optimale
et aide même la Honda à conserver une trajectoire idéale.
Si globalement sur route ouverte, la S2000 est difficile à prendre en défaut
sur le sec, il faudra rester plus circonspect comme avec toute propulsion qui
se respecte. Surtout que lorsqu'elle décroche, cela survient assez tardivement
et brusquement et l'absence de couple moteur à bas régime complique
la tâche du conducteur pour remettre l'auto en ligne. Si le châssis
est très efficace dans le sinueux, c'est dans les grandes courbes rapides
que la S2000 étale les qualités de son châssis. Légèrement
sous-vireuse, elle permet de placer l'avant puis d'entretenir l'auto dans la courbe.
Un régal ! Les freins se montrent endurants et puissants même si
les étriers sont fixes. Enfin, toujours pour les freins mais aussi pour
la direction, c'est l'ambiance course assurée ! Il ne faut pas hésiter
en effet à presser très fortement la pédale de frein pour
une décélération maximale tandis que la direction utra-précise
et directe (et pourtant cela a été atténué par rapport
à la Mk1) offre un réel plaisir dans chaque changement de direction. |
:: CONCLUSION
Avec un concept trop intégriste face aux roadsters plus routiers que sportifs,
et plus conciliants que les extrêmes du marché (Caterham, Lotus Elise,
Opel Speedster
) la Honda S2000 à moins de 40 000 euros permet d'aller
tutoyer des roadsters sportifs autrement plus onéreux. Un comportement
sportif, un moteur diabolique mais exigeant au quotidien, une qualité de
finition exemplaire et un look charmeur, tel est l'offre d'Honda avec son roadster
S2000. Et avec les modifications opérées lors du facelift, il devient
encore plus facile à conduire pour le quotidien. Assurément un achat
passion pour des amateurs avertis de la conduite rapide...
Liens
conseillés sur HONDA S2000 Mk2
: Honda.fr - Japan
Cars.net - Slick et
Stock - Roadsters.fr
Nous remercions vivement Thomas
Mesnil, Aurélie Litzler de Honda France et leur équipe pour le prêt
de la Honda S2000 de cet essai, leur gentillesse et passion communicative... en
savoir plus : Honda
France. Nous remercions également
Yanncik Vaillant de l'organisation Slick
et Stock pour sa participation à la prise de photos et son initiative
pour nous permettre de tourner à Lurcy Levis.
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HONDA S2000 MK1, PLUS SPORTIVE ? |
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VA Y AVOIR DU SPORT !!
Après avoir instauré les appellations "type-R" et "VTEC"
au rang de véritables symboles pour tous les passionnés d'automobile,
les ingénieurs Honda nous livrent un authentique roadster de sport pour
célèbrer toute la maîtrise technique de la marque. Rappellant
dans son concept ses illustres ancètres, telle la S800, la Honda S2000
est vouée au seul service du pilotage et du plaisir... >>Lire
la suite du dossier Honda S2000, cliquez ici !! | |
CE QU'ILS EN ONT PENSE : "De
ce côté-là, la Honda a moins de souci à se faire puisqu'elle
dispose en série de ce qui se fait de mieux dans le domaine des autobloquants
: un Torsen ! Basé sur le principe de vis sans fin, celui-ci force constamment
les roues motrices à tracter à l'unisson, interdisant ainsi toute
baisse de motricité. Voilà pourquoi en règle générale,
le S2000 tient remarquablement bien le cap, surtout depuis les évolutions
dont a bénéficié le châssis en 2004 : direction moins
directe, suspensions raidies à l'avant et assouplies à l'arrière
ainsi qu'une monte pneumatique majorée. En revanche, une fois à
la limite, le roadster Honda demeure toujours aussi rétif à se placer
sur la trajectoire." Echappement - avril 2007 - Honda S2000 Mk2 -
Jorge Clavell. |