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SPORTIVE PATRIOTE
Citroën reprend un programme sportif en 1981
avec la présentation de la Visa Trophée, homologuée en Gr. 5. Dans la foulée,
un modèle sportif produit en petite série limitée, pour les jeunes talents du
volant, trouve sa place dans la gamme Visa, alors à son apogée commerciale en
France et en Europe. La "Chrono", une machine à remonter le temps... Texte:
Sébastien DUPUIS - Photos: D.R. PRESENTATION
Dérivée de la Visa II Super
X, la Chrono est une série limitée inspirée de la Visa Trophée.
Son caractère sportif fortement marqué apportera d'ailleurs un sérieux
coup de jeune à une gamme très classique. Tout gamin que j'étais,
un oncle ayant craqué pour cette sportive nationale avait réussi
à me convaincre qu'il s'agissait là d'une authentique voiture de
course, rare et donc exceptionnelle ! Effectivement, le fait est qu'elle n'avait
été produite dans sa première série qu'à 1500
exemplaires, mais bon, avec le recul et l'âge, je suis moins dupe... En
y regardant après coup, je me demande bien quelle substance illicite avaient
ingurgité les designers pour "pondre" une caisse pareille ! Diable,
j'avais oublié à quel point la Visa est une... Citroën. Pire,
une voiture des années 80 ! "Visa
II Chrono 93ch, un monstre.", le slogan publicitaire ne pensait peut-être
pas si bien dire... Faisons le tour du... "monstre". Extérieurement,
on a pas fait dans la dentelle chez Citron ! Dans les teintes choisies tout d'abord,
la voiture... surprend. Couleur unique pour la carrosserie: blanc. Cela aurait
suffit à une autre époque que le début des années
80 ou le "m'as-tu vu" était maître mot parmi les "chés-bran".
Résultat, d'imposantes bandes adhésives bleues et rouges sont venues
égayer l'ensemble façon "Starsky et Hutch à la française"
dans un style délicieusement kitsch mélant fièreté
patriotique et compétition bon marché. Pour parfaire l'illusion,
quelques idées de génie inaugurées ici, feront date dans
l'histoire du "tuning-fait-main-pour-pas-cher" : les élargisseurs
d'ailes avant et arrière directement rivetés dans les ailes, le
becquet arrière et l'entourage de façade avant rouge vif, les jantes
en alliage blanches, le spoiler avant avec ses projecteurs longue portée
grossièrement rajoutés, les lettrages énormes sur la malle...
que du bon goût n'est-ce pas ? L'ensemble fait penser à un fragile
bricolage de bidouilleur du dimanche mais cet artisanat produit en série
(limitée) se trouve pourtant authentifié par un numéro unique
inscrit en gros sur les portières avant. Ami de la rareté bonjour,
ami de la discrétion bonsoir ! A l'intérieur, quelques équipements
spécifiques indiquent que vous vous trouvez bien à la fois dans
une Citroën et dans une voiture de sport. Planche de bord en PVC bleu, commande
de clignotants et essuie-glaces bizarement traditionnelles (suppression des originaux
"satellites" maison), volant sport à trois branches (heureusement
plus de monobranche) et attention suprême, des sièges baquets avec
garnissage mixte jersey bleu uni/Tep bleu. Aucune option n'était disponible
pour cette série limitée, d'où le nom "limitée"
qui avait sans doute une autre connotation dans l'esprit des responsables commerciaux
de l'époque. Bon, trèves de critiques ? Non, objectivement, c'est
assez dur de critiquer une mamie de 20 ans à qui je dois le respect, mais
la finition française de l'époque, c'est quand même quelque
chose !!! Commençons par le tableau de bord, en reprenant les termes publicitaires
de la marque (Dans le catalogue, le constructeur s'adresse "au jeune"
en s'inspirant du Petit Prince de Saint-Exupéry...). Je cite : "Dessine-moi
un tableau ! D'abord, un volant sport ! Et puis plein de compteurs à cadrans
circulaires : un tachymètre, un compte-tours, des indicateurs de pression
d'huile et de température d'eau, une montre, une jauge à essence...".
Pas con, la jauge à essence, ça peut servir. Et puis visiblement,
les compteurs on savait pas trop où les mettre car l'ergonomie de l'ensemble
est assez "che-lou"... mais continuons : "Et puis encore deux rétroviseurs
extérieurs, sans oublier le prééquipement radio." Ah
non, là, fallait-pas, c'est trop ! Vu le potin du moulin, la radio... on
y pense même pas ! "La Visa II Chrono: faite pour ceux qui aiment les
beaux tableaux !" Effectivement, avec des arguments comme ceux-là,
en tant que jeune, on ne peut qu'être conquis ! MOTEUR
ET PERFORMANCES Parlons du coeur du "monstre", déjà
éprouvé au sein du groupe PSA. Il s'agit du bloc moteur XYR 1360
cm3 qui équipa la 104
ZS 2. S'il vous prenait par hasard d'idée de traverser la France d'une
traite avec un tel engin, nous vous conseillerions de faire un tour par la pharmacie
pour y acheter des boules Quiès. Gavé par deux carburateurs Solex
double corps et privé d'insonorisants, le 1360 cm3 est très bruyant
et peu mélodieux. Loin d'être une mécanique de compétition,
il offre pourtant 93ch à 5800 tr/min et 12,4 mkg à 4500 tr/min.
Une puissance, certes modeste, mais qu'il faut comparer au poids de la machine
: 850 kg en ordre de marche, de nos jours ça fait rêver ! Et puis
heureusement, à part le réglage un peu délicat des carbus,
ce moteur est remarquablement fiable. La boîte 5 vitesses est plutôt
précise et bien étagée mais son levier de commande choque
l'oeil autant qu'il inquiète l'esprit avant la prise en main. Bon, parlons
"chronos" (avec un "s" cette fois) domaine dans lequel justement,
la "Chrono" se fait moins remarquer, bien qu'à l'époque
elle fut l'une des meilleures de sa catégorie : vitesse max. de 173 km/h,
0 à 100 km/h en 11s7 et 1000m D.A. en 33s, à peine de quoi coller
aux basques d'un vulgaire TDI/HDI de base d'aujourd'hui. Bon, alors c'est quoi
son truc à cette caisse ! COMPORTEMENT
Son truc à la Visa Chrono, c'est de vous ramener dans les années
80 ! Une voiture à remonter le temps en quelque sorte ? Exactement ! Flash
back dans les années "GTI"
où le plaisir et les sensations étaient des valeurs fortes de l'automobile.
Sur la route, la Chrono est étonnamment moderne et rassurante, légère
et maniable. Que ceux qui doutaient de sa crédibilité en s'arrêtant
à son physique se rassurent : la petiote tient le pavé malgré
ses petits pneus en 175/70 HR13 et prouve sa fibre sportive quand on la malmène
un peu, aussi clairement qu'elle prouve sa fibre patriotique avec sa déco.
La direction est précise, on "sent" bien la route et on contrôle
sa trajectoire proprement. L'amortissement reste fidèle aux valeurs Citroën,
c'est à dire qu'il sait préserver un certain confort de roulement
et une bonne efficacité en conduite musclée. Efficace, la "mémé"
a encore de beaux restes. ACHETER UNE CITROEN VISA
CHRONO Les Visa Chrono sont désormais très recherchées...
par les citroënistes principalement. A cela plusieurs raisons: tout d'abord,
elle n'a été produite qu'à 1500 exemplaires en 1982 et 1000
autres en 1983 qui ont surtout été vendus à de jeunes pilotes
en herbe... ce qui ne laisse pas beaucoup de survivantes 20 ans après !
Entre la rouille et les accidents, les rares modèles en bon état
ne courent plus les rues. Le "Visa chrono Club de France" situé
à Framier (70) pourra toutefois vous aider à l'entretenir et/ou
la remettre en condition. D'un point de vue spéculatif, il faudra vous
orienter vers d'autres voitures car la rareté de la Visa Chrono ne lui
permet pourtant pas d'atteindre des cours de vente très élevé.
Rare et méconnue, elle intéresse peu d'amateurs. Comptez donc un
budget de 3000 € maxi pour une voiture en état "concours".
Surprenant, mais appréciable si ce modèle vous intéresse. ::
CONCLUSION Au moment de faire le bilan, les impressions de départ s'estompent
un peu. C'est vrai qu'elle n'a pas vraiment un look flatteur la Visa Chrono, mais
quand même, son style si personnel a quelque chose d'attachant. Son moteur n'est
pas un foudre de guerre mais n'est pas avare en sensations de tous genres et profite
du poids plume pour offrir des performances sympathiques à cette petite Citroën.
Bref, je crois que j'ai surtout été conquis par sa rareté et la nostalgie qu'elle
suscite. Donc si vous aussi avez succombé au charme rétro de cette bombinette
des 80's et à ses prix très abordables, nous vous souhaitons bonne chance dans
votre quête des chevrons sauvages ! Liens conseillés
: Visa
Chrono Club de France - Guide
des GTI et petites sportives
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EN MARGE DE LA SERIE |
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CITROEN VISA LOTUS
Ce prototype à moteur central
est motorisé par un moteur de Lotus Esprit Turbo. gavé par un turbocompresseur
Garrett, ce moteur de 2174 cm3 développe 210 ch à 6 500 tr/mn pour
un poids à vide de 1020 kg. | | PRODUCTIONx
Citroën Visa 2 Chrono (1982-83) : 2500 exemplaires CHRONOLOGIE
1978 En octobre, au salon de Paris, Citroën présente sa nouvelle
Visa. 1981 En mars, Citroën commercialise la Visa II pour redonner
un coup de fouet aux ventes de la Visa. Citroën lance le trophée
Visa pour la compétition en coopération avec Total. Les deux vainqueurs
seront nommés pilotes dusine pour la saison 1982. 1982
Citroën lance la série limitée Trophée à 200
exemplaires. Le but est d'homologuer en groupe B ses Visa. Un trophée en
coopération avec Total et Michelin est créé : le Trophée
Visa International. En mars, Citroën commercialise la Visa Chrono limitée
à 1000 exemplaires. En juillet, Citroën poursuit sa production
avec 1500 exemplaires supplémentaires. 1983 Finalement Citroën
aura commercialisé 2500 exemplaires de sa Visa Chrono dont 2160 exemplaires
en France. Les Visa perdent l'appellation "Visa II". 1984
Homologation en groupe B de la Visa "Mille Pistes" à quatre roues
motrices à 200 exemplaires. En octobre est commercialisée la
Visa GTI dotée du même moteur que la Peugeot 205 GTI : un 1600 cm3
de 105 ch. En coopération avec Michelin et Total, Citroën lance
le Trophée féminin : 6 000 candidates aux épreuves de sélection,
11 pilotes retenus, 6 épreuves. Sylvie Seignobeaux et Christine Driano
deviennent pilotes d'usine pour la saison 1985. 1986 En septembre,
la Citroën Visa GTI suit les évolutions mécaniques de se cousine
sochalienne et gagne 10 ch. 1988 En septembre arrêt de la production
des Citroën Visa après 1 254 390 exemplaires produits tous modèles
confondus. CE QU'ILS EN ONT PENSE :
"En matière de tenue de route, je dirai que sur la Chrono l'efficacité
passe parfois avant l'agrément. C'est dans la dureté de la direction
que réside à coup sûr la part négative de l'équation.
Correctement présentée dans un virage abordé à grande
vitesse, la voiture n'est pas trop sous-vireuse, sur le sec tout au moins. Sa
mobilité est convenable, et comme son train arrière accepte facilement
de dériver à la demande, les remises en ligne s'effectuent avec
aisance, bien que les limites exactes du débattement de l'arrière
dans certaines enchaînements sinueux demandent à être surveillées
avec un certain soin." AUTO-JOURNAL - 1982 - Citroën Visa 2 Chrono. |