| PREMIERS
PAS
Avec son diplôme de HEC en poche, Jean Rédélé
doté d'un sérieux coup de volant s'aperçoit que dans l'après-guerre
en France les amateurs de voitures de sport pour courir sont bien démunis.
Après quelques coups d'éclats en 4 CV 1063 dans les Alpes notamment,
le temps est venu pour Jean Rédélé de préparer une
4 CV très spéciale pour courir. Et quitte à la préparer,
autant voir les choses en grand tout en gardant à l'esprit la simplicité
mécanique, la fiabilité et le coût contenu pour qu'un maximum
de pilotes pas nécessairement fortunés puissent courir. L'Alpine
A106 Coach est ainsi née, et avec elle toute la saga Alpine qui mènera
la marque tricolore à la victoire au Championnat du Monde des Rallyes en
1973
Texte: Nicolas LISZEWSKI -
Photos: D.R. Si l'Alpine 106 Coach est la première
Alpine, elle n'est pas la première réalisation
de Jean Rédélé (un coupé " The Marquis "
-à la demande d'un industriel américain, Zark Reed- avait été
exposé au salon de New York et a participé à quelques courses
dont une victoire de catégorie aux Mille Miglia de 1955). Alors jeune diplômé
d'HEC, avec sa famille très teintée d'automobile (son père
a été mécanicien de course pour l'écurie Renault au
début du siècle et son épouse est la fille Escoffier dont
le père est un important concessionnaire Renault d'alors), Jean Rédélé
va s'engager dès 1950 dans diverses épreuves avec la toute nouvelle
Renault 4 CV qui profite d'une diffusion importante.
Légère et de dimensions réduites, spartiate et simpliste,
la Renault 4 CV jouit en plus d'un réseau Renault très dense, permettant
ainsi plus facilement de la réparer en assistance course. En 1952, avec
son co-équipier Louis Pons, ils vont remporter les Milles Miles dans la
catégorie 750 cm3. Les performances de la 4 CV 1063 en course finissent
de le convaincre d'aller plus loin encore. Il demande ainsi à Michelotti
de lui dessiner une carrosserie sportive sur base de 4 CV et à Alemano
de la réaliser. Un premier prototype sera réalisé donc avec
une caisse en acier, et ce sont les carrossiers de St Maur en région parisienne,
Chappe et Gessalin (futurs constructeurs des CG avec mécaniques Simca),
qui réaliseront les carrosseries en polyester. En 1955, Jean Rédélé
fait les honneurs de son nouveau Coach A106 Alpine à Robert Dreyfus alors
PDG de la Régie Renault. Trois modèles sont présentés
: un bleu, un blanc et un rouge. Pas de doute possible, une Alpine est une voiture
de sport française et Jean Rédélé ne manquera pas
de jouer là-dessus. Quelques mois plus tard au salon de Paris en octobre,
l'Alpine A106 Coach fait ses grand débuts sous les voûtes du Grand
Palais. Partageant son stand avec un autre carrossier, la place d'Alpine est réduite,
mais la marque existe. Le début de l'histoire peut commencer
DESIGN
La première Alpine de la lignée hérite d'un dessin signé
Michelotti. Malgré les dimensions compactes de la roturière qui
lui sert de base qui sont à respecter selon les souhaits de Jean Rédélé,
le designer italien s'en sort avec les honneurs. Certes, la ligne est très
datée années 50, et cette vision de sportive avec le regard d'aujourd'hui
peut laisser goguenard. Après trois autos produites en guise de prototypes
(celle ramenée à Dieppe par Jean Rédélé en
décembre 1952 et les deux " The Marquis "), les carrossiers Chappe
et Gessalin vont établir un dernier prototype avec une caisse en acier
sur les bases du dessin de Michelotti. Ce dernier prototype servira de master
pour établir les moules en polyester. En effet, Jean Rédélé,
conscient de partir de la Renault 4 CV, souhaite que sa création soit plus
légère et rigide. Ses discussions avec Chappe et Gessalin qui se
sont spécialisés dans les éléments en stratifié
tissu de fibres de verre-résine synthétique lui confirment qu'une
carrosserie en plastique sera la plus apte à être à la fois
plus légère, conserver une certaine rigidité, et en prime
ne pas coûter trop cher. L'obsession de la maîtrise des coûts
et par conséquent du prix de vente final dictera bon nombre de détails
dans le style de cette première Alpine. Le pare-brise qui est en fait
une lunette arrière de Renault Frégate lui vaudra d'ailleurs quelques
critiques sur la visibilité à l'angle du ¾ avant. Il sera
remplacé plus tard par un élément sur mesure plus adapté
à la forme de l'Alpine A106. Les connaisseurs des Renault 4 CV devineront
assez rapidement sa générosité envers la petite Alpine :
cabochons de feux arrière, jantes, bouchon de radiateur, poignées
de portes, et de nombreux autres détails mettrons la puce à l'oreille
des amateurs. Si en photo, le coach A106 semble bien équilibré sans
dévoiler sa véritable petitesse, il suffit d'observer que la porte
occupe presque toute la longueur de l'empattement. Et lorsqu'elle est ouverte,
le peu de place pour entrer fini de vous convaincre du gabarit très réduit
de la petite sportive made in France : 3,7 mètres de long, 1,45 mètres
de large et 1,27 mètres de hauteur. Pas de doute, l'Alpine joue dans les
petits gabarits et telle était la volonté de Jean Rédélé.
Le capot moteur (arrière évidemment !) est ajouré à
de multiples endroits pour améliorer le refroidissement des petits cubes
vitaminés, tandis que le lettrage " Renault " ornait les premiers
modèles. A noter les pare-chocs qui sont rapportés sur les premiers
modèles et deviendront par la suite moulés à la carrosserie.
L'habitacle est lui aussi
très petit. Simpliste à souhait,
la planche de bord de 4 CV est restée telle quelle ou presque : compteur
(sans compteur journalier), thermomètre d'eau, jauge à essence et
c'est tout ! Ne cherchez pas de lave-vitre, il n'y en a pas. La position de conduite
conviendra à des personnes de moins de 1,80 mètres. Au-delà,
la notion de confort de conduite deviendra très relative. Le confort des
occupants était souligné dans les brochures d'époques par
des " sièges réglables, bien centrés offrant un large
débattement assurant au pilote et son passager une excellente position
; outre des glace descendantes, des volets d'aération sont disposés
sous la planche de bord. " Une fois installé, le petit volant de bakélite
à deux branches et jante crantée appelle vos mains, tandis que le
levier de vitesses se signale par sa longue tige et son petit pommeau. Spartiate,
étroit et sportif, tel pourrait être résumé l'habitacle
de cette première Alpine. Il faut noter que comme toute voiture artisanale,
l'Alpine Coach A106 pouvait être personnalisée à la demande
en fonction des souhaits du client. Il n'est donc pas rare d'avoir des A106 qui
diffèrent de l'une à l'autre. MOTEUR Jean Rédélé
avait en tête les grandes lignes de son projet de voiture de sport avec
quelques impératifs incontournables : fiabilité, facilité
d'entretien, prix raisonnable. D'ailleurs un des premiers dépliants Alpine
A106 daté de septembre 1955 le précise " Le budget d'utilisation
de l'Alpine est exceptionnellement réduit pour une voiture de cette classe.
" Un des objectifs avoués était surtout de mettre sur le marché
une auto sportive qui pouvait permettre à de nombreux amateurs de courir
à moindre frais. Etant concessionnaire Renault et convaincu des qualités
de la 4 CV puisque auréolé de nombreuses victoires, Jean Rédélé
retient donc les éléments mécaniques de la petite populaire
de Billancourt. Outre une mécanique fiable et éprouvée pour
la grande série, le propriétaire d'une Alpine A106 pouvait ainsi
compter sur un réseau après-vente très dense tant pour l'entretien
que pour l'assistance course. Cela était d'autant plus important que les
rallyes des années 50 parcouraient souvent des distances beaucoup plus
grandes qu'aujourd'hui. Le moteur d'origine de la 4 CV était donc toujours
placé en porte-à-faux arrière longitudinalement, avec la
boîte de vitesses en amont. Avec son bloc en fonte et sa culasse en alu,
ce moteur possédait des soupapes en tête animées par des tiges
et culbuteurs avec un arbre à cames latéral. L'alimentation était
confiée à un carburateur double corps inversé Solex 35 PAAI
ou Weber 36 DCL D3. Le client Alpine pouvait opter pour différents moteurs
: 747 cm3 (celui directement issu de la 4 CV), deux 850 cm3 (issus de la Dauphine
et de la Floride) et un 904 cm3 uvre de Marc Mignotet. Leur puissance pouvait
ainsi varier de 20 à 50 ch DIN. Des valeurs qui peuvent faire sourire aujourd'hui,
mais rapportées au poids réduit de 550 kg, cela devenait nettement
plus intéressant. Les modèles de compétition pouvaient recevoir
en option d'autres éléments amenant plus de performances : carburateur,
pipe d'admission, ressorts de soupapes spéciaux, pot d'échappement
spéciaux
Avec plus d'une vingtaine de chevaux DIN pour la version
747 cm3 d'origine, l'Alpine A106 gratifie son pilote de performances sportives
d'époque ! Avec plus de 45 secondes au kilomètre départ arrêté
et 120 km/h en pointe, vous ne risquez pas les excès de vitesse et au grand-prix
des feux rouges, n'importe quelle auto moderne vous laissera sur place. Peu importe
le chrono, ce sont les sensations et l'état d'esprit qui compte. Et puis
si l'A106 et la performance vous sont indispensables, les coach équipés
du moteur 1063 de la 4 CV du même nom vous feront tout de même gagner
près de 10 secondes au kilomètre DA ! Autre organe non négligeable
pour les performances : la boîte de vitesses. D'origine, le client avait
la boîte de vitesses de la Renault 4 CV à trois rapports. Mais pour
pouvoir jouer " la gagne " en compétition, il fallait impérativement
opter pour la boîte 5 rapports Claude dont Rédélé-Pons
avaient acheté la licence. Jean Vinatier, pilote bien connu des amateurs
d'Alpine (il a couru presque toute sa carrière au volant des voitures françaises)
a rappelé de nombreuses fois que sans cette boîte 5, les performances
n'étaient pas à la hauteur en course. Les clients pouvaient choisir
cette boîte en option même pour un usage routier. Il fallait juste
se concentrer pour passer de 1ère en 2nde car la première était
située en bas à gauche et la seconde
en bas au milieu avec
la 4e à côté ! CHASSIS La plateforme a été
intégralement reprise de la Renault 4 CV. Ainsi pour garantir une rigidité
et robustesse nécessaire, tout en préservant la prise de kilos,
l'A106 se présente sous la forme d'une coque auto-portante dont la structure
est constituée par une poutre centrale en tube d'acier de forte section
recevant une cellule complète en polyester. L'ensemble est scellé
pour éviter toute déformation. Quatre roues indépendantes
sont chargées de la liaison au sol avec à l'avant des leviers triangulés
en trapèze et ressorts hélicoïdaux (+ amortisseurs télescopiques)
et à l'arrière des demi-arbres oscillants et ressorts hélicoïdaux
(+ amortisseurs télescopiques). En option, on pouvait opter pour la suspension
Mille Miles qui était notamment composée de quatre amortisseurs
à l'arrière. Les jantes d'origine de la 4 CV, puis ensuite de la
Dauphine Gordini étaient de 15 pouces de diamètre et chaussées
de pneus en 135 x 380 ou 155 x 380 en option. La direction était à
crémaillère tandis que les quatre freins étaient à
tambours. Inutile de préciser que le freinage est d'époque et mérite
certaines anticipations du pilote, surtout dans le flot de la circulation moderne.
Pour la motricité, pas besoin d'artifice particulier puisque le moteur
positionné en porte-à-faux arrière et la puissance somme
toute modeste limitaient les débordements du train arrière sous
l'écrasement de l'accélérateur. L'Alpine A106 Coach se montre
en effet rigide et très agile. Son gabarit n'y est pas étranger,
de même sa rigidité et son poids contenu. On sent en elle une redoutable
compétitrice pour son niveau de puissance. D'ailleurs, preuve du bon niveau
du châssis de l'Alpine, André Costa dans son essai de 1955 avait
parcouru 1066,5 km en passant de Paris à Lyon avec retour par Clermont-Ferrand
et Nevers à la vitesse moyenne de 85,4 km/h. Pas mal ! ACHETER
UNE ALPINE A106 Coach Avec une
centaine d'exemplaires recensés encore roulants ou en cours de restauration,
l'offre est donc plutôt faible. Les acheteurs existent, mais certains ne
savent même pas encore qu'ils en font partie, tant le coup de cur
et les opportunités dictent les achats d'autos de sport anciennes. Difficile
donc d'établir une cote sérieuse devant le peu de transactions qui
se pratiquent. Les différences d'états et d'équipements/configuration,
viennent en outre compliquer la tâche de l'acheteur. Les vrais Mille Miles
sont normalement plus cotées auprès des amateurs en raison de leurs
performances et aura supérieurs, d'autant plus qu'elle sont souvent équipées
de la boîte 5 Claude. Un budget d'achat tournant autour des 20 000 euros
selon l'état et la version serait cohérent, les coach A106 n'ayant
pas encore été touchés par l'inflation qui frappe les berlinettes
Alpine A110 et même les Renault 8 Gordini. Mais cette estimation est à
prendre avec précaution, une fois encore en raison du peu d'offres sur
le marché pour les A106. Comme pour toute ancienne, mieux vaut privilégier
une auto complète avec tous ses accessoires. Les soubassements devront
être inspectés pour traquer toute trace de corrosion sur le châssis,
les A106 souffrant de problèmes récurrents d'étanchéité
déjà signalés par André Costa dans son essai de L'Auto-Journal
en novembre 1955. L'entretien doit être scrupuleux avec des intervalles
de révisions qui n'ont plus court depuis longtemps sur nos sportives modernes
: Vérification des niveaux tous les 500 km, vidange moteur tous les 2500
km ainsi que le graissage des articulations, pivots et fusées, vérification
du niveau de boîte tous les 5000 km et vidange tous les 10000 km. D'origine
les Alpine A106 sont encore dotées de 6 volts pour l'électricité,
mais il se peut qu'un précédent propriétaire soit passé
aux 12 volts. Si les Alpine A106 sont réputées fiables, elles ne
servent généralement pas pour un usage quotidien et roulent par
conséquent très peu. Mais le respect des mises en température
est comme pour toute sportive une donnée à respecter. Les carrosseries
en polyester travaillent souvent avec le temps, et sont à inspecter régulièrement.
Tous les carrossiers ne sont pas compétents pour le travail du polyester,
donc prudence lors de la réparation sur le choix du prestataire. Enfin,
ne vous faites pas " refiler " une Alpine A106 qui n'en est pas une
de Paris ! En effet, Jean Rédélé vendit sa licence aux Etablissements
Smal basés à Liège en Belgique pour construire des A106 Coach
(cela sera également le cas avec la berlinette A110 en Espagne, Mexique,
Brésil et Bulgarie). On les reconnaît généralement
par leurs phares anti-brouillards qui sont encastrés dans la caisse à
la place des clignotants avant. :: CONCLUSION
Craquante, mignonne, et peu avare en sensations, l'Alpine A106 Coach est en outre
la première pierre de l'édifice Alpine. Si sa filiation avec la
Renault 4 CV est évidente et apporte un plus pour la fiabilité générale
et la fourniture de pièces détachées mécaniques, elle
n'en demeure pas moins une sportive ancienne et très rare de nos jours
qui mérite un certain respect et art de vivre. L'achat d'une Alpine A106
Coach, au-delà de l'attrait esthétique ne peut être que le
résultat d'une passion longuement réfléchie pour les voitures
de Dieppe en général mais également des sportives des années
50. Pour vivre le sport auto des " fifties ", la puissance n'était
rien, seule la maîtrise comptait
Liens
conseillés sur ALPINE A106 Coach
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JEAN REDELE, VISIONNAIRE DU SPORT AUTO POPULAIRE
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TITRE ENCADRE
Après de nombreuses victoires au volant de sa Renault 4 CV 1063,
Jean Rédélé est convaincu de pouvoir faire mieux tout en
restant raisonnable sur les coûts. Son idée est alors simple : réaliser
sur la base de la 4 CV une sportive aguerrie capable de tenir tête à
des autos de classe supérieure. Ainsi, les Coach A106 représenteront
parfaitement la synthèse de cet état d'esprit. La densité
du réseau Renault permettait en outre de faire entretenir et réparer
son Alpine n'importe où. Un état d'esprit qui se perpétuera
jusqu'à l'arrêt de la Berlinette Alpine A110. Ensuite, à partir
de l'Alpine A310, une demi-rupture se créera, qui sera totalement consommée
avec l'Alpine A310 V6 et surtout les générations des GTA (V6 GT
et V6 Turbo). C'est Renault qui est aux commandes d'Alpine et la vision de son
créateur ne sera pas reconduite. Alpine n'existe plus depuis l'A610. Faut-il
croire que l'idée de Jean Rédélé née dans les
années 50 est toujours d'actualité ? Le sport auto populaire de
belles années devant lui, à condition que les constructeurs acceptent
de s'en occuper. A bon entendeur
| | PRODUCTION Total
Alpine Coach A106 (1955-1961) : 251 ex.
CHRONOLOGIE 1950
: Jean Rédélé s'engage au Rallye de Dieppe avec sa 4 CV et
remporte la victoire ! La première d'une longue série
1951
: Première participation au Rallye de Monte Carlo de Jean Rédélé
avec une 4CV 1063 fraîchement commercialisée sous l'égide
de François Landon alors tout jeune responsable du département compétition
de Renault. 1952 : Le carrossier italien Michelotti est chargé
par Jean Rédélé de réaliser une carrosserie pour sa
4 CV. Cette carrosserie en aluminium sera réalisée en Italie par
Alemano. Jean Rédélé et Louis Pons s'engagent au Mille
Miglia avec leur Renault 4 CV 1063 et remportent leur catégorie en 750
cm3. Victoire (750 cm3) de l'équipage Rédélé-Pons
en 4 CV 1063 au Tour de France, et le Liège-Rome-Liège. Rédélé
et Pons achète à l'ingénieur Claude la licence de sa boîte
à 5 rapports pour Renault 4 CV. En décembre, le premier prototype
réalisé par Michelotti-Alemano regagne Dieppe par la route depuis
l'Italie. 1953 : Jean Rédélé et Louis Pons remportent
pour la 2e fois consécutive dans la catégorie 750 cm3 les Mille
Miglia. Au Rallye de Dieppe, Jean Rédélé engage son prototype
revenu d'Italie six mois plus tôt et mis au point. Il remporte " son
" rallye. 1954 : La " The Marquis ", première
Alpine avant l'heure est présentée au salon de New York. Elle a
été réalisée à seulement 2 exemplaires alors
qu'au départ Zark Reed, indsutriel américain voulait en commander
une première série de 150 exemplaires. Mais le projet ne vit pas
le jour. Nouvelle victoire de l'équipage Rédélé-Pons
dans leur catégorie aux Mille Miglia, Liège-Rome-Liège et
Critérium des Alpes sur 4 CV 1063. C'est cette dernière victoire
dans cette course très éprouvante qui va inspirer à Jean
Rédélé le nom d'Alpine pour ses voitures de sport, tandis
que " Mille Miglia " (Mille Miles en français) donnera son nom
aux versions les plus performantes. 1955 : En janvier, démarrage
de la production des Coach A106. Victoire de Galtier et Michy aux Mille Miglia
sur proto Alpine, ancêtre des premières Renault. En juillet, Pierre
Dreyfus, alors PDG de la Régie Renault, peut découvrir en avant-première
les premières Alpine. C'est Jean Rédélé lui-même
qui présente au PDG de la Régie ses créations. En octobre,
au salon de Paris, l'Alpine A106 Coach fait ses grands débuts sous les
yeux du public. En raison de faibles moyens, le petit stand est partagé
avec un autre carrossier. 1956 : Victoires du coach Alpine A106 au Mille
Miglia : Indice de performance au général + 1er de la catégorie
750 cm3 à la vitesse moyenne de 109,519 km/h + 1er absolu jusqu'à
la catégorie 1100 cm3. En octobre, au salon de Paris, le carrossier
Chappe et Gessalin (ceux qui fabriquent les carrosseries polyester des coachs
A106) présentent un cabriolet sur base d'Alpine A106. Il n'aura pas de
suite commerciale. L'Alpine A106 gagne un moteur plus puissant qui passe à
850 cm3 grâce à la sortie de la nouvelle Renault Dauphine qui sert
de donneuse d'organe. 1957 : Au salon de Paris, Alpine dévoile
un cabriolet sur base d'A106. 1958 : Les Etablissements Smal, en Belgique,
obtiennent de Jean Rédélé la fabrication sous licence de
coach A106. On les reconnaît à leurs feux anti-brouillards intégrés. 1959
: Alpine présente le coupé sport, basé sur le cabriolet. 1960
: Victoire dans la classe des moins de 1000 cm3 du coach A106 de Feret-Rambaud
au Rallye de Monte Carlo. En octobre au salon de Paris, Alpine présente
l'Alpine A108 qui préfigure la Berlinette Alpine A110. 1961 :
Arrêt de production des Coach A106.
CE
QU'ILS EN ONT PENSE : "Extrait de l'article de presse."
MAGAZINE - MOIS - ESSAI 968 CABRIOLET. |