L'usage des pièces auto de réemploi peine à décoller
22/04/2022
Depuis le 1er janvier 2017, les réparateurs automobiles ont l'obligation de proposer à leurs clients des pièces auto recyclées, aussi appelées pièces de réemploi, permettant de réduire la facture en cas de sinistre tout en faisant un bon geste pour l'environnement et l'emploi local.
Premier maillon de l'économie circulaire, la pièce automobile de réemploi existe depuis longtemps mais son utilisation dans la réparation automobile est une nouveauté qui met du temps à se développer malgré un décret paru en mai 2016. Ainsi, Direct Assurance qui se place en leader sur le réemploi en France annonce un taux de recours aux pièces auto recyclées de 13 % pour l'année 2021. Mais en 2020, en moyenne seulement 3% des pièces remplacées et réglées par les assureurs étaient des pièces de réemploi selon l'organisme Sécurité et réparation automobiles (SRA).
Les pièces de réemploi proviennent de véhicules retirés de la circulation. Ces véhicules dits "épave" ont été déclarés économiquement irréparable (VEI) par les assureurs ne peuvent plus faire l'objet d'une demande d'immatriculation mais ils alimentent directement le réseau de la pièce d'occasion. Celui-ci s'appuie sur environ 1700 centres agréés par l'État spécialisés dans le traitement des véhicules hors d'usage (VHU), plus connus sous le nom de casse automobile, dont les pièces se retrouvent ainsi en vente en direct "au comptoir" ou via une casse automobile en ligne.
Hormis les pièces touchant à la sécurité du véhicule (direction, freinage et éléments de liaison au sol), les pièces encore en bon état peuvent donc être valorisées et revendues après avoir fait l'objet d'un démontage en bonne et due forme. Parmi les pièces autos de réemploi les plus fréquemment utilisées, on trouve les éléments de carrosserie comme les portes ou le coffre, les sièges et habillages intérieurs, les vitrages et les phares. Certaines pièces mécaniques ou électroniques peuvent aussi entrer dans le circuit du réemploi.
Outre l'aspect écologique lié au recyclage, le principal avantage d'une pièce de réemploi est son prix. A la fois pour l'assureur puisque la réparation lui coûtera moins cher (les constructeurs français ayant le monopole des pièces neuves de carrosserie, leurs tarifs sont souvent jugés abusifs) mais également pour le client. Dans certains cas, cela permet tout simplement de remettre sur la route des véhicules qui, sans le recours à des pièces recyclées, auraient été déclarés VEI et n'auraient pas été réparés, notamment du fait que les voitures deviennent de plus en plus complexes et chères à réparer.
Enfin, sachez que les réparations effectuées avec des pièces de réemploi sont couvertes par la même garantie. C'est donc le garage qui engage sa responsabilité en cas de problème avec des pièces recyclées. En outre, sachez que même si le professionnel encourt une amende administrative s'il ne respecte pas cette obligation d'information, la décision finale revient au client. Vous pouvez donc toujours exiger l'utilisation de pièces neuves pour une réparation.
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