Clio 4 RS : les pièces qui lâchent le plus souvent et ce qu'elles coûtent en neuf et en occasion

La Clio 4 RS 200 EDC et sa version Trophy 220 ont été produites de 2013 à 2019, et les premiers exemplaires passent aujourd'hui les 100 000 kilomètres entre les mains de deuxièmes ou troisièmes propriétaires. La boîte EDC concentre les discussions, mais elle n'est pas la seule pièce à surveiller. Voici les pannes récurrentes, le kilométrage auquel elles apparaissent et l'écart de prix entre la pièce neuve et la pièce d'origine d'occasion.
Dossier réalisé en collaboration avec la rédaction - Photo : D.R
Boîte EDC : le double embrayage et la mécatronique
La boîte à double embrayage DC4 de Getrag est le premier poste de dépense sur une Clio 4 RS. Le double embrayage est donné pour 150 000 kilomètres mais lâche parfois dès 60 000 kilomètres sur les voitures utilisées en ville, où les manœuvres à basse vitesse le font patiner en permanence. Les symptômes arrivent progressivement : à -coups au passage des rapports, vibrations au point mort, odeur d'embrayage brûlé, puis le message boîte à contrôler et un rapport qui refuse de passer.
La mécatronique, le bloc hydraulique et électronique qui commande la boîte, souffre des chocs thermiques et des infiltrations d'humidité. Les exemplaires produits entre 2013 et 2016 sont les plus touchés. Une vidange tous les 60 000 kilomètres, que Renault ne prévoit pas dans son plan d'entretien, retarde nettement les deux problèmes.
Côté prix, l'échelle est large. Une reprogrammation coûte 80 à 150 euros, un remplacement de capteurs 250 à 500 euros. Le double embrayage revient à 1 100 à 1 600 euros posé, une mécatronique reconditionnée à 1 150 à 1 700 euros. Une boîte neuve d'origine, main-d'œuvre comprise, se situe entre 4 600 et 6 300 euros, soit plus du tiers de la valeur d'une Clio RS 200 de 2014. Une boîte DC4 d'occasion issue d'une voiture accidentée se trouve entre 900 et 1 800 euros. Le point à vérifier avant d'acheter est le code de boîte gravé sur le carter, car la DC4 existe en plusieurs calibrations selon le moteur et l'année, et une boîte prévue pour un 1.2 TCe ne conviendra pas au 1.6 de la RS.
Moteur 1.6 turbo : turbo, bobines et refroidissement
Le 1.6 turbo M5M de 200 puis 220 chevaux est d'origine Nissan et globalement robuste, à trois exceptions près. La première est le turbo, dont la tige de wastegate prend du jeu et produit un cliquetis métallique au ralenti et à la décélération, généralement entre 80 000 et 120 000 kilomètres. Renault a modifié l'actionneur en cours de série. Un turbo neuf coûte 1 200 à 1 800 euros, un turbo d'occasion provenant d'une RS de plus de 2016 se négocie entre 350 et 700 euros, à condition de relever la référence gravée sur le carter, car les deux générations sont identiques de l'extérieur.
La deuxième concerne les bobines d'allumage, qui provoquent des ratés à chaud et un voyant moteur clignotant. Elles se remplacent par quatre, pour 200 à 320 euros en neuf. Ce sont des pièces d'usure : on ne les achète pas d'occasion.
La troisième est le circuit de refroidissement. Le boîtier de thermostat et les durites du turbo suintent avec l'âge, avec une odeur sucrée dans le compartiment moteur et un niveau de liquide qui baisse sans fuite visible. Comptez 300 à 500 euros de réparation, en neuf uniquement, car un boîtier en plastique de 10 ans a le même vieillissement que celui qui vient de fuir.
Châssis Cup et Trophy : amortisseurs, silentblocs et freins
La RS a été vendue avec deux réglages, Sport et Cup, et la Trophy a reçu des amortisseurs à butées hydrauliques. Sur les châssis Cup, les amortisseurs arrière donnent des signes de fatigue entre 90 000 et 130 000 kilomètres, avec un arrière qui rebondit sur les bosses et une usure irrégulière des pneus. Les silentblocs de berceau et de triangles avant suivent au même kilométrage, avec un claquement au freinage et une direction moins précise.
Une paire d'amortisseurs arrière neufs coûte 350 à 600 euros, les butées hydrauliques de la Trophy davantage. En occasion, un train arrière complet avec ses amortisseurs se trouve entre 250 et 450 euros. Le calcul vaut la peine pour la Trophy, dont les pièces spécifiques sont chères en neuf et rares en aftermarket. Pour les freins, les disques Brembo de la Trophy voilent en usage circuit et coûtent 400 à 600 euros la paire en neuf. Les étriers, eux, se prennent sans problème en occasion, entre 150 et 300 euros la paire.
Feux et carrosserie : ce qui casse sans rouler
Les feux avant à LED RS Vision ont un boîtier qui laisse entrer la condensation et des modules de feux de jour qui s'éteignent par segments. Un feu neuf coûte 700 à 1 100 euros pièce. Un feu d'occasion se trouve entre 200 et 450 euros, et c'est le cas le plus favorable à la pièce d'occasion, car les feux survivent aux chocs arrière et arrivent en nombre dans les centres VHU. Les boucliers avant spécifiques RS et les lames F1 se rayent et se fendent au premier trottoir : 500 à 800 euros en neuf peint, 150 à 350 euros en occasion dans la bonne teinte.
Quelles pièces acheter d'occasion sur une Clio 4 RS
La règle est simple. Ce qui vieillit par la matière, plastique, caoutchouc, garnitures, s'achète neuf : bobines, boîtier de thermostat, durites, embrayage, plaquettes. Ce qui s'use peu ou pas, boîte complète, turbo, feux, étriers, train arrière, boucliers, s'achète d'occasion avec une économie de 50 à 70 %. Sur ce second groupe, une Clio 4 RS accidentée à 60 000 kilomètres fournit des organes qui ont la moitié de la vie de votre voiture devant eux.
L'offre en occasion pour une sportive produite à quelques dizaines de milliers d'exemplaires reste mince dans une seule casse. Les plateformes qui regroupent le stock de centaines de centres agréés en Europe, comme Autoparts24 avec plus de 120 centres, changent la donne pour un moteur d'occasion ou une boîte DC4 : la recherche se fait par référence constructeur ou par code moteur, et la voiture donneuse peut être en Belgique ou au Danemark. Pour une RS, la référence est ce qui compte. Le code moteur M5M et le code de boîte DC4 figurent sur la plaque constructeur dans la baie moteur et sur l'étiquette du carter, et ce sont eux qui garantissent que la pièce ira, bien plus que l'année ou la finition.