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MINI GT, MAXI PLAISIR ! Nos voisins
britanniques ont toujours eu le secret de savants mélanges et d'assemblages
de génie. Rois du " mécano " en matière automobile,
c'est en partant de la Triumph Spitfire que les ingénieurs de Coventry
vont imaginer une version fast back coupé, dotée d'un six cylindres
en ligne de 2 litres de cylindrée. Cette Triumph GT6, puisque c'est son
nom, se veut plus cossue et luxueuse que sa cousine la Spitfire. Et malgré
une ressemblance plus qu'évidente, la Triumph GT6 offre une réelle
personnalité de mini GT, bien différente finalement de la Spitfire
... Texte:
Nicolas LISZEWSKI - Photos: D.R. Lorsque l'on évoque les Triumph
GT6, tous les amateurs de voitures
de sport, pensent immanquablement aux Triumph Spitfire GT engagées
aux 24 Heures du Mans de 1964 et 65. Mais contrairement aux apparences, ce sont
ces Spit' de course qui ont repris le toit fast back du projet GT6 et non l'inverse.
En effet, c'est au cours de l'hiver 1962-1963 que Harry Webster, le directeur
technique de Triumph
demande au designer italien Giovanni Michelloti de réaliser un proto de
Spitfire " coupé ". Une fois le prototype présenté
et accueilli avec succès par les dirigeants de Coventry, il deviendra le
premier prototype X691 qui servira de base au développement de la future
Triumph GT6. Les ingénieurs vont devoir en revanche trouver une solution
pour répondre à la faible puissance du quatre cylindre de la Spitfire
déjà commercialisée (63 ch seulement) et à l'augmentation
du poids de la version fermée. Puisque la Triumph Vitesse avait déjà
adopté un six en ligne sur la base de l'Herald, les ingénieurs vont
fort logiquement appliquer la même recette pour la future GT6. Mais pour
offrir suffisamment de performances, et aussi différencier le positionnement
de la GT6 par rapport à la Spitfire, le six en ligne passe de 1,6 à
2 litres de cylindrée. Après quelques mois de gestation et seulement
trois prototypes réalisés, Triumph dévoile au salon de Paris
et de Londres en 1966 la première génération de GT6 Mk1.
Il était temps, MG avait déjà
présenté depuis un an déjà sa MGB GT... DESIGN
La grande particularité de la Triumph GT6 est évidemment sa ligne
fast back très sportive et séduisante. Cela transfigure le dessin
et look de la Spitfire. Le styliste Michelloti comme nous l'avons vu plus haut,
étant responsable du dessin de la "Spit'" et de la GT6, l'intégration
du toit nous semble donc particulièrement heureuse. Par rapport à
la GT6 Mk1, la Mk2 ou les GT6+ (comme ce très
bel exemplaire qui illustre ce dossier), possèdent un pare-chocs avant
positionné plus haut supprimant ainsi la calandre creusée et assez
volumineuse des Mk1. Le capot avant est toujours doté de son bossage pour
pouvoir abriter le six en ligne et ses carbus. Le lettrage " TRIUMPH "
sur le capot avant a disparu au profit d'un écusson rectangulaire portant
l'inscription " GT6 Mk2 " ou " GT6+ " plus moderne. Afin de
donner plus d'air frais à la mécanique le capot est doté
de prises d'air sur le dessus au niveau de la base du pare-brise, mais aussi sur
les flancs. Petite et basse, la Triumph GT6 offre un gabarit devenu rare sur nos
routes encombrées de monospaces et berlines joufflues. De nombreux accessoires
datent l'auto avec de nombreuses touches de chromes (entourages de portes, pare-brise,
pare-chocs, poignée de portes
). Pas de doute, l'esprit sixties et
petites voitures de sport anglaises est là, et le charme opère.
Avec ses deux grands phares ronds devant, la GT6 offre un faciès amusant
et à la bonhomie communicative. Le profil ne souffre pas de l'intégration
du toit, au contraire, et ainsi gréée, la GT6 semble vouloir se
donner des airs de Jaguar Type E. Sur les
Mk2 et GT6+, la poupe accroche le regard avec une finesse et des détails
exquis : petits cabochons de feux positionnés en bout d'ailes, bouchon
de réservoir alu type aviation. Superbe ! Une fois la porte ouverte, et
quelques mouvements aussi souples qu'élégants pour s'installer à
bord, la première crainte est dissipée. Finalement, la place à
bord est plus vaste et on ne souffre pas réellement de claustrophobie.
La surface totale des vitrages et les faibles montants y sont certainement pour
quelque chose. Bien installé dans les sièges recouverts de cuir,
c'est un joyeux fouillis de compteurs qui s'étalent sous vos yeux, posés
sur la planche de bord en bois. Si la finition et présentation se veulent
plus cossues et luxueuses que sur la cousine Spitfire, la GT6 possède cependant
une finition encore artisanale. On sent que l'ergonomie était une notion
encore inconnue de nos amis anglais et on se demande si ce n'est pas le hasard
qui a disposé commandes et infos. Les boutons de commande de ventilation
peuvent être maniés dans tous les sens, après quelques dizaines
de kilomètres, il fera une chaleur étouffante dans l'habitacle,
quoiqu'il arrive ! L'avantage de la GT6 est d'offrir un coffre bien pratique qui
permet de partir en week-end à deux, sans avoir recours aux valises étanches. MOTEUR
Sous le long capot de la GT6 on retrouve une mécanique éprouvée.
Bien dans la lignée des anglaises, la GT6 hérite donc du six en
ligne de deux litres de cylindrée déjà étrenné
sous le capot des berlines de la marque. Avec son bloc et sa culasse en fonte
il n'est certes pas un modèle de légèreté, et tandis
que les italiens donnaient dans le bel canto avec des doubles arbres à
cames en tête, notamment chez Alfa Romeo,
Triumph restait conservateur avec une distribution par chaîne et un arbre
à cames latéral. L'alimentation est assurée par deux carburateurs
Stromberg horizontaux 150 CD. Si les premiers six en ligne Triumph étaient
timides en puissance, la GT6 affiche fièrement 105 ch DIN à 5 300
tr/mn. Mais plus encore que la puissance pure, c'est le couple de 16,1 mkg dès
3 000 tr/mn qui donne la tonalité à ce six en ligne. Une petite
caisse légère, et un " gros " moteur coupleux, tel est
le cocktail proposé par l'usine Triumph basée à Coventry.
Pour animer cette symphonie en six majeur en ligne, une boîte de vitesses
mécanique à quatre rapports avec la possibilité d'avoir un
overdrive sur le 3e et 4e rapport comme notre modèle d'essai était
montée de série. Sa précision ne souffre pas la critique
et étonne même pour son époque, tandis que l'embrayage est
d'époque, comprenez assez ferme. Lorsque l'on démarre le six en
ligne, c'est le coup de tonnerre ! L'auto semble si petite, et pourtant, dès
ses premières vocalises elle n'hésite pas à donner de la
voix. Elle nous rappelle en ce sens un peu la TVR 3000
M déjà essayée ici. Ambiance bombardier britannique donc
dès les premiers tours de roue qui fait hommage aux Spitfire qui furent
décisifs dans la bataille d'Angleterre. Après quelques minutes,
le temps que le moteur monte en température, il devient vite évident
qu'un voyage au long cours risque d'être vite fatiguant pour les tympans
et qu'un autoradio sera inutile faute de watts suffisants ! Le moteur est réellement
un digne représentant de sa Très Gracieuse Majesté, car passé
4 000 tr/mn, il perd de sa superbe, passe du son rauque et évocateur à
un grognement de supplice. La montée dans les dernières rotations
devient plus laborieuse et on passe du bombardier au tracteur
On sent bien
à l'usage que son terrain de prédilection est le cruising (rapide
!) sur petites routes de campagne en jouant sur le couple entre 2 500 et 4 000
tr/mn. Et malgré cette ambiance qui semble croire être à fond
partout, le chrono n'est tout de même pas qu'une vue de l'esprit puisque
le 0 à 100 km/h est franchi en moins de 12 secondes, une performance sportive
en 1968. La vitesse maximale s'établit à près de 180 km/h,
mais il faudra avoir un gros cur pour aller titiller les limites de cette
GT6.
| CHASSIS |



| En
bonne sportive des sixties, la Triumph GT6 est basée sur un cadre à
caisson avec traverses sur lequel est greffé une caisse en acier. Par rapport
à la Mk1, la grosse évolution concerne le train arrière qui
est amélioré. Le système par ressort à lames transversal
avec demi arbres oscillants est remplacé par un système plus évolué
: ressort transversal supérieur à lames, avec triangles inférieurs,
tirants obliques, une barre stabilisatrice et des accouplements Rotoflex côté
roue. Une évolution salutaire pour la tenue de cap et la rigueur du comportement
routier. N'allez pas croire cependant que la GT6 est une sportive
ou une pistarde. Son train avant souffre d'une certaine lourdeur, et d'une manière
générale, le comportement s'il est équilibré, manque
un peu de vivacité. Certes il est toujours possible de la faire glisser,
mais on sent que ce n'est pas sa tasse de thé. Son freinage Girling avec
disque à l'avant et tambours à l'arrière est d'époque
dans son efficacité et il faut le garder à l'esprit dans le flot
de la circulation moderne. De série les Mk2 et GT6+ étaient équipées
de jantes tôle de 13 pouces, mais il était possible de mettre des
jantes à rayon à l'aspect plus flatteur. Elles étaient montées
avec des pneumatiques en 155 SR 13. La bonne surprise provient du confort. Il
est de très bon niveau, bien mieux que l'appréhension que nous avions.
Dommage que la chaleur dégagée par le moteur devienne si incommodante,
surtout en été ! |
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TRIUMPH GT6 Mk2 Sur
des autos plutôt rares et méconnues, il est toujours délicat
de donner une cote exacte pour une belle GT6. L'offre et la demande peuvent en
effet faire varier les courbes de prix affichés. Sans trop se tromper il
faut compter un budget d'environ 8-10 000 euros pour trouver un exemplaire en
bon état. Il vaut mieux opter pour un modèle qui possède
tous ces accessoires et pièces d'origine en bon état, car si de
nombreuses pièces sont interchangeables avec d'autres autos du catalogue
Triumph (mécaniques similaires aux Triumph Vitesse et carrosserie/structure
aux Spitfire), il existe quelques détails propres aux GT6 : capot avec
bosse, porte avec déflecteur. Si toutes les pièces, y compris les
spécifiques, sont disponibles grâce à la culture de la voiture
ancienne qui sévit en Angleterre, les prix peuvent varier notamment pour
les pièces propres aux GT6. L'entretien d'une GT6 peut s'apparenter au
rêve de tout mécano en herbe grâce à une accessibilité
mécanique rare. Le six en ligne, fiable si entretenu (il peut dépasser
largement les 100 000 km), réclame une vidange moteur tous les 5 000 km
ou tous les ans. La boîte de vitesses doit être vidangée tous
les 15 000 km avec de l'huile EP 80/90. Comme sur beaucoup d'anciennes, il ne
faut pas non plus négliger les points de graissages usuels (fusées
avant, croisillons de cardans
). La vidange du pont n'est pas non plus superflue
après achat, car elle est souvent oubliée. En bonne mécanique
rustique et anglaise, le moteur devra conserver sa chaîne de distribution
toute sa durée de vie, et les vis platinées devront être remplacées
tous les 15 000 km. Si lors de votre phase de recherche le modèle convoité
ne présente pas ce pedigree en entretien/réparation, il ne faudra
pas hésiter à faire baisser le prix. A surveiller également
lors de l'achat, les éventuelles traces de corrosion et/ou de chocs mal
réparés. Une belle peinture récente peut parfois cacher la
misère. A surveiller : bas de caisse, planchers, bas d'ailes arrière
et portes. Enfin, côté châssis, les silent-blocs et rotules
s'usent assez rapidement et sont à contrôler régulièrement.
::
CONCLUSION La Triumph GT6 Mk2, c'est la bonne surprise chez les anciennes
sportives. On s'attendait, image omniprésente de la Spitfire oblige, à
être en face d'une petite sportive anglaise peu confortable et spartiate.
En réalité, c'est une vraie mini GT qui s'offre à vous pour
des prix raisonnable et une fiabilité réelle. Avec ses performances
suffisantes, ses sensations dignes d'un bombardier anglais et sa finition plus
cossue, sans oublier la ligne d'une élégance sans pareille due au
toit fast back, la Triumph GT6 Mk2 mérite amplement que l'on s'y intéresse
et rempli parfaitement son rôle : faire vibrer la passion automobile
Liens conseillés sur TRIUMPH GT6 Mk2
: Triumph Club
de France - Forum
du Nord Triumph Club - Triumph
Club Alsace - Roadsters
et Cabriolets - L'Amicale
Spitfire L'Automobile Sportive tient à remercier Maël
et son père pour leur disponibilité et leur confiance dans la réalisation
de ce dossier illustré par leur très belle Triumph GT6+.
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TVR 3000 M : L'autre alternative... |
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FILER A LANGLAISE
En 1965, la firme fondée par Trevor Wilkinson est au plus mal. Arthur et
Martin Lilley rachètent donc TVR et poursuivent la production des modèles
déjà existants. Mais avec Mike Bigland, ils vont concevoir un nouveau
châssis et une nouvelle auto qui va déboucher sur les TVR séries
« M ». Aux côtés des versions turbocompressées,
très performantes mais marginales, les TVR 3000M représentaient
alors lapogée de la lignée. Performantes, rares, fiables et
envoûtantes, les TVR 3000M méritent amplement dêtre re-découvertes
aujourdhui... >>Lire
le dossier TVR 3000M, cliquez ici !!! | | CHRONOLOGIE 1964
: Triumph développe des " Spitfire GT " dotées d'une
carrosserie fastback et du moteur quatre cylindres pour la course. Participation
à plusieurs épreuves dont les 24 Heures du Mans. 1965
: Deuxième année consécutive de participation en compétition
des Triumph " Spitfire GT " avec un nouvel engagement aux 24 Heures
du Mans. La n° 60 termine 13e au général et 1ère de la
classe " 1100 ". 1966 : Le 1er janvier, la règlementation
exclut du groupe 1 et 3 les Triumph Spitfire GT. C'est la fin de l'engagement
en compétition de ces autos, et la GT6 R n'aura pas le sésame de
la direction pour concourir. En octobre, présentation de la Triumph
GT6 : coupé fastback basé sur la Spitfire avec un 6 cylindres en
ligne (95 ch et 162 km/h). 1968 : En octobre, la GT6 passe à
sa première évolution en devenant " GT6 Mk2 " : moteur
modifié (104 ch), nouvelles suspensions, nouvelle face avant, détails
de style améliorés, nouvelles roues
Les USA connaîtront
une version " GT6 Plus " (95 ch). 1969 : En septembre, la
Triumph GT6 reçoit des sièges inclinables et un volant trois branches
à fentes. 1970 : En octobre, Triumph passe à la 3e génération
de GT6, en même temps que la Spitfire : nouvelle calandre, pare-chocs, poupe
redessinée avec nouveaux feux, quelques aménagements intérieurs
1971
: La puissance des moteurs passe de 104 à 98 ch en Europe et de 95 à
90 ch aux USA. 1972 : Le rapport volumétrique passe à
9:1 et la puissance passe à 95 ch. 1973 : Le rapport volumétrique
passe à 8:1 et la puissance passe à 78 ch aux USA. Abandon du
train arrière " Rotoflex ". En décembre, Triumph arrête
la production des GT6. |